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Qualité de l'eau
Qualité de l'eau


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : La qualité des eaux / Les chiffres tronqués de la qualité des eaux de baignade. /

Dans de nombreuses régions agricoles de l’OCDE, les niveaux de pollution dépassent les normes de qualité de l’eau potable /
Pollueur et bien payé /
La qualité biologique des eaux de surface continentales /
Des outils de bioindication spécifiques pour évaluer la contamination des cours d'eau par les pesticides /
Évolution de la qualité des cours d’eau : volet macropolluants /
Synthèse régionale de la qualité de l'eau des bassins versants bretons - Année hydrologique 2008-2009 /
Un bon état des masses d'eau d'ici à 2015 : un objectif difficilement atteignable /
Les macropolluants dans les eaux /
Nitrate : concentration (Q90) dans les cours d'eau en Bretagne /
Qualité des eaux en Loire-Bretagne : des efforts s'imposent /
La qualité des eaux en France: progrès et préoccupations + commentaire ! /


Sites Internet et articles / Corrélats


Grande phrygane (Phryganea grandis)
La qualité de l'eau ne peut pas se réduire seulement à celle distribuée au robinet.


Celle-ci, en effet, dépend essentiellement de la qualité de la ressource, qu'il s'agisse d'eau souterraine ou d'eau superficielle (cours d'eau, lacs et réservoirs).

Pour ce qui est des eaux souterraines, le plus souvent, celles que nous utilisons, sont sinon des eaux fossiles, au moins des eaux " historiques ", c'est-à-dire des eaux qui, compte tenu du temps qu'il leur a fallu pour traverser les couches de roches avant d'atteindre les captages, ont pu passer plusieurs années, dizaines d'années, voire centaines d'années dans les aquifères où elles auront été filtrées, épurées, débarrassées de leurs bactéries, etc. et finalement acquis une qualité irréprochable*.

Ces eaux sont presque toujours encore de bonne qualité parce que, originellement, elles n'avaient probablement pas été polluées. Le seront-elles encore dans dix, cinquante ou deux cents ans ? Rien n'est moins sûr, puisque certaines nappes vulnérables ont été polluées, et continuent de l'être, par nos activités industrielles, domestiques ou agricoles et que ces effets ne se manifesteront que très tardivement, probablement à une époque où la mémoire de ces pollutions initiales aura été effacée.

[* L'eau souterraine qui alimente Paris, aujourd'hui, par l'intermédiaire de l'aquifère captif des sables verts de Lorraine est tombée sous Louis XIV !]

Pour ce qui est des eaux de surface, le temps ne joue guère. Que les pollutions soient chroniques ou accidentelles, leurs effets se font sentir tout de suite ou presque. C'est la raison qui oblige, par exemple, les agences de bassins, mais aussi d'autres partenaires dans la fourniture d'eau, à mettre en place des réseaux de surveillance et de contrôle permanent, et de préférence en temps réel, de la qualité des eaux ressources.

Les cours d'eau sont initialement classés en plusieurs catégories pour l'usage et la vie piscicole. Évidemment, quand les cours d'eau se révèlent de mauvaise qualité, tout doit être (et sera) fait pour y remédier. D'une manière générale, depuis les années cinquante, beaucoup d'efforts et d'investissements ont contribué à une très nette amélioration de la qualité de nos cours d'eau, au moins dans certains domaines comme les pollutions organiques, la qualité bactériologique, mais, dans le même temps, d'autres dégradations insidieuses, et dont on ne mesure probablement pas bien les effets à long terme, ont pris une ampleur inquiétante (pollution par les nitrates, pollutions par les herbicides, augmentation de la température, etc.).

Les cours d'eau sont classés en quatre catégories :

Bonne : ce sont des eaux aptes à tous les usages comme la fabrication d'eau potable ou l'abreuvage des animaux, l'arrosage ou l'irrigation, etc., sans oublier les acticités de loisirs, et qui, par ailleurs, assurent une vie piscicole normale.

Moyenne : ce sont des eaux où la vie piscicole est perturbée, au moins dans ces aspects reproduction. Elles permettent encore la production d'eau potable, mais avec des traitements plus poussés, donc plus chers. Elles peuvent encore être utilisées pour l'irrigation, mais non pour abreuver les animaux ou pour l'arrosage direct des productions végétales de type fruits ou légumes. Cette eau peut servir pour certains usages industriels.

Mauvaise : ce sont des eaux où la vie piscicole est perturbée. Seuls des usages industriels de type refroidissement sont possibles. Les activités de loisir autres que la navigation sont déconseillés ou interdits. L'irrigation est tolérée sous certaines conditions.

Très mauvaise : ces eaux sont des dangers pour la santé publique.

Pour apprécier la qualité initiale d'une eau, il est nécessaire d'en mesurer différents paramètres. Ces paramètres peuvent être de nature physiques, chimiques, biologiques ou microbiologiques.

Parmi les paramètres physicochimiques les plus couramment surveillés, on peut citer :

Les matières en suspension ou MES : ces matières désignent tous les insolubles qui augmentent la turbidité de l'eau, c'est-à-dire la troublent ou diminuent sa transparence. Ces substances sont essentiellement des colloïdes d'argile et d'humus dispersés. Mais ce peuvent être aussi, pendant les crues des particules grenues de sable, de limon ou de lœss ou, à l'automne, des fragments des feuilles mortes et des tanins qu'elles libèrent. Ces matières en suspension freinent considérablement l'activité photosynthétique des algues et empêchent l'oxygénation des eaux. Elles conduisent, en outre, les fabricants d'eau à utiliser davantage de floculants (sulfate d'alumine) et à nettoyer plus souvent leurs filtres, trop vite colmatés.

Les matières organiques : les matières organiques dont il est question sont des matières organiques mortes (nécromasse). Bien souvent, il s'agit de matières organiques d'origine fécale. Normalement, les matières organiques sont oxydées par l'activité des microorganismes aérobies présents naturellement dans les eaux. C'est ce que l'on appelle l'autoépuration. Mais cette dégradation consomme de l'oxygène dont on sait qu'il n'est jamais dissous en grande quantité dans les eaux, ni facilement remplacé. Au-delà d'une certaine quantité, les matières organiques entraînent une désoxygénation partielle ou totale des eaux, d'abord préjudiciable à la vie aquatique, puis, dans un second temps, favorisant des organismes anaérobies peu compatibles avec la bonne santé des utilisateurs de ces eaux.

Les substances azotées et phosphorées : l'apparition de ces substances est directement liée à la dégradation des matières organiques, surtout d'origine fécale. Les protéines et l'urée sont d'abord transformées en ammoniaque. Celle-ci donne des nitrites et des nitrates (voir cycle de l'azote).

Les nitrates et les phosphates stimulent la croissance et la reproduction des végétaux aquatiques, particulièrement les algues du plancton et du benthon qui se mettent à proliférer (eutrophisation, voir ce mot).

La mort, souvent brutale de cette masse planctonique, est suivie d'une forte désoxygénation des eaux (dystrophisation, voir ce mot).

En outre, l'ammoniaque rend plus difficile la potabilisation des eaux ; les nitrates sont déclarés toxiques quand leur taux dépasse 50 mg/l et les nitrites sont toxiques pour les animaux poïkilothermes (poissons, mollusques, crustacés et insectes aquatiques).

Parmi les autres paramètres mesurés, on peut citer la température (facteur essentiel pour l'oxygénation, mais aussi facteur favorisant la pénétration et la survie d'espèces indésirables dans les écosystèmes aquatiques (voir invasion et Jussies ; Alismatales) ; le pH (idéalement, l'acidité d'une eau doit être à un point, un point et demi, au-dessus du pH des sols qu'elle traverse, si ces sols sont siliceux et au même pH, si les sols sont calcaires) ; les sels dissous ; la conductivité, le rH ; l'oxygène dissous ; les métaux lourds ; les micropolluants organiques (pesticides, PCB, HAP, etc.).

Les paramètres biologiques sont le plus souvent associés à des indicateurs biologiques ou bio indicateurs.Parmi les indices les plus couramment utilisés, on peut citer l'indice biotique, maintenant remplacé par l'indice biologique global normalisé (IBGN), l'indice diatomées, l'indice oligochètes, l'indice poissons, l'indice macrophytes ou l'indice oiseaux.

Les paramètres microbiologiques portent essentiellement sur la qualité du phytoplancton et sur la présence ou non de bactéries indésirables ou de bactéries témoins de la présence de ces bactéries indésirables ou pathogènes (voir qualité des eaux, cours de microbiologie sur le site www.univ-ubs.fr/iutlo/hse/davoust/davoust.html).

Depuis quelques années, un nouveau système d'évaluation de la qualité des cours d'eau a été élaboré sous la responsabilité de la direction de l'eau, les Agences de l'eau et les DIREN. Ce système d'évaluation de la qualité des eaux a pour sigle SEQ. Ce système prend toujours en compte la qualité physicochimique et biologique des eaux, mais il intègre les caractéristiques physiques du cours d'eau (voir SEQ).




Les chiffres tronqués de la qualité des eaux de baignade.

Le dimanche 21 mai 2006.

Pollution. 96,5 % des plages françaises sont conformes selon le ministère, mais toutes n'ont pas été répertoriées.

À l'approche de l'été, la qualité des eaux de baignade en France prend soudain une certaine importance. Alors que l'Assemblée nationale vient tout juste de terminer sa discussion du projet de la loi sur l'eau et les milieux aquatiques, le ministère de l'Ecologie a rendu public le bilan 2005 de la qualité sanitaire des eaux de baignade : 96,5 % des plages sont conformes (96,9 % en eaux de mer, 95,9 % pour les eaux douces). Des chiffres rassurants, surtout lorsqu'on les compare à ceux de 1976, date du premier bilan sanitaire en France, avec moins de 70 % de plages conformes.

Infraction. Mais que représentent réellement ces données ? La Commission européenne s'était penchée sur le problème début avril, et avait même ouvert une procédure d'infraction contre onze États membres, dont la France. Entre 1990 et 2004, Bruxelles a constaté que 7 000 aires de baignade avaient disparu sans explication de la liste des sites où la qualité de l'eau est surveillée. En France, 383 plages de mer sur 2 255 ont disparu de la liste, soit 17 %. Un chiffre qui passe à 48 % pour les plages d'eau douce. " 96,5 % de plages conformes, ça ne veut pas dire grand-chose ", insiste Cendrine Templier, de l'association Surfrider, à l'initiative de la Carte des pavillons noirs des côtes françaises. " En 2004, la Grèce avait annoncé conformes 100 % de ses sites en eaux douces. Il n'y en avait en fait que quatre répertoriés. "

Mais l'autre problème qui préoccupe Surfrider, c'est qu'aujourd'hui les prélèvements des eaux de baignade ne sont effectués qu'en vue de la période estivale (15 juin-15 septembre). " Nous nous efforçons d'étaler ces contrôles le reste de l'année ", continue la directrice de l'association qui commence à développer ses propres laboratoires d'analyse.

Bactérie. La qualité des eaux dépend essentiellement de la présence de la bactérie Escherichia coli, témoin d'une contamination fécale. Mercredi, l'Assemblée a décidé de transposer dans la loi française la directive européenne sur la qualité des eaux de baignade. Une décision qui obligera la France à se pencher plus sérieusement sur le problème : le seuil de présence de cette bactérie autorisé par Bruxelles pour 2008 a été divisé par quatre.

Source : Libération, 21 mai 2006 / D.D. /

Voir aussi : http://www.surfrider.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=119

http://www.surfrider-europe.org/modules.php?name=News&file=article&sid=117

Chiffres officiels pour la France :
http://baignades.sante.gouv.fr/

Chiffres officiels pour l’Europe :
http://ec.europa.eu/water/water-bathing/report.html






Qualité des eaux destinées à la consommation humaine :
http://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/13.pdf

Qualité des eaux de baignade :
http://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/14.pdf

Qualité des eaux marines :
http://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/15.pdf

Contrôle sanitaire des eaux de baignade
http://baignades.sante.gouv.fr/

Qualité des eaux superficielles
http://www.ac-poitiers.fr/svt/res_loc/HYDRO/QUALITE/index_s.htm

.../... Artois Picardie
http://www.eau-artois-picardie.fr/article.php3?id_article=630

.../... Haute Normandie
http://www.arehn.asso.fr/tabord/conti.php3

QUALITÉ ET POLLUTION DES EAUX SOUTERRAINES
http://www.u-picardie.fr/~beaucham/cours.qge/du-8.htm

La qualité de l'eau et de l'assainissement en France
http://www.senat.fr/rap/l02-215-1/l02-215-1_mono.html

Guide d’investigation des épidémies d’infection liées à l’ingestion d’eau de distribution :
http://www.invs.sante.fr/publications/2008/guide_eau_distribution/guide_eau_distribution.pdf






[Corrélats : IBGN / Indice biotique / SEQ / Contrôle de la qualité des eaux / ...]

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