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Nomadisme
Nomadisme




Même s’il existe des espèces animales qui peuvent être désignées comme nomades, le terme de nomadisme s’applique, le plus souvent, aux populations humaines qui se déplacent au gré de leurs besoins sur un territoire plus ou moins vaste et qui, accessoirement, n’ont pas d’habitat fixe.

Mon " coche-cama " : une manière de nomadisme...
au bord de l'océan glacial arctique
Le nomadisme fut certainement pratiqué par les premières populations humaines.


Le terme de nomadisme s’oppose à sédentarisation. Il est probable que celle-ci s’imposa quand les populations humaines devinrent trop importantes sur des territoires à l’espace et aux ressources limités.

Le nomadisme est fréquemment lié au pastoralisme (Saamis ou Lapons, Peuls, Touaregs, Somalis, Mongols, etc.). Ces populations, en réalité, sont nomades parce que leurs troupeaux le sont, à la recherche des meilleurs pâturages ou des points d’eau.

Un autre nomadisme, plus véritable, est lié à la chasse-cueillette pratiquée par les pygmées en Afrique, les aborigènes d’Australie ou les Indiens en Amazonie. Quelquefois, cette activité de chasse-cueillette s’accompagne d’une activité agricole de cultures sur brûlis, ce qui pondère le nomadisme dans la mesure où les populations peuvent être considérées comme sédentaires pendant deux ou trois ans, voire plus.

Les Tziganes et autres roms sont aussi des nomades, au moins bon nombre d’entre eux tentent de le rester. Ces populations essaient contre vents et marées d’occuper des niches professionnelles, maintenant largement dédaignées par les populations sédentaires, y compris celles que je qualifierais de super prédatrices comme la recirculation des métaux…

Mais nos sociétés sédentaires s’opposent au nomadisme. Même les scandinaves ont beaucoup fait pour imposer aux Saamis qu’ils renoncent à leur vie nomade derrière leurs troupeaux de rennes. Les Tziganes n’ont pas été persécutés que par le chancelier Hitler ou les Touaregs que par les tenants du pouvoir en Algérie et autres pays sub sahéliens !

Paradoxalement, le nomadisme, ou plus exactement, une autre forme de nomadisme émerge. D’abord, celui que je pratique avec ma camionnette, quand mon accompagne et moi acceptons « l’itinerrance » de vacances inconfortables à la poursuite de l’oiseau impossible, de la fleur improbable ou de l’écosystème non encore observé… De la même façon, et pour d’autres motifs et raisons, d’autres choisissent ce mode de vacances plus ou moins itinérantes…

Ou encore, le nomadisme au travail. Pour certains (tellement et toujours plus), le nomadisme n’est rien d’autre que de la flexibilité… Mais pour les nantis du « Brain Storming », le nomadisme est devenu une manière de vendre, très cher, des talents, vrais ou supposés, en tout cas reconnus, à de grandes entreprises, de grandes banques, pour de gros et juteux marchés et de grosses commissions… au parfum de scandale, aussi !

Très probablement, c'est sans doute l'enjeu majeur de la réforme que l'on voudrait imposer aux universités. Sous couvert d'harmonisation (souhaitable, sinon nécessaire, à moins que le contraire...) des diplômes européens, c'est sans doute moins la mise en concurrence des universités qu'il faut craindre le plus, même si cette marchandisation a de terribles conséquences prévisibles, mais c'est la mobilité des tenants du savoir qui est recherchée. Un des facteurs qui a fait la réussite du néocapitalisme, ces trente dernières années, ce fut d'obtenir, au prix de déréglementations diverses, la plus grande mobilité possible des capitaux. Dès que l'argent put circuler plus vite que les hommes, ceux-ci perdirent une part très importante de leur liberté de décider (l'ont-ils encore ?).Qu'adviendra-t-il quand quelques hommes détenteurs de savoir pourront circuler plus vite que les autres, tout particulièrement ceux qui seront contraints de rester "attachés"à leur outil de production ? Quels nouveaux pouvoirs vont émerger ? Et qui les détiendront ? Les plus vénaux ou les plus soumis !

J’ai même entendu M. Attali, parler à ce sujet, sur France-Info, de liberté retrouvée… pour qui ?

On a pu se réjouir quand le mur de Berlin fut abattu… On peut se révolter quand Israël construit un mur pour « sa sécurité »… (quoique...*) Mais je n’entends pas souvent parler du mur que l’on construit, patiemment, dans chacun de nos cerveaux et derrière lequel nous restons sédentaires, soumis, adaptés, flexibles, réformables, sans colère, ni révolte, ni murmure, sans autre alternative que de répondre oui aux référendums sous peine de passer pour des ignorants qui n’ont rien compris malgré les trésors de pédagogie déployés… sondés et réduits à un pourcentage, variables d'ajustement et content de l'être, sûrement, puisque sur le dessus de ce mur, nous y avons cimenté les tessons de bouteilles et les barbelés de l'individualisme, des replis communautaires, des intégrismes et des ostracismes.

[* Dépêche AFP du mardi 9 décembre 2003 : Israël : l'ONU saisit la Cour de justice sur le "mur" / L'assemblée générale de l’ONU a adopté, hier, une résolution demandant à la Cour internationale de justice de se prononcer sur les conséquences légales de l’édification par Israël d’une ligne de sécurité en Cisjordanie. Cette résolution a été adoptée par 90 voix contre 8. Un nombre record de 74 pays, dont ceux de l’Union européenne, s’est abstenu. Adoptées à la majorité, les résolutions de l’assemblée générale n’ont pas force de loi.].




On a pu lire (par exemple Leroi-Gourhan et quelques autres auteurs) que le nomadisme n'aurait pas pu se prolonger du fait de la poussée démographique humaine. L'occupation de l'espace serait devenue telle que la probabilité de rencontres plus ou moins hostiles entre les groupes nomades à la recherche de leur provende aurait été trop importante.

Alors pour éviter ces tensions, fortement préjudiciables surtout sur le plan d'une économie thermodynamique, les groupes humains auraient pu choisir de se sédentariser sur des territoires assez vastes pour permettre à la fois que la chasse-cueillette traditionnelle et les débuts de l'agriculture élevage perdurent ensemble pendant un temps, jusqu'à ce que la pression démographique rende presque impossible la survivance des pratiques de chasse cueillette autrement que sur des fruits ou des comestibles de saison ou des migrations de gibier. Il est d'ailleurs probable qu'à ces occasions, des groupes humains sur des territoires voisins aient pu s'entendre et s'associer pour augmenter leurs chances de capture ou de cueillette.

Puis ces auteurs firent l'hypothèse qu'avec la sédentarisation, la dépendance du groupe était liée aux disponibilités des ressources sur le territoire reconnu. Avec les dégradations climatiques du refroidissement de la Terre, les disponibilités auraient diminué pour tous les groupes. La survie aurait exigé que certains groupes démunis tentent de s'accaparer des ressources des groupes mieux achalandés. Beaucoup d'auteurs ont expliqué l'apparition des guerres préhistoriques de cette façon. Apparemment et d'un point de vu des préhistoriens, il semble bien que les guerres soient contemporaines de la venue des phénomènes glaciaires, au moins en Europe moyenne et du Nord.

Il semble bien également que le " religieux " soit, lui aussi, contemporain des guerres !

Rien de totalement étonnant, si l'on veut bien admettre que l'homme à l'instar des animaux possède, au moins primitivement, assez d'interdits limbiques et sociaux pour ne pas commettre de dommages physiques sur ses congénères pour régler des conflits avec eux. Des menaces ritualisées, des cris ou bien un long discours parfaitement argumenté, peuvent suffire.

Les agressions ou les violences conduisant au meurtre, sont probablement culturelles. Mais le trouble normal que ces meurtres induisent sur ceux qui les commettent a dû être guéri, sinon valorisé, par des pratiques chamaniques ou le premier docteur Freud en culotte de peau de mammouth venu. Le meurtre est acceptable au nom du groupe, du chef, du Dieu ou de je ne sais quel autre alibi quant à la possession d'armes de destruction massive en pointes de silex.

Maintenant, ces explications n'ont plus l'heur d'être à la mode. L'homme serait primitivement violent, les tensions sociales seraient nécessaires, voire salutaires, seules les inégalités induites par des appropriations par la force ou la ruse, de préférence à l'appropriation par les compétences seraient de moteurs puissants du développement humain.

Plus t'es salaud, cruel, injuste, violent, tricheur, menteur, mieux c'est… surtout si tu disposes aussi de la force des armées et de la police, si tu maîtrises les juges, si tu t'es préalablement constitué des dossiers sulfureux sur des gens dont tu te feras des serviteurs zélés, si par ce biais tu t'accapares des richesses, des informations, etc. jusqu'aux esprits, sinon les âmes (acception non religieuse s'entend !).

Ce que je constate, c'est que dans le domaine des hypothèses sur l'apparition des guerres comme dans celui de la lecture de Darwin, ce qui rend une théorie crédible et soutenue, c'est la philosophie du groupe qui la défend quand il veut aussi et surtout défendre ses intérêts catégoriels.

J'envie mon chien surtout quand je lis ce qu'écrit Finkielkraut (P.d.M).





Nomades et nomadisme :
http://www.routard.com/mag_dossiers/id_dm/35/nomades_et_nomadisme.htm

Nomadisme :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nomadisme

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Dynamique démographique des chasseurs-cueilleurs :
http://www.unige.ch/cyberdocuments/theses2003/RayN/these_body.html

LE RÔLE DE LA VIOLENCE DANS LES SOCIÉTÉS PRIMITIVES :
http://revue.de.livres.fr/cr/clastres.html

MAFFESOLI M. : Du nomadisme - Vagabondages initiatiques
http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/mmaffesolidunomadisme.doc






[Corrélats : Nomade / Sédentaire / Grégarisme / ...]

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