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Migrations
Migrations




Un vol de grues cendrées (Grus grus)
Les migrations désignent les déplacements réguliers auxquels participent tous les individus (ou presque) d'une population entre deux régions géographiques bien distinctes et souvent très éloignées.

On distingue divers types de migrations en fonction surtout de la périodicité des déplacements.


Ainsi on pourra parler de migration journalière quand le territoire de repos et le territoire de nourrissage sont franchement distincts.

Ainsi, tous les jours de l'année, à la condition que je garde le nez en l'air, je ne manquerai pas de voir, le soir, de chez moi, des bandes importantes de goélands et de mouettes regagner leurs dortoirs maritimes après avoir passé toute la journée sur les champs dans l'intérieur à se repaître de vers de terre et autres proies. Bandes de goélands que je ne vois pas le matin parce la route qu'ils empruntent n'est pas la même… alors que celle des hérons cendrés qui viennent dormir sur les bords du Blavet, à un kilomètre en contrebas semble apparemment la même à l'aller comme au retour.

On parlera de migration saisonnière quand la population effectue des déplacements limités, généralement adaptés à des facteurs écologiques abiotiques. Ce peut être le cas des migrations dans les hauteurs d'une masse d'eau des peuplements planctoniques. C'est le cas de mouvements altitudinaux des mammifères en montagne (chamois, mouflons, etc.), mouvements copiés et mis à profit par les hommes pour la transhumance de leurs troupeaux.

Les migrations annuelles sont celles dont les participants sont aussi appelés migrateurs. Ces migrations sont une réponse de fuite à des valeurs inconfortables à létales d'un ou plusieurs facteurs écologiques. Dans nos régions, nos visiteurs d'été viennent dès le printemps pour se reproduire sous nos climats et s'enfuient vers de contrées plus clémentes avant que le froid ne les engourdisse ou ne les prive de nourriture. Nos visiteurs d'hiver nous arrivent des contrées où l'hiver est infiniment plus rude que chez nous.

Généralement, les animaux migrateurs arrivent en nombre important, au moins significatif, tous en même temps en un endroit donné. On parle d'isopiptièse pour décrire les points d'une région où l'on note à une date donnée l'apparition des premiers migrateurs.

Les animaux migrateurs les mieux connus, surtout dans nos régions, sont les oiseaux. Mais on n'oubliera pas que les chauve-souris, les rennes sur les toundras arctiques, les gnous en Afrique, etc. sont des mammifères migrateurs. On sait moins que de nombreuses espèces d'insectes, surtout des papillons, sont de grandes migratrices. En Bretagne, on connaît mieux les saumons dont on attend le retour chaque année et dont on constate qu'ils sont, malheureusement, toujours moins nombreux.

Depuis quelques années, on observe diverses modifications intervenant dans les habitudes migratoires de diverses espèces, comme par exemple des hirondelles rustiques de la pointe bretonne qui " oublient " de repartir en Afrique, diverses espèces de sphinx que l'on n'avait pas l'habitude d'observer dans le Morbihan et qui viennent visiter nos jardins pendant l'été 2003… D'aucuns voient là la preuve que la terre se réchauffe. Mais cela dit, ce n'est pas parce que la terre se réchauffe que cela nous met, les hirondelles comprises, à l'abri d'un hiver rigoureux… De la même façon que ce n'est pas parce que je vais rentrer beaucoup de bûches, de ligots et de margotins, que l'hiver ne pourra pas être doux…




Isopiptièse : Les animaux migrateurs accomplissent généralement leurs voyages par bonds successifs jusqu'aux lieux où ils trouvent des conditions favorables. Il arrive fréquemment qu'ils stationnent plus ou moins longtemps en un endroit en attendant de poursuivre leur voyage lorsque les conditions le permettront.

Les lignes qui réunissent, à une date donnée, les avancées migratoires d'une espèce s'appellent isopiptièse. On ne sait pas beaucoup de choses sur les facteurs qui conditionnent les voyages migratoires. Il semble que chez les hirondelles rustiques, les isopiptièses sont superposables aux lignes isothermiques moyennes de + 8°C.

Je pense que ce serait plutôt la durée du jour quand elle est proche de 14 heures trente (en Bretagne : fin avril - fin juillet) qui conditionnerait l'arrivée et le départ des martinets...






En pleine grippe aviaire (voir cette page) et après avoir tant parlé des oiseaux migrateurs, à tort, mais aussi à travers, voilà que les experts (voir cette page) nous confient leurs nouvelles expertises...

Santé. Des experts doutent du rôle des oiseaux migrateurs dans la propagation du virus.

Grippe aviaire: les migrateurs émissaires ou boucs émissaires?

par Sylvie BRIET / Libération : samedi 22 octobre 2005

Les oiseaux migrateurs ne seraient pas les principaux vecteurs du virus H5N1. Des spécialistes qui le pensaient encore il y a quelques jours changent d'avis au vu des nouveaux foyers. Ainsi, le cas de Toula, au sud de Moscou, ne correspond pas aux trajets des oiseaux migrateurs. Les transports de volailles par l'homme auraient donc la principale responsabilité dans la propagation. Jeudi et vendredi, les experts du groupe de travail de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) ont travaillé à un nouvel avis modifiant le précédent. Il devait être publié tard dans la soirée de vendredi ou dans les heures suivantes, tandis que réunions et déclarations se succèdent dans tous les ministères concernés. "Cela prend des côtés surréalistes, note un expert, qui estime qu'il y a trop de réunions. Ce n'est plus un parapluie qu'on ouvre, c'est un bouclier nucléaire. Or nous n'en sommes qu'à 70 morts depuis l'apparition du virus en 1997."

"Pas courant". En attendant, l'Afssa a établi plusieurs scénarios, et l'option "propagation par voie terrestre" prend de l'ampleur. Deux événements nouveaux ont été pris en compte, "une migration d'Omsk vers Moscou, ce n'est pas courant mais possible ; même chose pour la migration d'Omsk vers la Roumanie. Mais les deux ensemble, ça fait beaucoup, d'autant que la voie migratoire normale [notamment par l'Iran] n'est pas contaminée, constate Olivier Dehorter, du Centre de recherche sur la biologie des populations d'oiseaux au Muséum d'histoire naturelle de Paris. De plus, ce virus est tellement pathogène qu'il est bizarre que ces migrateurs ne meurent pas davantage. Jusqu'à il y a trois jours, je privilégiais la transmission par les migrateurs. Mais il y a trop d'éléments difficilement explicables." Les experts avouent que c'est de plus en plus compliqué à manier. Les migrateurs peuvent-ils être des porteurs sains ou ne sont-ils contagieux qu'au début de la maladie, durant les deux jours où ils ont encore la force de voyager ?

Si leur rôle est minime dans la propagation du virus, les experts pensent que c'est plutôt une bonne nouvelle pour les pays occidentaux, les transports humains étant plus contrôlables que les déplacements des migrateurs. Mais la situation reste difficile pour les pays asiatiques où le virus semble bien installé (lire ci-dessous). "Les mesures sanitaires vétérinaires me paraissent plus urgentes en ce moment que celles pour la grippe humaine", note encore Olivier Dehorter. En France, sur le terrain, tous les réseaux de surveillance sont au travail. Le Réseau de surveillance sanitaire des oiseaux sauvages existe depuis plusieurs années. L'Office national de la chasse et la faune sauvage (ONCFS) en est le maître d'œuvre. Trois zones qui attirent les oiseaux sont particulièrement concernées : la Camargue, la Loire-Atlantique et les Dombes dans l'Ain. Au moment du baguage effectué chaque année pour le suivi des migrateurs, l'ONCSF en profite pour passer un écouvillon cloacal dans le derrière des canards et obtenir un échantillon de fiente. Un premier examen détermine s'il y a présence d'un virus, auquel cas il est envoyé au labo de l'Afssa en Bretagne. Une autre forme de surveillance est apparue entre la Fédération nationale des chasseurs et les vétérinaires : 600 canards "appelants" (qui attirent les sauvages) devraient être prélevés, des oiseaux supposés sains mis dans le milieu, en contact donc avec d'éventuels oiseaux de passage infectés.

Trop suivie. La surveillance passive (sur les oiseaux morts) existe depuis 1986. Par département, deux techniciens de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et de l'ONCFS ont pour consigne, à la moindre suspicion, d'envoyer l'oiseau mort au labo. Là, chasseurs et "antichasse" travaillent ensemble. Quatre labos départementaux vont recevoir les spécimens pour des premières analyses et pour désengorger le seul labo de référence en France, celui de l'Afssa. "Si un animal porteur du virus est découvert, alors l'abattage est pratiqué, une zone infectée est établie avec une couronne d'observation autour, dans un rayon de 10 kilomètres, explique Jean Roch-Gaillet, qui dirige les actions sanitaires à l'ONCFS. Lui aussi estime que la piste "migrateurs" a été un peu trop suivie. Il manque dans tous les pays qui ont des foyers des enquêtes épidémiologiques pour en trouver l'origine et donc mieux agir.





Suivi de la cigogne par satellite : http://suivi-animal.u-strasbg.fr/cico.htm

Le site d'un ornithologiste ouessantin, et comme tel aux premières loges pour les passages d'oiseaux migrateurs ou perdus sur Ouessant :
http://audevard.aurelien.fr/

La migration des oiseaux :
http://www.nord-nature.org/fiches/fiche_s4.htm

Généralités sur les migrations (Guyane) :
http://www.chez.com/gepog/migration/sommaire.htm

Les papillons migrateurs :
http://perso.infonie.be/pap.mig/pap_mig.htm

Les migrations chez les libellules :
http://cyrille.deliry.fr/libquaeu.htm
http://perso.wanadoo.fr/sfo.jean-louis.dommanget/page12.html

Insectes migrateurs :
http://www.insectes.org/question/reponse.md?cle_faq=392&type=text.html

Les populations d'oiseaux d'eau migrateurs sont en déclin
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1765.php






[ Corrélats : Potamotoques / Thalassotoques / Suivi des espèces / ...]

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