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Saturnisme
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Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Définitions et humeurs / Les plombs à canard / Saturnisme infantile / Teneure en plomb dans les eaux de boisson : la question des teneurs maximales admissibles / Nouveau (octobre 2008) : Les peintures au plomb - Dossier OPPBTP /

Le saturnisme infantile recule en France /
Exposition au plomb : nouvelles modalités de réalisation des CREP et des DRIPP /
Dossier tout sur le plomb /
Les batteries américaines plombent la santé mexicaine /
Portrait de l’exposition professionnelle au plomb au Québec et niveaux de plombémie de janvier 2001 à décembre 2008 /
Estimation des plombémies infantiles de la population riveraine d’une ancienne mine /
Analyse de la pertinence d’un dépistage du saturnisme infantile autour d’une ancienne fonderie, Flers (Orne) /
Attention au plomb dans les logements français /
L'exposition au plomb toujours d'actualité /
Les effets du plomb sur la santé associés à des plombémies inférieures à 100 µg/L /
Imprégnation des enfants français par le plomb en 2008-2009 /
Saint Felix de Pallières: une présence de métaux lourds dans le sang au-delà des valeurs de référence /


Sites Internet et articles / Corrélats /


Le saturnisme est une affection grave, voire mortelle, provoquée par l'ingestion de plomb chez les vertébrés.


Outre les problèmes de santé publique posés par le plomb, en particulier, à cause des peintures qui en contiennent ou à cause des tuyauteries amenant l'eau potable, ce métal pose aussi un réel problème en écotoxicologie.

L'interdiction de l'utilisation de ce métal devrait être plus systématique et plus rapide. Certes, on va supprimer le plomb dans les carburants, mais quand le fera-t-on pour les peintures anti-fouling ou les plombs de chasse ?

Les anatidés qui fouillent, pour se nourrir, les vases des étangs sur lesquels on chasse, s'intoxiquent en avalant des quantités phénoménales de plombs de chasse. On a estimé à plus de trois millions de plombs dispersés par hectare sur un étang de chasse en Sologne.

Lorsqu'à la fin 2001, la société Marks et Spencer avait annoncé, par simple e-mail, le licenciement de son personnel, le gouvernement "Jospin" avait promis de légiférer sur les "licenciements abusifs".Las ! le gouvernement "Raffarin" dès son arrivée mettait aux oubliettes cette loi inique pour dix-huit mois...

De fait, le patron de "Métaleurop", principal fondeur de plomb en Europe a dû se sentir les mains suffisamment libres pour licencier sans autre forme de procès ses 830 salariés et pour ne pas se sentir concerné par les 550 hectares pollués par le plomb qu'il avait promis de décontaminer, non plus sans doute par les taux de plomb faramineux qui ont provoqué tant de cas de saturnisme parmi les enfants des quartiers qui avoisinent l'usine (une émission sur TF1 a été consacrée à ce sujet et a été diffusée quelques jours seulement avant l'annonce de la fermeture de l'usine).

Quelques ministres peuvent s'indigner (J.P. Delevoye, entre autres)... faute de textes législatifs, Métaleurop dont le siège de son principal actionnaire (Glencore Finance) est aux Bermudes peut se comporter en "voyou des terres" comme "l'armatueur" du Prestige peut se comporter en "voyou des mers", en toute tranquillité.

Dormez braves gens, dormez et même d'un sommeil de plomb, le guet veille, à défaut le Médef... qui semble vouloir plomber à tout va : les retraites, le SMIG, les conditions de travail... Il est vrai qu'il dispose d'assez de porte-flingues à l'UMP pour s'y risquer... à suivre... en attendant de leur faire goûter aux chèvres aux tines.




01-06-2006 Interdiction du plomb pour la chasse dans les zones humides

Cause d’intoxication des milieux et des espèces, la grenaille de plomb utilisée dans les cartouches de chasse est dorénavant interdite pour la chasse dans les zones humides. Entrée en vigueur aujourd’hui, cette interdiction était attendue depuis de nombreuses années, puisqu’en octobre 1999, le conseil national de la chasse et de la faune sauvage souhaitait déjà que la France tienne ses engagements internationaux en matière d’interdiction du plomb dans les zones humides, à compter de l’année… 2000.

Cette mise en conformité avec l’accord international sur la conservation des oiseaux migrateurs (AEWA), qui recommandait la suppression du plomb de chasse, a été laborieuse, victime du lobbying des fédérations de chasse. Il est vrai que l’adoption de munitions alternatives moins toxiques (acier, bismuth) peu nécessiter pour les chasseurs un changement de fusil, si leur arme actuelle présente un canon à paroi mince et peu résistante (cas des fusils anciens), à cause d’une amorce plus puissante et donc d’une détonation plus forte.

Cette problématique a ainsi généré de multiples reports de l’interdiction, le dernier ayant été promulgué par S. Lepeltier, ministre de l’écologie à l’époque, en avril 2005.

Ceci dit, aujourd’hui la France rejoint plusieurs pays (USA, Canada, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.) qui ont déjà remplacé la grenaille de plomb depuis, parfois, plus de 20 ans. À l’image de certains pays, cette interdiction pourrait être un premier pas vers une interdiction totale du plomb dans les cartouches de chasse et pour la pêche.

Rappelons que le plomb est une substance extrêmement toxique, à l’origine du saturnisme, une maladie grave. La densité de plombs de chasse dans les zones humides peut atteindre des seuils très importants, facilitant ainsi la contamination des oiseaux. Cette intoxication intervient par l’ingestion des billes de plomb tombées au fond de l’eau et confondues avec des petits graviers avalés par les oiseaux d’eau, lesquels sont dépourvus de dents et se servent de gravillon pour broyer leurs aliments dans le gésier. La toxicité est telle, que l’ingestion de 5 à 6 plombs de chasse peut condamner à mort un canard par paralysie, dans les 5 à 6 jours qui suivent.

France Nature Environnement se félicite de l’entrée en vigueur de cette mesure, qu’elle réclamait depuis de nombreuses années, et qui constitue un premier pas vers l’abandon complet de la grenaille de plomb.

Pascal Farcy / http://www.univers-nature.com


Petite note personnelle :

Un des arguments avancés pour maintenir le tir de la sauvagine (canards, oies et autres oiseaux d'eau) avec de la grenaille de plomb, c'est que la grenaille d'acier est plus de deux fois moins dense que la grenaille de plomb. La portée des cartouches s'en trouve diminuée et son efficacité aussi, dit-on ?

Le résultat le plus tangible est, au dire des chasseurs, que le nombre de canards seulement blessés, et perdus, serait tel qu'il découragerait les chasseurs de continuer leur activité. Ainsi le nombre de chasseurs au gibier d'eau aurait été divisé par trois au Canada.

Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une si mauvaise nouvelle. Je crains simplement que le lobbie des chasseurs n'obtienne qu'il ait bientôt droit à de la grenaille en uranium appauvri !





Une enquête récente (novembre 2003) de santé publique fait état de l'ampleur du saturnisme infantile, en France. De cette enquête, et bien que cela avait déjà été écrit ou dit depuis des dizaines d’années, il ressort (toujours) que le saturnisme infantile frappe principalement les familles défavorisées financièrement qui ont moins facilement accès à des logements salubres. Or parmi les causes les plus importantes d’insalubrité des logements figurent l’adduction de l’eau « potable » par tuyaux en plomb et les peintures qui en contiennent, dès lors qu’elles ont beaucoup vieilli et qu’elles s’écaillent. Le saturnisme, outre les problèmes sanguins qu’il induit, se caractérise aussi, chez les enfants qui en souffrent, par de graves déficits intellectuels, comportementaux, donc scolaires. On peut aisément prophétiser que ces enfants n’auront pas les meilleures chances pour sortir de leur précarité… Qu’importe semblent penser bien de nos responsables qui, s'ils laissent cette situation perdurer, c'est qu'elle illustre bien leur politique du « chacun à sa place et les vaches sont bien gardées ».




LA JAUNE ET LA ROUGE de juin 1999 : ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE

TENEUR EN PLOMB DE L'EAU DE BOISSON. RÉFLEXION SUR LA FIXATION DUNE CONCENTRATION MAXIMALE ADMISSIBLE

Un entretien avec Philippe HARTEMANN,

Professeur de Médecine,

Département environnement et Santé Publique - SERES,

INSERM U420 - Faculté de médecine de Nancy

Monsieur le Professeur, vous avez participé aux travaux européens préalables à l'établissement de la nouvelle directive relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine, qui vient d'être publiée. Pouvez-vous nous faire part de vos réflexions au sujet des dispositions concernant la teneur en plomb de l'eau de boisson ?

Cette directive fixe à 10 µg par litre la concentration maximale admissible, au lieu de 50 µg/l actuellement, à une échéance de quinze ans, avec un objectif intermédiaire de 25 µg/l à atteindre dans deux ans. Si une teneur de 25 µg/l est relativement facile à obtenir par correction des eaux agressives, il n'en est pas de même pour la teneur maximum de 10 µg/l qui nécessitera la suppression de tout contact de l'eau avec le plomb à l'amont des robinets de puisage.

Pour beaucoup d'immeubles, il faudra non seulement changer les canalisations de branchements, mais aussi les installations de distribution intérieures, y compris dans les cas où il ne s'agit que d'un contact avec des soudures contenant du plomb et une robinetterie en laiton, qui, comme on l'ignore souvent, contient aussi du plomb. Les investissements à consentir ont été évalués pour la France à quelque 40 milliards de francs pour la première phase et une centaine pour la seconde. Même si ces évaluations sont excessives, les conséquences sont donc considérables, ce qui pose la question du choix des priorités de santé publique.



Diriez-vous que l'intoxication de la population par le plomb dans l'eau de boisson est une question secondaire ?

Certes non ! J'ai pu en constater les conséquences dans les Vosges et tous les médecins compétents sont d'accord sur la gravité des effets de l'ingestion de plomb, notamment pour les jeunes enfants.



Même aux faibles doses ?

Bien que certaines études fassent état de risques de cancers, on admet que le plomb a un effet déterministe avec une relation dose-effet mais il n'est pas clairement établi si celle-ci comporte un seuil avec absence d'effet néfaste. Les études récentes montrent pour les jeunes enfants des effets neurotoxiques avec en particulier une baisse sensible du QI de 2 à 3 points sur 100 lorsque le taux de plomb dans le sang, la plombémie, augmente de 100 µg/litre. On a donc progressivement diminué la valeur du seuil, jusqu'à contester son existence.

Pour protéger cette catégorie de population, on est conduit à s'efforcer de limiter les apports aux quantités normalement éliminées, donc en dessous d'un niveau qui n'entraîne aucune augmentation de la plombémie, alors qu'il y a quelques années on admettait comme sans effet des plombémies de l'ordre de 100 à 200µg/l.



Mais la plombémie est-elle un bon indicateur ?

Il n'y a guère que 1 à 2 % du plomb dans le sang, 5 à 10 % dans les tissus et plus de 90 % se fixent dans les os. Mais à l'état d'équilibre la plombémie est assez un bon indicateur. Il ne faut pas oublier cependant que le plomb fixé dans les os peut être remobilisé ce qui explique l'apparition de pathologies chez les personnes âgées. Les études INSERM-Réseau national de santé publique (1997) montrent qu'en France environ 85.000 enfants de 1 à 6 ans ont une plombémie supérieure à 100 µg/l et 8.000 supérieure à 250 µg/l.


Même en faisant abstraction des intoxications aiguës et des effets du saturnisme chronique avec taux élevé de plombémie, il est incontestable que l'intoxication aux faibles doses pose un problème grave de santé publique, compte tenu des résultats épidémiologiques évoqués précédemment.


Quel est donc le niveau des apports de plomb que l'on peut considérer comme inoffensif ?

Il dépend essentiellement du poids de la personne concernée. Les comités d'experts de l'OMS ont déduit, sur la base d'études antérieures, qu'il n'y avait aucune augmentation de la plombémie pour des apports journaliers par l'alimentation ne dépassant pas 3 à 4 µg/kg/jour, un effet inconstant vers 5 et une augmentation constante au-delà de 8 à 9. Ils ont proposé de limiter les apports à 3,5 µg/kg/jour, soit à une quantité hebdomadaire, période plus pertinente, de 25 µg/kg. C'est une position très prudente.



Et d'une séduisante simplicité !

Trop peut-être, car si la gravité des effets varie avec la dose, certains s'avèrent spécifiques pour les jeunes enfants pour des niveaux de plombémie faibles, inférieurs à 200 µg/l : incidence sur le développement neuropsychique, troubles du développement psychomoteur ou intellectuel, diminution du QI.

D'autre part, le coefficient d'absorption digestive du plomb est de l'ordre de 50 % pour des enfants de un an, puis diminue jusqu'à un niveau de l'ordre de 10 % pour des adultes. Dans ces conditions, avec de telles différences individuelles de sensibilité, il est délicat de raisonner sans tenir compte de la nature des populations exposées.



D'où vient donc ce plomb que nous ingérons ?

Essentiellement des activités humaines, le plomb du sol étant peu mobilisable par les plantes et en proportion infime dans l'eau "naturelle". Actuellement, sauf situations particulières liées à des émissions industrielles locales, il existe trois sources principales : le plomb tétra-éthyle utilisé comme antidétonant dans les carburants, l'attaque des canalisations, soudures et robinetteries des réseaux de distribution d'eau, les anciennes peintures au plomb.

Il y a d'autres sources, depuis la perte de plomb de certains matériaux utilisés pour contenir des aliments, en particulier sous l'influence des micro-ondes, jusqu'à certaines plantes médicinales, mais on conçoit qu'une politique de santé publique porte en priorité sur les plus importantes : élimination progressive du plomb dans les carburants, rénovation des peintures dans les logements anciens, traitement des eaux agressives et remplacement d'installations de distribution d'eau.

L'absorption se fait essentiellement par voie digestive : poussières et écailles de peinture, aliments, eau de boisson dans des proportions moyennes respectives du total des apports de l'ordre de 20%, 30 % et 45% pour un nourrisson de trois mois et de 8%, 60% et 25% pour un adulte.



Comment a-t-on déterminé la teneur limite de 10 µg/l pour l'eau de boisson ?

Ce groupe de travail FAO-OMS a décidé d'affecter à l'eau de boisson 50% de la valeur limite des apports évaluée comme indiqué précédemment à 25 µg/kg par semaine. La consommation d'eau étant estimée à 0,75 l/j pour un enfant de 5 kg nourri au biberon et à 2 l/j pour un adulte de 60 kg, un calcul simple donne une teneur limite de 11,6 µg/l pour un nourrisson et de 52 µg/l pour un adulte. D'où le choix d'une valeur recommandée de 10 µg/l.



La directive ne fait donc que suivre cette recommandation, en prévoyant toutefois un délai de quinze ans pour sa mise en application.

Effectivement. Mais la fixation d'une CMA, "Concentration Maximale Admissible", qui constitue une obligation réglementaire, est une décision de gestion du risque qui tient compte des scénarios envisageables, de l'ensemble des priorités de santé publique, compte tenu de la totalité des moyens que l'on est disposé à y affecter globalement. Une recommandation est un objectif souhaitable, susceptible d'être révisé selon l'évolution des connaissances.


Le choix qui a été fait me paraît tenir plus à une volonté "politique" et à une prudence extrême, qu'à une approche prenant en compte le rapport coût-efficacité par rapport à d'autres priorités de santé publique.


D'autres pays ont-ils des approches différentes ?

Aux USA, le scénario de la FDA est très différent. Une première approche utilise des facteurs de conversion permettant de calculer des apports tolérables empiriques. Une deuxième tient compte du coefficient d'absorption digestive, variable avec l'âge, pour évaluer les apports permettant de maintenir une plombémie ne dépassant pas 100 µg/l dans les populations les plus sensibles.

La synthèse aboutit à proposer des évaluations d'apports journaliers auxquels on applique un facteur de sécurité de 10, ce qui donne par exemple un apport maximum admissible de 6 µg/j pour un enfant de un an.

Ceci a conduit les autorités américaines à proposer une CMA pour le plomb dans l'eau de 15 µg/l. Cette valeur est beaucoup plus facile à respecter que la valeur européenne de 10 µg/l.



Il semble en effet plus rationnel de considérer l'apport global, plutôt que l'apport spécifique de l'eau de boisson.

Ces apports varient selon les milieux et les modes de vie. Si l'on évalue les différentes catégories d'apports, hors le cas des intoxications par la peinture, qui posent un problème spécifique et urgent, on obtient par différence la part admissible pour la boisson. Ces scénarios que nous avions construits avaient abouti pour la France à des valeurs supérieures à 10 µg/l de l'ordre de 15 à 20 µg/l.

Par ailleurs, nous n'avons pas constaté dans les Vosges, où l'eau distribuée est particulièrement agressive, d'augmentation sensible de la plombémie chez les enfants lorsque la concentration de plomb dans l'eau de boisson ne dépassait pas 30 µg/l.



Mais cet apport global dépend de nombreux facteurs, qui peuvent évoluer.

En France, malgré une baisse récente, la teneur en plomb des aliments solides est encore relativement élevée. On peut noter que la teneur en plomb des laits maternels peut être de l'ordre de 15 µg/l, la teneur maximale est de 30 µg/l pour les jus de fruit, 20 µg/kg pour les préparations pour nourrissons...

Il ne reste plus beaucoup d'apport tolérable pour l'eau de boisson des jeunes enfants si leur nourriture est constituée d'aliments riches en plomb. Mais on peut escompter que la baisse se poursuivra comme le montre la diminution de la plombémie moyenne constatée entre les enquêtes de 1979 et 1997, attribuée à l'effet différé de la diminution de la part d'essence plombée dans les carburants utilisés.

D'aucuns en déduisent que la part du plomb contenu dans l'eau de boisson augmentant, il faudra se montrer d'autant plus sévère pour sa teneur. Mais, c'est évidemment le contraire, car c'est l'apport total qui ne doit pas dépasser la quantité tolérable. La fixation d'un taux maximum à échéance de quinze ans ou plus me paraît donc prématurée, car on peut espérer que la situation aura bien évolué et que les autres sources de plomb auront bien diminué, comme aux États-Unis.



Quelles auraient dû être les priorités, à votre avis ?

La disparition de l'essence plombée qui a une incidence différée sur la teneur en plomb des aliments et des poussières est programmée, il convient donc de donner priorité aux milieux les plus exposés. De ce point de vue, l'objectif d'une teneur de l'eau au robinet de puisage ne dépassant pas 25 µg/l, qui peut être obtenue avec un simple traitement des eaux agressives, me paraît incontestable ainsi qu'une réduction ultérieure tendant vers 15 µg/l.

Pour les autres sources, des actions ciblées de rénovation des logements abritant des enfants contaminés, comme prévu d'ailleurs par la loi sur l'exclusion, et des mesures concernant les zones touchées par une pollution industrielle sont certainement prioritaires.

On aurait même pu se poser la question de la possibilité, certes contraire aux habitudes des services publics, de fournir immédiatement aux populations les plus sensibles aux faibles doses, femmes enceintes et enfants de moins de deux ans et les plus exposées dans certaines zones, de l'eau de boisson exempte de plomb.


Un système de bons d'achats d'eau de source en bouteille constituerait un moyen préventif et immédiat relativement peu coûteux par rapport au montant de certains investissements prévisibles pour se conformer aux prescriptions.


Il est cependant évident qu'il faut absolument programmer les travaux nécessaires à la neutralisation des eaux agressives et à la suppression des réseaux publics et privés en plomb et mettre en place une stratégie offensive face au problème des logements vétustes contenant des peintures dangereuses.

En bref, vous estimez qu'il aurait fallu réfléchir avant de choisir une politique.

Le rapport d'expertise collective que l'INSERM vient de communiquer aux Ministres qui l'avaient commandé contient d'excellentes propositions ainsi qu'une évaluation du coût des différentes stratégies.


Il est dommage que ce travail, qui constitue une base de réflexion sérieuse, n'ait pas été réalisé, examiné et discuté avant que soit négociée la directive relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.





On pourra consulter les études :

LE PLOMB DANS L'EAU par Stéphanie DESNOUS /
http://www.u-picardie.fr/~beaucham/duee/desnous/desnous.htm

Le remplacement des tuyauteries en plomb :
http://www.cuivre.org/applications/tube/tube_plomb/contenu/chapt5/chapt5.htm

Évaluation de l'exposition des enfants au plomb émis par l'usine Metaleurop à Arnas (Rhône) (PDF)
http://www.rhone-alpes.sante.gouv.fr/sante/environn/acrobat/metaleur.pdf

Effets des métaux lourds sur l'environnement et la santé :
http://www.senat.fr/rap/l00-261/l00-261.html

Le saturnisme (1ère partie)
http://www.caducee.net/dossierspecialises/toxicologie/saturnisme.asp

Le saturnisme (2ème partie)
http://www.caducee.net/DossierSpecialises/toxicologie/saturnisme2.asp

Intoxication professionnelle par le plomb
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/med_travail/plomb.htm

Saturnisme : le dépister et le prévenir
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/saturn/8saturn.htm

Saturnisme - Santé - Environnement
http://www.universnature.com/dossiers/plomb/

LA LOI SUR LE SATURNISME
http://www.agence17.fr/immobilier/legislation_logement/index.htm

Pour en revenir au problème représenté par le recours au plomb dans les cartouches de chasse :
http://ase.ouvaton.org/chasse4.htm

Risques spécifiques et prévention liés à l’exposition au plomb
http://www-sante.ujf-grenoble.fr/SANTE/corpus/disciplines/medtra/envirprev/108e/lecon108e.htmPlomb au travail
http://www.inrs.fr/dossiers/plomb.html

Intoxication par le plomb d'origine professionnelle
http://www.uvmt.org/Formation/13/Cadre.htm

Émissions dans l'air en France métropolitaine
http://www.citepa.org/emissions/regionale/regions/






[ Corrélats : Oligoéléments toxiques / Habitat et santé / ...]

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