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Les substances chimiques reprotoxiques
Les substances chimiques reprotoxiques


Dépopulation mondiale et Perturbateurs endocriniens :
L’UE se met au service du lobby des pesticides, au détriment de notre santé !!


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités et définitions / Historique et situation présente / Les fiches de données de sécurité / La surveillance biologique d'exposition / La prévention / Le dispositif réglementaire de retrait / DEMETER : Documents pour l’évaluation médicale des produits toxiques vis-à-vis de la reproduction /

Articles archivés / Corrélats


THFA : les effets reprotoxiques devraient aboutir à une nouvelle classification /
Les perturbateurs endocriniens impliqués dans l'obésité et le diabète /
Perturbateurs endocriniens : une étude souligne les lacunes de l'évaluation européenne /
Relation entre exposition professionnelle, anomalies de la fertilité et troubles de l’appareil reproducteur /
Les polluants chimiques responsables de l'obésité /
Phtalates : une future crise sanitaire ? /
Demande d'appui scientifique et technique concernant la révision de la stratégie européenne relative aux perturbateurs endocriniens /
La suspension du bisphénol A est définitivement adoptée /
Le bisphénol S pire que le bisphénol A ? /
L'OMS et le Pnue en guerre contre les perturbateurs endocriniens /
Insecticides dans les céréales : une source d'exposition potentielle aux perturbateurs endocriniens /
Enquête EXPPERT 1 – Exposition aux Pesticides PERTurbateurs Endocriniens /
Définition des perturbateurs endocriniens : l'Efsa appelle à des tests supplémentaires sur ces substances /
Perturbateurs endocriniens : les experts peinent à établir les éléments d'identification /
Anses : aucune alternative ne se distingue pour remplacer le BPA faute d'innocuité prouvée /
Bisphénol A : la course aux substituts doit s'accélérer /
Contre les perturbateurs endocriniens, une vingtaine d’ONG européennes lancent un appel et un portail web /
Évaluation des risques du bisphénol A (BPA) pour la santé humaine /
Perturbateurs endocriniens : changement de paradigme dans la Biodiversité ? /
Le bisphénol A en question /
Questions-réponses sur le bisphénol A (BPA) /
Y'a bon phtalates /
Perturbateurs endocriniens: la stratégie nationale en panne ? /
Le bisphénol A entre (aussi) dans notre corps par la bouche /
Perturbateurs endocriniens: la stratégie française du verre à moitié…plein /
23 nouvelles fiches sur les effets des produits chimiques sur la reproduction : nouveautés de la base Demeter /
Exposition au Bisphénol A : l'Efsa soumet au public ses conclusions /
La difficile lutte contre les perturbateurs endocriniens /
Produits toxiques : l'industrie textile entre coopération et concurrence /
Génotoxicité des polluants : la survie des espèces est menacée /
Perturbateurs endocriniens: comment l’industrie a saboté la réglementation européenne /
2014, année de la stratégie sur les perturbateurs endocriniens ? /
Perturbateurs endocriniens: la Suède va poursuivre la Commission devant la CJUE /
La France se dote d'une stratégie contre les perturbateurs endocriniens : Un programme qui peine à convaincre /
Une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens ultra light /
Obésité, diabète: le BPA se livre un peu plus /
Perturbateurs endocriniens : le consensus français tranche avec le blocage européen /
Substances reprotoxiques et PE : un manque de données pointé par l'Anses /
L'Anses publie ses recommandations en vue de réduire l'exposition à cinq substances reprotoxiques et/ou perturbatrices endocriniennes /
La France presse Bruxelles d'avancer sur les perturbateurs endocriniens /
Les bisphénols alternatifs sont aussi nocifs pour la fertilité masculine /
L’histoire secrète d’une victoire des lobbies à Bruxelles, contre la santé publique /
Perturbateurs endocriniens : le Bisphénol A interdit en France mais autorisé pour l'export /
Perturbateurs endocriniens : 508 millions d’Européens sacrifiés aux lobbies /
Perturbateurs endocriniens : présence dans la population générale en Suède et possible implication dans la survenue de cryptorchidie /
Les tickets de caisse sans bisphénol A sont-ils sans risque ? /
L’exposition in utero au phtalate de diisononyle (DiNP) est-elle associée à des effets anti-androgéniques ? /
Effets dépendants du sexe pour les perturbateurs endocriniens : sur le sex ratio et sur le comportement social de la progéniture /
Perturbateurs endocriniens: 4 ans de retard au mieux /
Perturbateurs endocriniens: l’alerte des médecins /
Perturbateurs endocriniens: on ne peut plus dire qu’on ne sait pas /


Ah ! Le lecteur de DVD qui fait aussi grille pain et perceuse à percussion, le tout à deux balles et made in China… Quel progrès !

Sauf qu'on ne peut plus ignorer les conditions de travail qu'on leur fait aux ouvrières chinoises, conditions qui ne sont pas tout à fait inhumaines puisque chinoises.



Cependant, on peut encore ignorer quels sont les risques qu'encourent ces jeunes filles (et plus généralement quelques milliards d'ouvriers dans des milliers de métiers) du fait de l'utilisation répétée de divers produits chimiques (30 000, davantage ?) comme les éthers de glycol, par exemple.

Certains de ces produits, et tous les éthers de glycol, par exemple, sont des substances reprotoxiques. Cela veut dire que le contact, l'inhalation, l'ingestion de traces de ces produits affecte gravement soit directement le fœtus, soit les cellules reproductrices de la mère ou du père.

Certes, il est bien question qu'on remplace ces produits dangereux par des produits qui le seraient moins. Mais quand on constate à quelles difficultés ces substitutions se heurtent dans nos pays reach, on imagine ce que c'est dans des pays qui aspirent à une forte croissance à tous prix.




Historique et situation présente :

Il semble que c'est avec la Thalidomide qu'apparaît, pour la première fois, la notion de substance reprotoxique. Ce médicament, proposé en vente libre dans de nombreux pays, avait la réputation, d'une part, de faciliter le sommeil et, d'autre part, de combattre les nausées chez la femme enceinte.

Entre la mise sur le marché en 1957 et son retrait définitif en 1961, la Thalidomide va faire des dizaines de milliers de victimes parmi les fœtus. La plupart mourront à la naissance ou dans leur première année de vie. Les survivants présentent souvent de graves malformations : absence de membres (amélie), membres atrophiés, mains et pieds directement implantées sur le tronc (phocomélie), etc.

Remarquablement, certains pays, et bien que l'on en sache les effets tératogènes, continuèrent de vendre le médicament jusqu'à épuisement des stocks (Canada, Belgique, Brésil,…).D'autres substances médicamenteuses sont connues pour avoir eu des conséquences dramatiques sur la reproduction. C'est le cas du Diéthylstilbestrol ou Distilbène. Bon nombre d'autres substances chimiques, de pesticides, etc. sont aussi connues ou suspectées d'être des reprotoxiques.

Parmi les pesticides, on peut citer le DDT et surtout le DBCP ou dibromochloropropane (voir Nemagón). Cette dernière molécule est responsable chez l'homme de troubles de la spermatogenèse (oligospermie, azoospermie) et de troubles de la fécondation (impuissance, stérilité). Très récemment, c'est la chlordécone qui a de nouveau eu les faveurs de l'actualité en raison des événements sociaux en Guadeloupe. Ce pesticide est suspecté dans de nombreux cancers endocriniens dont le cancer de la prostate.

Depuis la fin des années 1990, la notion de perturbateurs endocriniens ou de perturbateurs hormonaux a fait son apparition dans la littérature. Les pesticides organochlorés, les phtalates, les esters de glycol, les alkyl phénols, le DBCP, les dioxines, le PCB, la warfarine, l'acide valproïque, l'acide rétinoïque, le mercure et divers autres métaux lourds (plomb), divers solvants organiques… plus de 250 substances sont connues aujourd'hui pour être des perturbateurs endocriniens et suspect de provoquer des cancers du sein, des ovaires, des testicules, du vagin, de l'utérus, de la prostate, etc.

Parmi les substances qui font peser de graves inquiétudes pour les bébés et les futurs adultes figure le bisphénol A. Cette substance qui sert à la fabrication de matières plastiques à vocation alimentaire (polycarbonates des biberons, des bouteilles d'eau, des boîtes de conserve, etc.) ou industrielles (résines époxy en dentisterie) est maintenant très fortement suspectée d'être à l'origine de graves perturbations du fonctionnement de la glande mammaire et de la prostate. L'occurence de plus en plus fréquente des cancers de ces deux organes pourrait bien être reliée à ce bisphénol A. Des études en cours sont de plus en plus précises sur son implication plus que probable...

Beaucoup de ces substances sont des POPs, c'est-à-dire des polluants organiques persistants capables de perdurer durablement dans l'environnement et de s'accumuler et se concentrer dans divers tissus et organismes.

Une autre famille de perturbateurs endocriniens correspond aux substances féminisantes de plus en plus abondamment rejetées dans l'environnement au point de constater des modifications inquiétantes du sexe-ratio chez l'homme et diverses autres espèces animales ou la féminisation de certaines espèces de poissons ou de batraciens.

Mais les troubles de la reproduction ne sont pas uniquement dus à des expositions à des substances chimiques. Les femmes enceintes sont particulièrement exposées au travail posté, au port de charges, au travail debout, au travail de nuit (voir travail des femmes, reproduction, travail de nuit). Les troubles psychosociaux sont aussi des facteurs importants de perturbation de la reproduction. Le stress, le burnout, le management par la peur, le harcèlement sans oublier la pauvreté ou l'exclusion sociale sont bien souvent responsables d'avortements, de fausses couches, de naissances prématurées, de malformations congénitales, en tout cas plus nombreux que dans des populations " mieux protégées ".

Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les enfants dont les parents ont été soumis à des substances reprotoxiques ou à des radiations ionisantes, à quelque moment de leur vie ou des conditions environnementales défavorables au bon déroulement d'une grossesse, restent statistiquement plus réceptifs à diverses maladies (cancers, leucémies, diabète, etc.), plus sujets à des retards de développement physique ou intellectuel ou encore plus souvent victimes de troubles du comportement.

Pour en savoir plus sur la physiologie de la reproduction : clic

Pour en savoir plus sur les questions de fertilité : clic

Pour en savoir plus sur la grossesse : clic

Pour en savoir plus sur le système endocrinien : clic

Male Reproductive Health Disorders and the Potential Role of Exposure to Environmental Chemicals@@@ : clic

Ces polluants qui veulent du mal aux mâles : clic




Alors faute d'être interdites, parfois au prétexte qu'on n'a rien de mieux ou de moins dangereux à mettre à leur place, les substances reprotoxiques sont étiquetées, ce qui permet à chacun qui les utiliseraient de connaitre le niveau de risques qu'il encoure :

R60 vaut pour les reprotoxiques de catégorie 1 ou 2 et signifie : peut altérer la fertilité.

R61 vaut aussi pour ces deux catégories et signifie : risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant. (J'ajouterais bien : et s'il survit d'effets notoires pour la famille et la société)

Pour les reprotoxiques de catégorie 3, R60 et R61 sont remplacés respectivement par R62 et R63.

[Remarque : Les catégories 1,2 et 3 concernent des niveaux de preuve de reprotoxicité qui vont de avérée à suspectée.]

Au niveau européen, les substances chimiques dangereuses sont l'objet de ce que l'on appelle une FDS ou fiche de données de sécurité. Une directive européenne 2004/73/CE liste ces substances, les classes de risques qui leur sont associées et divers autres paramètres.

On trouvera ci-après quelques adresses Internet sur ces sujets :

La législation autour des FDS : http://www.telegis.fr/francais/loi.html

Textes et publications / Panorama des textes / Substances dangereuses :
http://www.finances.gouv.fr/DGCCRF/03_publications/bid/substdangereuses.htm

Pour une veille réglementaire / Bossons futé : http://www.bossons-fute.com/Legislation/index.php

La directive 2004/73/CE : http://www.telegis.fr/francais/Directive%202004%2073%20CE.pdf

La liste des produits reprotoxiques par secteurs d'activités / Dominique Huez, médecin du travail / Santé & travail n° 50 : http://www.a-smt.org/textes/pageI-IV-1.pdf

Évolution de la liste des solvants classés au niveau européen :
http://www.inrs.fr/htm/evolution_la_liste_solvants_classes_niveau.html






Normalement, une FDS est un document délivré obligatoirement et gratuitement en même temps que toute livraison de substance ou mélange de substances dangereuses. Ce sont donc les fabricants, les importateurs ou les vendeurs qui doivent joindre ce document à toute commande ou, au moins, s'assurer que l'acheteur du produit possède bien une fiche produit, à jour. Lorsque la substance dangereuse n'apparaît qu'à très faible dose dans un mélange (moins de 1 % de la masse de la préparation pour une substance à l'état solide ou liquide ou moins de 0.2 % du volume pour une substance gazeuse), cette fiche doit aussi être fournie à la demande d'un quelconque utilisateur professionnel.

Normalement, les chefs d'entreprise doivent transmettre toutes ces fiches au médecin du travail.

Normalement, le médecin du travail doit avoir en sa possession la totalité des FDS correspondant à chacun des produits présents dans l'entreprise. En France, ces fiches doivent être rédigées en français.

Le plus souvent, les FDS font état de substances chimiques dont les dénominations ne permettent pas toujours de bien saisir à quelle molécule précisément il est fait référence. Pour surmonter cet obstacle, normalement, le médecin du travail peut demander au fabricant qu'il lui fournisse un identifiant précis de la molécule toxique présente dans la préparation. Cet identifiant est le n° CAS ou CEE du produit dangereux.

Normalement, le médecin du travail devrait pouvoir obtenir ces numéros dans les cas, par exemple, très fréquents, de substances mal ou pas identifiées. Malheureusement, et bien trop souvent, les fabricants se retranchent derrière des questions de soit-disants secrets de fabrication. Ces pratiques ont d'ailleurs été officialisées en juillet 2004, en pleine période de vacances, par le gouvernement Raffarin, quand, dans un décret n° 2004-725 du 22 juillet 2004, il est stipulé qu'un fabricant pourra désormais fournir un mélange de substances sans donner le numéro CAS ! (voir aussi Ah s'il n'y avait pas les vacances !) )

Normalement, à partir du numéro CAS, on peut, le plus simplement et sur divers Sites Internet et articles spécialisés, rechercher les composants toxiques et connaître leurs effets.

Parmi ces outils, on peut signaler :

La base de données TOX : http://www.ast67.org/dossier/index_dossier.htm

Le site du bureau européen des substances chimiques : http://ecb.jrc.it/

Les fiches toxicologiques de l'INRS : http://www.inrs.fr/

Le site de la commission de santé et de la sécurité au travail du Québec :
http://www.reptox.csst.qc.ca/RechercheProduits.asp

Un dossier consacré aux perturbateurs endocriniens :
http://europa.eu.int/eur-lex/fr/com/cnc/1999/com1999_0706fr01.pdf






La surveillance biologique d'exposition.

Il y a deux manières principales de mesurer la pollution au poste de travail. Soit on recherche le polluant dans l'environnement du poste de travail, par exemple, par des mesures atmosphériques. On peut alors surveiller la concentration du produit dans l'environnement et s'assurer que les valeurs-limites d'exposition sont respectées. Soit on recherche le produit ou ses métabolites dans les liquides physiologiques de l'ouvrier soumis à la présence ou au contact avec le produit. Le plus souvent le produit ou ses métabolites seront recherchés dans le sang, les urines, la salive, l'air expiré et moins facilement dans certains tissus.

On parle alors d'indicateurs biologiques d'exposition. Ces indicateurs fournissent aussi des indications sur la nature de l'intoxication qui peut être récente, aigue, ancienne, chronique, avec des effets cumulatifs, etc.

On parle d'indicateurs biologiques d'effets quand on peut mesurer la réponse qu'un organisme oppose à un contact toxique, par exemple, en présentant des adaptations, des compensations ou au contraire de véritables altérations de la santé, des mécanismes de défense et des pathologies.

On parle aussi d'indicateurs biologiques de susceptibilité puisqu'il apparaît que tous les individus n'opposent pas nécessairement les mêmes réponses ou la même intensité à la réponse à un toxique en fonction de caractéristiques qui peuvent être génétiques ou acquises.

Voir aussi : La surveillance biologique des expositions aux substances chimiques / Nouvel outil d'évaluation de l'exposition toxique professionnelle :
http://www.sdv.fr/aimt67/dossier/surveillance_biologique.htm

Indicateurs biologiques d'exposition :
http://www.inrs.fr/htm/indicateurs_biologiques_d_exposition.html

Base de données BIOTOX :
http://www.inrs.fr/INRS-PUB/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Page%20Editoriale%20Biotox/$File/Visu.html

Monitoring biologique de l'exposition aux substances chimiques :
http://www.md.ucl.ac.be/toxi/mbi.htm

Cela ne concerne pas seulement les travailleurs, mais aussi les riverains d'une entreprise : Surveillance biologique de l'exposition aux hydrocarbures aromatiques polycycliques chez des personnes vivant aux environs d'une aluminerie québécoise :
http://www.collectionscanada.ca/obj/s4/f2/dsk1/tape4/PQDD_0029/MQ67330.pdf






La prévention. :

La notion de risque toxique pour la reproduction apparaît dans le droit français en 2001, très exactement dans le décret n° 2001-97 dit CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques) du 1er avril 2001.

Dans le code du travail (art. R .231-51), les substances reprotoxiques sont ainsi définies : substances ou préparations qui, par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peuvent produire ou augmenter la fréquence d'effets indésirables non héréditaires dans la progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités reproductives".

Les substances reprotoxiques sont étiquetées selon leur dangerosité. L'Union Européenne distingue trois catégories. Les deux premières (1 et 2) sont repérées par un symbole de tête de mort (toxique), la troisième (3) est repérée par une croix de Saint-André (nocif).

Aux phrases de risques R60 à R63 déjà susmentionnées, il convient aussi d'ajouter la phrase : risque possible pour les bébés nourris au lait maternel (R64). Il eut sans doute été préférable de dire nourri au sein puisque maintenant on trouve aussi du lait maternel en poudre !

Les articles R.231-56-1 et suivants du code du travail prévoient, pour l'employeur :

- qu'il évalue de façon régulière la nature, le degré et la durée de l'exposition des travailleurs, afin d'apprécier le risque et définir des mesures de prévention ;

- qu'il procède au moins annuellement à des contrôles techniques par un organisme agréé, afin de vérifier le respect des valeurs limites ;

- qu'il réduise l'utilisation des reprotoxiques en les substituant par des produits non ou moins dangereux ;

- qu'il prenne, quand la substitution n'est pas possible, toutes mesures pour éviter l'exposition (utilisation en vase clos, limitation des quantités utilisées ou du nombre de salariés exposés, mise en place de méthodes de travail appropriées, de protections collectives et individuelles ;

- qu'il tienne à la disposition de l'inspecteur du travail et autres acteurs de prévention toute information appropriée sur les activités mises en œuvre, les raisons de l'utilisation, les quantités fabriquées ou utilisées, le nombre de travailleurs exposés, les mesures de prévention prises ;

- qu'il mette en place des dispositifs d'urgence en cas d'exposition élevée et qu'il délimite les zones à risques ;

- qu'il informe les salariés, le CHSCT et le médecin du travail des expositions anormales ;

- qu'il assure la formation des salariés à la sécurité et les informe sur les expositions et les risques pour la santé, y compris additionnels. Cette information doit notamment concerner les effets des reprotoxiques sur la fertilité, sur l'embryon en particulier en début de grossesse, sur te fœtus et pour l'enfant en cas d'allaitement et sensibiliser les femmes quant à la nécessité de déclarer le plus précocement possible leur état de grossesse ;

- qu'il tienne à jour une liste actualisée des salariés exposés et qu'il établisse pour chacun une fiche d'exposition ;

- qu'il adresse les salariés au médecin du travail avant leur affectation à un poste exposant au risque, afin que celui-ci détermine s'ils ne présentent pas de contre-indication médicale

Le médecin du travail devra

- éviter toute exposition au risque pour les femmes enceintes ou allaitantes,

- établir un dossier individuel comportant le double de la fiche d'exposition, les dates et résultats des examens pratiqués, ce dossier devant être conservé cinquante ans après la fin de l'exposition et

- délivrer au salarié qui quitte l'établissement une attestation d'exposition, remplie également par l'employeur.

L'article R.231-54-5 précise que ces dispositions ne sont pas applicables lorsque les quantités utilisées ne présentent qu'un "risque faible", selon l'employeur !

On peut s'interroger sur la portée d'un tel article et sur la compétence d'un employeur pour évaluer l'importance d'un risque toxique. Très récemment, des éthers de glycols, seulement suspectés (par d'éminents spécialistes et néanmoins experts) d'être reprotoxiques et classés en catégorie 3 ont été reclassés comme reprotoxiques avérés, catégorie 1… après combien de cas d'exposition à un risque faible ?




Le dispositif réglementaire de retrait.

Le texte suivant est paru sous la signature de Josiane Albouy, médecin inspecteur régional du travail dans le n° 50 de Santé & Travail de janvier 2005.



Le médecin du travail doit assurer une surveillance médicale renforcée à l'égard des femmes enceintes, prenant en compte les expositions professionnelles des salariées. Pour ce faire, il lui faut avoir une connaissance précise du poste de travail et des produits auxquels celles-ci sont exposées. Cette connaissance va lui permettre de mettre en œuvre, si nécessaire, les dispositifs réglementaires de retrait de ces salariées de leur poste de travail. L'ordonnance n° 2001-173 du 22 février 2001 a transposé la directive 92/85/CEE du 19 octobre 1992 "concernant la mise en œuvre de mesures visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes au travail". Venant renforcer les dispositions du décret CMR, cette ordonnance définit les modalités du retrait de ces salariées, dès lors qu'elles sont affectées à des postes les exposant à des agents avérés toxiques pour la reproduction.

L'article 1er de l'ordonnance est transcrit dans l'article L. 122-25-1-2 du Code du travail. Il stipule que "lorsque la salariée en état de grossesse médicalement constaté [...] occupe un poste de travail l'exposant à des risques déterminés par décret en Conseil d'État, l'employeur est tenu de lui proposer un autre emploi compatible avec son état, compte tenu des conclusions écrites du médecin du travail et des indications qu'il formule sur l'aptitude de la salariée à exercer l'une des tâches existantes dans l'entreprise", au besoin par l'aménagement du poste ou l'affectation temporaire à un autre poste. Ces mesures "ne doivent entraîner aucune diminution de la rémunération".

S'il est dans l'impossibilité de proposer un autre emploi, l'employeur fait connaître par écrit à la salariée et au médecin du travail les motifs s'opposant au reclassement. Le contrat de travail de la salariée est alors suspendu, et ce jusqu'à la date de son congé légal de maternité. Durant cette période, la salariée bénéficie d'une garantie de rémunération, "composée de l'allocation journalière prévue à l'article L 333-1 du Code de la Sécurité sociale et d'un complément à la charge de l'employeur". Les expositions permettant de bénéficier de ce dispositif figurent dans le décret n° 2002-1282 du 23 octobre 2002. Parmi les substances reprotoxiques, seuls sont retenus les agents de catégorie I et 2 de la classification européenne, soit les produits correspondant à la phrase de risque R61 ("risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant") (article R. 231 -56-12 du CT).

En d'autres termes, l'exposition à un produit de catégorie 3, étiqueté R63 ("risque possible pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant") ne permet pas d'obtenir le retrait du poste assorti d'une garantie de rémunération*. Dans ce cas, le médecin du travail s'appuie sur la circulaire et l'instruction technique du 2 mai 1985, définissant son rôle vis-à-vis des femmes enceintes. Ce texte indique la nécessité d'une surveillance médicale particulière, dont l'objectif est "de suivre la compatibilité du poste" avec "un déroulement satisfaisant de la grossesse. Il préconise également l'adaptation de poste, dans le cadre de l'article L.241-10-1 du Code du travail ("Le médecin du travail est habilité à proposer des mesures individuelles telles que mutations ou transformations de postes, justifiées par des considérations relatives [...] à l'état de santé"). Si aucun reclassement n'est possible au sein de l'entreprise, le seul recours envisageable est un avis d'inaptitude temporaire prononcé par le médecin du travail, suivi d'un arrêt maladie "ordinaire" rédigé par le médecin traitant de la salariée. D'où l'importance d'un travail en réseau entre les deux médecins.

( 1 ) Sont également prises en compte les expositions au benzène, aux agents de la toxoplasmose et de la rubéole, aux produits antiparasitaires, au plomb métallique et ses composés et aux travaux d'hyperbarie.

[* C'est d'ailleurs dans ces conditions et parce qu'elle ne pouvait pas se prévaloir d'un droit de retrait qui lui avait été refusé et refusé au médecin du travail de l'entreprise, qu'une jeune femme a mis au monde un enfant très gravement handicapé qui ne parlera, ni ne marchera jamais.]

Droit de retrait
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/sante-conditions-travail/droit-retrait-1047.html

http://www.afim.asso.fr/SST/droitretrait.asp

http://www.cnct.org/site/article.php3?id_article=445




Autres sites ou sujets en rapport :

Enquête 'SUMER 2001-2002' (surveillance médicale des risques professionnels). Une enquête d'ampleur nationale, réalisée par les médecins du travail
http://www.inrs.fr/htm/enquete_sumer_2001-2002_surveillance_medicale.html

COTOREP / commissions techniques d'orientation et de reclassement professionnel :
http://www.handroit.com/cotorep.htm

Salariées enceintes exposées à des substances toxiques pour le développement fœtal
http://www.dmt-prevention.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/DMT_TM%203/$File/Visu.html

Toxicologie :
http://www.emc-consulte.com/traite/toxico/tdm

Toxicogénomique
http://www.antidote-europe.org/commpresse_fr.htm

La moitié des jeunes espagnols ont un sperme de mauvaise qualité. Des facteurs environnementaux mis en cause.
http://www.contaminations-chimiques.info/?2008/10/08/448-etude-la-moitie-des-jeunes-espagnols-ont-un-sperme-de-mauvaise-qualite

Bisphénol A : les effets... clic




Articles archivés :


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Les étiquettes des produits reprotoxiques ne protègent pas les utilisateurs /
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Liste des substances CMR (INRS) /
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[ Corrélats : Substances "CMR" / Engagement de progrès / REACH / Éthers de glycol / Air / Espaces Maritimes / Toxicité / Nanoparticules / ...]

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