Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
je n'actualiserai plus cette page de façon suivie. On trouvera facilement les liens vers les sites auprès desquels je m'informais.
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Le stress
Le stress


Un état de stress survient quand il y a inadéquation entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a des ressources dont elle dispose pour y faire face.




Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : L'action et l'inhibition de l'action / Les troubles associés au stress / Compléments / Le stress (des enseignants) trouve son origine dans la mutation du système / Liens : situations difficiles conflits /

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Dossier : Management par le stress /
L'accord européen sur le stress pointe la responsabilité des organisations /
La clinique du stress /
Psychopathologie du travail /
Le stress au travail : un enjeu majeur pour les entreprises /
Douleur : définitions, mécanismes et traitements médicamenteux /
Démarche d’intervention sur l’organisation du travail afin d’agir sur les problèmes de santé mentale au travail /
Yves Clot : le travail souffre, c'est lui qu'il faut soigner ! /
Prévention du stress : les résultats de l'enquête française /
La prévention fait fausse route /
Statistiques sur les lésions attribuables au stress en milieu de travail /
Comment choisir son questionnaire dans une démarche de prévention du stress ? /
Les plans d'action de 9 grandes entreprises face au stress /
Les personnalités toxiques /
Souffrance au travail : vu l’ampleur des dégâts rien en soi n’est suffisant ! /
Danone signe un accord mondial sur les conditions de travail et le stress /
Qu’est-ce qui stresse les stressés ? Principales sources de stress des travailleurs /
Stress post-traumatique : les policiers québécois moins à risque qu'on pense ou qu'ils veulent le faire croire ? /
Le stress au travail est en hausse... /
Le stress au travail /
Plaintes physiques et mentales des enseignants /
Statistiques sur les lésions attribuables au stress en milieu de travail, 2007-2010 /
Stress et souffrance au travail : les règles applicables. /
Stress au travail et infarctus : un lien confirmé /
Stress et hypertension : quand la lutte des classes s’en mêle /
Une nouvelle enquête révèle que l'insécurité de l'emploi et les restructurations sont les causes premières de stress lié au travail. /
La montée du « social washing » et la prévention des risques psychosociaux /
Techniques de l’Information et de la Communication et risques psychosociaux sur le poste de travail tertiaire /
Stress chronique : panorama et focus sur de nouveaux indicateurs biologiques et biomécaniques /
Des artisans en bonne santé… mais stressés /
« Stress » : le bon terme pour parler de malaise au travail et agir ? /
CHSCT : De la notion de santé mentale à la prévention du Stress, puis à la Qualité de Vie au Travail /
Statistiques sur les lésions attribuables au stress en milieu de travail /

Le stress s'installe progressivement quand il devient difficile,
voire impossible d'agir sur un élément indésirable dans
l'environnement, afin de le contrôler et de le faire disparaître.
Normalement, lorsqu'un être vivant reçoit une information pertinente de son environnement, il y répond de manière à en supprimer les effets.


Les informations que nous envoie notre environnement sont les facteurs écologiques par lesquels une espèce donnée peut être plus ou moins affectée, selon l'intensité du facteur écologique et son état physiologique du moment. Ainsi quand un individu a froid, il cherchera à se réchauffer, s'il a faim, il cherchera de quoi se nourrir, s'il est menacé dans son intégrité, il fuira ou luttera, etc.

Mais pour supprimer ou modifier une information en provenance de l'environnement et la neutraliser, l'être vivant doit agir, c'est-à-dire émettre une réponse motrice en direction de l'environnement. Il arrive souvent que la réponse motrice à produire soit de faible intensité (activité manuelle ou langagière réduite). Parfois, la réponse à opposer doit être importante (combat, activité sportive, important discours ou travail intellectuel difficile). Dans tous les cas, les organismes sont toujours préparés physiologiquement à ces réponses. Cette préparation est de nature hormonale et met en jeu le cerveau hypothalamo-hypophysaire.

Pour agir, un être vivant a très intérêt à disposer de tous ses moyens, musculaires, circulatoires, respiratoires, etc. S'il est obligé de capturer une proie, lutter contre un ennemi ou affronter un adversaire, un être vivant gagne à être prémuni contre la douleur des coups, de griffes ou des dents.

Pour cela, les vertébrés disposent d'hormones qui sont l'adrénaline et les corticoïdes. L'adrénaline peut être considérée comme l'hormone de l'action. Elle agit sur les fonctions cardio-vasculaires, les muscles, les fonctions respiratoires, etc. Les corticoïdes sont surtout des anti-inflammatoires et aident l'animal à moins ressentir la douleur et donc à l'accepter.

Ces deux hormones sont sécrétées respectivement par la médullo-surrénale et la cortico-surrénale. Cette sécrétion est sous le contrôle d'une hormone hypophysaire : l'ACTH ou Hormone Adréno Cortico Trophique.

L'ACTH est libérée dans la circulation aussitôt qu'un individu est sollicité pour agir. Cette hormone déclenche la sécrétion des hormones surrénaliennes qui sont normalement consommées à mesure que l'action qui les exige, se prolonge. La relation ACTH / hormones surrénaliennes s'inscrit parfaitement dans une régulation par rétroaction où le mécanisme rétroagissant est le déroulement de la réponse motrice agissant sur le facteur environnemental qui l'a initié.

La sécrétion d'ACTH est sous la dépendance d'un facteur de relargage hypothalamique connu sous le nom de CRF dont la sécrétion dépend probablement de la manière dont l'animal perçoit l'intensité du facteur auquel il va devoir répondre.

Mais il arrive, sous certaines conditions, que l'animal ne puisse pas répondre et par conséquent ne puisse pas agir sur le facteur environnemental qui le perturbe. Pourtant et parce que le facteur environnemental est présent, le cerveau hypothalamique sécrète la CRF, l'hypophyse produit de l'ACTH et les surrénales libèrent de l'adrénaline et des corticoïdes. Ces hormones ne sont pas consommées, faute d'action, et par conséquent, continuent de circuler et d'agir dans l'organisme. En d'autres termes, ces hormones exigent une action, mais celle-ci ne peut pas faire disparaître le facteur gênant dans l'environnement lequel continue de perturber l'animal et de libérer la CRF. On est là devant un bon exemple de " régulation " en tendance. [Note]



Si l'animal est trop longtemps dans l'impossibilité d'agir sur le facteur environnemental, l'accumulation de corticoïdes surtout, mais aussi la permanence de l'action adrénergique se traduisent par un syndrome psychosomatique connu sous le nom de stress.

Chez l'homme, l'impuissance à agir sur les facteurs environnementaux tient le plus souvent à des événements pour lesquels l'action est rendue impossible, le plus souvent à cause de diverses et toujours fortes inhibitions sociétales, c'est-à-dire parce que l'action est illégale ou parce que l'action est mal vue socialement.

Ce peuvent être des agressions, des abus y compris des abus sexuels pour lesquels seules des actions en justice sont acceptées.Ce peuvent être des deuils, des pertes diverses, divorces, avortements, fausses couches, des pertes d'identité culturelle : immigration, émigration, exil, etc.

Les événements peuvent être liés à de forts traumatismes comme des accidents, des catastrophes naturelles ou technologiques, des prises d'otage, etc.

Les événements peuvent être liés à des ennuis de santé physique : blessures, accidents, handicaps, maladies dont les cancers et des opérations chirurgicales ablatives (sein, utérus, prostate) ; ou des ennuis de santé mentale : chagrin, humiliation, harcèlement, tracasseries, angoisses, etc.

Les événements peuvent être liés à diverses situations précaires découlant, par exemple, d'une perte d'emploi, d'un endettement et que l'on retrouve plus généralement chez les pauvres, les sans abri, les chômeurs, les sans papiers, les exclus, les victimes d'ostracisme, les anciens prisonniers, les jeunes en rupture de ban, les femmes ou les parents seuls, etc.

En outre, certaines situations considérées d'ordinaire comme plutôt heureuses prédisposent au stress : ce sont les périodes de grossesses et les périodes de post parturition pour certaines femmes. Ces situations stressantes sont très certainement à mettre en relation avec des dysfonctionnements transitoires des régulations hormonales.

Toutes ces situations, on le comprendra facilement, sont susceptibles d'affecter n'importe quel individu dans la société quel que soit son âge, sa condition sociale, son niveau d'études, sa profession ou sa situation familiale.

La réactivité des individus stressés est infinie.

Toutefois et d'une façon constante, on notera que les individus fortement stressés manifestent des réactions affectives d'abord d'anxiété, mais aussi de violence et d'hostilité à l'égard des autres et particulièrement de leurs proches ou de ceux qui tentent de les approcher ou de les aider, enfin des signes perceptibles de tristesse, de détresse, de désespoir et de démoralisation. Les tendances suicidaires sont fréquentes et les passages à l'acte réussis nombreux.

Les individus stressés manifestent aussi des troubles psychologiques, voire des troubles psychiatriques comme de la fatigue chronique, ou des manifestations d'épuisement, ou de la neurasthénie, ou des troubles maniaco-dépressifs, ou des manifestations dépressives quelquefois mineures jusqu'à la dépression majeure avec le suicide à la clé.

Les individus stressés sont des proies faciles pour diverses addictions au tabac, aux drogues diverses et surtout à l'alcool. Par ailleurs, ils souffrent souvent d'insomnies, de pertes d'appétit ou au contraire de boulimie, d'une diminution de la libido et de toutes une série de manies, troubles compulsifs qui les rendent vite insupportables pour leur entourage, ce qui accentue encore davantage la cause souvent initiale de leur stress : à savoir la sensation d'isolement.

Mais le pire, c'est qu'à côté de ces troubles déjà inquiétants, voire graves, vont s'installer durablement des maladies somatiques souvent très graves. La raison essentielle du développement de ces maladies tient à ce que les corticoïdes sécrétées en quantité chez l'individu stressé se comportent non seulement comme des anti-inflammatoires, mais aussi comme des immunodépresseurs.

Les individus stressés accumulent très vite des ennuis de santé qui vont de la fatigue chronique aux cancers foudroyants en passant par des céphalées, de l'asthme, du diabète, des ulcères, des MICI (inflammation chronique de l'intestin), diverses affections cardio-vasculaires et une sensibilité accrue aux infections bactériennes, virales, aux mycoses, aux zoonose, etc.

Les individus stressés sont des gouffres pour les systèmes de protection sociale et, remarquablement, nos sociétés au nom du progrès et du modernisme néo-libéral, proposent des modèles sociaux de développement ou des systèmes de management dans les entreprises qui s'accompagnent seulement d'un nombre plus important d'exclus et de stressés. Le stress est évidemment un énorme problème de santé publique. Mais c'est aussi un problème sociétal parmi les plus graves qui surgissent avec la mise en place de nos sociétés "modernes". Si on connaît mieux les effets individuels que le stress détermine, on est loin de maîtriser les conséquences qu'aura le stress quand il touchera massivement des groupes humains.

Il y a en ce moment des hommes politiques dont les discours et les actions devraient leur valoir d'être traduits préventivement devant des tribunaux pour faute inexcusable et crimes contre l'humanité à venir. Sauf à imaginer que les inhibitions sociales tombent et soient remplacées par des ceintures d'explosif ... Si la tendance veut que l'impuissance et le mensonge prévalent !

Force est d'admettre avec Laborit que seule l'action prévient le stress. J'ajouterais qu'il ne fait jamais bon d'être du côté des victimes... Il vaut probablement mieux d'être rebelle quitte à être catalogué de terroriste.




[Note : On ne peut pas réduire le stress au seul axe corticotrope. Le stress est évidemment plus complexe et tous ses aspects ou toutes ses implications sont loin d'être parfaitement connus.

Si la CRF est la réponse hypothalamique majeure à l'origine de l'excitation de la voie corticotrope, d'autres hormones sont libérées comme la
vasopressine connue comme étant responsable de l'état nauséeux associé au stress (c'est aussi cette hormone qui agit dans les états nauséeux que l'on ressent quand on a le trac avant de donner un spectacle ou un concert ou des angoisses que l'on vit avant un entretien d'embauche, un examen, etc.). La vasopressine a aussi une grande influence sur l'activation de l'axe corticotrope.Parmi les autres hormones et ou neuromédiateurs libérés au cours du stress, on peut citer la TRH ou thyréolibérine, qui va avoir une action sur le fonctionnement de la thyroïde.

L'activation de l'axe corticotrope par la CRF et la vasopressine s'accompagne d'une libération périphérique de catécholamines, ainsi que de celle de lipotropine (ß-LPH), de ß-endorphine et de la mélanotropine (alpha-MSH), d'ocytocine, d'angiotensine, d'histamine, etc.Sur le plan du système nerveux autonome sympathique, la CRF active significativement la voie afférente vagale (parasympathique).La régulation neurohumorale de la sécrétion de la CRF serait le fait du neuromédiateur GABA (Acide gamma-aminobutyrique) et de diverses dynorphines (médiateurs des synapses sensibles aux opioïdes).

Par ailleurs, le stress, par le biais des diverses hormones et neuromédiateurs libérés, joue un rôle prépondérant sur les fonctions immunes chez l'animal. Apparemment, le stress modifie significativement l'activité des macrophages (libération de cytokines) et s'accompagne d'une poussée lymphocytaire traduisant une réaction inflammatoire établie. Le thymus et la rate sont naturellement mis à contribution dans la libération des lymphocytes.

On pourrait penser que la réaction inflammatoire induite par le stress se révélerait bénéficiaire pour l'organisme. En réalité, cette réaction est déséquilibrée et aboutit au contraire à une dépression notoire de l'immunité. Le rôle des enképhalines, de l'épinéphrine, des prostaglandines dans ce processus d'immunodépression est important.]




"Le stress trouve son origine dans la mutation du système" Laurence Janot -Bergugnat - Nicole Rascle

Par François Jarraud

Maladie ravageuse du corps enseignant, le stress est intrinsèquement lié à la relation didactique et au système éducatif lui-même. L'ouvrage de L. Janot-Bergugnat et N. Rascle a l'intérêt d'aller au-delà du diagnostic et du remède individuel pour poser les bases d'une réponse du système.

Le thème de la souffrance enseignante est un sujet très sensible dans le monde de l'école. Les profs sont-ils vraiment plus stressés que d'autres catégories de la population ?

Le sujet est sensible à plusieurs titres : premièrement, le public a tendance à considérer que les enseignants ont des conditions de travail privilégiées en raison des vacances et des horaires confortables comparés à d'autres professions. Des malentendus et une méconnaissance de la réalité quotidienne du travail dans les établissements scolaires et les classes rendent donc difficiles la reconnaissance de cette souffrance. Deuxièmement, les demandes faites aux enseignants se sont multipliées depuis ces trente dernières années en même temps que la société évoluait (l'intégration du handicap, le traitement de la violence à l'école, la prise en compte des nouvelles technologies de la communication, l'apparition de nouvelles problématiques comme le fait religieux, les éducations à la santé, au développement durable, à la citoyenneté …) ; or ce changement a t-il véritablement été accompagné, piloté et évalué ? La transformation des pratiques et d'un métier passe par des phases douloureuses de frustration, de crainte, de résistance ou d'investissement qui nécessitent une attention particulière portée à l'homme au travail. Enfin, la mutation accélérée que les enseignants vivent en ce moment à travers la succession des réformes les met au défi de s'adapter rapidement et de développer tous leurs efforts pour atteindre des objectifs de performance et d'efficacité. Mais à quel prix ?

Quant à savoir s'ils sont davantage stressés que d'autres professionnels, les enquêtes comparatives entre différents métiers à ce jour n'existent pas ; on peut en revanche avancer que chaque profession a ses sources de stress bien spécifiques, ses problèmes de santé (les troubles musculosquelettiques chez les ouvriers du bâtiment et les problèmes ORL chez les enseignants) et ses propres facteurs de risques : par exemple, pour 1000 travailleurs aux USA, le nombre de victimes chez les enseignants du secondaire se situe au 4ème rang derrière les policiers, les petits commerçants et les chauffeurs de taxi pour les violences physiques. On peut aussi avancer que les métiers à forte implication relationnelle (les enseignants, les soignants ; les travailleurs sociaux) sont traversés par les mêmes problématiques et que la réduction des stresseurs dépendra fortement du soutien reçu.

Comment expliquer la place prise par cette souffrance des enseignants ? Qu'est-ce qui génère le stress chez les profs ?

Au niveau international, un rapport du comité conjoint OIT/UNESCO d'experts sur l'application de la recommandation concernant la condition du personnel enseignant (Genève, 11-15 /09 / 2000) montre que le moral est bas, dans bien des pays, et que la condition du personnel s'est détériorée pour plusieurs raisons: le processus de rationalisation économique a des effets négatifs sur le personnel, les rémunérations sont relativement peu élevées (notamment dans les pays en développement)?, le scepticisme dans l'opinion quant à la qualité et la pertinence de l'enseignement dispensé engendre un sentiment d'injustice, les conflits entre les enseignants et l'employeur portant sur les moyens sont fréquents, enfin le manque de coopérations entre l'employeur et les représentants syndicaux reste un problème majeur.

Depuis les années 70, époque des premières études sur le stress des enseignants dans le monde, on connaît bien les sources de stress les plus fréquemment citées :

- La surcharge de travail : c'est le cumul des contraintes, venues se rajouter progressivement dans le métier, associé à une forte intensité du travail enseignant du fait de la multiplicité des opérations à effectuer en classe sur une durée très courte (répondre, écouter, se déplacer, écrire, maintenir l'ordre, gérer la dynamique du groupe tout en étant attentif aux individus…). À cela il faut rajouter une charge émotionnelle et physique importante dans un métier de relations intenses, des pauses peu fréquentes, du bruit, du matériel et des locaux parfois vétustes et peu adaptés. Cette accumulation d'activités entraîne donc chez l'enseignant le sentiment et la réalité d'une usure quotidienne et d'un travail dans l'urgence.

- Le conflit de rôle : être confronté à des ordres contradictoires, des pressions émanant de sources différentes, et qui plus est en opposition avec ses valeurs personnelles, comme par exemple, être pris entre la demande du groupe classe et les besoins spécifiques de certains élèves à besoin particulier.

- L'ambiguïté de rôle : l'individu au travail ne sait pas ce qu'on attend de lui, quels objectifs précis il doit atteindre et enfin quelle est l'étendue de ses responsabilités. Les enseignants peuvent être désorientés face à la sortie de nouveaux textes officiels au rythme des nominations de nouveaux ministres. Peter Woods (1999) évoque d'ailleurs une "schizophrénie innée du métier".

- L'inéquité et le manque de reconnaissance : il semble que ce ne soit pas tant de la part des élèves que les enseignants cherchent à recevoir des "récompenses" (les efforts consentis en direction des élèves ne constituent pas, pour les enseignants, une monnaie d'échange), mais plutôt de la part de la hiérarchie, des collègues, des parents et de la société, en général.

- Les élèves en difficultés : il apparaît que la notion d'élève signalée en difficulté soit subjective : Borrego (1999) met en évidence que, plus les enseignants sont sensibles au stress et plus ils signalent abusivement des enfants en difficulté.

- La difficulté à intéresser les élèves : ceux-ci peuvent ne pas adhérer du tout au projet scolaire qui leur est offert ; en le signifiant par l'agitation ou l'apathie, la perturbation, la démobilisation face au travail. Avoir un cours bien préparé, et faire preuve de compétences psychosociales ne garantissent pas un comportement positif envers le travail scolaire.

On ajoutera également le manque de soutien de la hiérarchie et les relations conflictuelles entre collègues.

Peut-on dire que le stress enseignant résulte de la crise du système éducatif ?

À chaque époque son stress, dont on parlait déjà sous l'Antiquité. Il faudra attendre le 19ème siècle pour voir se développer une approche scientifique du phénomène grâce aux travaux des physiologistes, mais c'est surtout Hans Selye qui va asseoir le premier une théorie du stress dans les années 50 entraînant par la suite le développement de différents outils de mesure. Ainsi, un détour par les archives et les récits d'enseignants des siècles passés témoignent de la difficulté d'enseigner à toutes les époques. Aujourd'hui, on peut avancer que le stress trouve son origine dans la mutation du système et de la société également en train de s'opérer, engendrant des situations de défis à relever mais aussi de menace ou de perte qui ont un coût pour les personnels au niveau des ressources individuels et collectives qu'ils ont à développer pour faire face au changement.

Sur ce terrain, l'évolution vers la responsabilisation, le mérite, les objectifs à atteindre, peut-elle être porteuse de stress ?

Dans le livre, nous avons différencié les éléments qui sont à risque pour les enseignants et ceux qui au contraire pourraient les protéger du stress : le travail en classe, et dans l'isolement, un temps de travail datant du décret de 1950, un management seulement de résultats et de performance, une reconnaissance seulement individuelle du mérite, la fermeture de l'école sur elle-même, une formation initiale de type disciplinaire et académique, la nomination des néo-titulaires dans des zones difficiles seraient des facteurs de risque. A l'inverse, l'équilibre entre travail dans la classe et partage collectif, ouverture de l'école sur le quartier et les partenaires, un management de type social, une reconnaissance à la fois individuelle et collective, par notamment un déroulement de carrière attractif, la création de nouveaux métiers donneraient plus d'opportunités aux enseignants de résoudre les problèmes et de faire face aux difficultés.

Mais il y a quelques conditions aussi : il conviendrait en même temps d'engager une formation des cadres de l'éducation nationale sur ce sujet, de développer une culture de l'accompagnement des projets, de favoriser le développement (et pas seulement la gestion) des ressources humaines et professionnelles, enfin d'accorder aux enseignants une véritable autonomie dans les faits qu'aujourd'hui le système bureaucratique a tendance à freiner (le modèle finlandais est intéressant à ce titre).

Mais alors que peut faire le prof pour diminuer le stress ?

Aujourd'hui, concrètement, dans sa classe et son établissement, voilà une sorte de recette " anti-stress " (pas forcément miracle !) pour les profs (chaque item étant détaillé dans notre livre) :

- connaître ses limites et savoir repérer les manifestations psychophysiologiques du stress pour protéger sa santé ;

- connaître ses faiblesses qui pourraient le gêner dans son métier

- apprendre à développer des stratégies de faire face efficaces et protectrices

- rechercher du soutien (les ateliers d'analyse des pratiques sont à ce titre protecteurs)

- recevoir une formation à ce sujet pour devenir autonome dans la gestion de son stress et prendre en charge sa santé

- s'intégrer à des groupes de travail sur les transformations des pratiques



Les chefs d'établissements ont-ils une responsabilité particulière en ce domaine ?

Il faut d'abord dire qu'eux-mêmes peuvent vivre un stress intense et quotidien et qu'ils ont donc les mêmes besoins que les enseignants. En revanche, une formation sur ce sujet leur permettrait de savoir comment aider et protéger leur personnel (inscrit dans le code du travail), comment travailler le climat scolaire dans sa dimension relationnel, social et de sécurité, enfin il s'agirait de leur apprendre à développer un mangement de type social. En résumé, on pourrait dire qu'ils peuvent être à la fois stressés et stresseurs ! Et qu'eux aussi ont besoin d'une attention particulière quant aux difficultés qu'ils rencontrent.

Pour conclure, si l'adage " le social fait l'économie " dans le monde marchand (rapport Brundtland, 1987), pour notre école, c'est en s'occupant du personnel enseignant que la transformation et la qualité du système scolaire seront atteints. Les élèves ne s'en trouveront que mieux !

Laurence Janot - Bergugnat, Nicole Rascle

Propos recueillis par François Jarraud






Je ne puis que très vivement conseiller l'excellent site canadien, dédié à Laborit, et consacré au cerveau et aux comportements :
http://www.lecerveau.mcgill.ca

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Les Sites Internet et articles consacrés au stress ou qui en parlent sont innombrables. Les sites figurant sur cette page m'ont semblé intéressant à divers titres et principalement dans le cadre d'une formation de technicien HSE /

Stress : nouvelles voies :
http://www.stress-info.info/

Stress et société :
http://www.stress-info.org/

Le stress augmente ! À cause des conditions de travail… :
http://www.ssp-vpod.ch/

Pourquoi je me rends malade au lieu d'étrangler mon patron ? /
http://www.lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_03/d_03_cr/d_03_cr_que/d_03_cr_que_g2_1.html

Dossier Stress :
http://www.boulimie.com/fr/dossier_stress.htm

Conditions de travail et santé : des coûts énormes ! :
http://www.ssp-vpod.ch/

Le Stress : facteur d'altération des fonctions digestives et de modulation des réponses immunitaires :
http://www.afa.asso.fr/presse/71afa_st.htm

Stress et inflammation chronique intestinale :

http://afa.asso.fr/presse/303miciSt.htm

http://www.reacteur.com/cgi-bin/reacteur.pl?partenaire=&mot1=Stress%20aigu

http://www.snfge.org/01-Bibliotheque/0A-Resumes-JFPD/2002/Mardi/seance_pleniere/5.htm

http://afa.asso.fr/presse/13miciST.htm

http://www.apste.com/pages_vertes.php?action=recherche&IIDannu=2&IIDca=193&parent=193&langue=fr&affadr=oui

http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/colloques/cr/Stressimmunite2/Bonaz.html

http://www.reacteur.com/cgi-bin/reacteur.pl?partenaire=&mot1=Stress%20aigu


Stress et axe corticotrope :
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr:16080/colloques/cr/Stressimmunite/reynaud.html

Les glucocorticoïdes et l'ACTH / Pr. Hervé Allain / :
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pharmaco/glucocorticoides_et_ACTH.htm

Le Stress /
http://dstress.chez.tiscali.fr/stress.htm#_top

BIOLOGIE COMPORTEMENTALE ET STRESS : COMPÉTITION ET AGRESSIVITÉ :
http://www.gestiondustress.net/index.php?page=dossier.php

LE STRESS DANS LE MONDE DU TRAVAIL :
http://www.gestiondustress.net/index.php?page=dossier_drh.php

Le stress au travail
http://www.inrs.fr/dossiers/stress.html

"Le stress est un apprentissage" :
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/stress_angoisse/ps_5178_stress_rostene_itw.htm

Pour une écologie du stress :
http://perso.wanadoo.fr/marxiens/grit/ecostres.htm

Stress, immunité et physiologie du système nerveux / Claude Jacque, Jean-Michel Thurin :
http://disc.vjf.inserm.fr/basismedsci/2002/ms_11_2002/sommaire/1160_Jacque_HD.pdf

Le syndrome de stress post-traumatique (PTSD) : neurobiologie :
http://www.amedoc-asso.com/quebec/ptsd_bio.htm

LE STRESS POST-TRAUMATIQUE :
http://www.psychomedia.qc.ca/sdos1men.htm

Informations sommaires sur le trouble de stress post-traumatique :
http://www.ataq.org/ptsd.htm

État stress post-traumatique :
http://www.chu-rouen.fr/ssf/psy/Étatstressposttraumatique.html

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Conséquences du stress sur la fonction immunitaire chez les animaux d'élevage :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2004/num244/merlot/em244.htm

Stress des animaux et qualités de leurs viandes. Rôles du patrimoine génétique et de l'expérience antérieure :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2002/num222/terlouw/ct222.htm

Les protéines de stress :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/PA/an2001/num211/david/jd211.htm

LE STRESS :
http://schwann.fr/coursstress.html

La neuropathologie anxieuse :
http://schwann.fr/anxiete.html

FAMILLE ET TROUBLE OBSESSIONNEL COMPULSIF :
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/psy19.htm

Stress professionnel : le plafonnement des carrières serait un facteur aggravant
http://www.inforisque.info/blog-inforisque/index.php?2008/04/11/850-stress-professionnel-le-plafonnement-des-carrieres-serait-un-facteur-aggravant=

Le stress au travail
http://www.inrs.fr/dossiers/stress.html

Souffrance au travail : quel remède ?
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45156




Articles :


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