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Terre arable
Terre arable, enjeux agrologiques, industriels et urbanistiques...




La promesse d'une belle récolte pour les pommes de terre...
qu'il me faut semer, maintenant (20 mars 2004).
(Terre sablo-humifère, finement grumeleuse, du jardin de
Kerpotence / Hennebont)
Par définition, une terre arable est une terre que l'on peut labourer ou bêcher, c'est-à-dire dont la vocation est la culture.


Ce que l'on attend d'une terre arable, c'est qu'elle soit fertile, c'est-à-dire qu'elle soit propice au bon développement des plantes qu'on y sème ou que l'on fait pousser.

Une bonne terre est une terre qui nourrit bien ses plantes.

Pour cela il faut que celles-ci trouvent une humidité qui leur convient, c'est-à-dire assez pour entretenir le flux d'eau qui traverse la plante et pas trop pour ne pas asphyxier le sol.

Il faut qu'elles trouvent une bonne aération pour assurer une bonne respiration au niveau des racines. Ces conditions d'aération sont essentielles pour assurer à la plante, à la fois une bonne résistance au parasitisme et une bonne nutrition.

Il faut un pH relativement proche de la neutralité ou à peine acide pour assurer une bonne assimilation des éléments nutritifs de la solution du sol.

Il faut une taux de saturation suffisant en bases échangeables au niveau du complexe argilo-humique régulateur des équilibres de la solution du sol.

Enfin, il faut une importante activité microbiologique [***], de préférence bactérienne, tant au niveau du sol que de la rhizosphère, afin que les échanges de matières organiques et de minéraux se fassent dans les meilleures conditions entre la solution du sol et les racines. L'activité bactérienne est remplacée, en milieu acide ou asphyxique, par une activité mycélienne beaucoup moins performante.

Les matières organiques et les minéraux nécessaires aux plantes ont quatre origines :


Les quatre sources d'aliments de la plante


1) Les restitutions organiques contribuent largement à la nutrition des plantes. À la ferme, ces restitutions sont constituées par le fumier, le lisier, les fientes de volailles, les résidus de récolte. Au jardin, les restitutions sont constituées par les résidus de récolte et les composts de déchets organiques. En sylviculture, les restitutions sont constituées par les feuilles et les émondes.

2) Les réserves minérales du sol comportent les minéraux insolubles et les ions fixés sur les colloïdes argileux. Ces réserves sont lentement libérées par l'activité microbienne, l'activité mycorhizienne et celle des racines et par divers agents climatiques comme l'alternance gel - dégel, l'alternance humectation - dessiccation, etc.

Les réserves minérales du sol fournissent aux plantes une grande variété d'éléments, des éléments majeurs (NPK) aux oligoéléments.

Les réserves minérales des sols plus ou moins argileux formés à partir des roches silicatées (granites, schistes, basaltes, etc.) sont quasi inépuisables. Celles des sols formés à partir de roches siliceuses (sables, grès, quartzites) sont davantage limitées. Celles des sols formés à partir de roches calcaires sont variables et dépendent de la richesse de ces sols en argile.

Il est important de se rappeler que ces réserves, insolubles, sont inutilisables par les plantes avant que l'activité microbienne du sol ne les solubilise et les rende disponibles pour la rhizosphère et assimilables par les racines.

3) La synthèse microbienne d'azote organique (nitrates) à partir de l'azote de l'air est la première source d'azote pour les plantes. Cette synthèse microbienne est assurée d'une part par des bactéries libres du sol (Azotobacter, Actinomycètes) ou de bactéries symbiotiques des légumineuses (Rhizobium) ou les Frankia des aulnes.

La place des légumineuses dans les assolements est donc prépondérante, tout autant que le travail du sol, surtout s'il reste superficiel, ou les apports stimulants de l'activité bactérienne sous forme de matières organiques.

4) L'apport d'engrais minéraux et organiques vient compléter les trois premières sources alimentaires précitées. Leur but peut être de corriger d'éventuelles carences du sol. Le plus souvent, il est de renforcer les possibilités nutritionnelles du sol. Ce renforcement ne se justifie que si les réserves mobilisables, les restitutions organiques et/ou l'activité microbienne sont insuffisantes.




[***] Plusieurs publications récentes (novembre 2005) ont fait état de travaux réalisés en Grande-Bretagne et portant sur le relargage de CO2 par les sols en Angleterre, relargage qui contribuerait significativement à augmenter la teneur en CO2 dans l'atmosphère et par conséquent à l'effet de serre.

Nous avons là un exemple remarquable de régulation en tendance : l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère provoque, par effet de serre, un réchauffement climatique sur la Planète. L'augmentation de la température favorise le métabolisme bactérien dans les sols. L'augmentation du métabolisme bactérien concourt à une plus rapide et plus importante transformation de la matière organique morte et des humus. Cette transformation libère plus vite le CO2 contenu dans ces matières organiques alors que dans des conditions de climat plus rigoureux, le CO2 aurait plutôt été stocké. Cette libération plus rapide et plus importante en masse de CO2 enrichit plus encore l'atmosphère. L'effet de serre est plus important. Le réchauffement climatique est plus rapide et l'activité bactérienne est davantage stimulée.

S'il est devenu évident que le réchauffement climatique va poser, pose déjà, des problèmes. L'appauvrissement des sols en matière organique va en poser d'autres, en matière de fertilité d'abord, mais pas seulement. C'est tout l'équilibre écosystémique de la pédosphère qui va être en danger. Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait si, par exemple, l'activité et la cinétique des réactions métaboliques d'une bactérie comme Azotobacter ou Nitrosomas devait en être perturbée. En quelques semaines, c'est toute la vie sur la Terre qui serait sérieusement compromise (cf. cycle de l'azote).

Je me demande même si la disparition brutale des dinosaures ne s'expliquerait pas mieux par une hypothèse de ce type, par exemple, un dysfonctionnement dans l'équilibre bactérien dans la pédosphère, dysfonctionnement qui ne laisserait pas de trace fossile, évidemment, plutôt que les théories aussi fumeuses que cataclysmiques impliquant des astéroïdes, des volcans ou pourquoi pas la chasse effrénée comme je prétends l'exercer grâce à ma machine à remonter le temps (cf. Iridium).





Terre arable :
http://www.univers-nature.com/dossiers/haie.html

Relation sols géologie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sol_(g%C3%A9ologie)

La valorisation agronomique des sédiments marins de la Rance :
http://www.inra.fr/dpenv/bourrc31.htm






[ Corrélats : Nutrition des plantes / Pédologie / Structure / Texture / Humus / Amendements / Faim dans le monde et appropriation des terres agricoles / ...]

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