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Sarkozy, Sarko Zhii !
Dégagé le pov' con !


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Tant pis, je déroge avec cette profonde pensée sarkosienne à l'image de ce que son esprit est malade et tordu : "Je voudrais leur dire qu’on a reçu un coup de pied au derrière mais que c’est pas parce que vous voulez renverser la table que vous descendez de la voiture dont vous vous abstenez de choisir le chauffeur." 20/10/2015



Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Hortefeux emploie un soutien aux néo-nazis allemands / La réforme du juge de l'instruction / Patrick Stefanini, le ministre de l'immigration de l'ombre ou pourquoi donc continuer à aller voter ? / On n'est jamais aussi bien servile que par soi-même / Besson007 l'infiltré ? / Manque de respect... un soir de manif (29 janvier 2009) / Un bilan calamiteux, sinon crapoteux ! / Le Président de la République et son gouvernement n'aiment pas les enfants / L' ÉLYSÉE BÉNIT LES DIPLÔMES CATHOS / France - Des " virus " dans le corps social. Retour sur la contresubversion. / Affaire Geisser 1 / Affaire Geisser 2 / Non seulement Sarkozy est con, mais il le reconnaît ! / Halte-là ! Faire échec à un pouvoir dangereux / Le sarkozysme : un lepénisme à peine transformé / Lettre à Copé /

Sites Internet et articles / Corrélats /


Un délinquant constitutionnel récidiviste ou verrait-on un empeachement à le mettre en accusation ? /
Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions 1 /
Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions 2 /
Sarkozy et la justice : petites phrases et grosses pressions 3 /
Planté profond /
La talonnette : vérité du sarkozysme /
La tournée « radicale » de N. Saloparkozy et le retour du maurrassisme. Les déracinés, citoyens de seconde zone ? /
Le point G vain /
Si la France n’a plus de chance, C’est la faute à... Sarko /
France 2012 : Le Front National devance l'UMP /
Comment va la société française ? /
Il n’y a pas d’avenir avec Nicolas Sarkozy /
Quand Sarkozy attaque l'os /
Saloparkozy à Port-Louis. Un élu de Lanester expulsé de la cérémonie /
Les boucs émissaires de Sarkozy ou les sommets de l'indignité ! /
Le "patron" des DRH rejette la prime de 1000 euros : Sarko est un gros con ! /
DSK : La faute de qui ? Du PS ou de Sarkozy ? /
Shakspearien : Sarkozy : étron ou ne pas étron ? /
Je suis un gros con, si, la preuve /
kenelépentonpa : Graves atteintes aux libertés à Bordeaux /
La croissance avec les dents ou avec la b...? /
Un scénario catastrophe pour l’Europe : Sarko à la barre ! /
Guêpes contre abeilles : le résultat d’une guerre de révolution. /
Sarko rime avec fiasco /
Le président des riches : Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy /
Sarkon le pende /
Plutôt deux fois qu'une /
Même par les pieds /
G20. La nuit à 37 000 € de Sarkozy : pour ce prix-là, il a droit à une autre pute ? /
Sarkozy est un dangereux récidiviste /
Sarközy, un gamin de 10 ans ? /
Coups de chaud pour le plan froid /
Courroye se fait serrer... /
Un attentat en préparation contre Sarkozy ??? /
Affaire de clan, clan des affaires /
Courroye détendu /
Sarkophrénie française : Réflexions sur un quinquennat /
Sarko est une infame pourriture : Deux espèces de la liste rouge de l'UICN deviennent chassables /
601 raisons de ne pas voter Sarkozy : d'abord c'est un gros con ! /
La porte très à… droite /
☞ Mensonges, filouteries, amalgames : l'analyse du discours de Sarkopte : Clic1 et Clic2 /
Sarko dégage : le réveil sonne /
Virés du meeting de Sarkozy pour délit de gauchisme /
« La chute de Nicolas Sarkozy ne signifiera pas la fin du sarkozysme », juste l'arrivée du Sarkolepénisme. /
L'abécédaire des promesses non tenues de Nicolas Sarkozy (2007-2012) /
Le jour où Nicolas Sarkozy sombra sur M6. /
Pitoyable fin de partie /
Nous n’oublierons pas et vous le paierez cher /
Tourner la page ! /


Une toute petite partie des 823 vaches...
Il paraît que ce personnage produirait autant de CO2 que 823 vaches, du fait de ses déplacements incessants en avion…

A-t-on mesuré sa puanteur ?

Parce que personnellement, j'aurais plutôt tendance à constater qu'il fait surtout du vent...


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En ce beau jour, 15 septembre 2010, je tiens à remercier cette sinistre raclure (photo ci-contre) pour avoir privé de parole les députes de l'opposition de façade... La politique privée des mots conduisant infailliblement à la violence, tous les désespoirs sont enfin permis.

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Zhii est le nom donné aux mouvements violents qui ont agité la Rhodésie à partir des années 1940, avec un maximum d'intensité à la fin des années 50.

Zhii voulait dire vengeance, détruisons l'ennemi !

Face au pouvoir blanc, Benjamin Burumbo créé, en 1940, un mouvement de résistance noire sous le nom de African Voice Association. Ce mouvement nationaliste va obtenir quelques concessions (abolition de quelques rares lois), mais l'essentiel du pouvoir blanc va demeurer : 1 % des colons vont posséder 80 % des terres ; le pouvoir politique est entièrement aux mains des blancs…

En 1959, la résistance et les soulèvements sont tels que l'état d'urgence est décrété. Joshua Nkomo créé le ZAPU (Zimbabwe African People's Union) qui remplace le National Démocratic Party, issu lui-même de l'African Voice Association.

Le Zapu est interdit par le gouvernement qui procède à une répression féroce et arrêta ses leaders dont Mugabe l'actuel président contesté qui avait, d'ailleurs été rapidement exclu du ZAPU.

Voir aussi : Le racisme et l’apartheid en Afrique australe

Aujourd'hui, 12 janvier 2009, au regard de ce qui s'est passé à Saint-Lô lors du passage de celui qu'il faut bien qualifier de dérive fasciste, j'ai donc décidé de changer de ton et de faire que cette page initialement " pied de nez " devienne une page " pied au cul ".

Il est totalement inimaginable que l'on privilégie, dans une démocratie, les démonstrations de force policière surtout quand cela n'est destiné qu'à tenir à distance des " possibles opposants * ".

Quelque chose me dit que nous ne sommes pas loin d'être dans un système d'apartheid, sinon que nous sommes déjà des gazaouis dès lors que nous n'avons pas la bonne couleur politique, sociale, culturelle, ethnique, etc.

Quelques liens :

Saint-Lô: les syndicats dénoncent le comportement des forces de l'ordre

Mais plus tard... Sarkozy sifflé à Saint-Lô : après le préfet, le chef de la police est muté !




Hortefeux emploie un soutien aux néo-nazis allemands : Blot de calais à Paris, et retour ?

Yvan Blot serait chargé de la sécurité des ports au ministère de l’immigration de M. Hortefeux.

En novembre 2008, après l’expulsion ratée des Afghans et le début de la grève de CSUR qui entre en conflit ouvert avec la mairie UMP, la visite d’un membre du cabinet de Hortefeux accompagné d’un représentant du HCR avait été décidée.Cette visite a été supprimée mais le ministère semble nous avoir concoctés, un de ses petits secrets de derrière les droits de l’homme, en formant une réunion "spéciale calaisis".http://www.nordlittoral.fr/actualite/Faits_divers/Faits_divers/article_870595.shtmlhttp://www.nordlittoral.fr/actualite/Faits_divers/Faits_divers/article_872671.shtml

Selon les infos, ce serait Yvan Blot qui est ou était chargé de nous faire une petite descente à Calais.

Yvan Blot n’est pas un inconnu à Calais.Membre du RPR, il s’était présenté aux législatives à la proportionnelle en 1986. Ses mèches blondes sur un front dégarni et proéminent et ses militants-afficheurs agressifs vis-à-vis de jeunes femmes isolées comme moi, réveillaient de drôles de souvenir.

Il reprochera à Chirac de n’avoir pas su unir "les aspirations au libéralisme économique et les attentes populistes de la droite nationale". Il quitte le RPR et entre ensuite au FN, promeut Mégret et les idées d’une alliance libérale et populiste : en clair toute la droite de l’époque, ensemble pour détruire les droits de tous.

En 1991, Yvan Blot participe à un congrès de l’activiste néo-nazi Edwald Althans.

En 2005, il revient à l’UMP et soutient Sarkozy.

Hortefeux qui vient d’OCCIDENT, un groupe d’extrême droite dissous, Blot et ses amis les néo-nazis allemands, Sarkozy réalise l’union nationale libérale si chère à tant de capitalistes en pleine crise de profits maximum.

[Source : zpajol]

Pour en savoir plus sur Blot : clic

Pour apprécier davantage la besogne de Hortefeux : clicLe sombre bilan de Brice Hortefeux : clic




Monsieur le président, par Éva Joly

Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.

Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.

Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner.

Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.

LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ

À de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo -Brazzaville et Congo-Kinshasa.

La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès. Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité. Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir. Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun.

Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ? Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire. Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'oeuf.

Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. À moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête... Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.

En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

Eva Joly, ancienne magistrate

Article paru dans l'édition du 16.01.09.




Patrick Stefanini, le ministre de l'immigration de l'ombre

Par Carine Fouteau / Mediapart.fr

Certes, Éric Besson succède à Brice Hortefeux à la tête du controversé ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Mais c'est ailleurs qu'il faut chercher l'homme fort du ministère. Celui qui tire les ficelles depuis plusieurs mois n'est autre que le secrétaire général de cette administration créée ex-nihilo, Patrick Stefanini. Cet homme glaçant de 55 ans, dont les "proches" disent qu'il n'est pas aussi rigide qu'il en a l'air, connaît la machine sur le bout des doigts. Et pour cause, il l'a conçue et fabriquée de toutes pièces.

Lors de la conférence de presse de Brice Hortefeux, le 13 janvier 2009.

Ce n'est pas un hasard si ce spécialiste des arcanes du RPR, pour en avoir été lui-même l'un des piliers, est nommé à la tête du Comité interministériel de contrôle de l'immigration en mai 2005. À l'aise en meccanos, cet énarque entré sur le tard au Conseil d'État (1998) est chargé de repenser, au profit de Nicolas Sarkozy alors ministre de l'intérieur, la politique migratoire française et sa recomposition.

Quand Brice Hortefeux est nommé au poste de ministre de l'immigration et de l'identité nationale, en mai 2007, il assure sa formation (technique) et garantit la continuité avec son prédécesseur. En janvier 2008, il prend logiquement les rênes de sa "chose". C'est d'ailleurs depuis ce poste de secrétaire général du ministère qu'il devrait s'assurer qu'Éric Besson suit la voie tracée de l'immigration "choisie".

"Stefanini, c'est l'homme à abattre, indique un responsable associatif. Il est le vrai et unique ministre de l'immigration. Il ne délègue rien et décide de tout, du budget aux nominations en passant par les décrets. Voilà comment il tient les uns et les autres. Sa carrière politique a échoué, mais en ce sens il reste un redoutable politique."

Quelque 600 fonctionnaires pour un budget de 500 à 600 millions d'euros: la création en quelques mois d'une nouvelle administration ne s'est pas faite sans heurts. Des batailles pour imposer son périmètre, par exemple pour ramener dans son giron l'asile politique, au quai d'Orsay depuis 1952, de même qu'une partie du contrôle de la police de l'air et des frontières, lié au ministère de l'intérieur.

Des batailles pour le réorganiser avec la mise en place de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en remplacement de l'agence d'accueil des étrangers et des migrants (ANAEM) et d'une partie de l'agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE). Il n'a pas laissé que des bons souvenirs auprès des fonctionnaires de l'ex-direction de la population et des migrations (DPM), passés des affaires sociales à l'immigration.

Des batailles, aussi, pour justifier la localisation du ministère, rue de Grenelle à Paris, un site jugé trop onéreux par certains parlementaires y compris de droite.

Brice Hortefeux, lors de sa dernière conférence de presse en tant que ministre de l'immigration.

Mémoire et cerveau du ministère de l'immigration et de l'identité nationale

À ce rôle d'ingénieur en chef s'en est adjoint un autre, celui d'homme à tout faire de Brice Hortefeux.

Double physique du premier ministre de l'immigration et de l'identité nationale de l'histoire de France, il s'est toujours trouvé à portée de main quand celui-ci avait besoin de lui. En conférence de presse ou lors de déplacements officiels, il a fait office de Monsieur-je-sais-tout. Moqué en public par "son" ministre, mais indispensable.

Mais à force de servir de mémoire du ministère, Patrick Stefanini en est devenu le cerveau jusqu'à imprimer sa marque dans les moindres inflexions de la politique d'immigration.

Celui qui a commencé sa carrière en 1979 au ministère de l'intérieur avant de devenir chef de cabinet du ministre délégué chargé de la sécurité, Robert Pandraud, en 1986, ne s'est jamais départi d'une vision sécuritaire de l'entrée et du séjour des étrangers sur le territoire. La formule maintes fois répétée du "sans-papiers ayant vocation à retourner dans son pays d'origine" vient de lui. Juriste obsessionnel, il voit les étrangers en situation irrégulière comme des hors-la-loi. Point barre.

Il est aux manettes à Matignon, comme directeur adjoint du cabinet d'Alain Juppé, lors de l'évacuation de l'église Saint-Bernard en 1996. Les reconduites à la frontière sont, selon lui, dans la logique des choses, celles qui ont récemment fait dire à Brice Hortefeux qu'il était "fier" des expulsions car il s'agissait d'appliquer la loi française.

Les régularisations, en revanche, ne sont pas son rayon. Il a laissé le soin au premier directeur de cabinet du ministre de mener les négociations avec la CGT à la suite des grèves de travailleurs sans papiers. Jugeant l'immigration familiale trop nombreuse, il a plaidé pour l'apprentissage du français et des "valeurs" de la République en amont du parcours d'intégration, c'est-à-dire avant l'arrivée sur le territoire. Il a obtenu gain de cause, la loi Hortefeux de novembre 2007 étant construite autour de cette mesure.

Les questions d'intégration, en tant que telles, ne l'ont jamais passionné, mais il a promu les accords bilatéraux avec les pays d'émigration. Là encore, il a été entendu : le ministre s'est vanté d'avoir effectué 22 visites en Afrique en dix-neuf mois.

De l'ambition politique, mais de multiples revers électoraux

Patrick Stefanini a beau tout connaître des moindres détails du ministère de l'immigration, il n'est pas ministre. Et ne l'a jamais été. Ce qui ne l'a pas empêché d'avoir de l'ambition... politique. Mais ses nombreux échecs devant les électeurs ne lui ont pas permis de devenir un personnage symbolique de premier rang. Son influence réelle a pourtant été grande. Fidèle de Jacques Chirac et d'Alain Juppé, ce pur produit du RPR a fait trembler tout le monde lors de son passage à Matignon de 1995 à 1997 comme directeur adjoint, et comme secrétaire général adjoint du parti.

"Sous Juppé, il a été l'un des types les plus puissants de France. Il faisait et défaisait les préfets et les ambassadeurs. Tout le monde le craignait", se souvient un élu de l'UMP sous couvert d'anonymat. "Il a été un spécialiste des coups tordus en politique, ajoute-t-il, mais cela ne l'a jamais vraiment servi."

Celui qui a "fait" les campagnes de Jacques Chirac de 1995 et 2002 a enchaîné les revers électoraux, d'où son surnom de "serial looser" par ses détracteurs: des municipales aux législatives, il a été battu à quatre reprises de 1995 à 2003 à Nice et surtout à Paris.

Patrick Stefanini, lors de la conférence de presse de Brice Hortefeux du 13 janvier 2009.

Sa condamnation, au côté du maire de Bordeaux, dans l'affaire du financement du RPR le plombe. Condamné pour recel de prise illégale d'intérêt par le tribunal correctionnel de Nanterre en janvier 2004 à 12 mois de prison avec sursis, il voit sa peine ramenée à 10 mois quelques mois plus tard par les juges de la cour d'appel de Versailles.

C'est paradoxalement du côté d'un ancien directeur de cabinet d'un ministre de gauche qu'il trouve du soutien. Thierry Coudert, ex-directeur de cabinet de Kofi Yamgnanedans le gouvernement d'Edith Cresson et devenu entre-temps conseiller UMP de Paris, a fait sa connaissance lors de son passage au poste de directeur de cabinet de Brice Hortefeux. "C'est un énorme bosseur, très méticuleux, très prudent et extrêmement professionnel", dit-il. "Ce n'est certes pas le type boute-en-train, précise-t-il, mais j'ai apprécié sa capacité à modifier son point de vue en fonction des arguments. Il a beau être très formaté à la pensée classique du RPR, ce n'est pas un dogmatique. Tout en ayant une vision sécuritaire, il sait être attentif aux besoins de l'économie. Il est très fort pour les montages juridiques. Le secret de notre entente, c'est qu'il ne s'est jamais chargé de politique."

Par ses collègues de la majorité, il est souvent renvoyé à son rôle de haut-fonctionnaire-de-grande-qualité. Comme s'ils préféraient le voir manœuvrer au ministère de l'immigration qu'à Matignon ou à l'Élysée, et dans les soutes, plutôt que sur les bancs de l'Assemblée nationale ou du Sénat.

http://www.mediapart.fr/journal/france/150109/patrick-stefanini-le-ministre-de-l-immigration-de-l-ombre

Liens:

[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/carine-fouteau

[2] http://www.mediapart.fr/journal/france/130109/l-identite-nationale-vichy-et-brice-hortefeux

[3]

http://www.mediapart.fr/journal/france/060508/identite-nationale-et-immigration-un-de-derapages-controles

[4] http://fr.wikipedia.org/wiki/Kofi_Yamgnane




On n'est jamais aussi bien servile que par soi-même

L'inquiétante rupture tranquille de Monsieur Sarkozy par Éric Besson (10 janvier 2007) futur ministre du retour en avion de M. Caligulas Sarkozy (10 janvier 2009)
Contorsions / Albano Guatti / 2004
La France est-elle prête à voter en 2007 pour un néoconservateur américain à passeport français ? Les partisans du candidat de l'UMP jugeront la question provocatrice et y verront, à l'approche, de l'élection présidentielle, une caricature injuste, exacerbée par l'approche de l'élection présidentielle.



Alors, convenons-en d'emblée. Nicolas Sarkozy sera, pour la gauche, un adversaire redoutable même si son palmarès électoral est bien moins riche qu'on ne l'imagine.

L'homme ne manque ni d'idées, ni de force de conviction, ni de capacité de séduction. Son énergie, son culot, son aplomb, son ambition, sa soif inextinguible de reconnaissance sociale et de pouvoir, sa résistance à l'adversité sont légendaires.

Son supposé " parler vrai " (parfois son parler crû mais lorsque Sarkozy est grossier, il dit parler comme les Français), son sens de la formule, son insolence étonnamment juvénile en font un " bon client " pour les médias audiovisuels.

Avec Nicolas Sarkozy, ils capteront toujours un mot, une image, un clin d'œil, une provocation pour le sacro-saint " 20 heures ".

Orfèvre en communication méthodique et parfois impudique, l'homme a, de plus, su draper son implacable et froide quête du pouvoir dans une toge glamour (Nicolas-la-star-amie-des-stars y compris de celles dont l'exemplarité est discutable) sans laquelle il ne saurait -nous dit-on- y avoir de " saga politique " digne de ce nom.

Ce " sarko-show " est une arme de dissimulation massive, car celui qui ne cesse de prétendre vouloir " être jugé sur ses résultats " n'a pas son pareil pour masquer les piètres bilans de son action. Ceux d'un médiocre ministre de l'économie et des finances ou ceux d'un ministre de l'Intérieur survolté mais peu efficace : les violences faites aux personnes n'auront cessé d'augmenter en dépit de ses communiqués triomphants.

Mais l'échec n'atteint que rarement notre héros. Le plus souvent parce qu'il le noie dans le mouvement perpétuel : chaque fois qu'il se trouve en difficulté ou se voit obligé de se justifier de son action, le candidat de l'UMP se saisit d'un fait divers pour enfiler la combinaison qu'un Le Pen laisse parfois au vestiaire de " celui qui dit tout haut ce que les Français pensent tout bas ". Un jugement à l'emporte-pièce, une provocation suivie d'une polémique, le tout conclu par un sondage qui démontrerait que Sarkozy a les élites contre lui mais le peuple avec lui et le tour est généralement joué.

En cas de nécessité, si provocation et écran de fumée ne suffisent pas, Nicolas Sarkozy actionne le parachute de secours, celui de la défausse. Car celui qui se décrit comme un pieux catholique n'aime rien tant que battre sa coulpe sur la poitrine des autres : il n'est, par essence, jamais responsable. Ses erreurs, ses échecs ? C'est toujours la faute des autres. Non à Voltaire, rarement cité, mais à Chirac, à Raffarin, à Villepin, etc., cibles sarkosyenne dont on se gardera cependant ici de prendre la défense véhémente. Ou en dernier ressort la faute aux juges. Glissements progressifs du volontarisme du Ministre de l'Intérieur. En 2002, il suffisait de lui donner les rênes de la police et de le laisser libre de mettre en œuvre une répression salutaire pour que l'insécurité soit enrayée. En 2006, le Ministre de l'Intérieur confesse son impuissance : son action remarquable est entravée par le laxisme des juges. Une seule conclusion s'impose : la vraie vie, celle de Nicolas Sarkozy bien sûr, mais aussi celle de la France, ne commencera qu'après son accession à l'Élysée. Ce document a le grand défaut de s'intéresser encore à la " France d'avant ", celle où Nicolas Sarkozy peut encore être jugé sur ses actes et sur ses intentions déclarées, alors que lui ne se consacre plus qu'à la " France d'après ", celle d'après le sacre selon lui annoncé.

Concurrent redoutable, donc, mais aussi respectable, citant ses sources d'inspiration, assumant jusqu'à l'automne 2006 tout à la fois son ambition et sa volonté de " rupture " avec un modèle français supposé exsangue, qu'il n'a cessé de caricaturer pour mieux le vilipender.

Le fait qu'au moment d'entrer en campagne électorale, lucide quant aux craintes que son tempérament et son improbable oxymore de " rupture tranquille " fait naître, Monsieur Sarkozy ait choisi de brouiller les pistes et de s'adresser à la " France qui souffre " ne doit pas faire illusion. L'infléchissement des discours indique seulement qu'après avoir été, avec l'appui (qui l'eût dit !) de François Fillon le fossoyeur du gaullisme social, le candidat de l'UMP s'est attaché provisoirement la plume -au demeurant talentueuse- d'un Henri Guaino que l'on avait déjà connu ardant dénonciateur de la " fracture sociale " en 1995. Le vernis ne tiendra pas. Car l'homme qui se dit pragmatique est d'abord un idéologue.

Respecter Nicolas Sarkozy, c'est se frotter à ses mots, à ses concepts, à leurs racines. L'homme n'est avare ni de discours, ni d'écrits. L'explorateur devra d'abord débroussailler l'accessoire : une littérature abondante consacrée au culte de soi, caractéristique d'un ego largement plus dilaté que la moyenne déjà élevée de ceux des hommes politiques ; il ne se laissera pas davantage abuser par ses revirements tactiques : le " pragmatisme sarkozyen " se nourrit de revirements spectaculaires comme en témoigne son reniement dans le dossier de la fusion Suez - GDF : après avoir s'être très solennellement engagé à ce que l'État ne privatise jamais GDF, le prétendant de la droite à l'Élysée n'aura pas attendu deux ans pour se révéler parjure !

Il nous faudra donc prendre Nicolas Sarkozy aux mots, aux idées, sans jamais nous livrer à des attaques personnelles -ce document n'en contient pas- et nous écartant des caricatures réductrices : " Sarko-facho " est un slogan à la fois stupide et contre-productif, car s'il est un danger pour une certaine conception de la République française laïque et sociale, Sarkozy n'est pas un danger pour la démocratie française en dépit d'une relation aussi " amicale " qu'intéressée et exigeante avec les propriétaires des grands médias français et d'une conception très particulière de la fonction ministérielle : Sarkozy n'a-t-il pas justifié auprès de ses proches au printemps 2004 son retour au Ministère de l'Intérieur par souci de se protéger des attaques … de sa propre famille politique en vue de sa future campagne présidentielle ?

Disons le clairement : le procès objectif que l'on peut instruire contre l'idéologue engagé en politique qu'est Nicolas Sarkozy est suffisamment lourd et digne de débats passionnés pour qu'il ne soit besoin de l'affubler -et l'affaiblir- de fantasmes ou de procès d'intention.

Ce que cet ouvrage cherche à démontrer est que non seulement, ne lui en déplaise, Nicolas Sarkozy est bien " libéral, atlantiste et communautariste ", mais qu'il est devenu une sorte de filiale française de la Bush Cie, un néoconservateur américain à passeport français.

Libéral, il l'est assurément depuis toujours et profondément. Mais contrairement à la légende qu'il entretient le candidat ne l'assume pas franchement et préfère se retrancher derrière des mythes.

Plutôt que de dire explicitement qu'il souhaite revenir sur la durée légale du travail et remettre en cause le droit du travail, Nicolas Sarkozy préférera affirmer qu'il souhaite, par exemple, que " celui qui veut travailler plus et gagner plus puisse le faire ". Ce qui, pris au pied de la lettre, signifie que ce ne serait plus le chef d'entreprise mais le salarié qui fixerait son temps de travail ou que tout salarié à temps partiel serait en droit d'exiger de travailler à plein temps ! Sarkozy-le-libéral sait que la France ne l'est pas. Ou plus exactement il a tiré de l'expérience de la campagne présidentielle de Balladur en 1995 la conviction que le libéralisme pur ne pourrait jamais concerner plus d'une dizaine de pourcents d'électeurs.

Le libéralisme de Sarkozy s'est donc mué en libéralisme " populaire ". À Georges W. Bush, Nicolas Sarkozy ne s'est pas contenté d'emprunter les slogans ou la mise en scène (ah, cette intronisation du président de l'UMP avec un décor calqué sur celui de la campagne de Bush …). Il lui a pris la méthode : " parler des problèmes des gens ", à défaut d'avoir la moindre idée de la façon de les résoudre. Se servir des mots pour prétendre panser les maux. Décrire ce que l'on est incapable de guérir. Diagnostic claironné…, inefficacité à moitié pardonnée. Ainsi, en 2003, l'éphémère Ministre de l'Économie et des Finances se targue t-il de prendre en charge la " menace des délocalisations " et de répondre à l'angoisse -réelle- des Français. Un plan de " relocalisations " est annoncé en grande pompe, il n'aura aucun effet, l'emploi industriel restera le grand perdant de la législature mais peu lui chaut : Nicolas Sarkozy estime qu'il a " préempté le débat " et que les Français savent désormais qu'avec lui les délocalisations trouveront à qui parler …

À " W ", le très libéral Nicolas Sarkozy aura aussi emprunté l'obsession de la fin de l'impôt progressif. L'emballage paraît toujours frappé au coin du bon sens : " éviter la fuite des capitaux " pour démanteler l'impôt de solidarité sur la fortune dont la suppression est pourtant étrangement absente du programme de l'UMP, " permettre à ceux qui travaillent d'en tirer les fruits " pour porter une réduction de l'impôt sur le revenu qui n'aura pleinement profité qu'aux 10 % des Français les plus aisés, accéder au vœu des Français de " transmettre leur patrimoine à leurs enfants à la fin d'une vie de labeur " pour mettre en œuvre la réforme de la taxation des donations et successions la plus inégalitaire jamais conçue !

Le libéralisme de Nicolas Sarkozy n'est ni la facette la plus originale -tous les libéraux du monde tiennent son discours- ni la plus inquiétante : on plaidera volontiers qu'une démocratie moderne a besoin de deux pôles, libéral - conservateur d'un côté, réformiste - progressiste de l'autre et que Nicolas Sarkozy, en dépit de ses faux-semblants partiels a le mérite de redessiner une ligne de clivage claire entre la droite et la gauche sur le plan économique et social.

Son atlantisme forcené, sa très grande complaisance pour ne pas dire sa fascination à l'égard de la politique extérieure de Georges Bush sont autrement plus graves.

N'acceptons pas l'écran de fumée que dresse " Sarkozy l'américain ", formule qu'il revendique et dont il s'est dit " fier " lors de deux voyages aux États-Unis, en 2004 et en 2006.

Sarkozy se veut " l'ami des Américains ". Pourquoi pas ? Qui se voudrait " l'ennemi des Américains " ? Qui n'éprouve de la reconnaissance pour l'engagement qui fut le leur pour nous délivrer du joug nazi ? Qui refuse de lutter contre le terrorisme ? Qui n'est pas orphelin des Twin Towers ? Qui échappe à la dialectique attirance - rejet que suscite en chacun de nous un " American way of life " dont nous avons appris à connaître la grandeur autant que les servitudes ?

Mais ce qui pose problème, et qui doit faire débat en cette année 2007, c'est l'allégeance aveugle à une politique dite de lutte contre le terrorisme absurde et inefficace dont la guerre en Irak est la plus sanglante illustration.

On verra plus loin que dès 2004 les silences de Sarkozy sur l'intervention américaine en Irak autant que ses déclarations d'amour aussi naïves que déplacées envers " la musique et les films américains " avaient semé de trouble.

Mais ce n'était rien au regard de l'extravagant voyage du Ministre de l'Intérieur en septembre 2006. Le spectacle d'un candidat à la présidentielle supposé issu de la famille gaulliste quémander un rendez-vous dans un bureau attenant à celui du Président des États-Unis, dans l'espoir finalement exaucé, de rencontrer quelques minutes le grand homme, lui arracher une photo immortalisant l'instant et l'exhiber comme un trophée est un spectacle pénible pour tout Français nourri au lait de la " grandeur de la France " et de son " message universel ". Mais entendre un candidat majeur à la Présidence de la République critiquer aux États-Unis la politique étrangère -en l'espèce justifiée- et " l'arrogance " de son pays est proprement insupportable.

Tous les journalistes américains ont alors souligné la tonalité étonnamment farouchement " proaméricaine " et " pro-Bush " des propos de Monsieur Sarkozy, certains faisant remarquer non sans malice que le Ministre de l'Intérieur français s'était révélé plus ardent défenseur de la politique de Bush que beaucoup de parlementaires républicains eux-mêmes, troublés par les échecs à répétition des initiatives de leur dirigeant sur la scène extérieure, échecs qu'après une sévère défaite électorale Bush lui-même devra reconnaître fin 2006.

Dans une dépêche du 13 septembre 2006, l'AFP rapporte que selon un expert de la Brookings Institution cité par le Washington Post, " Sarkozy a eu le genre de rhétorique que l'on aurait attendu d'un responsable de l'administration Bush " !

Quant au Canard Enchaîné du 20 septembre 2006, il prête à Jacques Chirac -exceptionnellement cité ici- les propos suivants " Sarkozy a multiplié les maladresses aux États-Unis. Il s'est totalement aligné sur la politique américaine et sur Bush ( …) Bien loin du gaullisme et même des grandes traditions politiques et diplomatiques françaises ".

Libéral, atlantiste … et, toujours plus grave, communautariste.

C'est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au " modèle républicain " d'intégration. De ses lacunes ou de ses échecs -malheureusement incontestables- il veut profiter pour non pas réformer ce " modèle ", pour le rendre plus efficace, mais pour le démanteler. On verra plus loin, citations précises à l'appui, en dépit de ses dénégations récentes que le modèle que le patron de l'UMP a en tête est communautariste et confessionnel.

De ce point de vue le bilan du " ministre en charge des cultes " est lourd de menaces pour l'avenir : non content de mettre à mal la loi de 1905 et les fondements de la " laïcité à la française ", Nicolas Sarkozy aura pactisé avec les islamistes de l'UOIF, favorisé l'ascension médiatique de Tarik Ramadan, fait preuve d'une étrange bienveillance à l'égard des sectes allant jusqu'à recevoir en grande pompe l'un des prosélytes le plus célèbre de l'église de Scientologie, l'acteur Tom Cruise.

Coupables écarts ! Erreurs isolées ? Non. Nicolas Sarkozy ne se contente pas de se livrer à un cynique marketing confessionnel à visée électorale. Comme Georges Bush, son action est théorisée : il compte sur les religions, toutes les religions y compris " fondamentalistes " et souvent " intégristes " pour réguler la vie en société, encadrer les jeunes et ramener l'ordre dans les quartiers.

On verra donc, tout au long des chapitres qui suivent où est la vraie source d'inspiration du candidat Sarkozy.

Elle n'est pas, ce serait respectable, authentiquement libérale (le libéralisme de Sarkozy emprunte à Hayek ou Friedman, pas à Tocqueville ou Aron). Elle enterre le gaullisme autant que l'héritage laïque et républicain.

La vraie Bible de Nicolas Sarkozy réside dans la pensée néoconservatrice américaine.

Son vrai modèle ? Georges W Bush.

Plusieurs journalistes français ayant accompagné le Ministre de l'Intérieur aux États-Unis en septembre 2006, ont raconté l'anecdote suivante. On demande à Nicolas Sarkozy en quoi il se différencie de Georges Bush. La réponse fuse, mélange d'humour à l'américaine, de fausse modestie et de provocation : " Il a été élu deux fois Président. Moi pas ".

Il s'agit certes, d'une boutade. Révélatrice, cependant. Spontanément, Nicolas Sarkozy ne voit rien qui le distingue de Georges Bush. Sauf que l'un a gagné deux fois une élection présidentielle. Et l'autre pas. Pas encore ? Nous voilà prévenus …

Éric Besson

Pour télécharger tout le livre : clic

Ce livre est toujours d'une formidable actualité. Sans doute Besson a-t-il été définitivement assassiné politiquement en acceptant de Caligulas Sarkozy, le portefeuille de Ministre de l'immigration... Belle vengeance et belle occasion aussi pour se remémorer la vie du vrai Caligula dont on sait qu'il était fou et qui ne resta au pouvoir que quatre années à peine... avant d'être assassiné aussi, mais à coups de glaives et autres lances par ses propres soldats. Tout espoir n'est donc jamais perdu !





Une autre hypothèse sur la trahison de Besson007 est intéressante à retenir…

Besson a commencé son rapprochement avec Sarkozy en 1995, probablement avec le concours de Jean Marie Messier… Puis il a fait la promotion de Ségolène jusqu'à ce que soient évincés les candidats qui auraient peut-être pu s'opposer " efficacement " au candidat de la droite et des vieux riches qui ont peur… avant de regagner son véritable parti dont il sera le numéro 2 ou 3 en janvier 2009… Spectre oblige !




Soir de manif / 29 janvier 2009

Monsieur Sarkozy,

Je crois bien que je n'ai jamais vraiment eu de respect pour le triste personnage que vous êtes. J'en arrive même à considérer que vous salissez la fonction que vous occupez et que je ne suis plus sûr, dès lors, d'avoir envie de la respecter.

Quand je vous entends, au terme d'une manifestation importante ayant fait descendre 2.5 millions d'individus soutenus par vingt fois plus de sympatisants ne pouvant plus faire grève, mettre en avant que les Français ont peur… quel foutage de gueule !

La grève d'aujourd'hui n'avait rien de catégorielle. Elle était politique. Les Français ne veulent pas de vos réformes qui se révèlent avant tout l'expression de vos obsessions névrotiques. Casser systématiquement tout le ciment social qui assure un minimum de cohésion au sein d'une société inégalitaire acceptable pour en faire une société inégalitaire inacceptable ne vous vaudra que d'être jeté aux poubelles de l'histoire comme l'ont été avant vous quelques fous furieux imbus d'eux mêmes et de leur soi-disant pouvoir.

Les quelques séides qui vous soutiennent sauront bien vous jeter au bas de votre trône aussitôt que leur intérêt leur dictera de le faire.

Non, Monsieur Sarkozy, nous n'avons pas peur de vous… Nous sommes entrés en rébellion et à mon sens, c'est vous qui devriez avoir les pétoches… J'admets que vous avez parfois l'air péteux. C'est un bon commencement.

Non, Monsieur Sarkozy, je n'ai pas peur de vous. À telle enseigne, d'ailleurs, que je n'hésite même plus à vous manquer de respect puisque vous n'êtes même pas respectable, ne serait-ce qu'au titre d'un adversaire politique. Vous n'en êtes même plus digne. Vous n'êtes que du temps perdu et cela nous coûte déjà très cher.

Je ne vous salue pas, vous n'existez plus !

PS : Un petit mot encore... Surtout n'empêchez pas Frédéric Lefebvre, Éric Woerth, Devedjian, Coppé et quelques autres de vos ministres ou proches de s'exprimer puisqu'ils participent pleinement à votre perte.




Chiche !
" Devant autant d'échecs, il ne me reste qu'à me tirer une balle dans la tête, d'autant qu'on m'en a envoyé une ! "

Voir aussi : Les réformes ratées de Nicolas Sarkozy

Le livre des économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg dénonce des réformes «néfastes» qui obtiennent l'effet contraire du but recherché.





Le Président de la République et son gouvernement n'aiment pas les enfants

Par Hubert Montagner

http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-30539918.html

(Le professeur Hubert Montagner est directeur de recherche à l'Inserm. Il anime, à l'université Bordeaux- II, un groupe de recherche spécialisé dans la psychophysiologie et la psychopathologie du développement. Il a publié "L'Enfant et l'Animal". "Les émotions qui libèrent l'intelligence" et "L'Enfant la vraie question de l'école". )

Y a- t-il une place pour l'enfant dans la société française ?

Alors que le monde s'apprête à célébrer le XXe anniversaire de la Charte Internationale des Droits de l'Enfant, il est infiniment regrettable que la "société des adultes" n'accorde toujours pas aux enfants la place qui devrait leur revenir, et le respect qui devrait leur être dû.

Les propos, décisions et mesures du Président de la République française et de son gouvernement en fournissent une illustration caricaturale.

Malheureusement, l'opinion publique qu'ils anesthésient et brutalisent n'est pas vraiment consciente que la condition de nombreux enfants est précaire dans une jungle de pouvoirs et d'égoïsmes qui génèrent peurs, stress, blocages affectifs et inhibitions, inquiétude, anxiété et angoisse, "troubles" somatiques et psychiques. Ou alors, les enfants sont "oubliés" ou niés.

Quelques exemples sont particulièrement édifiants.

* La suppression de maternités sans considération ou évaluation sérieuse des conséquences humaines et médicales, parfois graves pour la mère et son bébé. * La remise en question larvée de la durée du congé de maternité (propos récents du Président de la République) après "le retour en fanfare" de la Garde des Sceaux aux affaires politiques quatre jours après avoir mis un bébé au monde. Ce qui met implicitement en cause la durée actuelle du congé parental à l'occasion d'une naissance. Évidemment, tant mieux pour elle si son accouchement s'est bien passé et si son bébé se porte comme un charme.

Tant mieux pour elle si un ou des tiers ont pu garder le bébé à son retour dans son ministère. Mais, la garde des Sceaux paraît ignorer dans sa superbe les difficultés, contraintes, obligations et souffrances qui nécessitent pour de nombreuses mamans un arrêt de travail d'une durée de plusieurs semaines, parfois des mois, avant et après l'accouchement. Elle n'a pas eu un mot pour elles. En tout cas, on ne l'a pas entendu. En outre, de toute évidence, elle ne sait pas que, tout au long de l'après naissance, les interactions accordées entre la mère et son bébé sont nécessaires pour qu'un attachement "sécure" s'installe entre eux. Il faut bien plus de quatre jours pour que l'attachement se consolide. Le plus souvent, plusieurs semaines sont nécessaires pour que les deux personnes puissent s'ajuster l'une à l'autre dans leurs rythmes, leurs comportements, leurs émotions et leur affectivité, et pour que le père et la fratrie puissent trouver leur place. C'est encore plus compliqué lorsque les mères vivent seules, dans la détresse ou sans attache familiale. Quel égoïsme !

* L'insuffisance qualitative et quantitative des structures d'accueil pour la petite enfance (crèches et structures apparentées), alors que la natalité en France est la plus forte d'Europe … et du monde occidental.

* L'insuffisance ou l'inexistence dans ces structures de places réservées aux enfants porteurs d'un handicap, aux enfants "border line" et aux enfants dont les parents sont issus de l'immigration, en particulier quand leurs revenus ne leur permettent pas d'envisager cette possibilité (les crèches ne sont pas gratuites).

* La négation de l'importance du rythme veille-sommeil dans la croissance, le développement et les équilibres de l'enfant, c'est-à-dire la succession des épisodes de sommeil au cours des 24 heures, en particulier la ou les siestes. On a en effet entendu le Ministre de l'Éducation Nationale s'étonner qu'il faille assurer aux professeurs des écoles une "formation bac +5" pour qu'ils fassent "faire la sieste" aux enfants de l'école maternelle. C'est évidemment indigne. Pourquoi le ministre ne reste-t-il pas au moins une journée dans les écoles qu'il visite plutôt que frimer devant les caméras ? Il constaterait alors que la grande majorité des enfants de la petite section et de la moyenne section ont besoin d'une sieste reconstituante à la mi-journée (avec des visites renouvelées, il pourrait enfin apprécier l'importance de l'école maternelle dans le développement corporel et cérébral de l'enfant).

La méconnaissance ou le non-respect de la sieste dans la famille, à la crèche, à l'école maternelle et ailleurs, ont logiquement pour conséquence une diminution de la durée du sommeil quotidien. Par ailleurs, toutes les études récentes montrent que, à tous les âges, la durée du sommeil nocturne a diminué au cours des vingt dernières années. En conséquence de la diminution de la durée du sommeil nocturne et du non-respect de la sieste, on réduit logiquement les capacités de récupération physique, physiologique, mentale et intellectuelle de l'enfant, mais aussi sa vigilance, ses capacités d'attention et de traitement de l'information. On perturbe sa croissance, ses équilibres affectifs et biologiques, ses capacités de mémorisation et la consolidation de ses apprentissages. Que fait le Ministre de l'Éducation Nationale pour prendre en compte cette réalité ? RIEN, sinon fustiger les enseignants d'école maternelle soucieux de respecter le rythme veille-sommeil des enfants.

* L'absence de stratégies et lieux d'accueil appropriés pour recevoir les enfants et leur famille dans les différentes structures de vie et d'éducation, parfois de soins, pour la petite enfance, notamment quand ils sont en difficulté et présentent des particularité biologiques ou psychologiques qui en font des personnes "pas comme les autres".

* Le lancement de l'idée de créer des jardins d'éveil pour garder les jeunes enfants, sans aucune réflexion ou conceptualisation. Ce sont des coquilles vides, "justifiées" notamment par le colloque "L'école à deux ans : est -ce bon pour l'enfant ?" qui s'est tenu le 1er avril 2006 à l'Assemblée Nationale, et l'ouvrage collectif publié en août 2006 par les Éditions Odile Jacob. J'ai participé à ce colloque pour expliquer pourquoi il est nécessaire d'améliorer les structures existantes (crèches, écoles maternelles ...), et non pas pour demander la suppression de l'une ou l'autre.

Si on se fonde sur la recherche fondamentale, les observations cliniques et le vécu des éducateurs et enseignants, il faut rénover les structures d'accueil et en créer de nouvelles. Elles doivent avoir pour mission d'accueillir tous les enfants, sans exclusive, et donc être gratuites (il est important qu'elles soient sous la responsabilité d'une équipe pluridisciplinaire, constituée notamment de Professeurs des écoles : pour plus de précisions, voir le document "les crèches- écoles enfantines").

De toute évidence, avec les jardins d'éveil, le projet du gouvernement (et pas seulement des deux sénateurs qui l'ont rédigé), est de créer des structures privées dont la logique serait le profit : non fondées sur un accueil optimisé des enfants et de leur famille, et sur un aménagement approprié du temps et des espaces, elles auraient pour objectif et finalité de rapporter de l'argent à leurs promoteurs et constructeurs, c'est-à-dire d'obéir à une logique marchande. Le Président de la République et le gouvernement penseraient-ils à des amis patrons d'entreprise ?

* L'absence de réflexion véritable sur les finalités, le fonctionnement et l'organisation de l'école maternelle pour tous les enfants, sans laisser un seul au bord de la route. Alors que tout le monde s'accorde à reconnaître son importance, les "décideurs" et les autres responsables du système éducatif la laissent volontairement dans le flou. Pauline KERGOMARD et ses amis pédagogues doivent se retourner dans leur tombe devant les menaces qui pèsent sur l'école maternelle qu'elles ont inventée au XIXe siècle, et que de nombreux pays nous envient. L'absence de définition claire des finalités de l'école maternelle, de son organisation et de son fonctionnement, la rend vulnérable et ouverte à tous les appétits ou idéologies. Allons-nous permettre qu'elle soit démantelée et / ou bradée pour augmenter les profits de quelques- uns ?

* L'aménagement du temps scolaire à contretemps des rythmes et du développement des enfants … de tous les enfants, mais surtout ceux qui sont en difficulté, l'organisation de la journée à l'école étant la même de la petite section de l'école maternelle (enfants de trois à quatre ans, parfois de deux à trois ans) au CM2 (écoliers de dix à onze ans). Le passage généralisé de la semaine de quatre jours et demi à la semaine de quatre jours entraîne une augmentation de la pression relationnelle et intellectuelle sur les enfants car les enseignants doivent faire en quatre jours ce qu'ils faisaient en quatre jours et demi. Sous la pression de la hiérarchie, mais aussi parce qu'ils sont convaincus de cette "nécessité", ils privilégient "logiquement" les apprentissages des "fondamentaux" (vocabulaire, grammaire, syntaxe de la langue française ; calcul et mathématiques). Il ne reste plus de temps suffisant pour les autres apprentissages et activités (arts plastiques, musique, chant choral, biologie, histoire, géographie, découverte de l'environnement.) et aussi pour les moments de détente, soupapes absolument nécessaires, surtout lorsque les enfants sont en difficulté. Il est fréquent que le manque de temps dans la journée entraîne également une augmentation horaire de la journée scolaire la plus longue du monde parce que, faute de temps suffisant dans la journée ("on n'y arrive pas" disent-ils), un nombre non négligeable d'enseignants prolongent l'après -midi scolaire jusqu'à 16 h 40, 16 h 50 ou au delà. Il faut ajouter le temps consacré aux devoirs à la maison alors qu'ils sont interdits par une dizaine de circulaires ministérielles. Que deviennent en fin d'après - midi les temps d'activités ludiques, d'apaisement, de sécurité affective, de tendresse ... avec les parents et les autres partenaires familiaux ou familiers ? La France a ainsi la "super journée" la plus longue du monde. Pourtant, le Ministre de l'Éducation Nationale qui a institué la semaine de quatre jours, aggravant ainsi les difficultés des enfants vulnérables, en souffrance ... se répand maintenant dans les médias en disant qu'il est contre cette semaine. Où est la cohérence ? Faut-il rappeler que, pour imposer cette semaine, il a tenté de disqualifier les scientifiques en affirmant dans les médias que la chronobiologie est une spécificité française ! Ses propos sont non seulement diffamatoires, mais également stupides. N'importe qui peut "cliquer" chronobiologie ou rythmes biologiques sur internet, et constater la richesse de ce champ disciplinaire et pluridisciplinaire.

* L'aggravation en classe de la pression intellectuelle et relationnelle avec la forte augmentation du poids des "fondamentaux" au cours de chaque journée scolaire, combinée à la semaine de quatre jours, encore plus dévastatrice, surtout pour les enfants en difficulté. Les dégâts sont évidents : en 2008-2009, la grande majorité des enfants de l'école élémentaires sont fatigués, souvent épuisés ... mais également nombre d'enseignants.

On peut faire l'hypothèse forte que les consultations des parents auprès du médecin généraliste, du pédiatre ou du pédopsychiatre, ont été motivées et sont toujours motivées non par des maladies infantiles, mais par l'état de fatigue, les difficultés d'endormissement, les réveils et cauchemars nocturnes, les "troubles du comportement" (conduites autocentrées, évitements, fuites, "hyperactivité", agressions - destructions, conduites étranges...).

Avec pour corollaire la prescription accrue de béquilles chimiques par des médecins décontenancés et dépourvus "d'autres moyens thérapeutiques". On peut pronostiquer que la France va consolider sa place de championne du monde de la consommation de tranquillisants, somnifères, psychotropes

* Les espaces scolaires insuffisants, négligés, pauvres, fermés sur eux -mêmes, anxiogènes … non aménagés pour que les enfants puissent construire des alliances du corps et de la pensée. Les toilettes sont souvent dans un état lamentable.

* La programmation de la suppression des RASED alors qu'il faudrait augmenter leur nombre, ainsi que la durée et la fréquence de leurs "interventions" auprès des enfants en difficulté. Comment expliquer la "confusion" persistante du Ministère de l'Éducation Nationale, et du ministre lui-même, entre le soutien scolaire apporté quotidiennement aux élèves par le maître dans la classe et le soutien psychologique et de reconstruction de l'enfant par les RASED ? Sous prétexte que sur leurs 26 heures "décrétées" pour la semaine, les enseignants doivent deux heures de "service" devant des enfants "puisque" que le temps scolaire des enfants "n'est que" de 24 heures. Les patachons du Ministère planifient les moments de soutien (quel soutien ?) en dehors de la journée scolaire et aux pires moments :

++ à 16h.30, les enfants sont fatigués, voire épuisés, surtout ceux qui sont en difficulté ... et bâillent déjà beaucoup, s'affalent sur la table au début de l'après-midi quand cela n'est pas à la fin de la matinée ;

++ à la mi-journée, la neurobiologie a révélé qu'il y a une dépression de la vigilance corticale (du cerveau) ;

++ avant 09 h 00 (souvent 09 h 30), il faut aux enfants en difficulté beaucoup plus de temps qu'aux autres pour retrouver un niveau de vigilance et d'attention sélective qui leur permette de donner sens et signification au message du maître, donc de comprendre et d'apprendre. Comment pourraient-ils bénéficier d'un soutien réellement efficace avant 08 h 30 ? On ne s'y prendrait pas autrement si on voulait aggraver les difficultés des enfants à comprendre et apprendre, surtout ceux qui cumulent les difficultés personnelles, familiales, scolaires, sociales et autres. Le Président de la République et son gouvernement ont renforcé une école à deux vitesses, rejetant ainsi les plus vulnérables, démunis, en souffrance … vers l'échec et la marginalisation. Et on parle d'intégration ?

* Les fichages et bases de données scolaires qui permettent de suivre les enfants (et les familles) "à la trace", et conduisent donc à des risques de stigmatisation et de ségrégation de ceux qui "ne sont pas comme les autres".

* L'insuffisance dans la vie quotidienne de lieux récréatifs, sportifs, culturels et autres, réservés aux enfants de tous âges. Où peuvent-ils "se poser", s'apaiser, canaliser leur trop plein de mouvement et / ou d'agressivité ?

Ainsi l'aggravation de l'auto- exclusion de la vie sociale et de la marginalité, des conduites autocentrées, des évitements d'autrui, des fuites dans la drogue, l'alcool, le suicide… la violence se trouvent-elle favorisée.

* Le délabrement ou la détérioration persistante des structures de prévention et de soins qui accueillent les enfants en difficulté.

On peut ajouter l'absence de propositions claires, concrètes et matérielles pour améliorer les structures spécialisées (hôpitaux de jour, I.M.E., I.T.E.P...), et les ouvrir sur la société de façon intelligente.

* La disparition des intersecteurs pédopsychiatriques, ou leur réduction à leur plus simple expression.

* L'institutionnalisation de la prison pour les enfants de treize ans (douze ans dans le projet initial).

Face à ces réalités, on comprend mieux les propos du Ministre des Affaires Étrangères qui s'interrogeait sur la pertinence du maintien d'un Secrétariat d'État aux Droits de l'Homme.






France - Des " virus " dans le corps social. Retour sur la contresubversion.

Lundi 1er juin 2009, par Louise Renard

La doctrine de la guerre révolutionnaire, spécialité française, ne subit-elle pas un regain d'actualité ? De l'ultragauche au sans-papiers, du chômeur à l'anti-hadopiste, du gréviste au schizophrène dangereux, les stigmatisations et dénonciations de groupes sociaux rappellent cette spécialité de la police et de l'armée françaises aussi appelée doctrine de la contresubversion.

Un climat de terreur latente

Si la doctrine de la guerre révolutionnaire est de retour, au moins à titre d'arme politique, cela signifie que l'ennemi intérieur, ou plutôt les ennemis intérieurs sont l'objet d'une seule et même campagne de création d'ennemis de la société [1]. Une campagne relayée et amplifiée par la caisse de résonance médiatique. Selon la doctrine de la guerre révolutionnaire, sur laquelle nous revenons plus bas, cette campagne aurait pour effet d'activer chez les groupes non stigmatisés un réflexe de non-identification et de non-solidarité avec les groupes stigmatisés, et, par suite, de recentrement autour du discours officiel. Des attaques multiples qui pourraient n'être qu'une tentative de terrorisation et d'orientation psychologique de la " majorité silencieuse ", victime d'une manipulation destinée à servir des enjeux d'une domination politique.

Le principe marche très bien à l'échelle d'une population : pourquoi dans le cas où l'on n'appartient à aucun des groupes stigmatisés se rapprocherait-on d'eux ou adopterait-on leurs idées, à moins de vouloir se confronter aux autorités, avec ses collègues bien-pensants ou avec… son boss ? C'est ainsi que certains salariés ont refusé l'étiquette de " rouges " et ne se sont pas déclarés grévistes lors des dernières manifestations nationales. Combien serait-on si chacun pouvait débrancher ce petit système de survie ? La suggestion marche de fait très bien, comme dans l'expérience de la goutte d'huile dans l'eau, au milieu du sel et du poivre - pour ceux qui ne connaissent pas l'expérience, l'huile sépare brutalement le sel et le poivre, qui s'en vont chacun sur un bord opposé de l'assiette. Chez les esprits bien pensants, le principe d'éloigner des groupes visés par la stigmatisation ou la répression, qu'elle soit policière ou médiatique, et, corrélativement, d'identification avec les groupes non visés, est une tendance inévitable.

Dans l'hypothèse où la surenchère sécuritaire reposerait sur une stratégie de contre subversion, les attaques répétées contre les " virus " du système politico-économique actuel auraient pour but de diffuser un sentiment de terreur et, corrélativement, de passivité, au moment même où les attaques du système démocratiques se multiplient et où le citoyen ressent qu'il a perdu le pouvoir de faire entendre ses exigences [2]. Cette perte de pouvoir est précisément ce qui doit être maintenu le plus longtemps possible dans l'ombre en limitant la propagation de l'esprit de révolte, en orchestrant la désignation d'ennemis intérieurs et la stabilisation de l'opinion. Nous verrons que cette stabilisation sert, dans le même temps, à légitimer le déploiement d'une architecture du contrôle et des choix sécuritaires en vue de la répression de tous les contre-pouvoirs émergents, autrement dit le maintien d'une politique de classes.

Retour sur une doctrine de guerre

Au Festival des résistances et alternatives à Paris (FRAP), mi-mai, Mathieu Rigouste exposait à ses auditeurs ses recherches sur les techniques de la guerre révolutionnaire, à partir notamment des archives de l'Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN). En tant que spécialité qui a valu aux Français une réputation mondiale, la doctrine de la guerre révolutionnaire tire son origine d'expériences de guerres, en Indochine puis en Algérie. Ces expériences, incluant torture, disparitions forcées, infiltrations, recensement, maillage de la population, dénonciations, visaient d'une part à maîtriser l'adversaire et d'autre part à obtenir la collaboration de la population non révolutionnaire. Ces expériences furent rassemblées dans plusieurs documents au retour de la guerre d'Indochine.

La doctrine suppose que les " virus " subversifs - révolutionnaires, communistes, de libération nationale, etc. - mettent en danger la population d'une zone, ayant des effets nocifs sur son " unité " et pouvant aussi renverser l'opinion de la partie non atteinte de la population. Ces virus subversifs sont cachés au sein de la population, sans qu'on puisse séparer les citoyens inoffensifs des révolutionnaires. Ils sont logiquement organisés autour d'une OPA (organisation politico administrative). La mission de l'armée et des services de renseignement est alors de lutter contre ces virus en identifiant et en poursuivant l'OPA dans la population globale. Pour y parvenir, il est nécessaire d'influencer celle-ci, en la persuadant de son intérêt à ne pas cacher les subversifs, à s'en éloigner, ainsi qu'à collaborer et à dénoncer les membres de l'OPA.

Constituée entre 1953 et 1960, la doctrine a fait l'expertise des renseignements et de l'armée française à l'étranger, au point que d'autres pays sont venus se former en France à ce type de tactique urbaine. Elle a été interdite officiellement en France en 1961, mais cela n'a pas empêché Mai 1968 d'en être un nouveau terrain d'application. De plus, depuis les années 1970, quoique interdite, la doctrine a sans doute contribué à façonner la grille de lecture sécuritaire face aux populations immigrées, vécues comme vecteur intérieur d'une menace globale - islamisme, terrorisme, immigration clandestine, violences urbaines… - et a entraîné la mise en place du nouvel ordre sécuritaire sur une base identitaire. C'est l'avis de Mathieu Rigouste [3], pour qui le modèle matriciel issu des guerres coloniales a imprégné la vision des politiques de sécurité intérieure et les premiers dispositifs sécuritaires.

Au sein de l'IHEDN, qui n'est autre qu'un institut créé par Pétain pour former les cadres de la nation, Mathieu Rigouste indique que la doctrine a toujours eu ses défenseurs, qu'elle y reste discutée encore aujourd'hui et continue d'influencer une élite à la fois militaire, politique et médiatique par ses principes simples et efficaces. Or cette élite de l'IHEDN, qui est, pour un tiers, composée de cadres de l'armée, pour un tiers de magistrats et pour un tiers de personnalités du privé - patrons de l'audiovisuel et de la presse, du complexe militaro-industriel… -, est-elle toujours chargée ou tentée de transmettre les représentations des subversifs et la manière de les reconnaître dans le corps social ? La doctrine peut-elle s'étendre à de nouveaux ennemis, de plus en plus imaginaires ? Et dans quel but, sachant qu'une telle stratégie se double toujours d'enjeux de domination totale ?

Les " risques gris " et la multiplication des " ennemis intérieurs "

À ces questions il est tentant de répondre par une autre : pourquoi un pays dont c'est la spécialité, qui a plusieurs fois affirmé sa supériorité dans ces techniques, y compris en 1968, et dont l'élite (militaire, médiatique, etc.) continue à être en contact avec les principes très simples de la contre subversion, bref, pourquoi l'ordre établi se priverait-il d'une telle arme ? L'on n'abandonne pas une arme qui marche, qui plus est dans un pays dont c'est devenu la spécialité en matière d'ordre social…

Plus précisément, dans un rapport des RG de 2005, au moment où la police est confrontée aux émeutes urbaines dans les banlieues, les risques " sociaux " prennent le pas sur l'islamisme, qui formait jusqu'alors le principal ennemi potentiel. Il y a une inflexion dans la façon de considérer les facteurs de risques sociaux. Le rapport de RG généralise la cause des émeutes. Il s'agit d'un " risque gris " multiple, au sein des milieux populaires, par opposition aux milieux bourgeois. Tous les milieux populaires sont considérés comme des milieux à risques. À cette période, les discutants de l'IHEDN montrent qu'il ne semble pas y avoir de récupération gauchiste ni d'animation terroriste dans les émeutes et que ces mouvements sont avant tout " sociaux ", autrement dit sans véritable OPA - l'organisation politico administrative qui caractérisait le réseau subversif. Curieusement, après les émeutes, la police française a redoré son blason de spécialiste mondial dans les combats contre les risques intérieurs. Depuis, quoiqu'il ne s'agisse pas de rechercher la " tête " de réseaux de subversion - et peut-être à cause de ce côté flou des " risques sociaux " mal définis -, l'on voit sans cesse brandir des solutions de quadrillage technologico-sécuritaire du territoire, comme ces derniers jours autour des établissements scolaires.

Cependant, il ne peut être question d'étendre ces instruments de contrôle à tous les espaces publics et parfois privés - cf. l'incitation faite aux commerçants de s'équiper de caméras de sécurité - sans créer ou orchestrer des événements qui le légitimeront. C'est là que le principe psychologique de la contre subversion pourrait s'avérer efficace, pour légitimer ces installations en s'appuyant sur la construction d'ennemis intérieurs désignés. Ainsi, la croissance du nombre d'interpellations, de violences policières, de garde-à-vue prolongée, ainsi que de stigmatisations de plus en plus multiformes de groupes sociaux présentés comme subversifs pourraient servir la logique de domination globale d'une classe dirigeante de moins en moins " soucieuse " des libertés. Cette logique globale, au-delà des intérêts que l'on pourrait qualifier d'économiques - de relance économique par l'innovation sécuritaire, puisque la recherche et l'équipement technologique sécuritaire se trouvent de fait largement stimulés - est surtout porteuse d'une intention de maintien de l'ordre. Intimider, voire terroriser l'opinion, et par là aussi et surtout : convaincre une majorité d'adhérer au renforcement de tous les contrôles et de maintenir en place un pouvoir qu'elle serait tentée de désavouer s'il n'y avait pas ces ennemis intérieurs.

Dans les faits, les dispositifs sécuritaires conquièrent des espaces où ils n'auraient pas été tolérés un an plus tôt. Installations de caméras, fichiers de renseignements, portiques de détection des métaux, fouilles des élèves, descentes de police - vecteurs d'une " bonne insécurité " selon certains, après des descentes de prévention contre la drogue -, etc., gagnent tout le système éducatif. Dans la même logique antisubversive, il faut rappeler, fin 2008, un appel d'offres du ministère de l'Éducation pour la création de fichiers répertoriant les " leaders d'opinion " à l'université, analysant " leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau ". Ce système en place depuis 2006, de l'aveu du ministère, et digne des méthodes de renseignement les plus contre subversives augure mal de la façon de considérer le milieu universitaire. Il faut dire que depuis la loi Devaquet, en 1986, et à la suite des mouvements anti-CPE en 2006, le gouvernement a fort à faire avec la lucidité d'un milieu retors aux manipulations (sans parler des prises de conscience de cette année). De fait aussi, les lieux de la criminalité désignés comme tels se multiplient, avec une focalisation particulière, ces jours-ci encore, sur le système éducatif, après le coup de poignard d'un collégien sur une prof de maths qui l'avait puni ou l'agression d'une CPE dans les couloirs d'un collège. Des faits dramatiques surexploités et où l'on se hâte de légitimer la réponse sécuritaire par l'exemple du grand frère américain. Las, l'intelligence statistico-comparative a ses limites lorsqu'on n'oublie tant d'autres paramètres et que l'on fait l'impasse sur le bilan d'un pays en proie à une crise totale… Mais certains continuent, comme le fait le gouvernement, à se servir de l'argument d'autorité du grand frère américain. Quant aux offensives médiatiques, la liste serait longue. Quelques-unes parmi les plus visibles : en janvier 2009, le JDD titrait à propos des grévistes de Saint-Lazare : " SUD, le nouvel ennemi public ", au milieu d'une campagne médiatique générale analysée par Le Plan B dans son numéro de février-mars ; des colonnes entières sont consacrées aux saccages occasionnés en marge des manifestations - anti-OTAN, anti-G20, grèves nationales… -, dont certains sont visiblement entretenus par les services de sécurité ; quant au montage de l'" ultragauche " et de la " bande à Coupat ", référence aux années 1920 dont personne ne connaît plus rien, il est l'emblème du refus de laisser émerger des alternatives critiques (aux modes de production consommation actuels, etc.) et de voir étalés au grand jour les tabous de l'ordre établi. D'une manière générale, la presse a intérêt à relayer les attaques du gouvernement, à stabiliser l'opinion et à la maintenir éloignée des " subversifs ", faisant le jeu de la contre subversion en relayant les effets d'intimidation [4]. Il faudrait ajouter, parmi d'autres, la manipulation des chiffres sur la délinquance pour modifier les principes de la justice des mineurs, les attaques aux sans-papiers pour justifier des chasses à l'homme terrorisantes, la culpabilisation des associations d'aide aux sans logement (le DAL face à la justice) ou aux sans-papiers, l'organisation de la délation, etc. Face à ce qui pourrait être des applications médiatiques du principe de contre subversion, on ne peut omettre de mentionner la grippe A, diagnostiquée comme une pandémie dès les premiers cas et elle aussi en bonne place pour maintenir l'angoisse d'une pandémie mortelle à son maximum, laisser planer la perspective d'une loi martiale prochaine - comme au Mexique début mai, où elle a favorisé des interpellations. Une situation visiblement prévue depuis mi-2007, date où un programme d'éducation récemment évoqué par le président de France Télévisions a été conçu avec l'aide de France 5, afin de poursuivre l'éducation des jeunes par des modules télévisés, dans l'hypothèse où serait prononcée l'interdiction de sortir des chaumières.

À la différence de la guerre révolutionnaire, la figure de ces ennemis est entachée d'un flou général quant à leurs revendications. Cela rappelle le " risque gris " mentionné plus haut, et l'absence d'OPA dans un certain nombre de cas. En revanche, dès qu'un simili d'OPA se présente, il devient une cible directe. Un risque gris émergeant qui plonge ses racines dans la remise en cause de l'ordre établi, la lutte contre un État mafieux ou, comme on pourrait le dire à l'ancienne : la lutte des classes… Et cela au sein des milieux populaires, mais pas seulement - Coupat dans l'interview qui précède sa remise en liberté a cette phrase : " Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (citant Hegel)… C'est ainsi que sont visées toutes les voix discordantes qui ne servent pas la " planification " étatique en matière de développement industriel et social, les choix de l'innovation et de la croissance financière, toutes les voix discordantes qui luttent contre les choix sécuritaires et de contrôle, contre la régression du droit du travail et les choix de mise au pas du salariat par les grandes instances internationales, et enfin toutes les générations susceptibles d'apprendre et de repenser le monde autrement - d'où la focalisation sur les étudiants et la jeunesse. Tout cela doit être considéré comme des virus et il faut empêcher la collusion et le rapprochement du reste de la population avec eux, qui pense : " Plutôt ma sécurité que de moisir au poste 96 heures pour avoir barbouillé un panneau publicitaire "… (comme c'est arrivé récemment à des antipubs).

Ces " virus " peuplent les journaux, les postes de police ou les prisons, soumis à des procédures d'interpellation, de garde-à-vue et d'emprisonnement de moins en moins conformes au droit et à la justice. Les rapports récemment publiés d'Amnesty, de la LDH ou de la Commission de déontologie de la sécurité confirment la tendance, même s'ils font l'objet d'une médiatisation infime et que la classe politique s'en saisit très peu. Même, à un autre niveau, le bilan 2009 de la CNIL - qui comportait des critiques sur les atteintes au droit dans la loi Création et Internet - a subi un retard de publication jusqu'au dernier vote de la loi Hadopi afin de limiter sa médiatisation. C'est dire la transparence dans laquelle ces rapports sont publiés et accueillis par la classe politique. Sans doute les rapports sur la sécurité seront-ils eux aussi lettre morte au niveau politique, car les violences policières et les interpellations dites régulières sont, vis-à-vis des subversifs, la preuve renouvelée d'une stratégie de violence morale et d'une urgence de soumission générale de la société.

Ici, en temps de paix, les caméras, interpellations, fichiers, enregistrements divers valent pour le quadrillage des villes et les barrages filtrants dans la casbah d'Alger en pleine guerre d'Algérie. En temps de paix aussi, cette arme psychique qui consiste à faire grandir les peurs, sur fond de crise économique, s'avère être l'arme idéale pour faire admettre une politique d'inégalités contraire aux intérêts de la majorité.

L'ère de la manipulation

Voilà au final à quoi pourrait servir la multiplication des groupes stigmatisés et l'amplification du volume des attaques contre toutes sortes d'opposants :

1) Faire agir la séparation spontanée entre " ceux qui n'ont rien à se reprocher " et les personnages " dangereux pour la société " ;
2) Faire entrer en vigueur tous les dispositifs les plus impensés auparavant afin de préparer le contrôle de tous les espaces sociaux, voire privés ;
3) Maintenir un ordre de domination dont les intérêts sont classiques : la domination sans contre-pouvoir, avec de nouveaux instruments de l'ordre, y compris les techniques d'intimidation psychologique.

L'on peut considérer aujourd'hui que l'État et la classe dominante organisent la domination d'une manière technique, en abusant de leur statut officiel d'État et de dirigeants ou de professions influentes, par la dénonciation officielle d'ennemis de l'ordre intérieurs dont il s'agit d'éloigner le reste de la population. Il faut organiser la suspicion à l'égard des fauteurs de troubles afin qu'elle soit plus forte que la suspicion que peuvent engendrer le maillage des lieux d'existence par l'industrie sécuritaire ou le marketing, la destruction systématique des oppositions émergentes et les politiques d'inégalités. C'est en effet le seul biais qui s'offre à eux pour maintenir un simulacre d'adhésion. Et cela marche sur tous les esprits bien-pensants.Et si cela s'avérait ne pas être une technique de contre subversion - mais une logique auto générée par le système de gouvernementalité actuel, fondé sur des calculs de risques, et qui, selon une logique foucaldienne, génère de façon systématique des instruments d'analyse et de contrôle de ces risques pour installer ses pare-feux là où sont décelés des risques d'insécurité -, les conséquences psychologiques sont identiques : le témoin des coups de sang des ministres et des stigmatisations à l'emporte-pièce interprète que, s'il est un bon citoyen, il ne doit pas s'acoquiner ou collaborer avec les " rebelles ".

Inquiéter, terroriser ou empêcher les plus dociles de rejoindre le camp " rebelle " : cela marche sur tous les esprits bien-pensants à l'heure ou il semble que la pire des obscénités soit devenue l'exigence de liberté.

Louise Renard

Notes

[1] On pourrait ajouter d'autres axes, ils se multiplient tous les jours et convergent, sans réelles raisons, à former un ennemi global : ainsi, de l'anti-hadopiste (cf. le salarié de TF1 licencié) à l'anti-ogm, dont les premiers sont " criminels " vis-à-vis de l'industrie de la création, et dont les seconds pourraient un jour se voir accusés d'empêcher certains industriels de " nourrir l'humanité ", vu la tendance de la propagande pro-OGM à affirmer être une solution contre la faim dans le monde… Les axes seront sans doute innombrables dans quelque temps, ce qui, dans l'hypothèse de forger un ennemi global, peut avoir pour effet de faciliter la doctrine de la contre subversion, car les interpellations seront d'autant plus faciles que le chef d'accusation sera imaginaire.

[2] Emblématique de ce qu'est devenu le débat parlementaire : la campagne anti-hadopiste a montré à quel point l'Assemblée était vidée de sa fonction démocratique. Des députés de la majorité ont fait savoir en effet, entre les deux passages à l'Assemblée, tout leur mépris du processus démocratique (la loi passera, martèle l'un d'eux), avouant par là que les votes se réduisent toujours plus à une procédure formelle et que le travail parlementaire ne protège plus des effets d'une politique de domination.

[3] Cf. " L'ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine ", de Mathieu Rigouste. Consultable sur le site de l'éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr.

[4] La caisse de résonance médiatique partage une large responsabilité dans la diffusion de l'intimidation. L'effet psychologique joue d'autant mieux que la saturation d'informations empêche d'élaborer les faits et maintient l'opinion dans l'incapacité de s'interroger réellement sur ce qui s'est passé. La succession des messages semble court-circuiter les processus de réflexion. La diffusion de messages traumatisants oblige de plus chacun à brider sa sensibilité et à endommager la capacité de critique et d'engagement.




Affaire à suivre :

[J'ai mis ce texte avant celui qui suit, volontairement...]

" En 1933, depuis près de trois ans, le Reichstag avalise sans broncher ; les décisions se prennent sans débats ni votes. Von Hindenburg gouverne un coude sur l'épaule des SPD, tétanisés, un coude sur celle des nazis, bons bougres. Hitler n'a plus qu'à sauter sur l'estrade, grand clown des atrocités, impayable dans son frac tout neuf.

Qui prétend encore que c'est arrivé du frais matin ?

Le sommeil a bon dos, où naissent les songes, et les cauchemars. Mais on ne se réveille pas dans le pire, stupeur, au saut du lit : le pire s'est installé, insidieux, dans le paysage, banalisé par l'apathie ou l'incrédulité des uns, la bénédiction des autres.

Des gendarmes brutaux, grossiers, débarquent impunément avec leurs chiens dans les classes d'un collège du Gers, pour une fouille musclée ; le proviseur entérine, bonasse. Et le ministre de l'Éducation, qu'en dit-il ? Que dit-il de l'enlèvement d'enfants dans une école de Grenoble, d'eux et de leur famille, expulsés en vingt-quatre heures, après combien d'autres ? Qui tient la comptabilité de ces exactions ordinaires ?

Un journaliste est interpellé chez lui, insulté, menotté, fouillé au corps, pour une suspicion de diffamation, qui reste encore à démontrer en justice… Qu'en dit la Garde des Sceaux ? Elle approuve (mutine bague Cartier au doigt, n'en déplaise au Figaro).Nos enfants, nos journalistes, ce sont encore catégories sensibles à l'opinion.

Mollement. Elle somnole.

Mais les réfugiés de Sangatte, chassés comme bêtes, affamés dans les bois ; les miséreux du bois de Vincennes menacés de " ratissage ", les gueux de nos trottoirs au vent d'hiver ? Les sans-papiers raflés, entassés dans des lieux de non-droit, décharges d'une société qui détourne le regard ignoble de son indifférence ? Et la masse des anonymes, traités mêmement comme rebut par une administration servile ? Au secours, Hugo !

Il y a de jeunes marginaux qualifiés par la ministre de l'Intérieur d'" ultra gauche " - spectre opportun des bonnes vieilles terreurs -, jusqu'ici, pure pétition communicationnelle… Sa police veille, arme à la hanche, elle arpente, virile, les couloirs du métro, des gares.

Sommes-nous en État de siège ? À quand l'armée en ville ?

Il y a le malade mental incriminé à vie par anticipation ; l'étranger criminalisé de l'être ; le jeune de banlieue, stigmatisé pour dissidence du salut au drapeau : danger public ; le prisonnier encagé dans des taudis surpeuplés - à 12 ans, bientôt ; le sans-travail accusé d'être un profiteur, le pauvre d'être pauvre et de coûter cher aux riches ; le militant associatif qui le défend, condamné, lourdement, pour entrave à la voie publique. Il y a le fonctionnaire taxé de fainéantise (vieille antienne) ; l'élu réduit au godillot ; le juge sous menace de rétorsion ; le parlementariste assimilé au petit pois ; la télé publique bradée aux bons amis du Président, qui fixent le tarif ; son PDG berlusconisé et des pubs d'État pour nous informer - à quand un ministre de la Propagande ? On en a bien un de l'Identité nationale. Et le bon ami de Corse, l'escroc notoire, amuseurs sinistres, protégés par décret du prince…

Criminalisation systématique de qui s'insurge, dénis de justice, inhumanité érigés en principe de gouvernement. Presse paillasson, muselée par ses patrons, industriels des armes. Intimidations, contrôles au faciès, humiliations, brutalités, violences et leurs dérapages - quelques précipités du balcon, quelques morts de tabassage accidentel -, sitôt providentiellement dilués dans le brouhaha des crises bancaires, de l'affairisme et du sensationnel saignant, bienvenue au JT : touristes égarés, intempéries, embouteillages du soir… Carla et Tapie en vedettes.

Ces faits sont-ils vraiment divers, ou bien signent-ils un état de fait ? En réalité, un état de droite. Extrême. Dire que Le Pen nous faisait peur…

Cela rampe, s'insinue et s'impose, cela s'installe : ma foi, jour après jour, cela devient tout naturel. Normal : c'est, d'ores et déjà, le lot quotidien d'une France défigurée, demain matin effarée de sa nudité, livrée aux menées d'une dictature qui ne dit pas son nom. Ah ! le gros mot ! N'exagérons pas, s'offusquent les mal réveillés. Tout va bien : M. Hortefeux est, paraît-il, bon bougre dans sa vie privée.

"Tout est possible", avait pourtant promis le candidat. Entendons-le bien. Entendons ce qu'il y a de totalitaire dans cette promesse cynique qui, d'avance, annonce le pire.

Sous son agitation pathologique, un instant comique - au secours, Chaplin ! -, sous ses discours de tréteaux, ses déclarations à tous vents, contradictoires, paradoxales, sous son improvisation politique (oripeau du pragmatisme), sous sa face de tic et toc s'avance le mufle des suicideurs de république, des assassins de la morale publique. La tête grossit, elle fixe et sidère.

Continuerons-nous à dormir ? Ou à piquer la marionnette de banderilles de Noël ? "

Anne-Marie Garat

Source : http://www.telerama.fr/livre/coup-de-colere-de-anne-marie-garat,36525.php___

______________________Anne-Marie Garat est une romancière française. Elle a obtenu le Prix Femina pour son roman Aden en 1992 et le prix Marguerite Audoux pour son roman, Les mal famées. Ces romans se passent souvent à diverses époques du XXe siècle (les années 1910 pour Dans la main du diable, la seconde guerre mondiale pour Les mal famées) sans que la volonté de reconstitution historique soit trop pesante comme dans beaucoup de romans historiques. Après Dans la main du diable qui se déroule avant la Guerre de 1914, Anne-Marie Garat poursuit en 2008, avec L'enfant des ténèbres, sa magistrale fresque sur le XXe siècle, en évoquant les années 1930 et la montée des dictatures totalitaires. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne-Marie_Garat#cite_note-1






Affaire Geisser à suivre :

[Propos liminaires de Jérome Valluy... Ils traduisent parfaitement les interrogations qui on été les miennes pendant cette journée après que j'eusses pris connaissance de ce cas...

L'affaire Geisser , qu'il conviendrait mieux de nommer "Affaire Fonctionnaire de la Défense du CNRS", est à ce point hallucinante, qu'il faut du temps pour y croire, s'assurer que tout ceci n'est pas seulement l'expression de nos peurs inconscientes, prendre justement conscience des multiples enjeux... et bien sur rejoindre Esther Benbassa (attben@noos.fr), dans une démarche collective de soutien qui ne dépend ni des jugements sur telle ou telle personne, ni des jugements sur tel ou tel propos... mais d'un phénomène plus large que décrivait bien, en décembre dernier, le coup de colère de la romancière Anne-Marie GARAT, dans Télérama (02.12.08). A relire pour réfléchir sur le phénomène inverse des transitions démocratiques... celui des transitions autoritaires et notamment celle qui s'avance ici et maintenant. Une transition autoritaire qu'il conviendrait de mieux connaître sans attendre pour ne la reconnaître seulement de manière rétrospective à la lecture des futurs travaux d'historiens. J.Valluy]

Affaire Vincent GEISSER / Fonctionnaire sécurité de défense du CNRS :5 ans de harcèlement sécuritaire

Je me nomme Vincent Geisser. Je suis chargé de recherche au CNRS (CR 1) et président du Centre d'information et d'études sur les migrations internationales (CIEMI). J'ai été recruté au CNRS en octobre 1999, affecté à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), localisé à Aix-en-Provence. Avant cette nomination, j'étais chargé de mission au Ministère des affaires étrangères (MAE : 1995-1999), en tant que chercheur à l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) de Tunis. Dans ce cadre, je dirigeais un programme scientifique euro-maghrébin sur les migrations étudiantes et intellectuelles dans le bassin méditerranéen, dont les résultats ont été publiés en 2000 aux éditions du CNRS. C'est donc tout naturellement que j'ai sollicité en 2003-2004, auprès des instances du CNRS, une " Aide à projet nouveau ", en vue de poursuivre mes recherches sur les migrations intellectuelles entre l'Europe et le Maghreb, en m'intéressant cette fois-ci aux chercheurs maghrébins ou d'origine maghrébine travaillant pour les institutions publiques françaises (université, CNRS et INSERM…). Il s'agissait pour mon équipe de faire une évaluation scientifique rigoureuse de la contribution des " chercheurs et des universitaires maghrébins " au rayonnement de la recherche française dans le monde, en privilégiant les sciences fondamentales. Ce projet a particulièrement intéressé les instances du CNRS, puisqu'elles ont décidé de financer mon programme de recherche APN à hauteur d'environ 20 000 euros. C'est précisément dans ce cadre " APN " labellisé " CNRS " que nous avons lancé officiellement en avril 2005 notre enquête quantitative sur " les enseignants-chercheurs issus des migrations maghrébines ".

Je tiens à préciser, toutefois, que nous avons débuté cette enquête dans un climat assez lourd et passionnel. En tant qu'auteur de l'ouvrage, La Nouvelle islamophobie, paru en septembre 2003 aux éditions La Découverte et qui a connu une certaine médiatisation (10 000 exemplaires vendus), j'ai fait l'objet de nombreuses attaques provenant de différents milieux, notamment de l'extrême droite. Ce rappel permettra de comprendre beaucoup de choses et, en particulier, la surveillance étroite dont j'ai fait l'objet de la part du Fonctionnaire défense du CNRS.

En effet, c'est en septembre 2004 que se manifeste pour la première fois le Fonctionnaire sécurité de défense (FD) du CNRS. Avant cette date, je ne connaissais même pas son existence. Le FD adresse un email au directeur de mon unité de recherche (IREMAM), lui faisant part d'un certain nombre de problèmes inhérents à mon enquête. Il s'agit officiellement de régulariser l'enquête auprès de la CNIL [Commission nationale informatique et liberté]. Au départ, nous pensons que son intervention dans le dossier est de nature purement technique, voire juridique. En réalité, nous allons très rapidement nous rendre compte des soubassements sécuritaires de l'affaire. Dans le même email, le Fonctionnaire défense annonce que l'IREMAM va être prochainement classé en " établissement sensible " et qu'il appartient au directeur de l'Unité de lui fournir mensuellement la liste des stagiaires étrangers hors-Union européenne. C'est devenu une pratique routinière des directeurs de laboratoires du CNRS que de transmettre chaque mois la liste des " étrangers " travaillant dans leurs murs. En somme, l'email du Fonctionnaire défense tend à accréditer l'idée que notre enquête sociologique - pourtant banale - constitue une enquête " sensible " dans un établissement " sensible ", touchant une population " sensible ", sur une zone géographique " sensible " (le Maghreb et le monde arabe en général). Mais, il est vrai, qu'au départ, nous ne faisions aucun lien entre l'objet de notre enquête - strictement scientifique - et le " climat sécuritaire " qui commençait à gagner certaines institutions. C'est la lecture a posteriori des correspondances email qui fait apparaître ce " climat de suspicion " qui entoure notre laboratoire, en général, et certains chercheurs, en particulier, notamment ceux qui, comme moi, ont le " malheur " de travailler sur les questions d'islam, d'islamisme et d'autoritarisme dans le monde arabe.

Dès lors, le Fonctionnaire défense ne me lâchera plus. À partir de septembre 2004, il ne ce cessera de faire pression sur les instances locales, régionales et nationales du CNRS afin de me limiter dans mes activités scientifiques et intellectuelles, allant jusqu'à exiger des sanctions à mon égard. Il se déplacera même à Aix-en-Provence, le 2 février 2006, pour m'inspecter, en présence du Directeur de mon unité de recherche et du Délégué régional du CNRS " Provence ". Officiellement, la visite du FD a un but purement technique, afin de finaliser la mise en conformité de mon enquête avec les exigences de la CNIL. Ce que je conçois tout à fait. Mais après deux heures d'examen, le FD commence à me poser des questions précises sur le contenu d'un certain nombre de mes écrits, conférences ou déclarations de presse. À ma grande stupéfaction, je me rends compte alors que le Fonctionnaire défense dispose d'un dossier complet sur mes activités publiques, y compris des prises de parole à l'étranger dans le cadre du Conseil de l'Europe. Il me demande de me justifier sur un certain nombre de prises de position, notamment mes critiques sur l'association " Ni Putes, Ni Soumises ". L'examen technique du questionnaire (objet officiel de la rencontre) se transforme en interrogatoire sur mes activités scientifiques, philosophiques et politiques. De même, il met en garde notre directeur d'unité sur les chercheurs signataires de certaines pétitions et lui demande de les rappeler à l'ordre afin qu'ils ne signent plus avec la mention " CNRS ". Je ressens personnellement un profond malaise dans une situation où un simple entretien professionnel se transforme rapidement en " interrogatoire politique ". À ma grande stupéfaction, je découvre qu'un véritable système de fiches de renseignements sur les chercheurs - ou, du moins, sur certains d'entre eux - a été mis en place par le Fonctionnaire défense au sein même du CNRS.

Alors que nous avions constitué un dossier de régularisation de mon enquête auprès de la CNIL, celui-ci ne sera jamais transmis. Le 15 mars 2007, nous recevons un courrier officiel du secrétaire général du CNRS nous demandant de " procéder à la destruction de tous les éléments collectés dans le cadre de cette enquête ". Le secrétaire général du CNRS se réfère à une jurisprudence de la CNIL et non à une décision motivée par ladite commission. En somme, il semblerait que le dossier n'est jamais été transmis à la CNIL, alors que tous les éléments de " mise en conformité " avaient été envoyés et que le CNRS avait même rédigé un projet de lettre à son président. Ni le directeur de l'IREMAM, ni le responsable de l'enquête, n'ont été informés de cette " mise en sommeil " unilatéral du dossier. Nous pensions sincèrement qu'il était en cours d'examen à la CNIL. Cela confirme bien l'hypothèse sécuritaire : il semblerait que l'action du Fonctionnaire défense durant ces 4 années n'avait nullement pour but de m'assister techniquement dans la procédure de légalisation de l'enquête mais tout simplement de l'enterrer, sous prétexte que son auteur serait suspect d' " islamophilie " ou de relations de proximité avec les milieux musulmans. Cette hypothèse m'est confirmée oralement par un collègue du CEVIPOF, Vincent T…, qui dit avoir été consulté par le ministère de la Défense sur mon enquête à propos du " risque " de constitution d'un " lobby arabo-musulman " au sein du CNRS (sic). À ce moment, je me confie à mes collègues chercheurs, ainsi qu'à un certain nombre de spécialistes des enquêtes quantitatives qui me conseillent de réagir, y compris en publicisant " l'Affaire ". J'avoue que pour protéger l'institution et ne pas nuire à l'image du CNRS, je n'ai pas voulu en faire une " affaire d'État ".

En juillet 2008, la directrice SHS (sciences humaines et sociales) du CNRS, Marie-Françoise Courel, prévient oralement l'un de mes collègues, directeur de recherche, que le Fonctionnaire défense veut obtenir des sanctions à mon égard pour mes écrits d'opinion. La directrice SHS se pose en médicatrice, en me prévenant officieusement par email des pressions incessantes exercées par le Fonctionnaire défense sur les instances du CNRS afin que je sois sanctionné. J'avoue que mon moral est au plus bas et que, ce que je perçois comme un véritable " harcèlement moral " finit par peser sur ma santé. J'hésite alors à déposer plainte. Mais encore une fois, je ne veux pas nuire aux intérêts de mon laboratoire et au prestige du CNRS qui, plus est, dans une période de crise institutionnelle et de restructuration.

Le 4 avril 2009, j'adresse un message privé et personnel par email au Comité de soutien de la jeune allocataire de recherche, " Sabrina ". Dans le communiqué publié par ce Comité, il apparaît clairement que le Fonctionnaire défense est intervenu directement pour obtenir le non-renouvellement de son allocation de recherche. J'avoue que la modération dont j'avais preuve jusqu'à présent finit par céder, et ce d'autant plus que je constate que le FD a fait une " nouvelle victime ". Il est vrai que dans mon message privé de soutien à Sabrina, je comparais l'action sécuritaire du FD aux méthodes utilisées contre les Juifs et les Justes. À aucun moment, je ne mets en cause le CNRS en tant qu'institution scientifique. Je m'étonnais simplement que la logique sécuritaire finisse par prévaloir sur la logique de la science et de la diffusion du savoir. Toutefois, je tiens à rappeler que mon email avait un caractère strictement privé, voire intime, et qu'il n'était pas destiné à être publié ni sur un Blog, ni sur un quelconque site Internet. C'est précisément pour cette dernière affaire que je suis convoqué officiellement devant le " conseil de discipline " du CNRS.

En réalité, ce qu'il faut bien appeler " l'Affaire Geisser / Fonctionnaire Défense " s'inscrit sur le long terme (2004-2009) et non simplement dans la " temporalité " de ces dernières semaines, fruit d'une attitude de suspicion et de pratiques concrètes de surveillance de mes écrits et de ma pensée qui ont souvent frôlé le harcèlement moral et ont nui à mes activités de chercheur et d'universitaire. Sur un plan plus général, cette affaire traduit l'intrusion inquiétante de logiques policières et sécuritaires au sein même des milieux scientifiques et universitaires, dont la finalité est de contrôler la production et la diffusion du savoir.




Aujourd'hui, 6 novembre 2009, Sarkozy est reçu par Chirac... et le félicite pour sa clairvoyance sur la question de l'Irak où il veut envoyer encore plus de troupes ! Non seulement, il est con, ce gugusse, mais il est même très très con, au point de nous faire rigoler... à mi-mandat

**********


Halte-là ! Faire échec à un pouvoir dangereux / Edwy Plenel (Mediapart-22-09-2010) /

Ce pouvoir est prêt à tout pour durer, y compris à exploiter la menace terroriste pour s'imposer au pays. Des Roms expulsés aux attentats annoncés, la folle accélération de l'agenda présidentiel depuis qu'a surgi l'affaire Bettencourt est une alerte définitive pour tous les opposants à une présidence qui renie notre République démocratique et sociale. Ce n'est pas en 2012 qu'ils ont rendez-vous avec le pays mais maintenant : seule la mise en échec aujourd'hui de ce pouvoir incendiaire, grâce à une mobilisation massive de la société, peut garantir un sursaut électoral demain.

Sinon, le pire n'est pas exclu. Car nous n'avons peut-être encore rien vu. Peut-être qu'il ne suffit plus à cette présidence d'avoir appauvri la nation au profit de ses clientèles oligarchiques et d'avoir privatisé la République jusqu'en ses menées policières. Peut-être qu'il lui faut maintenant aller encore plus loin dans la transgression, la fuite en avant et la perte de repères, pour cette simple raison que son imposture et son échec sont devenus trop visibles. Peut-être qu'elle compte désormais sur la violence des événements pour légitimer durablement sa propre violence politique et sociale, ancrer dans la réalité cette pédagogie hystérique qui est sa marque de fabrique, traduire en actes définitifs son incessante brutalisation de la société. Peut-être qu'elle attend, tout simplement, un attentat.Oui, un attentat. Ou, tout au moins, son ombre et sa crainte – et mieux vaudrait, évidemment, que ce ne soit que cela. Car l'horloge du sarkozysme est devenue une machine infernale qui n'annonce que tensions et violences, exacerbations et virulences, peurs et craintes. Nous eûmes donc, en quelques jours à peine, la contre-réforme des retraites imposée à la hussarde en même temps que de nouvelles régressions de l'État de droit, notamment pour les étrangers; une opposition parlementaire brutalement privée de parole, démunie et désemparée, en son lieu d'expression naturel, l'Assemblée nationale; la presse espionnée dans son travail légitime d'information du public alors même que la justice reste en partie entravée dans l'affaire Bettencourt; les confédérations syndicales et partenaires sociaux ignorés et humiliés malgré leur unanime protestation; l'Europe transformée en bouc émissaire d'un nationalisme xénophobe initié par l'État français, à l'encontre d'un peuple européen, hier victime du génocide nazi, les Roms; la magistrature accablée et dépréciée au grand dam de la garde des Sceaux par un ministre de l'intérieur lui-même condamné pour injure raciale, etc.Et voici maintenant que débarque la menace terroriste dont on imagine aisément qu'elle est une invite à clore les querelles, oublier les différends et taire les revendications. La séquence offerte la semaine passée par ce pouvoir hors de ses gonds a été si folle qu'on n'a pas immédiatement prêté attention au surgissement de ce nouveau refrain, entonné crescendo par les zélotes de cette présidence. Que l'on s'entende bien: il n'est pas exclu que cette menace soit bien réelle et nous n'osons croire qu'on puisse, en haut lieu, l'exagérer. Mais ce qui est inhabituel, c'est sa mise en scène, organisée et planifiée, autour de quelques acteurs du premier cercle présidentiel. En ces matières, il n'est pas fréquent d'entendre un pouvoir diffuser alarme, inquiétude et angoisse parmi ses administrés au lieu de les rassurer par sa sereine détermination. De plus, le recours fréquent de cette présidence aux diversions insécuritaires, illustré cet été par le discours de Grenoble et par la chasse aux Roms, autorise que l'on interroge cette brusque médiatisation d'une montée des périls.

La politique de la peur

Le samedi 11 septembre - la date ne doit évidemment rien au hasard -, Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), était autorisé à accorder un grand entretien au Journal du dimanche, pour y assener un seul message, alarmiste: «La menace n'a jamais été aussi grande», le policier de confiance du président de la République n'hésitant pas à confier son inquiétude pour «les semaines ou les mois» à venir. Cinq jours plus tard, le jeudi 16 septembre, Brice Hortefeux, le ministre de l'intérieur dont il dépend, se saisissait d'une fausse alerte à la tour Eiffel pour organiser sur place une conférence de presse, avec le même message, le tic-tac de la bombe à retardement s'étant entre-temps emballé: «La menace s'est réellement renforcée ces derniers jours et ces dernières heures.» Deux jours encore, et le samedi 18 septembre, dans l'édition du week-end du Monde, M. Squarcini passait à son tour du futur au présent: «La France est sous le coup d'une menace terroriste majeure», ce que confirmait son ministre, le lundi 20 septembre: «La menace est réelle, notre vigilance est renforcée.»

Il y a la menace et il y a son usage: le terrorisme islamiste est une réalité, laquelle peut appeler des traitements et des ripostes différents, voire opposés. Depuis l'aventure américaine de l'administration Bush, nous sommes prévenus: il est des remèdes pires que les maux qu'ils prétendent guérir. Des remèdes qui aggravent les périls, accentuent les tensions, affaiblissent les démocraties et fragilisent leurs sociétés. Exploitant les attentats du 11 septembre 2001 comme une occasion divine, fondée sur un mensonge d'État (les armes de destruction massive), ouverte par une atteinte aux libertés fondamentales (le Patriot Act), légitimant la pratique de la torture et reniant le droit international (avec Guantanamo pour symbole), entraînant l'invasion d'un pays souverain (l'Irak), cette fuite en avant guerrière pèse toujours sur l'état du monde et entrave lourdement la présidence Obama. Le débat américain lui a donné un nom: une «politique de la peur» (politics of fear) qui exploite la menace qu'elle prétend conjurer, qui l'alimente au lieu de la juguler, qui entretient des dangers extérieurs dont elle fait les meilleurs alliés de sa politique intérieure, autoritaire et répressive.

Dans l'actuel cas français, le pouvoir sarkozyste n'a cessé de jouer avec le feu de la planète au lieu de chercher, sinon à l'éteindre, du moins à l'apaiser. Symbolisée par le discours présidentiel de Dakar dès 2007, son abyssale incompréhension de la diversité et de la complexité d'un monde global et interdépendant n'a cessé de se traduire par une diplomatie aussi imprévoyante qu'inconstante, prétentieuse qu'irresponsable, agressive qu'inconséquente. Rien pour s'attaquer aux causes de la violence et assécher le terreau du terrorisme, notamment dans un Sahel misérable dont le riche sous-sol est exploité par des entreprises françaises. Tout, en revanche, pour diaboliser l'islam en plaçant son extrémisme ultra-minoritaire au centre du débat public et des urgences politiques, comme l'illustre l'adoption, le 14 septembre, d'une loi interdisant le voile intégral dans l'espace public. Sans parler, évidemment, du maintien de l'engagement militaire français dans le bourbier afghan, du faible engagement politique sur le dossier israélo-palestinien et, en revanche, du fort engagement en forme de surenchère verbale sur le dossier iranien.

Mediapart l'a très tôt documenté, sonnant l'alarme à contre-courant, mais c'est aujourd'hui un constat largement partagé: rencontre d'institutions dangereuses, en raison de leur déséquilibre consubstantiel favorable au pouvoir personnel, et d'un personnage excessif, refusant toute limite à son désir de puissance, cette présidence est dangereuse. Comme l'avait montré le précédent des émeutes de 2005, quand Nicolas Sarkozy était ministre de l'intérieur, elle est capable d'appeler la violence pour s'en servir comme d'un levier. Pompier incendiaire, elle carbure à la prophétie auto-réalisatrice: favorisant les menaces qu'elle brandit, suscitant la violence qu'elle réprime, enflammant les haines qu'elle exploite. De ce constat découle une conclusion logique: il faut l'arrêter maintenant. L'empêcher, l'entraver, la bloquer. L'obliger à reculer, la contraindre à faiblir. Sinon rien n'est exclu, et certainement pas le pire...

L'opposition comme un corps sans tête

Si l'on joue ici les Cassandre, c'est par réalisme. L'opposition de gauche, notamment socialiste, croit qu'elle a le temps. Qu'il lui suffit d'attendre patiemment 2012 pendant que journalistes indépendants, magistrats courageux et syndicalistes déterminés font le travail à sa place. Car, après tout, le discrédit du pouvoir dans l'opinion n'est guère de son fait, tant elle n'est pas encore en ordre de marche, ni rassemblée sur un programme, ni unie autour d'un leader, ni toujours déterminée dans l'action immédiate. Pivot inévitable de cette opposition, le Parti socialiste croit que le temps est son allié, alors que c'est celui du pouvoir qui, loin de gouverner avec efficacité, est déjà entré en campagne, avec brutalité. Du coup, la gauche joue la montre, quand il parie sur l'urgence. Elle feuillette tranquillement le calendrier, alors qu'il ne cesse d'imposer son agenda. Elle se berce de fictions sondagières, tandis qu'il travaille le pays réel.

Car, pendant que la gauche de gouvernement prend son temps, tout son temps, supputant les désirs présidentiels des uns et des autres, s'enfermant dans les délais tardifs des primaires socialistes, pariant sur la victoire en 2012 comme s'il s'agissait d'un placement boursier, le pire s'installe, mine la société, ruine ses solidarités, la divise et la démoralise. En profondeur, le pays le sait et le sent. Dans la diversité de ses sensibilités politiques et de ses conditions sociales, le peuple comprend l'inédit et la gravité de la situation. S'il en fallait un seul exemple, le sursaut chrétien du mois d'août l'a fourni: «De quel prix faisons-nous payer nos sécurités?», ont demandé évêques et pasteurs qui voyaient bien qu'une frontière symbolique, inscrite depuis 1945, tombait sous nos yeux, entre le soupçon jeté par le président lui-même à Grenoble sur les Français «d'origine étrangère» et la stigmatisation officialisée par des circulaires administratives («en priorité les Roms») d'une collectivité humaine, de personnes, enfants et adultes mêlés, à raison de leur seule origine, de leur seule naissance.

Mais ce profond sursaut, illustré par les mobilisations démocratiques et sociales des 4 et 7 septembre, est encore comme un grand corps empoté, un vaste corps sans tête ni direction, un mouvement qui ne sait où il va, faute d'avoir le sentiment que les forces politiques concernées sont déterminées à agir, toutes ensemble, sans divisions ni sectarismes, dès maintenant. Tandis que ce pouvoir ne s'interdit rien, l'opposition hésite, soupèse et tergiverse. De la justice aux médias, des questions sociales aux sujets démocratiques, de la corruption des principes républicains à la rupture des solidarités européennes, la politique de cette présidence est pourtant devenue une incessante pédagogie de la violence. Or on ne fait pas cesser cette violence, et les dégâts concrets qu'elle provoque, en se mettant à l'abri. Pas plus qu'on ne saurait parier sur son épuisement, tandis qu'elle accumule les ravages. Seul un rapport de force peut faire reculer cette violence politique, cette politique violente. Seule une détermination massive, unie, générale et profonde, aussi forte que paisible, aussi puissante que tranquille, peut en imposer à ce pouvoir qui n'est fort que de la faiblesse de ses oppositions et qui ne cesse de projeter ses propres peurs sur la France.

Attendre, ne penser qu'au coup d'après en calculant ses intérêts électoraux, c'est prendre le risque qu'un point de non-retour ne soit atteint, dans une régression démocratique et sociale qui ferait de la France, bien plus que de l'Italie berlusconienne, le laboratoire où s'invente une nouvelle forme de pouvoir, alliant oligarchie économique, autoritarisme politique et fiction idéologique. Découvrant dans les années 1830 la démocratie dans son atelier américain, Alexis de Tocqueville n'avait pas exclu l'avènement d'un despotisme nouveau, à l'abri des apparences démocratiques: une «tyrannie douce», supposait-il, exercé par «un pouvoir immense et tutélaire» qui «ne détruit point, [mais] empêche de naître». «Il ne tyrannise point, poursuivait-il, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.» Et de conclure: «Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.»

Le droit de résistance à l'oppression

Or c'est en pensant à «cette tyrannie douce dont parlait Tocqueville» que le seul homme d'État français à avoir toujours réfuté notre présidentialisme délétère expliquait ceci, qui résume le rendez-vous que notre société a, aujourd'hui même, avec son exigence démocratique: «La démocratie, c'est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité: c'est un type de mœurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l'adversaire; c'est un code moral.» Dans les années 1970, Pierre Mendès France lançait cette mise en garde dans une critique de «la personnalisation du pouvoir», celle-là même qui, en contaminant avec François Mitterrand la gauche socialiste, allait affaiblir la République. Il en appelait à ce «jour où le peuple prend conscience de son droit et des voies qui lui sont ouvertes, où il choisit les bases nouvelles de son existence», ce jour-là, rappelait-il, «il les impose partout».

En d'autres termes, résister, c'est aussi inventer. Protester, c'est aussi créer. La réponse au sarkozysme ne viendra pas d'en haut, de tel appareil politique ou de tel candidat miraculeux: elle est d'abord notre affaire, dans l'expression concrète de ce qui n'est plus tolérable, de ce qui est insupportable. Car, à l'inverse, insistait Mendès France, «choisir un homme, fût-il le meilleur, au lieu de choisir une politique, c'est abdiquer. Encourager la Nation à croire que tout sera résolu par un homme, sans qu'elle intervienne elle-même, sans qu'elle choisisse et décide, c'est donner aux mauvais politiciens une chance inespérée, c'est les protéger de la seule puissance susceptible de les faire reculer, celle d'un peuple qui a opté entre les solutions et les propositions et qui entend les faire respecter et se faire respecter».

Le temps est venu d'honorer cette lucidité trop oubliée, de faire vivre au présent cette espérance passée. L'ambition énoncée par Pierre Mendès France est un retour aux sources des authentiques radicalités républicaines, celles qui ont permis, par les luttes, les mobilisations et les combats, d'inventer une République démocratique et sociale. Or nous savons bien, notamment tous ceux qui ont vécu les espoirs puis les chagrins de la gauche à la fin du siècle passé, que si nous en sommes arrivés là, obligés d'assister au spectacle de notre déchéance républicaine, c'est parce que cette exigence fut délaissée au profit des compromis carriéristes et des corruptions sociales, de la quête des places et du souci des postes, dans le sacrifice des idéaux aux intérêts. Oui, il est vraiment temps que, dans sa diversité qui peut rallier bien au-delà de la seule gauche partisane, l'opposition politique nous montre qu'elle est déterminée à défendre dès aujourd'hui nos idéaux sans calculer ses intérêts pour demain.

Mais il est surtout temps que la société, c'est-à-dire nous tous, chacun à la mesure de ses moyens, à sa place et à sa façon, que la société donc s'empare de ses droits, de son droit à avoir des droits, de son droit à faire valoir le droit. Et notamment de ce droit fondamental du peuple souverain énoncé par l'actuelle Constitution, via la Déclaration des droits de l'homme de 1789 qui, en son article 2, rappelle que ces droits naturels sont «la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression». Et si le droit de résister à l'oppression est énoncé en dernier, c'est évidemment parce qu'il garantit les premiers. Ici, le précédent historique de la Résistance au nazisme ne saurait faire écran, empêchant toute invocation de ce droit à la résistance dans le contexte actuel, évidemment sans commune mesure. Bien au contraire, Condorcet, dont on ne saurait faire un révolutionnaire extrémiste mais plutôt un républicain conséquent, fut invité, en février 1793, à définir ce droit de résistance à l'oppression: «Il y a oppression, expliquait-il, lorsqu'une loi viole les droits naturels, civils et politiques qu'elle doit garantir. Il y a oppression lorsque la loi est violée par les fonctionnaires publics dans son application à des faits individuels. Il y a oppression lorsque des actes arbitraires violent les droits des citoyens contre l'expression de la loi.»

Il suffit de suivre l'actualité, et désormais, c'est un fait heureux, pas seulement sur Mediapart, pour constater que nous y sommes. A des droits et des lois violés ainsi qu'à des lois qui violent les droits. Et si nous y sommes, notre devoir est de résister, tous ensemble, maintenant.






Sarkozy et la justice : Quelques casseroles...

[1]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Herzog
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Villarceaux
[3] http://www.rue89.com/2007/09/18/un-soupcon-de-vantardise-sur-les-cv-ministeriels
[4] http://www.rue89.com/tag/clavier
[5] http://www.rue89.com/tag/sarkozy-off
[6] http://www.rue89.com/2010/04/03/depuis-lelysee-la-chasse-aux-rumeurs-sur-les-sarkozy-sintensifie-145953
[7] http://www.rue89.com/tag/clearstream
[8] http://www.rue89.com/tag/attentats-de-karachi
[9] http://www.rue89.com/tag/bettencourt
[10] http://www.rue89.com/schneidermann-9-15/2010/09/27/lagarde-vs-cahuzac-30-millions-ou-plus-de-200-millions-pour-tapie-1684
[11] http://www.rue89.com/2009/11/12/angolagate-pasqua-souffle-le-show-mais-pas-leffroi-125781
[12] http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Cremel
[13] http://www.rue89.com/tag/francafrique
[14] http://www.rue89.com/2011/01/06/sarkozy-et-la-justice-petites-phrases-et-grosses-pressions-183538?page=0,1#
[15] http://www.rue89.com/2011/01/06/sarkozy-et-la-justice-petites-phrases-et-grosses-pressions-183538?page=0,2#
[16] http://www.rue89.com/tag/affaires
[17] http://www.rue89.com/tag/justice
[18] http://livre.fnac.com/a3254657/Dorothee-Moisan-Le-justicier?Origin=RUE89_EDITO





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