Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
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Le suicide au travail, en prison, des ados...
Point final pour la souffrance ?

Je pense qu'il serait plus juste que l'on parle d'attentat-sacrifice plutôt que d'attentat-suicide, en attendant au moins que les terroristes d'aujourd'hui soient considérés comme les résistants de demain quand ils auront gagné la guerre qu'ils ont entrepris, à tort ou à raison… ou qu'on leur a déclaré, par humanité !

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Le suicide reconnu comme accident du travail / Notes personnelles / Autopsie psychique des suicidés de chez Renault sans cadre médico-règlementaire !* / Le mépris, ce cancer des organisations / Un ancien salarié de France Télécom témoigne / 800 suicides de paysans en 2009 /

Sites Internet et articles / Tableau des articles archivés (.docm) / Corrélats /


Suicide au travail en Europe : la grande inconnue /
France Telecom : après les suicides, de nouvelles organisations ? /
Suicide et travail ... que faire ? /
Améliorer les conditions de travail peut permettre de réduire les suicides /
Alain Ehrenberg : pour une politique de l'autonomie /
Un employé de France Télécom s’immole par le feu. Les raisons... et n'oubliez pas de voter DSK ! / /
Luc Béal-Rainaldy : l’engagement, le désespoir et la mort d’un inspecteur du travail (ou Sarko !) /
Apple : derrière la com’, les suicides. /
Fnac : le suicide d'un directeur illustre la violence d'entreprise /
Autopsie psychologique /
Prévention des risques psychosociaux : un long chemin à parcourir /
Risques psychosociaux : comment évaluer l'exposition des salariés ? /
Pour un observatoire des suicides en France /
Malaise et suicides dans l’Éducation nationale. 13 octobre 2011 à Béziers... /
À l’école, quand une enseignante perd le droit d’être un être humain… /
Suicides dans l'Éducation nationale : le bal des hypocrites. /
Suicide, burn out, chiffres et malaise enseignant /
Suicide et tentatives de suicide : état des lieux en France /
Crise économique et augmentation du nombre de suicides /
Risque suicidaire et activité professionnelle /
Les victimes cachées de la crise sociale /
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide. /
France : vers un observatoire des suicides ? /
Quand Renault anticipait le suicide de ses cadres accusés à tort d'espionnage /
Béthune : Une enseignante se suicide et met en cause l'institution /
L'École et la culture du mépris /
Peut-on sourire de tout ? /
Accord sur l’emploi : la condamnation de France Télécom ne serait plus possible /
Le Ministère de la Santé annonce la création de l’Observatoire du Suicide /
Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants /
La lettre d'un suicidé de chez Mittal /
C'est pour bientôt ? Souffrir d'enseigner, faut-il rester ou partir ? /
Suicides en situation d’enfermement au début du XXIe siècle /
Un monde où les professeurs se suicident /
Mise en place d’un système de surveillance des suicides en lien avec le travail /
Série de suicides dans le milieu financier : Faut-il qu'on pleure aussi ? /
Orange vous fait la peau ! /
Un employé victime d'un accident du travail se suicide deux mois après /
☞ Retour sur un « grand dialogue » : Enquête sur une vague de suicides à La Poste, et sur la non-réponse qui lui fut apportée I, II, III, IV /
Problématique suicidaire en agriculture : une difficile évaluation (et autres PISTES) /
L'observatoire national du suicide publie son 1er rapport /
Un numéro d'écoute pour prévenir le suicide chez les agriculteurs /
Le suicide en prison /


Le suicide reconnu comme accident du travail

Oh ! OUI... et même chiche ! *

Le Code du travail fait obligation aux employeurs d’évaluer les risques professionnels, y compris psychosociaux ; la jurisprudence leur impose même une obligation de résultat.

Il est donc difficile de déterminer la cause directe du suicide. En effet, le suicide peut tout aussi bien résulter de difficultés sociales ou familiales.



Jean-Pierre Soubrier, expert sur le sujet à l’Organisation Mondiale de la Santé estime que les suicides liés au travail sont « ceux qui se produisent sur le lieu de travail et ceux accompagnés d’une lettre explicite ».

Mais la Cour de cassation bouleverse ce principe, par un arrêt rendu par la 2ème chambre civile le 22 février 2007, en considérant la tentative de suicide d’un salarié à son domicile comme un accident du travail.

Le salarié avait tenté de se suicider à son domicile alors qu’il était en arrêt maladie pour syndrome anxio-dépressif, la caisse primaire de sécurité sociale estimait que la tentative de suicide pouvait se qualifier comme accident du travail, ce que contestait l’employeur.

Les juges du fond ont confirmé la décision de la caisse, la Cour de cassation réaffirme la décision sur le fondement de l’article L.411-1 du Code de la Sécurité Sociale, selon lequel « Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d’entreprise ».

La présomption d’imputabilité est établie, mais dans cet arrêt, la Cour de cassation fait une nouvelle interprétation de cet article.

La cour d’appel avait invoqué des faits sérieux, graves et concordants (prouvés par un certificat médical et des attestations), en l’occurrence l’accident (la tentative de suicide) est bien survenu « par le fait du travail », c’est la raison pour laquelle la Haute juridiction a également retenu la faute inexcusable de l’employeur, pour la première fois. L’employeur quant à lui, estimait qu’il ne pouvait être déclaré responsable d’un acte commis par son employé absent de son lieu de travail, et qui ne se trouvait donc plus, de fait, sous sa subordination. Il invoque également le fait qu’il n’avait aucun moyen de connaître les tendances suicidaires de son employé.

Si on analyse cet arrêt, on peut considérer que l’employeur qui ne remplit pas son obligation de résultat, c’est-à-dire son obligation de veiller à la santé mentale et à la dignité de son salarié, engage sa responsabilité pour faute inexcusable dès lors que le lien de causalité est prouvé (en l’espèce, par le certificat médical et les attestations).

Dans cet arrêt, la Cour de cassation se prononce sans ambiguïté en faveur du salarié en détresse, et renforce l’obligation de sécurité qui pèse sur l’employeur.

Il semble adéquat d’engager la responsabilité de l’employeur en ce qu’il y en quelque sorte homicide involontaire, on pourrait même peut-être parler de provocation au suicide ?

Même si l’employeur ne souhaite pas réellement la mort du salarié, le fait de le pousser à bout constitue une faute inexcusable, ayant des conséquences irréversibles.

On se demande si la Cour de cassation serait encline a accepter comme fondement l’article 223-13 du Code pénal selon lequel « Le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide. ». La sanction pour l’employeur serait plus sévère, et à la lecture du texte, il apparaît que si on en faisait une interprétation in extenso, il serait tout à fait possible de qualifier la pression morale exercée sur le salarié comme une provocation indirecte au suicide.

[* Extrait d'un article : Le suicide lié au travail : qualification, causes, responsabilité de l’employeur ? par Jennifer Veerapen, Juriste / sur le site Le village de la justice / http://www.village-justice.com/articles/suicide-travail-qualification-causes,2377.html]




Note personnelle : j'enseigne dans un département d'IUT Hygiène Sécurité et Environnement. J'ai souvent constaté combien il était important, mais difficile de défendre vis-à-vis de certains collègues, d'intervenants, d'anciens étudiants, d'entrepreneurs ou cadres d'entreprises, une position selon laquelle la santé et la sécurité au travail ne pouvaient jamais souffrir de manquements, fussent-ils justifiés par des raisons de productivité, de maintenance, d'entretien, de maîtrise des procédés ou autres questions de gestion …Au-delà des questions de philosophie personnelle, d'éthique ou de déontologie professionnelle, je crois qu'on ne peut pas enseigner une sécurité à peu près.

Un contrat de travail se caractérise sans doute par un lien de subordination, mais celui-ci a des limites. L'obligation de résultat en matière de SST ne s'est pas retrouvée dans le droit du travail à la suite d'une demande des employeurs. Il n'y a donc rien à céder sur cette question. Il y a même fort à parier que cette disposition se révèle bénéfique pour l'entreprise sur le long terme. Beaucoup de patrons sont ravis de pouvoir s'appuyer sur une réglementation rigoureuse et pas seulement en matière de SST.

La tentation de croire que l'on puisse tout s'autoriser parce que les rapports de force entre employeurs et employés ont penché pour les premiers (chômage maintenu élevé, " mondialisation ", pression de l'actionnariat et de la bulle financière) n'est pas acceptable. Certaines formes de gestion par diverses techniques de harcèlement et de contraintes, l'absence de repères pour définir des objectifs et des moyens pour des tâches à effectuer, leur désynchronisation et leur déstructuration continuelles, les modes relationnels dans les hiérarchies et quelques autres joyeusetés ont rendu le travail tout à fait insoutenable dans bon nombre d'entreprises.

Cela est contraire aux dispositions de la loi en matière d'obligation de résultats. Les responsables des entreprises qui recourent à ces méthodes, et plus largement ceux qui ne respectent pas le code du travail, sont donc des délinquants. Il faudrait le rappeler plus souvent. Il est bon que les juges les rappellent à l'ordre, y compris en les condamnant. Toute autre attitude reviendrait à un déni vis-à-vis duquel les victimes n'auraient plus que des réponses socialement inadaptées. Je crois qu'il faudrait qu'on salue le courage et l'opiniâtreté de bien des juges et des procureurs aujourd'hui face à un pouvoir politique qui dépénalise à tout-va le droit des affaires ou les délits d'initiés quand, dans le même temps, il responsabilise les enfants mineurs, les fous furieux et les chiens s'ils mordent.

Cela écrit et faute de réponse, je pense que je serai un ardent défenseur du rentre dedans de manière à ce que la pétoche change enfin de camp. La peur est le commencement de la sagesse disait Mauriac... La pétoche pourrait bien être celui du retour à la démocratie...




Cabinet Technologia : Autopsie psychique des suicidés de chez Renault sans cadre médico-règlementaire ! (Voir aussi leur droit de réponse*)

Jeudi, novembre 5, 2009

By MRD

Communiqué de presse Asd-proAssociation d'aide aux victimes et aux organisations confrontés aux Suicides et Dépressions professionnels

Chinon le 5 novembre 2009

Suite aux nombreux suicides survenus au Technocentre Renault de Guyancourt, les élus du CHSCT, faisaient appel au cabinet TECHNOLOGIA afin de faire une expertise sur les risques psychosociaux.

Ce rapport, rendu public début 2008 après de multiples tentatives d'oppositions de la part de Renault, est accablant concernant les conditions de travail du Technocentre (surcharge de travail, management par le stress, dépassements d'horaires, etc.…).

Toutefois, le cabinet Technologia, a fait réaliser, dans le cadre de cette expertise, des " autopsies psychiques " sur les trois dernières victimes de suicides, par un médecin psychiatre clinicien.

Comme le dit le cabinet Technologia sur son site internet : " Pour aider à repérer les facteurs de risques dans la vie du salarié qui a mis fin à ses jours, une autopsie psychologique peut être souhaitable, sans se substituer à l'approche globale et socio-organisationnelle. Cette nouvelle discipline s'appuie sur des entretiens orientés visant à nourrir un travail d'observation clinique, avec les proches et les collègues de différents niveaux en contact avec le salarié, à des périodes différentes. Décidée avec l'accord de tous les acteurs, l'autopsie psychologique, dont les comptes-rendus restent oraux, peut apporter entre 10 et 20% d'informations à l'étude globale. Toutefois, celles-ci ne doivent pas servir d'élément à charge ou à décharge, d'autant que, dans un suicide, les facteurs personnels et professionnels sont toujours intriqués. Cette démarche d'analyse approfondie s'inscrit dans le cadre de " l'intervention à froid ".

Ainsi, il est procédé, au sein d'une expertise sur les risques professionnels (facteur psychosociaux), à une expertise psychologique post-mortem sur les victimes elles-mêmes ; en tentant de repérer les " facteurs de risques dans la vie du salarié ", qui peuvent selon les auteurs apporter 10 à 20% d'informations. Tout cela ne devant servir ni " à charge " ni à " décharge ".

On peut déjà s'interroger sur le sens d'une telle démarche concernant la prévention des risques professionnels. Mais lorsque l'on constate ce qui s'est passé à l'audience du tribunal de Nanterre au sujet de la demande de Faute Inexcusable de l'Employeur sollicitée par la veuve d'un des 3 derniers suicides, on s'aperçoit tout au contraire que ce genre de démarche ne vise qu'à détourner la responsabilité de l'employeur en faisant supporter à la victime, non pas 10 ou 20 %, mais la totale responsabilité de son acte.

En effet, toute la plaidoirie de Renault s'est allégrement adossée sur ce rapport d'autopsie sensé être " au dessus de tout soupçon " (l'expert ayant été choisi par les syndicats majoritaires du CHSCT et non pas par l'employeur, la demande d'autopsie médicale est également à leur demande… quant à la compétence de l'expert qui a réalisé cette autopsie, elle est également indiscutable…)

Cette plaidoirie inqualifiable, indigne serait-on même en droit de dire, joue ainsi l'évitement.

Renault n'oppose aucun argument aux constats qui l'accablent par ailleurs: horaires de travail exécutés en rapport avec une charge de travail devenue intenable, absence totale de prise en compte du risque psychosocial malgré les événements qui auraient dû alerter la direction.[1]

Ainsi, tout en reconnaissant que les conditions de travail sont délétères (difficile de dire l'inverse étant donné l'analyse accablantes du rapport d'expertise au sujet des conditions de travail…), Renault explique que ce ne sont pas les conditions de travail qui expliquent le suicide : et ce n'est pas Renault qui le dit, c'est l'expert psychiatre de Technologia…

Selon, Rachel Saada, l'avocate de la famille, cette plaidoirie n'est que l'expression de la persistance d'une politique d'évitement des problèmes réels. Elle interpelle avec justesse les magistrats : " Imaginez que l'on double le nombre de dossiers que vous avez à traiter, sans aucun moyen supplémentaire… ".

Pour elle, Renault est coupable de ce déni qui non seulement explique le drame, mais ne permet de tirer aucun enseignement utile à une réelle politique de prévention : " La santé devrait être au cœur de toute décision d'organisation, mais chez Renault, rien "… Comme malheureusement, dans grand nombre d'entreprises.

L'autopsie psychologique se réalise par des entretiens avec des proches, en privé et professionnels, de la victime. Il s'agit pour le médecin de comprendre quelles étaient les caractéristiques psychologiques du défunt. Tout cela restant, bien entendu " hypothétique ", par nature, puisqu'invérifiable.

Ce procédé doit être dénoncé dans le cadre des démarches de prévention des atteintes à la santé psychique. Non pas que la technique employée soit contestable en soi, mais elle est employée dans un cadre qui n'a rien à voir avec les tenants et aboutissants de cette pratique conçue à d'autres fins. En effet, faire un diagnostic psychiatrique relève de la pratique médicale et suppose un cadre médico réglementaire dont le cabinet Technologia semble s'être affranchi : ce cadre, recommandé par l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), exige notamment la mise en place d'un comité d'éthique.

L'utilisation d'une pratique médicale à des fins autres que médicales, doit donc être impérativement dénoncée.

Quand Technologia prétend que ce type d'expertise ne vise pas à apporter d'élément " à charge ", c'est pourtant bien ce qui s'est passé dans cette audience

Pour cela il a fallu que les règles déontologiques les plus élémentaires ne soient pas respectées : la restitution du rapport psychiatrique ainsi réalisé, constitue une violation pure et simple des règles déontologiques médicales, notamment le secret médical qui interdit l'utilisation de données médicales non anonymisées sans autorisation de la famille, quelle qu'en soit la forme : orale ou écrite. Or, une restitution a été présentée au CHSCT sur chacun des suicides à partir de rapports distincts. Par ailleurs la direction de Renault a eu le loisir d'utiliser ce rapport qui lui a été transmis par le parquet de Versailles, et, à l'évidence, les comptes rendus des entretiens réalisés pour cette autopsie. !


Ce nouveau pas franchi dans l'expression du déni repose sur une succession de pratiques illégales, et sur une éthique plus que douteuse : autant de raisons pour stopper net ces autopsies psychiques.

Que vient faire une telle analyse psychologique de la victime dans le cadre d'une expertise sur les conditions de travail ? Il s'agit en définitive d'une pratique faite pour ralentir toute dynamique de prévention réelle, mais qui prend aussi le risque d'augmenter les ressentiments d'injustice et de violence symbolique que constituent ces résistances à la reconnaissance de la part que prend le travail dans la souffrance psychique.

Le nombre de cas, le contexte social, l'apprentissage de stratégies syndicales et professionnelles permettant de faire face au problème, sont autant de raisons de penser que cette pratique est au service d'une cause pourtant perdue d'avance. Mais, en attendant, elle permet de persister dans le déni en offrant l'opportunité au patronat de voir à nouveau ses responsabilités épargnées.

Et elles découragent, en tous cas provisoirement, ceux et celles qui auraient envie de s'engager dans un processus de reconnaissance du caractère professionnel de leurs atteintes à la santé…

Pour en savoir plus sur notre point de vue, lire " Alerte de l'association Asd-pro au sujet des autopsies psychologiques et des cabinets d'expertise qui les pratiquent ! ", sur le site
http://www.asdpro.fr

________________________________________

[1] On apprendra ainsi durant cette audience que deux autres suicides s'étaient produits à cet endroit là, de la même manière, sans que rien ne soit fait. Après ce troisième suicide au même endroit, la direction a pris des mesures…

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Le mépris, ce cancer des organisations

par Jean-Marie Bergère - 18 Novembre 2009

http://www.metiseurope.eu/le-mepris-ce-cancer-des-organisations_fr_70_art_28622.html



Toute médaille a son revers, et celles qui sont quelquefois remises aux " salariés méritants " pourraient bien être le mauvais côté d'une bonne idée. Ces gratifications symboliques, du pin's en or (combien de carats ?) au diplôme maison (c'est tout de même mieux !) en passant par les messages codés (Bravo Zulu !) existent dans le monde entier. Une première réaction un peu paresseuse nous fait dire que si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal. Une écoute plus attentive des salariés nous rend plus méfiants.


Pas seulement parce cette instrumentalisation, cette codification, cette technicisation de ce qui est au cœur des relations humaines ferait perdre au concept de reconnaissance sa saveur et ses vertus. Mais aussi parce que, en transformant en instrument de gestion ce qui tente d'abord de définir des relations humaines positives, y compris dans le travail, on en fait à l'opposé de ses intentions un instrument d'infantilisation, un signe de condescendance, un outil de manipulation, un vecteur d'amertume.

Mais ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Le sujet est toujours là. Les salariés de Deutsche Telekom s'en soucient au moment où des restructurations s'annoncent. Les enquêtes européennes sur le bonheur disent toutes l'importance du travail dans la vie des européens et l'importance des relations de travail dans cette "satisfaction au travail ". Il est possible d'établir ainsi un lien entre la qualité de ces relations, variable d'un pays à l'autre en fonction des cultures et des systèmes de formation initiale, et la satisfaction que chacun tire de son travail. C'est qu'au fond, reconnaissance ou pas, ce qui est intolérable, partout, c'est son contraire, la non-reconnaissance, le mépris.

Il y a vingt ans exactement, Hervé Serieyx publiait " Zéro mépris ". En plein culte mondial de la qualité totale - en train de vaciller du moins selon Henri Vacquin - et de son monde productif idéal : zéro défaut, zéro panne, zéro délai, zéro stock, zéro papier, il invitait à se préoccuper de ce qu'il qualifiait de " cancer des organisations " et du seul zéro qui permette d'atteindre tous les autres : " le zéro mépris ". Ce livre est devenu un manuel incontournable dans les écoles de management, mais l'actualité nous donne mille témoignages des métastases envahissantes et immaîtrisables de ce cancer. Colère de ne pas être écouté, désarroi devant le dédain pour ses compétences, peur du déclassement, désespoir devant des trajets professionnels faits de ruptures et d'aléas, frustration en constatant que ses efforts et son engagement ne sont pas payés de retour, c'est à chaque fois l'expression d'une " zéro reconnaissance" qui domine. Et l'expression de la souffrance que ce déni de reconnaissance provoque.

Les métiers flous

Premier constat. La demande de reconnaissance se manifeste avec force, partout en Europe dans les univers " post-tayloriens " caractérisés par le déclin de modes de reconnaissance qui avaient fait leurs preuves : le métier, la corporation, l'entreprise, l'ancienneté. Être mineur, instituteur, " Michelin ", " Marks & Spencer " ou " FIAT " vous donnait une sécurité matérielle et une consistance personnelle et sociale qui mettaient à l'abri d'états d'âme inutiles. Nous ne reviendrons pas en arrière. Les mutations économiques, l'âpreté de la concurrence, ou le développement d'activités de " production de l'homme par l'homme ", conduisent à l'individualisation des tâches, à l'extrême diversification des situations de travail, aux métiers flous (je connais quelqu'un qui est " chargé de mission transversal " à moins que ce ne soit " chargé de missions transversales ") et à l'impératif d'engagement subjectif dans le travail sans lequel il ne peut y avoir de relations de service avec un client ou un usager.

Deuxième constat. Au cœur des mêmes transformations du travail, le management lui-même est à la peine. Comment demander plus, plus de résultats, plus de rapidité, plus de qualité, plus de polyvalence, plus d'engagement, plus de loyauté, en promettant moins. Moins de perspectives, moins d'augmentations de salaire, moins de sécurité. Comment motiver durablement quant il faut expliquer quotidiennement l'intérêt de nouvelles organisations aussi miraculeuses que maigres et éphémères quand les bonus (pour quelques-uns) ont remplacé l'ancienneté (pour tous) et que les promesses d'emploi à vie ne peuvent plus être tenues ?

Onde et particule

Mais nous pourrions gloser à l'infini sur l'inhumanité des nouvelles organisations et sur la difficulté d'être cadre aujourd'hui, décrire sans cesse cet écart grandissant entre les attentes des uns et les possibilités de réponses des autres, nous ne dirions rien de ce besoin de reconnaissance. Il faut ajouter un troisième élément. Il concerne notre rapport au travail lui-même. De même qu'en physique quantique, on considère la matière à la fois comme onde et comme particule, le travail doit être considéré dans son ambivalence. Il ne suffit pas ici de comparer indéfiniment la situation dans les pays traditionnellement plus attachés à l'éthique professionnelle et ceux qui entretiennent une relation plus instrumentale au travail. Le fond de l'affaire, c'est que dans toutes les cultures il est à la fois une valeur marchande, mesurable, et le vecteur d'un accomplissement personnel.

Aucun signe de reconnaissance, nulle part ne peut rétribuer la valeur marchande de mon travail. Elle ne peut s'apprécier qu'en équivalent quantifiable, c'est-à-dire en salaire et en augmentation de salaire (et ses annexes !). S'exonérer d'une négociation sur les rémunérations en lui substituant une parole reconnaissante ou la chaleur d'une équipe, est évidemment un marché de dupe. Mais le désir de reconnaissance est d'un autre ordre. Ce qui peut et doit être reconnu au-delà de sa valeur marchande, c'est l'utilité et la dignité du travail accompli " dans les règles de l'art ". Ce qui peut et doit être reconnu, c'est l'engagement subjectif qu'il a nécessité et le coût de cet engagement en termes de préoccupations et de fatigue, de stress peut-être. Ce qui peut et doit être reconnu, c'est que derrière les chiffres et les résultats, il y a une personne, unique, avec ses compétences, son nom, son visage, son histoire. Onde et particule à la fois, le travail met en branle deux logiques.

Là où le salaire établit une équivalence avec une rémunération, là où le reporting mesure un résultat anonyme, la reconnaissance met en scène une approbation. En disant la valeur irremplaçable des personnes et pas seulement l'économie des choses, l'être et pas seulement l'avoir, la reconnaissance s'inscrit dans la construction individuelle comme elle s'inscrit dans la construction de la communauté qui fait vivre l'entreprise. Alors que le mépris ou l'humiliation entraînent dépression ou haine de soi (comme le montre si bien le film de l'autrichien Michael Haneke, palme d'or à Cannes, le " Ruban blanc "), la reconnaissance peut contribuer à construire l'estime de soi et la confiance, c'est-à-dire un rapport positif à soi et aux autres.

La reconnaissance mutuelle

Les signes de reconnaissance donnés vont alors transformer le management en jeu gagnant. Ils ne combleront certainement jamais tout à fait un besoin par nature jamais satisfait, mais seront un bon antidote à la généralisation de la méfiance, du mépris et aux souffrances qui y sont liées. En reconnaissant que derrière chaque travailleur, il y a une personne, qu'elle engage ses compétences mais aussi sa conscience, sa raison, sa sensibilité, ses désirs ; en reconnaissant qu'elle est plus que la somme des activités et savoir-faire de la fiche de poste ; en reconnaissant que chaque salarié est unique, que comme tel il n'est pas un pion interchangeable ; en voyant en lui un interlocuteur valable, ceux qui sont en position d'encadrement se donneront une chance de gagner ce après quoi ils courent : la légitimité, le respect, l'autorité peut-être. Comme tous les pays qui ont des relations diplomatiques le savent, la reconnaissance engage à la reconnaissance réciproque. C'est vrai aussi bien entre collègues. En favorisant la reconnaissance mutuelle de la valeur de chaque professionnel, les organisations pourront renouer avec un jeu gagnant, loin de la méfiance ou de l'indifférence qui stérilisent toute coopération.

Pour toutes ces raisons, loin d'être une revendication narcissique ou de la monnaie de singe, la reconnaissance pourrait bien être un viatique pour temps difficile.




Un ancien salarié de France Télécom témoigne

Dimanche 22 novembre 2009 par Modeste

J'ai lu et entendu beaucoup de choses sur les suicides chez France Télécom. Retraité depuis peu de cette entreprise, j'ai vu et connu la détresse de mes collègues. Dans mon établissement, à Nice, j'ai été délégué du personnel CGT et secrétaire du Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). J'écris donc en connaissance de cause. Tous les jours, comme syndicaliste, j'étais confronté à l'impact désastreux des choix stratégiques et financiers de l'entreprise sur ses salariés.

En 2005, le gouvernement a nommé M. Lombard à la tête de France Télécom. Il succédait à Thierry Breton, devenu ministre des finances. En 2007, le nouveau PDG était promu commandeur de la légion d'honneur. Il n'y en a que pour les copains ou coquins ! A la tête d'une entreprise qui engrange des millions d'euros à chaque bilan semestriel, Lombard a commencé par se faire voter par le Conseil d'administration de belles augmentations de salaire. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Par contre, il refusait de discuter des augmentations pour le personnel.

Au vu de ce qui se passe à France Télécom, c'est devant les tribunaux que des dirigeants d'établissements devraient se trouver. Des mesures destinées à améliorer les conditions et la sécurité du travail ont été régulièrement votées, en CHSCT, devant les délégués du personnel. Mais elles avortaient avant même d'être appliquées. Lorsque nous dénoncions ces faits, verbalement ou par écrit, nous ne trouvions aucun écho, ni en interne, ni auprès des pouvoirs publics (direction du travail, ministre de tutelle, gouvernement).

Face à la casse de leur métier et aux restructurations incessantes, beaucoup de salariés ont tenté de se réfugier derrière des arrêts de travail. Certains ont trouvé des solutions précaires en " magouillant " avec les chefs. D'autres, poussés à bout, se sont donné la mort. L'attitude de l'encadrement - encouragé et protégé par la direction - pousse des salariés vers le point de non-retour. Chez France Télécom, cela fait longtemps qu'il y a " non assistance à personne en danger ".

Le mal vient de très loin. Depuis le démembrement des PTT et la privatisation de l'entreprise, le personnel a dû accepter des baisses de son pouvoir d'achat, des suppressions de postes, la mobilité, les vexations et les humiliations. Le salarié était sommé de se taire, car " il y a plus malheureux que lui " - et que, " fonctionnaire ", il a la garantie de l'emploi. J'ai souvent entendu : " si tu n'es pas content, tu vas voir ailleurs. Change de métier... ". Cela a rongé et détruit beaucoup de gens.

Les restructurations successives ont dépossédé les hommes et les femmes de leur métier. Récemment, des travaux techniques réalisés par des agents de F.T. ont été livrés à Dalkia, filiale de Véolia (concurrent de France Télécom). L'objectif de la direction était d'obtenir un investissement corps et âme pour les besoins économiques de l'entreprise. Aux salariés de gérer les contraintes, souvent aux dépens de leur santé - et à l'entreprise d'en tirer les bénéfices. Le management s'apparente très souvent à de la propagande et à de la manipulation.

J'ai connu des cas extrêmes de détresse. Du fait de mes mandats syndicaux, j'ai siégé à Paris sur des dossiers d'accidents de travail ou de maladie. On demandait l'impossible aux agents traumatisés ou accidentés. Ils devaient - entre autres - se chercher eux-mêmes un poste compatible avec leur pathologie. L'entreprise était incapable de reclasser ses propres agents.

Démunis face au stress des agents, les médecins du travail ont systématiquement alerté nos directions. Mais ils ont été ignorés. Leur indépendance est d'ailleurs régulièrement menacée. Dès qu'elles ne sont pas conformes à la doctrine managériale de France Télécom, les actions des médecins du travail sont entravées. Face à cette situation, nombre d'entre eux ont démissionné.

Suite au suicide d'un salarié, le 28 septembre, à Annecy, le médecin du travail de l'établissement a sollicité l'intervention d'un docteur psychiatre spécialisé dans la souffrance au travail. Mais le psychiatre s'est vu refuser l'accès à l'entreprise !

À présent, on met un numéro vert à la disposition du personnel. Un questionnaire anonyme doit être distribué pour recueillir le ressenti du personnel. Soit ! Mais il suffisait à la direction de lire les rapports annuels des médecins, les expertises faites sur des services à partir des années 90, et elle aurait trouvé beaucoup d'éléments qui expliquent la souffrance des salariés de cette entreprise.

Malgré la longue série de suicides, Mme Lagarde, ministre des finances, a officiellement renouvelé sa confiance à Didier Lombard. Il a dû se tailler un contrat béton en cas de " sortie " prématurée de la société. En attendant, les promesses, conférences de presse et visites sur sites continueront, pour faire écran.

À 55 ans, malgré ma bonne santé, j'ai décidé de quitter cette boite avec - du fait de la loi Fillon sur les retraites - une piètre pension, surtout comparée à la retraite dorée qui attend Didier Lombard. Mais pendant 36 ans de travail chez F.T., j'ai consacré mon énergie à défendre le salarié contre le patron, l'exploité contre l'exploiteur. Je ne vous salue pas, Monsieur Lombard. Je ne suis pas devenu votre valet. Je suis resté un homme libre.

Modeste Alcaraz militant syndical et politique à Nice




Il y a toujours eu des suicides dans le monde paysan. Il y a cinquante ans, la neurasthénie associée à l'alcoolisme ou à l'isolement affectif, nous valait des pendus dans les granges ou des têtes à moitié arrachées par des chevrotines sans oublier quelques vieilles retrouvées noyées au fond du puits dans la cour de la ferme. Aujourd'hui, ces causes-là sont pratiquement anecdotiques comparées à celles qui résultent des obligations imbéciles liées à la politique agricole commune motivée par une frénésie de spoliation et d'appropriation de l'outil de production agricole par la grande distribution, quelques tenants de l'agrobusiness avec la complicité d'un syndicat pas pour très longtemps encore majoritaire et des politiques vénaux, vendus et même achetés !.

Maintenant, si vous cherchez à savoir combien de paysans se suicident dans une année : NIB ! Pour la MSA, les chambres d'agriculture, la FNSEA, c'est top secret. Et quand on arrive à soutirer quelque chiffre, il ne faut surtout pas divulguer ses sources. J'ai quand même réussi à savoir que dans le Morbihan 17 paysans se sont suicidés en 2009 et probablement 800 l'auraient fait en métropole cette même année. C'est nettement plus que les chiffres annoncés par le Figaro du 28 avril ! D'autres sources m'indiquent 9 suicides en Mayenne et Orne depuis janvier 2010 - nous ne sommes qu'en fin avril !- D'autres encore font état de 40 suicides dans la région Rhône Alpes… Impossible ! C'est ce que l'on tente de faire croire. Il se pourrait bien que ces chiffres soient encore au-dessous de la vérité. C'est proprement effrayant !

Une chose est sûre pourtant : bien des paysans au terme d'une journée de 12 heures de travail ne dégagent pas un centime de salaire. Pire, ils perdent de l'argent. Quel métier peut bien lui être comparé : député européen, commissaire à Bruxelles ? Rien que parmi ceux là, bon nombre devraient se suicider, rien que par ce qu'ils se sont déshonorés…

Voir aussi : Association des familles d'agriculteurs victimes du suicide /






La santé au travail / Le suicide au travail
http://emploi.france5.fr/emploi/droit-travail/sante/10152727-fr.php

Suicide : le monde du travail en accusation
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mag0131/dossier/ps_6435_suicide_travail.htm

Le travail a-t-il toujours la cote ? / Temps de travail : la pression monte / Organisation du travail : les salariés sous tension / Suicide dans l'entreprise : l'ultime témoignage
http://www2.cnrs.fr/presse/journal/2150.htm

Le suicide comme accident du travail
http://bibliosuicide.blogspot.com/2007/03/le-suicide-comme-accident-du-travail.html

Étude des suicides liés au travail en Basse-Normandie
http://www.federationsantetravail.org/publications/m28SuicideTravail.html

Questions posées par l'Approche du suicide par la psychodynamique du travail
http://www.federationsantetravail.org/publications/m28SuicidePsychodynamique.html

Suicide en lien avec le travail
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParIntranetID/OM:Document:411AE79C868B699FC1257321004683D0/$FILE/Visu.html

Un suicide par jour au travail
http://www.democratie-socialisme.org/IMG/article_PDF/article_1204.pdf

Renault-Guyancourt: suicide reconnu accident du travail
http://www.leblogauto.com/2007/05/renault-guyancourt-suicide-reconnu-accident-du-travail.html

Suicide au travail : le risque judiciaire plane

http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=110835&titre=Suicide%20au%20travail%20:%20le%20risque%20judiciaire%20plane

Dans quelles conditions les suicides sont-ils des accidents du travail ?
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=107168

Le travail, lieu de violence et de mort
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/THEBAUD_MONY/14949

La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge
http://www.gims13.com/conference_suicide.pdf

Suicides et tentatives de suicide en France
http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er488/er488.pdf

Acte suicidaire et accident du travail
http://www.risquesprofessionnels.ameli.fr/media/2001_AT_Actesuicidaire_et_accidentdutravail.pdf

Tentative de suicide hors travail et harcèlement moral : accident du travail et faute inexcusable de l’employeur
http://droitdutravailenligne.hautetfort.com/archive/2007/03/10/tentative-de-suicide-hors-travail-consecutive-a-un-harceleme.html

Recrudescence des suicides et des cancers professionnels / Le travail, lieu de violence et de mort
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/THEBAUD_MONY/14949

Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_FINAL_12_mars_2008.pdf

Combattre les risques psychosociaux :
http://www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html




Articles :


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