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Reboisement
Reboisement


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Reboisement ou régénération ? / Reboisement en Afrique / Politique sylvicole / Sites Internet et articles / Corrélats /

Peupleraie de grisards (Populus x canescens)
Reboiser, en sylviculture, c'est planter des arbres sur un terrain qui avait été préalablement déboisé.


On oppose souvent le terme de reboisement à celui de régénération. Le reboisement peut être qualifié d'artificiel dès lors que l'on considère qu'il est le résultat d'une intervention humaine. La régénération, a contrario serait naturelle et son intérêt résiderait dans la conservation de la biodiversité (climax ou paraclimax). Dans les faits, bien des régénérations " naturelles " sont, en réalité, d'abord des reboisements de restauration.

Les causes du déboisement peuvent être cataclysmiques. Les tempêtes successives de 1987 et 1999 qui ont affecté notre territoire ont ainsi causé la chute de milliers de mètres cubes d'arbres. Les cyclones, les coulées de lave, les éruptions volcaniques, les déferlantes pyroclastiques et surtout les incendies de forêt sont d'autres causes cataclysmiques.

Les autres causes du déboisement sont humaines. Ces causes sont le plus souvent liées à une surexploitation de la ressource forestière, soit pour augmenter les surfaces cultivables ou pâturables, soit le plus souvent, parce que le bois est, dans bien des pays, la seule source énergétique pour les populations qui épuisent les forêts pour le chauffage et la cuisson des aliments. Toutes les forêts sont concernées par cette forme de surexploitation, même les mangroves.

Mais le reboisement peut aussi être la conséquence de la déprise agricole, particulièrement dans nos pays riches, quand, pour tenter de contrôler les quotas de production (céréales, lait, viande, etc.) on augmente substantiellement les surfaces de terres agricoles mises en friches et surtout quand des primes substantielles encouragent leur mise en culture. C'est une raison essentielle qui fait que, ces cinquante dernières années, nous avons vu, un peu partout, émerger des bois quelques hectares d'arbres, de la même espèce… introduite, de préférence.

Trop souvent, le reboisement est synonyme de régression. En moins de 20 ans, toutes les reliques de forêts ripariales que l'on pouvait encore parcourir le long de la vallée du Blavet ont disparu au profit de peupliers et pire, au profit de sapins de Normann destinés à être coupés pour le sacro-saint rituel du sapin de Noël car, pour que ces sapins prospèrent, non seulement la forêt ripariale a été rasée, mais le sol a été défoncé et drainé, ce qui rend toute restauration du milieu totalement impossible.

Mais peut-on parler de reboisement quand on constate les dégâts provoqués par des monocultures assassines d'épicéas, de mélèzes, de Douglas, qui laissent des sols désespérément acidifiés ou de peupliers sur des sols asphyxiques préalablement défoncés et drainés. Toutes ces pratiques sylvicoles ont pour conséquence de détruire, probablement de façon irréversible des micro écosystèmes sensibles et de faire disparaître des espèces patrimonialement intéressantes.

En outre, non seulement l'homme aura su en quelques années enlaidir la ville et ses abords, les paysages le long de ses routes, ses exploitations agricoles… Il est en passe de réussir à enlaidir ce que nos enfants croiront qu'il s'agit encore de forêts.

Fort heureusement, tous les reboisements ne sont pas le fait d'intérêts privés qui ne voient dans les forêts qu'un moyen de s'enrichir davantage et vite, sans le moindre souci ni pour l'environnement, ni même pour leur propre développement durable. Le nombre de forêts privées au main des banques, des compagnies d'assurance et en fonds de pension est particulièrement impressionnant. Il n'est d'ailleurs pas absolument certain que nos forêts domaniales soient à l'abri d'une dénationalisation / privatisation… quand on aura achevé France Télécom ou Gaz de France…

Fort heureusement, des forestiers et l'ONF ont (maintenant*) une vision plus à long terme de la forêt française / comme leurs collègues européens ont une vision pour les forêts européennes.

Après la tempête de 1987 qui avait davantage affecté nos massifs forestiers en Bretagne que ne le firent les tempêtes de 1999, on a pu se rendre compte de la politique de reboisement qui fut menée, par exemple, sur le massif de Camors Florange. Le choix des espèces et la diversité des peuplements commencent, vingt ans plus tard, à donner des résultats visibles et intéressants, par exemple, au plan de la diversité des espèces accompagnatrices dans ces reboisements. (voir aussi Pic noir).

Dans d'autres régions, plus touchées par les tempêtes de 1999, les forestiers ont mieux profité encore des mécanismes de régénération dans les parcelles de chablis qu'ils ne le firent en Bretagne. Cela n'était peut-être pas possible. Toutes les années ne sont pas égales au plan de la production de graines pour les arbres. 1999, 2004 aussi, ont été des années fabuleuses pour les faînes du hêtre.

Sans doute ne doit-on pas oublier que la forêt doit être rentable (bois d'œuvre, bois de chauffage, bois de construction, papier, cartons, palettes, etc.), mais rien n'empêche que cette rentabilité ne soit pas obtenue dans des pratiques écologiquement acceptables. Bon nombre de forestiers croient même que cette rentabilité pourrait être encore améliorée par une sylviculture davantage bio diversifiante.




Dans un certain nombre de pays, principalement en Afrique sub saharienne, le reboisement apparaît vital pour le maintien des populations dans ces régions " surpeuplées ". Cette référence à la surpopulation pour les pays du Sahel peut paraître curieuse quand on sait que la densité est de l'ordre de 2 ou 3 habitants au km2 (à comparer au 108 ha/km2 en Bretagne)… mais c'est pourtant ce terme qui convient puisque les ressources, par exemple, en bois de cuisson - chauffage, sont surexploitées.En octobre 2004, Mme Wangari Maathai a reçu le prix Nobel de la Paix pour son engagement en faveur d'une politique de reboisement en Afrique. (voir article ci-après).

La Kenyane Wangari Maathai reçoit le prix Nobel de la paix

vendredi 08 octobre 2004 (Reuters - 15:07)

par Alister Doyle et Wangui Kanina à NYERI, Kenya

OSLO - La militante écologiste kenyane Wangari Maathai est devenue à la surprise générale la première Africaine à remporter le prix Nobel de la paix pour sa campagne de reboisement du continent africain.

"La paix dans le monde dépend de notre capacité à préserver notre environnement", a déclaré Ole Danbolt Mjoes, président du comité Nobel, en dévoilant le nom de la lauréate, distinguée "pour sa contribution au développement durable, à la démocratie et à la paix".

Maathai se trouve à la pointe du combat pour la promotion d'un développement social, économique et culturel viable sur le plan écologique au Kenya et en Afrique, a-t-il ajouté.
"Je suis à la fois bouleversée et comblée", a déclaré l'actuelle secrétaire d'État à l'Environnement du gouvernement kenyan à Nieyri, ville du centre du Kenya où elle est née en 1940. "Je ne peux pas me sentir mieux que cela, ou alors peut-être au paradis"."Je n'ai jamais vu autant d'argent de ma vie", a-t-elle dit en évoquant le prix de 10 millions de couronnes suédoises qui accompagne le Nobel. "Une grande partie de cette somme ira aux programmes de défense de l'environnement. Je dois préparer un budget et réfléchir à ce que je vais en faire, exactement comme le font les nantis !".

CAMPAGNES DE REBOISEMENT

Première lauréate africaine de cette prestigieuse distinction, Maathai a célébré l'événement en plantant à mains nues une graine d'un arbre d'une espèce kenyane dans le jardin de l'hôtel où elle recevait les journalistes.

Maathai est la fondatrice du "Mouvement de la ceinture verte", une organisation essentiellement féminine qui a planté 30 millions d'arbres en Afrique pour lutter contre la désertification. Elle s'est faite connaître de l'opinion internationale par ces campagnes de reboisement et sa lutte contre la déforestation longtemps soutenue par les autorités kenyanes.

"Lorsque nous plantons de nouveaux arbres, nous plantons les graines de la paix", avait-elle souligné auparavant.

Elle est la 12e femme sur la liste du prix Nobel de la paix. Lauréat en 2001, le Ghanéen Kofi Annan, secrétaire général de l'Onu, était le dernier africain de cette liste. Maathai succède à une autre femme, l'avocate iranienne Shirin Ebadi.

Trois femmes siègent au comité Nobel, qui compte cinq membres et a été nommé début 2003 par le parlement norvégien. Geir Lundestad, directeur de l'Institut Nobel, avait déclaré en 2001 que le prix devait désormais couronner d'autres types d'engagements, comme celui des militants écologistes, des stars de la musique ou des journalistes.

Maathai a été choisie parmi 194 candidats, sur une liste où le directeur de l'Agence internationale de l'Énergie atomique Mohamed ElBaradeï faisait figure de favori.







* Maintenant… Car l'ONF n'a pas toujours eu cette attitude, pas davantage la "Forestry commission" en Grande Bretagne... Dans les années 1950 - 60, au nom de la rentabilité, il était courant de voir, en plaine, des coupes à blanc de chênes, de hêtres ou de châtaigniers et leur remplacement par des résineux, particulièrement par des épicéas. Il est vraisemblable que cet enrésinement a marqué le début de la progression vers l'ouest d'un certain nombre d'espèces animales comme le Pic noir dans notre pays ou le Pic syriaque dans les Balkans. Mais cet enrésinement massif a surtout eu des impacts pédologiques désastreux.

Ces aberrations écologiques ne se sont pas limitées à notre seul pays, c'est humain ! Les C.. sont cosmopolites.

En Espagne, pour faire du papier, des hectares d'eucalyptus ont été plantés*, particulièrement en Andalousie / région de Huelva surtout où sont les grandes papeteries. Le comportement de cette espèce vis-à-vis des eaux souterraines a eu pour conséquence un très fort tarissement des nappes superficielles et une accentuation des problèmes de sécheresse dont l'Andalousie se serait bien passée.

[* Au Portugal aussi, on a vu comment ces plantations se comportaient au feu en 2003 ou pire en 2005)

Au Maghreb, ce sont aussi des eucalyptus qui furent plantés sur des surfaces considérables. Ces arbres, outre leur forte consommation d'eau due à une forte évapotranspiration, produisent un humus tout à fait infertile (très forte teneur des feuilles en terpènes et en tannins). Les feuilles ne sont pas décomposées, la pédofaune et la pédoflore locale est incapable d'utiliser et de composter cette litière qui s'accumule en forte épaisseur et asphyxie toute végétation. Pire, cette litière interdit même aux eucalyptus d'être replantés. Par ailleurs, au Maroc, des coléoptères xylophages australiens ont été introduits en même temps que les eucalyptus. Ces insectes, sans véritables ennemis au Maroc, provoquent des dégâts considérables sur ces arbres, quand ils ne s'attaquent pas à des espèces indigènes !

On peut aussi citer les dégâts imbéciles qui furent commis en Nouvelle-Zélande quand des milliers d'hectares de forêt vierge à Podocarpus ont été éradiqués pour y installer des pins (surtout Pinus radiata).






La forêt qui cache l'arbre :
http://www.inra.fr/dpenv/point16.htm

DÉCRET N° 2000 - 383 Relatif au reboisement :
http://www.ksurf.net/~smb-mad/decretrebois.htm

REBOISEMENT ET DYNAMIQUE NATURELLE DANS LES FORÊTS SUB-ALPINES (HAUT-VERDON, ALPES DU SUD, FRANCE) :
http://www.sylvi-culture.com/documents/foret%20subalpines.pdf

Les principes de gestion de la sylviculture proche de la nature :
http://prosilva.fr/francais/

QU'EST-CE QU'UNE STATION FORESTIÈRE ?:
http://www.bretagne-environnement.org/Patrimoine-naturel/Les-milieux/Bois-et-forets/Les-stations-forestieres

Autres sites forestiers :

Des sylviculteurs experts en gestion durable, en Angleterre et au Pays de Galles :
http://www.selectfor.com/index-f.html

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Voir aussi les sites de :

Office national des forêts (ONF) / Compagnie nationale des ingénieurs et experts forestiers et des experts en bois (CNIEFEB) / École nationale du génie rural des eaux et forêts (ENGREF) / Inventaire forestier national (IFN) / Le site forestier du WWF / La revue forestière de la FAO /

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Un dossier très important sur les risques naturels, la déprise agricole, les problèmes de restauration des terrains, le reboisement, etc. :
L'avenir de la montagne : un développement équilibré dans un environnement préservé :
http://www.senat.fr/rap/r02-015-2/r02-015-2.html

LA FORÊT COMMUNALE D'OBERHOFFEN SUR MODER :
http://perso.wanadoo.fr/oberhoffen/foret.htm






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