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Osmose et osmose inverse
Osmose et osmose inverse


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Pour dessaler économiquement l'eau de mer, salez-la ! / Sites Internet et articles / Corrélats /


Principe de l'osmose inverse
L'osmose correspond à un processus au cours duquel un échange d'eau se fait entre deux compartiments séparés par une membrane hémiperméable.


Le mouvement d'eau se fait toujours depuis le compartiment où la concentration en substance dissoute est la plus faible vers le compartiment où la concentration en substances dissoutes est la plus forte, autrement dit du compartiment où la pression osmotique est la plus forte. La finalité de ce mouvement d'eau est d'équilibrer la concentration en substances dissoutes dans chacun des deux compartiments, ce qui revient à équilibrer les pressions osmotiques.

L'osmose est un phénomène très important au niveau cellulaire.

C'est ce phénomène, par exemple, qui est à l'origine des mécanismes de l'absorption racinienne. La concentration en substances dissoutes dans les cellules des racines exerce une pression osmotique maximale de 12 atmosphères. Cela revient à ce que les plantes vasculaires sont capables d'élever leur sève brute jusqu'à une hauteur maximale de 120 mètres.




Il existe un procédé technique appelé osmose inverse. Comme son nom le suggère, les échanges d'eau se font depuis le milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré, ce qui revient à concentrer davantage le milieu le plus concentré. On obtient ce résultat en exerçant sur le compartiment le plus concentré, une pression supérieure à la pression osmotique. Cette technique est très utilisée dans différents systèmes de dessalure des eaux ou d'épuration de certains types d'effluents toxiques ou particuliers, comme, par exemple, les lixiviats qui suintent au travers des déchets stockés dans des centres d'enfouissements de classe I ou de classe II.

Dans les usines de dessalement d'eau de mer par osmose inverse, évidemment, si d'un côté de la membrane on récupère de l'eau douce, de l'autre subsiste une saumure dont on ne sait rien faire d'autre que de la rejeter dans la mer.

Si à l'échelle de l'océan mondial, ces rejets n'ont pas d'incidence sur sa salinité, localement, les problèmes écologiques engendrés ne sont pas anodins. Mais une fois de plus, ça n'entre pas en ligne de compte. Jusqu'à preuve du contraire, la production de déchets n'est pas comptée dans le PIB et n'intervient pas dans le calcul du taux de croissance. Les atteintes à l'environnement non plus, pas davantage que les effets sur la santé des populations ou leurs ressources. Donc ça ne compte pas !






Agriculture. Les usines de traitement de l'eau de mer se multiplient.

L'Espagne dessale sec

Par François MUSSEAU / Libération QUOTIDIEN : Lundi 7 août 2006

Carboneras envoyé spécial

Tout juste passé le parc national désertique de Cabo de Gata, à deux pas de plages envahies par les touristes, un panorama industriel et un défilé incessant de camions soulevant des nuages de poussière. Sur plusieurs hectares, on voit une cimenterie, une centrale thermique, toutes deux gigantesques. Puis, contiguë, une usine de dessalement dont le réservoir d'eau potable, quasi à ras bord, a presque la dimension d'un terrain de foot. Avec ses installations bleu azur et ses tuyauteries vertes, la desaladora de Carboneras est la plus vaste d'Europe. En fonction depuis un an, elle ne produit que 20 000 mètres cubes d'eau douce par jour, à peine 15 % de son potentiel. Pourtant, elle a peut-être sauvé cette région aride à l'est d'Almería, où il ne tombe que 200 millimètres cubes de pluie par an. "Depuis que l'usine fonctionne, fini les coupures et les restrictions d'eau, fini l'angoisse de vivre en pleine sécheresse", s'enthousiasme Fernando, qui tient un bar à Carboneras, une bourgade de 7 000 habitants vivant essentiellement du tourisme allemand et britannique. La desaladora alimente aussi en eau la localité voisine de Mojácar et, d'ici à 2007, une douzaine d'autres municipalités de la vallée de Tabernas, situées plus à l'ouest, à proximité d'un désert naturel unique en Europe. Et ce n'est pas fini : trois desaladoras sont en construction dans la province d'Almería.

"Au bord de la ruine"

Les agriculteurs s'estiment être les grands bénéficiaires de cette manne hydrique. Jusqu'alors, les 1 800 paysans de la région dont les 4 800 hectares de cultures sous serre de fruits et légumes exigent toujours davantage d'eau se désespéraient. "Les puits s'épuisaient les uns après les autres, beaucoup d'entre nous étaient au bord de la ruine", assure Antonio Lopez, président du syndicat agricole local. D'après les autorités andalouses, la couche aquifère de la région de Carboneras, surexploitée, devrait être épuisée d'ici à quinze ans. La majorité des agriculteurs continuent d'y pomper gratuitement leur eau mais ils savent qu'ils pourront compter demain sur l'eau dessalée, à un prix qu'ils espèrent modeste : de 1 dollar il y a peu, le coût du mètre cube d'eau douce dessalée oscille ici entre 0,45 et 0,71 euro.

L'exemple de Carboneras illustre la profonde transformation de la gestion de l'eau en Espagne. Dans un pays où le quart du territoire est menacé de désertification et où la demande en eau augmente de 13 % par an, on a désormais perdu la crainte de voir s'arrêter le développement du littoral méditerranéen. "Le dessalement de l'eau à grande échelle a une importance stratégique, affirme Adrian Baltanas, directeur d'Acuamed, une société étatique qui gère les desaladoras. Cela apporte une solution à une demande grandissante, quelle que soit la météorologie ou le cycle de la sécheresse. Depuis deux ans, grâce à ces usines, il n'y a plus de restrictions d'eau sur la Costa del Sol, à Murcie ou à Alicante."

L'Espagne, premier pays à dessaler de l'eau de mer pour l'agriculture, est devenue une puissance dans ce domaine, avec des entreprises qui exportent leur savoir-faire. Deux tiers des habitants de l'archipel des Canaries consomment de l'eau de mer traitée en usine. La moitié de ceux qui résident aux Baléares (fréquentées chaque année par près de 10 millions de touristes) font de même.

Fièvre touristico-immobilière

En Péninsule, sur le pourtour méditerranéen, les autorités tablent sur des proportions similaires d'ici peu. D'autant que pour le gouvernement de José Luis Zapatero il s'agit d'une question prioritaire : après avoir gelé, il y a deux ans, le pharaonique transvasement des eaux de l'Ebre vers le littoral oriental (un projet d'Aznar), les socialistes au pouvoir ont jeté leur dévolu sur les usines de dessalement. On en compte 900. De taille modeste, elles ne produisent que 1,6 million de mètres cubes par jour. Mais, dans le cadre du plan Agua (eau), 30 méga-usines devraient être mises en service d'ici à la fin 2007.

L'explosion des desaladoras n'est cependant pas du goût des écologistes et de certains partis de gauche. Ils fustigent les rejets de sel en mer, la prolifération de saumure et les effets contaminants que supposent les usines de dessalement, même si la consommation énergétique a diminué, passant de 22 kW par m3 en 1970 à 3,5 kW aujourd'hui. Voire 2,6 kW dans certains endroits. Gardien du phare de Mar Roldán, au sud de Carboneras, Mario Sanz Cruz milite pour la préservation du parc naturel Cabo de Gata, mis en danger, selon lui, par la fièvre touristico-immobilière. "Au lieu d'estimer les besoins en eau et d'y répondre, la tendance est à ces maudites méga-usines de dessalement pour anticiper la demande dans les dix ans à venir. Résultat, c'est un chèque en blanc pour l'urbanisme sauvage, les lotissements de luxe pour touristes résidentiels." Dans cette région semi-désertique, on compte déjà quatre terrains de golf et une bonne vingtaine en projet. Même la ministre de l'Environnement, Cristina Narbona, "gourou" des desaladoras, a promis de sévir en cas d'abus : "Je ne peux pas stopper la prolifération des lotissements, mais je peux, en revanche, leur refuser l'eau." >




On trouvera sur le site http://www.carteleau.org/fmenu3.htm divers dossiers sur la potabilisation , l'assainissement, la gestion du risque incendie / fourniture en eau, les eaux de baignades, les eaux pluviales, etc. remarquables et très complets

Dessalement de l’eau de mer par osmose inverse : les vrais besoins en énergie
http://www.gls.fr/pdf/Article1.pdf

LIENS SUR LE DESSALEMENT DE L'EAU DE MER
http://mshades.fr/dessalement/liensdessalement.html

DESSALEMENT ISENTROPIQUE ( à coût énergétique minimal ) DE L'EAU DE MER
http://mshades.fr/isentropiques/dessalement.html

Dessaler l'eau de mer sans saler la facture : Grand prix européen de la fondation Altran pour l'innovation 1999 : http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n377a1.htm






[ Corrélats : L'eau : une marchandise ? / Potabilisation de l'eau / ...]

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