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Pression de prédation
Pression de prédation




Faute d'une pression de prédation suffisante, les herbivores
des savanes arriveraient trop nombreux, par exemple, à la saison
sèche quand la végétation se fait moins dense et mourraient de
faim. Ici des gazelles de Thompson (Gazella thompsonii)
Il est des raisonnements que l’on peut qualifier de simplistes, pour ne pas dire d'imbéciles.

Ainsi, parce que la santé coûte cher, nos gouvernants n’ont rien trouvé de mieux que de supprimer des hôpitaux… en appliquant ce raisonnement, je pense que pour faire diminuer sensiblement les accidents de la route, on devrait fermer des routes à la circulation !


De la même façon, les chasseurs ou les pêcheurs ont longtemps préconisé l’éradication des prédateurs pour disposer de davantage de gibier ou de poissons. Ils l’exigent encore et obtiennent même satisfaction de leur ministre de tutelle, laquelle devrait être suffisamment informée pour ne pas donner suite à leur revendication.

Les effets désastreux qui suivirent l’éradication des prédateurs du plateau de Kaibab sur les populations de cerfs mulets sont pourtant connus.

Mais plus remarquablement, ce que semblent désespérément ignorer les chasseurs, les pêcheurs et la susnommée ministresse, c’est qu’une forte pression de prédation, loin d’être négative pour un écosystème, lui assure au contraire une bien meilleure diversité*.

La raison en est relativement simple. Un prédateur est, par nécessité, opportuniste. Cela veut dire qu’il se saisira des proies qu’il rencontrera si les conditions de capture lui sont favorables. Le renard ne décide pas à l’avance que son menu du jour sera composé d’un lapereau tout bêtement parce que s’il débusque un campagnol, il s’en contentera et s’il a encore faim, il saura aller cueillir une poule crevée que le paysan aura extrait de son poulailler industriel pour la jeter sur un tas de crottes pour qu’elle y pourrisse.

Quand les prédateurs sont nombreux (et variés), la pression de prédation qu’ils exercent est forte. Cela revient à observer qu’ils devront être plus opportunistes encore et se satisfaire, vite, de leurs bonnes fortunes. Ils consommeront donc une plus grande variété de proies, ce qui aura une double conséquence : d’abord que la forte pression de prédation sera diluée entre diverses populations composant les peuplements de l’écosystème. Toutes ces diverses populations de proies auront donc la possibilité de prospérer. Mais en outre, aucune des populations de proie ne pourra se développer inconsidérément par rapport à d’autres, ce qu’elle serait susceptible de faire si la pression de prédation était moins forte. Dans ce cas d’une pression de prédation plus faible, due soit à un moindre nombre de prédateurs, soit à une moindre diversité de prédateurs, certaines proies « plus faciles » seront davantage recherchées et par voie de conséquence, davantage capturées. Leur population diminuera de façon drastique au profit des populations d’espèces « plus difficiles » à capturer. À terme, d’ailleurs, certains prédateurs, faute de trouver des proies « thermodynamiquement rentables » pourront disparaître. Il peut même advenir que tous les prédateurs disparus, seule une espèce proie fréquente l’écosystème.

Assez généralement, dans un écosystème, il existe une ou plusieurs espèces dont l’activité conditionne le fonctionnement de tout l’écosystème. Ces espèces sont appelées espèces clef. Ce peuvent être des prédateurs comme la truite au niveau du rhitron, le loup quand il fréquentait encore nos milieux forestiers, mais ce peut être aussi des animaux ayant un tout autre type d’activité, par exemple, de type pollinisateur pour les bourdons et les abeilles dont on mesurera l’importance bientôt quand ils auront tous été intoxiqués par le Régent ou le Gaucho.

[* La biodiversité n'est jamais maximale dans des systèmes en équilibre (climax), mais davantage dans des systèmes en devenir. Remarquablement, il faut un peu de chaos pour qu'un système soit riche. La prédation, parce qu'elle est fondamentalement irrationnelle puisque basée sur des opportunités et des hasards davantage que sur des nécessités et des règles, est un des éléments du chaos enrichisseur de diversité.]




Relations trophiques, réhabilitation et gestion des ressources piscicoles et de la macrofaune benthique :
http://www.thonon.inra.fr/poisson/poisson.htm

Relations proies - prédateurs :
http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/Cours_3_Predation.pdf






[Corrélats : Kaibab / Proies et prédateurs / Variations démographiques / ...]

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