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Les eaux potables
Les eaux potables

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Les enjeux / Les obligations de la commune / L'eau brute et l'eau potable / La qualité et les contrôles de qualité / Les situations de non-conformité / Les périmètres de protection des captages / Les traitements /

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Un nouveau paradigme pour l'eau potable et l'assainissement /
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Étendue des dérogations accordées en France par rapport aux seuils physico-chimiques normalement autorisés. /
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Eau: réduire le gaspillage, c’est possible /
Connaissance des réseaux d'eau : vers un report de la sanction financière ? /
Régies ou délégation des services eau : dépasser les idées reçues (dossier) /


Corrélats /


La présence de fuligules morillons (Aythya fuligula) sur un réservoir
d'eau destinée à la potabilisation... n'est pas incompatible avec
des exigences de santé publique (Salmonelles, H1N1, SRAS, etc.)
L'eau potable a toujours été un enjeu pour les sociétés humaines. Le plus souvent malheureusement, c'est la ressource qui fait défaut puisque plus de la moitié de la population sur Terre n'a pas accès à l'eau potable...



Dans les pays industrialisés comme le nôtre où la ressource est relativement abondante et les moyens de traitement sophistiqués, les enjeux sont différents. Ils concernent la vente et la distribution par des compagnies fermières d'un produit pour lequel les consommateurs manifestent très souvent et très facilement de la suspicion quant à sa qualité.

Curieuse évolution et curieux signe des temps si on se rappelle, par exemple, que certains quartiers de la ville d'Hennebont où je réside, ne furent approvisionnés en eau potable qu'en 1964. Les gens d'alors tiraient leur eau des puits ou des fontaines et ne se préoccupaient guère de la qualité microbiologique de cette eau et… heureusement la vaccination contre la diphtérie avait été rendue obligatoire ! Aujourd'hui, certaines de ces mêmes personnes répugnent à utiliser l'eau du robinet et achètent de l'eau embouteillée.

Les obligations de la commune.

Les communes ont l'obligation de mettre de l'eau potable à la disposition de leurs administrés.Si l'eau est issue du milieu naturel, le prélèvement est protégé par des périmètres de protection sur lesquels diverses activités sont interdites, restreintes et réglementées (cf. vulnérabilité). L'eau distribuée doit répondre à des normes de qualité et la commune a l'obligation d'informer ses administrés sur la qualité de l'eau qu'elle distribue.

L'eau brute et l'eau potable.

Les eaux brutes sont des eaux susceptibles de fournir de l'eau potable. Toutes les eaux ne sont pas potabilisables. Les eaux salées ou saumâtres, les eaux polluées ou certaines eaux très vulnérables ne sont pas utilisées dans les filières de potabilisation.

On définit l'eau potable comme une eau ne présentant aucun risque pour la santé humaine. En outre, ces eaux doivent respecter des normes de composition, minérale surtout. Cela fait que la plupart des eaux minérales ne sont pas des eaux potables même si elles ne présentent généralement pas de risques pour la santé.

En fonction de leur origine et en particulier du type de roches sur lesquelles les eaux ont circulé, on distingue les eaux douces (terrains siliceux ou sableux) et les eaux dures (terrains calcaires ou crayeux). Les eaux douces sont dites agressives. Les eaux dures sont entartrantes.

Toutes les eaux brutes ne peuvent pas être utilisées pour produire des eaux potables.Celles dont la qualité est jugée suffisante doivent faire l'objet d'une autorisation de prélèvement et recevront un traitement approprié.

On distingue trois catégories d'eaux brutes : la catégorie A1 justifiant un traitement physique simple et une désinfection ; la catégorie A2 justifiant un traitement physico-chimique normal (coagulation, floculation, décantation, filtration, désinfection) et la catégorie A3 nécessitant des traitement poussés (chloration au break-point, passage sur charbon actif, ozonation, etc.).

Les eaux brutes dont les qualités initiales ne respectent pas les critères de la catégorie A3 sont déclarées impropres à la potabilisation.

Il arrive parfois que certaines eaux circulant sur des terrains vulnérables (craie) n'obéissent plus aux critères A3 à la suite d'inondations, conditions météorologiques particulières ou catastrophe naturelle. Ces conditions particulières imposent que leur utilisation soit suspendue, mais non interdite.

La qualité et les contrôles de qualité.

Les eaux brutes aussi bien que les eaux distribuées doivent répondre à des critères de qualité. Un certain nombre de textes législatifs nationaux et des directives européennes précisent ces normes de qualité. On trouvera ces textes et ces normes, par exemple, sur le site :
http://cartel.oieau.fr/guide/potable.htm#potable01

Les contrôles de qualité sont très hiérarchisés.

En France, par exemple, l'autorisation de prélèvement d'eau, le choix du traitement et des mesures correctives est sous la responsabilité du Préfet.

C'est la DDASS qui organise les contrôles sanitaires réglementaires et effectue les prélèvements, qui étudie les résultats et l'évolution des paramètres mesurés, conclue à la potabilité de l'eau distribuée, avertit le Maire des éventuels manquements. L'analyse des échantillons d'eau prélevés est réalisée par un laboratoire agréé (voir CGI / Qualité des eaux).

L'exploitant-distributeur est astreint à des autocontrôles de la qualité des eaux qu'il met sur le réseau. Certains de ces autocontrôles (examen régulier des installations ; mise en œuvre d'un programme de tests ; tenue d'un fichier sanitaire compilant l'ensemble des informations recueillies) se font en interne sur les lieux de production (usine de potabilisation). D'autres contrôles plus sophistiqués se font dans des laboratoires compétents, agréés ou non.

Le Maire est le seul responsable de la qualité des eaux qu'il fait distribuer. Il a l'obligation de prévenir ses concitoyens de tout problème de potabilisation.

Les situations de non - conformité.

Le distributeur d'eau potable a des obligations d'alerte dès qu'il constate que les exigences de qualité de l'eau qu'il distribue ne sont plus respectées.

Toute une série de dispositifs va être mise en œuvre aussitôt que le maire et le préfet auront été avertis. La distribution va être le plus souvent interrompue. Diverses enquêtes vont être entreprises pour rechercher les causes de la non-conformité. Bien entendu des mesures correctives sont mises en œuvre pour retrouver les qualités d'eau requises.

Évidemment et à chaque fois que la situation l'exige, les consommateurs sont avertis. Une distribution d'eau potable peut être mise en place quand l'interruption de fourniture risque de durer.

Un certain nombre de dérogations sont prévues (art. 24 Décret 2001 - 1220).

Les périmètres de protection des captages.

Le maintien de la qualité des eaux destinées à l'alimentation humaine se traduit par un certain nombre de dispositions prises tant au niveau du bassin versant qu'au niveau local, dans les SDAGE, les SAGE ou les PLU (anciennement POS).

Toutefois, le maintien de cette qualité entre presque toujours en compétition, voire en conflit avec d'autres usages de l'eau ou du sol. C'est très souvent le cas lors de l'établissement des périmètres de protection des captages et des ressources en eau.

Lorsque les difficultés sont aplanies (indemnisations), les périmètres de protection sont établis en conformité avec les conclusions que l'hydrogéologue officiel porte sur la ressource (eaux souterraines ou de surface).

Dès lors, on distinguera plusieurs types de périmètres de protection :

» Le périmètre de protection immédiate est un terrain de faible étendue, acquis en pleine propriété par la commune et dont le rôle est d'interdire l'accès aux équipements de captage. Le terrain est généralement clôturé.

» Le périmètre de protection rapprochée est une emprise de surface destinée à protéger la ressource de tout risque de migration de substances polluantes vers la nappe au point de captage. En France, la surface de protection rapprochée est calculée pour un temps de rétention d'au moins 50 jours. Selon la nature du terrain et de sa perméabilité, la surface du périmètre de protection rapprochée fait entre un hectare et une dizaine d'hectares. À l'aplomb de cette surface, un certain nombre d'activités sont interdites ou sévèrement réglementées.

» Le périmètre de protection éloignée n'est pas à proprement parler obligatoire. Il résulte souvent d'un contrat tacite passé entre les demandeurs d'activité de surface, principalement les exploitants agricoles, et la commune. Sur ce périmètre, diverses activités sont réduites, voire abandonnées.

Les traitements.

Les traitements dépendent essentiellement de l'origine des eaux brutes.

Les eaux souterraines souvent de bonne qualité constante ne nécessitent généralement qu'un traitement correctif du pH et de la dureté, localement un traitement du fer et du manganèse et malheureusement et de plus en plus fréquemment un traitement des nitrates.

Les eaux de surface sont davantage médiocres. Les traitements sont plus nombreux et spécifiques.

Les grosses matières en suspension sont éliminées par dégrillage, dessablage, débourbage et / ou tamisage.

Le permanganate de potassium et surtout le sulfate d'alumine permettent de clarifier l'eau brute, d'en diminuer la turbidité et la coloration. Ces produits éliminent surtout les matières organiques par coagulation et floculation. Après décantation et filtration, ces matières organiques se retrouvent sous forme de boues.

L'ammoniaque est éliminé par chloration au break-point ou par nitrification biologique sur filtre.

Les nitrates sont éliminés par dénitrification ou par échange d'ions avec des résines.

Les algues sont le plus souvent éliminées en même temps que les matières organiques. En période de profusion, l'utilisation du sulfate de cuivre peut se justifier.

Les phénols et les hydrocarbures, responsables de mauvaises odeurs et de mauvais goûts, sont éliminés sur du charbon actif.

Les pesticides sont éliminés par oxydation avec de l'ozone ou de l'eau oxygénée et par filtration sur du charbon actif.

La désinfection est assurée par le chlore et divers composés chlorés, l'ozone, les UV.

Le taux de dioxyde de carbone agressif est corrigé en jouant sur la dureté. La dureté est augmentée par ajout de calcium et magnésium. Elle est diminuée par échange d'ions, décarbonatation, etc.Les goûts tenaces disparaissent le plus souvent par ozonation ou passage sur du charbon actif.

On peut éviter la formation des haloformes en supprimant la pré-chloration.

Le fer, le manganèse, le magnésium et divers autres métaux sont éliminés par oxydation.




Un dossier très complet sur les eaux potables :http://cartel.oieau.fr/guide/potable.htm#potable01

Alimentation en eau potable :
http://www.aesn-etudes.com/fiches/aep/som_aep.htm

Guide pédagogique / Eaux potables
http://www.fne.asso.fr/PA/eau/doc/fiche_eau_potable1.pdf

Gestion de l'eau potable et des eaux usées
http://www.ifen.fr/donnees-essentielles/eau/gestion-de-l-eau-potable-et-des-eaux-usees.html






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