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Terrorisme d'État et criminels de guerre
Terrorisme d'État
et criminels de guerre : c'est celui qui dit qui l'est !




Israël est la force aérienne d'Al qaida


John Kerry est un criminel, quelle surprise

Quand Daesh sécurise Israël : du dôme de fer au dôme de chair


Voler le temps, voler la vie.


L'Algérie menacée : I, II, III


Lieberman, avide et gore !


Aujourd’hui, celles et ceux qui pensent qu’ils doivent encore protéger l’état juif d’Israël dans sa continuation inacceptable d’un régime d’apartheid vis-à-vis des Palestiniens, des juifs arabes, des chrétiens, des juifs non européens et de quelques autres communautés maltraitées, auront beau dessiner des petites étoiles à six branches en tortillant leur petit cul, il est bon qu’ils sachent que, d’ores et déjà, Israël est mort. Israël peut construire autant de murs partout, il n’est plus en état de se protéger. Israël peut afficher une croissance économique remarquable, celle-ci ne profite qu’à un nombre ridicule d’individus ne vivant pas, pour la plupart, sur la terre volée aux Palestiniens. Israël peut prétendre avoir la meilleure armée du monde, elle se prend de plus en plus souvent de remarquables raclées infligées par des gueux braillards et en haillons… Enfin, c’est ce qu’on lit. Israël peut afficher certaines réussites incontestables, y compris sur le plan économique, mais c’est avant tout un pays qui connaît le plus fort taux de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté… Bonjour les cloches et les mendiants. Israël aura beau faire venir tous les clampins qui voudront s’installer sur des colonies illégales pour assassiner impunément des Palestiniens, ceux-là sont et seront toujours plus nombreux qu’eux et finiront, immanquablement, à les vaincre et les soumettre. Israël a pu trouver sa force et son arrogance grâce aux milliards des Américains et grâce à la complicité de ce machin onu, émanation des occidentaux pour soumettre les peuples non occidentaux, mais c’est fini… Les Américains sont ruinés, l’onu a perdu tout légitimité en Syrie, et s’il advient que des pays votent une résolution contre la colonisation, la seule réaction d’Israël est de prétendre intimider les Néo-zélandais ou je ne sais quel autre diplomate Clippertonnien ! Foutaise et tranche de rire, s’il n’y avait pas toujours et encore des meurtres, des assassinats, des viols, des lynchages, des emprisonnements, des tortures, des injures, des menaces, des harcèlements et autres joyeusetés dont personne, ou presque, en France et ailleurs qu’en Palestine et en Israël, ne sait ce qu’il en est réellement.

Alors, oui, les juifs de france qui pensez que votre terre c’est celle de ce pays indigne, oui, allez-y, crevez-y et que la terre vous ensevelisse… Ça fera de la place pour d’autres migrants autrement plus intéressants.

PS Je précise que les cons, quelle que soit leur religion ou son absence, leur philosophie ou son absence, leur morale ou son absence, ne sont pas une race. Le racisme anti cons n’a aucune existence. Les cons ne sont pas non plus discriminés. Leur existence n’est qu’une tache sur l’humanité et leur extinction ne laissera aucun fossile dans aucun sédiment, sauf peut-être à le confondre avec un coprolithe.



Les mauvais perdants... qu'ont-ils à perdre ?


Trois analyses complotistes sur l'assassinat de l'ambassadeur russe à Ankara : clicI, clicII, clicIII

Et pour tout savoir sur le Pentagone Captagon, clique sur la photo

Un autre point de vue : clicIV

Sauf si vous êtes un agent russe...


Mise en garde contre l’arrivée de «combattants» étrangers au Sahel


Alors, il m'a suggéré de mettre une burqa sur Ségolène !


Dans le monde, il est évident que c'est à Cuba (I)
que les atteintes aux droits de l'homme sont les plus flagrantes... (II)



La réponse de Mélenchon face au terrorisme... (en progrès)


Mémoire d'outre tombe (Discours et réflexions de M. Castro)



Chantage à l’antisémitisme


Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils !


Non seulement les juifs ont crucifié un mec qui avait un prénom espagnol ou portugais (?),
mais ils ont aussi fondé un état dans lequel le racket, les assassinats extrajudiciaires,
les crimes de guerre et autres joyeusetés sont שקל courants.


Coup de théâtre : les crimes de guerre d'Israël sont couverts... non ?
C'est pas croyable !


Pour Libération, cela ne fait aucun doute, « le  jihad  est dans l’appli », et Telegram est une application taillée «  sur mesure pour les terroristes ».

Cazeneuve : « Beaucoup  des messages échangés en vue de la commission d’attentats terroristes  le sont désormais par des moyens cryptés, ce qui rend difficile le  travail des services de renseignement. Et c’est un enjeu considérable,  sur lequel les interpellations récentes, les enquêtes conduites,  montrent (…) la nécessité d’y faire face au plan international – parce  que ce n’est pas un pays seul qui peut prendre des initiatives. »

D’ailleurs comme le montre la photo ci-contre, cela ne date pas d’hier, mais au moins du 13 avril 1967 comme l’atteste la Une du Télégramme de Brest montrant un macareux vêtu, semble-t-il, d’un prototype de burkini gluant de mazout !


Source



Crifminels en goyguette
ou l’histoire retiendra qu’ils ont fait de la soumission à ces bourreaux leur politique étrangère.



Pan, dans ta gueule !

Munich 1972 : qui a tué les athlètes israéliens ?

Christophe Oberlin : « Israël n’est pas un État, c’est un lobby


Pour ce qui est du sionisme, je ne sais pas, mais pour ce qui est de l'antijuifisme, c'est 100 % ...

Bernie Sanders brise la règle du jeuif


Et les talibans, c'est comme Daesh, mais pas pareil !
Les terroristes, on les a élus...

ou bien ce sont des militaires britanniques...


Moins de bombes et plus de politique
Attentats de Bruxelles : non, monsieur le premier ministre !

Le système financier est une menace plus grande que le terrorisme

La CIA, le MI6, la DGSeuh ? nous préparent un gros clash daeschien sous faux drapeau dont Poutine et Assad seront tenus pour responsables...


Les mercenaires du Pentagone : Blackwater, Al-Qaïda ... au nom de qui ?


D'après la chaîne suisse Retient Ton Souffle,
les rebelles modérés n'utilise que du Bubble Degum pour se faire sauter...


Maintenant faut faire comme en Israël, lui prélever les organes et les vendre au plus offrant...


Les fransionnistes ou l'émergence d'une nouvelle discrimination pour les anti ?


Israël : et un crime de guerre... Un... de plus !

Et que dit la communauté internationnale ?



ouah... la bite !


Quand des actions dites terroristes comme celles qui ont émaillé l'histoire française récente, disons depuis Human bomb à Neuilly, servent autant la cause de personnalités politiques qui se révèlent finalement n'être que des gangsters, j'ai du mal à ne pas faire l'hypothèse que ces personnalités, bien aidées par quelque nervi sans scrupules, ont fomenté ces actions ou les ont simplement laissées se dérouler... Et si personne jusqu'à présent n'est arrivé à le démontrer, c'est bien la preuve qu'il s'agit d'un complot soigneusement mis en place... Incontournable, non ? Comme de se poser la question de savoir à qui le crime de Ravaillac a profité.



La lutte contre le terrorisme...


Je n'ai jamais rien fait pour mériter la nationalité française... On me l'a imposée pour la raison que je suis né sur un territoire qui avait failli être allemand si les Russes ne leur avaient pas botté le cul ou américain si on les avait laissé faire... Quoique ?

Alors, on peut bien m'en déchoir, je m'en tape tout autant que d'une âme que je ne rendrai à aucun prix. Et c'est pas cela qui m'empêchera de devenir terroriste le jour où il faudra bien que l'on se décide à botter le cul des gredins qui s'agitent et voudraient nous faire peur en nous menaçant de nous tuer.

Vous pourrez croire au terrorisme le jour où les terroristes s'en prendront au pouvoir en place et aux hommes politiques qui en profitent... et encore, à la condition que ces terroristes réussissent leur coup, sans être abattus préventivement et mis en scène pour nous tromper...

Le terrorisme factuel n'existe pas, seul le terrorisme d'État existe pour justifier toutes les dérives que les gredins au pouvoir veulent voir perdurer. Si vous n'êtes pas tout à fait convaincus, rien ne vous oblige à ne pas aller voir le film de Chabrol intitulé Nada ou de lire le roman de Jean-Patrick Manchette dont ce film est tiré.

Mais vous pouvez aussi lire ce billet de Gianfranco Sanguinetti intitulé : De l’utilité du terrorisme, considérée par rapport à l’usage qu’on en fait ou bien cet autre du même auteur : Paris 13.11 : morale operation...


Heureusement que les soldats juifistes nous donnent la preuve
qu'ils ne sont pas que des criminels, mais aussi de sales cons.


Einstein disait que les gens qui marchaient au pas et en rang au son de la musique militaire n'avaient pas besoin de cerveau... qu'une simple moelle épinière était bien suffisante... Je me demande ce qu'il reste aux bi-nationaux franco israéliens qui font leur service militaire en israël pendant 30 mois et se complaisent à tuer des femmes et des enfants palestiniens. Je me demande aussi pourquoi on ne les arrête pas à leur retour et pourquoi on ne les emprisonne pas pour crimes de guerre et contre l'humanité, à vie ! J'aurais bien ajouté : pour servir de fiottes à ceux qui on été emprisonnés en revenant de Syrie, mais je n'ai pas osé !



La bannière étoilée derrière le drapeau noir et réciproquement...

Dans le domaine environnemental aussi...

Malgré les apparences factuelles, les morts, les blessés, les explosés, les bombés, les criblés, les décapités et toutes les horreurs que nous avons maintenant tout loisir de contempler sur les pages Internet, eh bien, j'ose l'affirmer : le terrorisme qu'on voudrait que nous croyions qu'il serait, n'existe pas. C'est juste une belle invention. Et tant que nous ne comprendrons pas que c'est une invention, alors nous n'aurons que très peur et ce terrorisme-là pourra continuer d'alimenter les pages gougueules en photos macabres afin que nous puissions continuer à assouvir notre fascination voyeuriste.

Je ne voudrais pas la jouer à Monsieur je sais tout mieux que quiconque parce que ça n'est pas dans mes habitudes et les pages de ce site devraient en témoigner, mais j'aimerais avancer une hypothèse, sinon pour expliquer et comprendre, mais au moins pour sortir des schémas que l'on nous ressasse sur Hollande, Obama, Putin, Cameron, Erdogan, Saoud machin, c'est eux Daesh auquel ils vendent des armes pour faire tomber Bachar qui, à l'instar de Saddam, Kadhafi, Nasser ou Mélenchon sont des laïcs qui empêchent le wouah la bite ! de se répandre pour le plus grand dessein du chaos.Cela écrit, tout ce qui est raconté sur ces crapules est parfaitement juste et, il faudra bien qu'ils rendent des comptes. J'ai vraiment hâte de voir Hollande pendu comme le fut Saddam ou Sarkozy abattu, Obama mussolinisé et Erdogan empalé. Fascination voyeuriste oblige.

Mais tous ces salopards ne sont que des lampistes.

La question du terrorisme est sans doute ailleurs. C'est probablement un avatar des questions de thermodynamique des systèmes ouverts.

Chacun sait, et s'il se trouve que d'aucuns ne savent pas, je les invite à aller consulter les pages Thermodynamique, Développement durable, Décroissance soutenable, Ressources naturelles, Pétrole et quelques autres corrélats, sur mon site Écocociosystèmes... Chacun sait donc que la Terre est un système fermé constitué d'une multitude complexe de systèmes ouverts. Pour survivre, les systèmes ouverts doivent croître, mais puisque le système Gaïa est fermé, tous les systèmes ne peuvent pas croître indéfiniment... Tout simplement parce qu'il deviendrait obligatoire que des systèmes ouverts disparaissent.

Cela arrive parfois, mais ça n'est pas la règle sinon nous assisterions à des disparitions massives incompatibles avec la survie de la Planète.

Dans le monde animal et végétal, nous observons que des systèmes très élaborés de relations entre proies, prédateurs, parasites, parasitoïdes, commensaux, symbiotes, etc. garantissent une régulation très aboutie des relations intersystémiques. De la même façon, d'autres types de relations garantissent un minimum de cohésion sociale intrasystémiques.

Il n'y a guère que dans l'espèce humaine où ni le rapport avec les autres systèmes vivants non humains, ni le rapport au sein d'un groupe humain et entre groupes humains extérieurs ne satisfont jamais à la moindre tentative de régulation pouvant conduire à la découverte d'une harmonie co-existentielle.

Cela tient essentiellement au fait qu'il y a toujours des individus qui veulent toujours plus de gâteau alors qu'un partage équitable ferait justice.

C'est aussi vrai des ressources naturelles dont la Planète regorge. Certains veulent se les approprier à tout prix quand bien même qu'ils en priveront les pays et les peuples qui les produisent.

Ce système a fonctionné tant bien que mal jusqu'au moment où les populations prolétarisées ont davantage eu accès aux informations, aux savoirs, aux connaissances et ont commencé à s'insurger, se révolter ou plus simplement à oser contester du bien fondé des hiérarchies entre possédants - élites et dépossédés – prolétaires...

La Première Guerre mondiale est très significative de cette double réalité. Les élites voulaient garder la mainmise sur les richesses de leurs empires coloniaux et la haute main sur les masses laborieuses esclavagées dans leurs usines. Il leur fallait donc se battre avec les autres prétendants à la possession des richesses dans le monde et se débarrasser autant qu'il était possible des classes laborieuses devenues un peu trop contestataires.

Ce paradigme a été le seul retenu par les possédants jusqu'aux environ de 1970, date à laquelle il n'y eut plus aucun doute sur le fait que les richesses de la Planète étaient finies et que les peuples émergents réclameraient tôt ou tard leur part.

Ne voulant rien céder, les riches et leurs caniches politiques – ceux là ne pouvant pas espérer de mandats électifs que si les riches y consentent dans les conditions qu'ils imposent – les riches ont oeuvré pour devenir de plus en plus riches face à une classe de pauvres de plus en plus pauvres et surtout de plus en plus nombreux.

L'idée même que le gâteau aurait pu être partagé autrement leur étant insupportable, pour continuer dans cette voie sans issue, au moins sur le long terme, ce sont les fascismes et les guerres qui ont été choisis comme moyen de museler les populations, les dissidents et les révolutions à venir.

Les terrorismes, tels que nous les voyons s'exprimer, ne sont que des avatars du fascisme. Il s'agit uniquement de pétrifier les individus afin qu'ils n'aient plus aucun choix pour s'exprimer qu'avec les mots de l'opinion majoritaire formatée par la propagande.On oublie aussi qu'il y a d'autres formes de terrorisme qu'on se garde bien de présenter comme tels, pour la raison que ce sont ouvertement les élites qui les produisent : la dette souveraine, par exemple... l'éclatement des bulles financières qui ne sauraient tarder, le réchauffement climatique, forcément vrai sous peine d'hérésie, la moralité de l'armée sioniste sous peine d'antisémitisme, l'islamisme, le complotisme, le défaitisme, le déclinisme, le botulisme, l'onfrayeur, le chômage de masse, la pauvreté, la précarité, l'asservissement, la décohésion sociale, les discriminations, etc.

Alors si l'on veut, ne serait-ce qu'un peu, pour voir, il faut que la peur change de côté. Le terrorisme dont on nous bat les oreilles et qui n'existe pas, il reste à l'inventer... Ne plus voter, ne plus élire des maîtres qui ne sont rien et le resteront s'ils n'ont aucune voix dans l'urne, ne plus donner la parole à quiconque pour qu'il parle en votre nom, ne plus supporter que les gredins se goinfrent et fassent ainsi preuve d'inhumanité criminelle... Les moyens ne manquent pas. L'insurrection n'est pas forcément armée et le sang peut très bien ne pas couler... au moins tant que l'on ne voudra pas que le nôtre le fasse.


NON ! La réponse d'une jeunes chercheuse Palestinienne à l'ambassadeur d'israël à Londres


Et même pas une photo de Le Drian ?

Pour mémoire : le management de la terreur
A ne pas vouloir comprendre qu’un monde immonde conduit à des actes immondes... C’est justement dans ces moments marqués par l’émotion collective que nous ne devons pas renoncer à la compréhension, à la recherche des causes et à la lucidité face aux instrumentalisations de l’horreur.


Le terrorisme et les lois de la physique...

Tout un tas de mots en isme comme christianisme, culturisme, cyclotourisme, clitorisme, etc. et même commençant par une autre lettre que le c... par un p comme priapisme, pour tester ; tous ces mots et les phénomènes qu'ils désignent, obéissent parfaitement à toutes les lois connues de la physique, science qui tente de comprendre, de modéliser, voire d'expliquer les phénomènes naturels de l'univers.

Tous sauf un, le mot terrorisme. Sans doute est-ce que parce que le terrorisme n'est pas un phénomène naturel dans l'univers, sauf celui des gredins qui l'instrumentalisent pour asservir les peuples, ce qu'ils font sans grandes difficultés, remarquons-le.

Les lois de la physique ne s'appliquent donc apparemment pas au terrorisme. Je vais prendre trois exemples pour le montrer.

Le premier exemple a trait à la destruction des tours jumelles à New York en 2001, destruction au cours de laquelle 2977 personnes et des milliers de tonnes de béton, d'acier, de plastique, de bureaux, de chaises, de fauteuils, d'ordinateurs, de papiers remplissant des tonnes d'armoires ont été neutronisés et réduits en très fines particules au point que plus rien n'était reconnaissable, pas même les corps humains qui auraient dû n'être qu'écrasés lors de la destruction programmée des deux tours.

Sauf, je vous le donne en mille : le passeport d'un terroriste qui signait là son forfait ! Formidable, non ?...

Bon après, ce fut la carte d'identité de Saïd Kouachi, volontairement déposée par télékinésie, avec de l'ADN déjà analysé, dans la voiture abandonnée suite à la fuite depuis les locaux de Charlie hebdo où l'on avait aperçu des terroristes faisant preuve d'un professionnalisme digne du Likoud ou du Mossad.

Et enfin, et c'est assez surprenant, on a découvert un passeport intact sur le corps déchiqueté d'un terroriste explosé de rire, au bataclan ou au stade de france, on s'en tape, et dont il ne subsiste que le petit bout du petit ongle rose du petit doigt de sa petite main , on dirait du Beaucarne Julos, quelque part dans un endroit sans intérêt pour s'exploser et d'où on ne pouvait même pas voir le match france 2 allemagne 0. Quelle bande de connards, ces terroristes qui ne sont même pas capables de terroriser de la meilleure façon dont on aurait pu penser qu'ils le fassent vu la préparation qu'on leur avait fait subir sur la terre du même modèle que le ciel avec les vierges promises.

Cela écrit, c'est le déconnomètre qu'ils ont fini par faire exploser, mais ils ne s'en sont pas encore aperçu.





Coïncidence avec les loups : Le Bataclan, vendu le 11 septembre par son détenteur parti en Israël




Les opposants à Netanyahou veulent juste se goinfrer davantage, y compris aux dépends des Palestiniens...
La preuve : 93 % d'entre eux sont d'accord avec le "tirez pour tuer ! "/


Maintenant et grâce à ce procureur de Lyon (représentant de l’état ou du ministère public, c'est du kif) qui demande la relaxe de NLP pour sa libre expression (elle est charlotte tout comme Caroline Dunor du KKK), nous sommes en droit de dire n'importe quoi sur n'importe qui si l'on prend soin de préciser que l'on parle d'un certain nombre de personnes, mais pas de la communauté toute entière...Par exemple : un certain nombre de juifs sont des pourritures immondes, (en Israël et ailleurs, sauf île de Clipperton), mais pas forcément toute la communauté... Inattaquable !

On pourra aisément remplacer le mot juif par électeurs du FN, fans de Sarko, grands patrons du CAC, banksters, etc; Pour ce qui est de la localisation, elle reste toujours valable jusqu'à preuve du contraire, si quelqu'un débarque sur Clipperton, par exemple)Dès lors plus rien ne s'oppose à ce que Sarkozy continue de croire en la classe de la justice de france ou au TPI (tous pourris international ou tribunal pour indigènes, je ne sais plus)

Enfin, c'est comme je dis, ce n'est pas toute la communauté des juifs pour la raison qu'il y en a qui en ont une qui pourrait paraître déraisonnable à en croire les journaux dans le bon courant de la pensée unique, atlantiste, chaotique, otanesque, blanche, occidentale, souchienne... Un exemple : Rudolf Bkouche (Union Juive Française pour la Paix - International Jewish Anti-Zionist Network)


Bourrons les urnes du peuple élu !

La machine à tuer israélienne s’est déchaînée

Pourritures juifistes morales en action



Cette femme a été abattue par des pourritures juifistes... Et on ne fait rien ?




Je vais être très franc. Je veux bien être condamné pour apologie du terrorisme pour avoir souhaité la disparition de ces parodies d'élites, gredines et imbéciles, qui se gobergent et ne savent rien faire de mieux que proposer davantage de peine à ceux qui en ont déjà tant, pour leur seul bénéfice et celui d'une infime majorité pervertie par sa richesse mal acquise.

Je ne sais pas si j'appelle à ce qu'on les tue. Plutôt non, ce serait une peine bien légère, même au prix d'une longue agonie... Il serait bien plus jubilatoire de les priver de tout ce qu'ils ont cru qu'ils devaient nous priver, c'est-à-dire du strict minimum vital jusqu'à ce qu'ils en crèvent le plus tard possible.Il n'y aura jamais d'inhumanité à se débarrasser de ces monstruosités.

Tout parralèle avec ce qui va nécessairement se passer bientôt en Israël est convergent...
Les buffles finiront par terrasser les lions : L’avenir d’Israël dans les yeux de l’Iran


Israël en Afrique ou la logique de l'oppresseur


Sauve qui peut : Fuijons !


Criminel Israëlien en Action


Israël : un état totalitaire terroraciste
d'où l'on n'entend guère une quelconque opposition aux crimes commis contre les palestiniens...

Petit rappel pour mémoire défaillante



israel à couteaux tirés avec les Palestiniens.


« Israël se croit décidemment tout permis !»
« Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste »
Les Ayatollahs français obtiennent la tête de Varoufakis...
Israël n'aurait donc aucun droit d'exister... ?
Apologie du terrorisme : Le bureau exécutif du Mrap dénonce le PIR comme « antisémite »...
Le terrorisme d’état est en de bonne mains avec John Brennan. Obama l’a autorisé à assassiner.

Ploutocratie sans limites ou comment terroriser sa propre population ...



Si toi y'en n'a pas Kenya, toi y'en a Daesh ?











C'est comme aux Oscars, c'est sans les nègres, les rouges, les jaunes et les basanés...


L'avantage d'être tué au cours d'un assaut par le raid ou le gign, quand on est suspect, c'est qu'on devient définitivement coupable.
L'avantage d'être suicidé quand on est commissaire de police, c'est qu'on devient définitivement dépressif.


Les terroristes sur la route sont probablement très minoritairement des musulmans, et encore moins djihadistes, et pourtant ils ont fait 3388 morts en 2014. Une chance parce que Valls aurait sûrement demandé que la prière au volant soit interdite.


 
Apologie du terrorisme :

488 députés sur 502 et 327 sénateurs sur 346 se sont déclarés favorables à la poursuite des bombardements en Irak...

Non seulement, ces gens qui ne représentent plus rien, ni personne, ne se contenteront pas de supprimer autant qu'il le pourront les quelque rares libertés qu'ils nous ont consenties, mais en plus ils nous désignent comme les victimes civiles potentielles d'une guerre que nous perdrons, comme nous avons toujours perdu les guerres coloniales... sous couvert d'humanité, de civilisation, de culture, de conversion religieuse et autres faux drapeaux !

Note : Je sais parfaitement me garder à vue tout seul !

Bémol : Je laisse à votre liberté de penser le soin de vous exprimer sur le tout est pardonné...

Mot clé d'ut : suprématisme ?


"11-Septembre : Le nouveau Pearl Harbor"


La double imposture du 11 Septembre : clic 1, clic 2, clic 3, clic 4 et clic 5



Les terroristes n’existeraient pas sans les États qui les instrumentalisent, les arment et s’en débarrassent
aussitôt qu’ils ne peuvent plus servir ou qu’ils pourraient trop en dire. Sinon, ce sont des résistants et inversement !


Apologie du terroriste - risme ou loi d'exception qui confirme la règle : c'est le plus fort qui a raison !


Al Qaeda vous a déçu, essayez Osloïda, Shalomerah...


« Je mets au défi tous ces « experts » réunis, de présenter un seul élément tangible de ce qu’ils avancent sur AQMI, sinon des messages virtuels, envoyés par des terroristes virtuels, via des émissaires virtuels, qui attestent de thèses grotesques, qui se sont déroulées selon des scénarios rocambolesques, et énoncées devant des journalistes qui semblent n’avoir pour tout cahier des charges que de gober d’autant plus volontiers le mensonge que celui-ci est gros. »

Entretien de Lounis Aggoun avec Silvia Cattori, du 14 octobre 2010, en deux parties :

i) http://www.voltairenet.org/article167288.html
ii) http://www.voltairenet.org/article167514.html


Théorie du complot : Il n'y a que les cocus qui ne savent pas qu'ils le sont !


Théorie du complot : Quand les notaires écrivent les amendements de la loi Macron


Théorie du complot : Secret des affaires : « La France fait pire que l'Europe »


Théorie du complot : Robert Boulin


Théorie du complot : La défaite de 1940 selon l'historienne Lacroix-Riz


Théorie du complot : La défaite d'Alésia d'après Uderzo


Vous avez dit complot : Wallstreet et l’ascension d’Hitler


Vous avez dit complot : A Paris une expo sur la Collaboration blanchit le grand capital


Complot ? Complot ! La vérité sur l'affaire Pétain I, II, III, IV


Etc. Etc. Etc. Etc. Etc.


Pas complot : OVERTON, MANIPULER L’OPINION POUR FAIRE ACCEPTER L’INACCEPTABLE !


Pas complot : Le capitalisme en lui même est un complot permanent contre les peuples


Y'en a pas complot ladidon : Vol MH17 : L’Australie confirme l’existence d’un accord secret de confidentialité sur les résultats de l’enquête


Dans réformes structurelles, il y a complot, mince !


L'ostracisme n'est pas le complot, mais ce qui le suit...


Si des journalistes vous cataloguent comme complotiste, c'est tout simplement parce qu'eux mêmes sont antisémites...


Les manipulations sont-elles une composante de la théorie du complot ?


Une chose est sûre, le secrétaire à la défense US, Mr Hagel ne sait pas quelle organisation est derrière les tueries de Charlie !


Ceci n'est pas une blague : Boko Haram ça veut dire Conserve Interdite Avariée

A quoi sert Boko Haram : à entretenir l'idée de complot ?

Les américains sont des tueurs de journalistes dès que ça les arrange...

À partir d'aujourd'hui, je peux faire l'apologie du terrorisme, puisque ce terme n'a aucune défintion juridique et même qu'on peut enculer les juges, yeah !

La vérité ? Oui, mais pas nauséabonde ou qui complote au pays de big pomme ?

Quiconque met en doute la version officielle d'un évènement
est obligatoirement un adepte de la théorie du complot... et toc !


Est-ce Gladio qui a organisé le meurtre à Moscou ?

Principes élémentaires de propagande de guerre

Les techniques de manipulation

Ce que cache le discours contre les « conspirationnistes » : L’État contre la République

Complot ? Poutine rate son suicide en faisant abattre le mauvais avion par les pilotes ukrainiens...

Les États-Unis et Israël qui soutiennent, financent et arment DAESH,
revendiqueraient l’attentat de Tunis… Non ??? Incroyable !


Et pourtant : Attentat à Tunis: les USA aux commandes ?

Que du complot : AU ROYAUME DU MENSONGE LE MENTEUR EST ROI

THÉORIE DU COMPLOT – INFO OU INTOX ?

Le journal Le Monde est un danger pour la démocratie !



Israël doit être expulsé de l’ONU sans plus tarder !


par Youssef Boussoumah, membre du PIR


Si le droit international était respecté, non seulement la Palestine doit être admise à l’ONU de plein droit, non comme État stagiaire et avec les conditions honteuses acceptées par Mahmoud Abbas, mais c’est Israël qui doit être expulsé !

Et cela pour deux séries de raisons.




1) Sait-on qu’aujourd’hui Israël occupe à l’ONU la place de l’État de Palestine, reconnu en droit international et qui a été membre de la SDN de 1920 jusqu’à la fin de la SDN en 1946 ? Un État binational, doté de sa monnaie, de ses passeports, de ses équipes sportives, doté de trois langues officielles, arabe, hébreu, anglais. Certes un État colonial mais un État dont la population aurait dû décider définitivement de son sort par référendum en 1945, après la guerre.

Au lieu de ça, les grandes puissances ont empêché la réalisation de ce référendum qui aurait mis fin au mandat britannique et permis la naissance d’une Palestine démocratique où les Arabes chrétiens et musulmans représentaient au moins les 2/3 des habitants en 1947.

Pour créer Israël il a fallu d’abord détruire l’État de Palestine. Cela fut fait militairement mais jamais juridiquement. Pour une raison très simple, pour cela il aurait fallu légalement l’accord des Palestiniens. De fait, la destruction de la Palestine très majoritairement arabe fut un déni de justice.

Comme on l’entend souvent dire de façon mensongère, la création d’Israël ne s’explique pas par la volonté occidentale de se repentir des souffrances infligées aux Européens juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Non. Ceci s’explique surtout par la volonté des Européens et États-uniens de se débarrasser des survivants juifs du génocide en les envoyant coloniser la Palestine pour qu’ils ne stagnent pas en Europe et posent des problèmes sociaux de réinsertion et de restitution des biens juifs spoliés. Mais aussi pour éviter qu’ils n’émigrent vers les États-unis.

Des lois furent même votées aux États-unis sur pression du mouvement sioniste, Ben Gourion en tête, après-guerre, pour arrêter l’immigration de ces réfugiés juifs européens. Les sionistes les voulaient pour renforcer le Yishuv de Palestine. L’État juif en gestation.

2) D’autre part Israël devrait être expulsé de l’ONU pour un autre motif ou plutôt trois autres. Cet État n’a été admis à l’ONU qu’à certaines conditions qui, si elles n’étaient pas remplies, devaient entraîner la nullité de l’admission.

En effet, lors de son admission à l’ONU en janvier 1949, Israël a été admis avec trois clauses annulatoires qui, en droit, rendaient caduque toute la procédure en cas de non-respect. C’est d’ailleurs le seul État jamais admis avec des clauses annulatoires tant l’ONU était consciente de cet incroyable déni de droit pour les Palestiniens.

1e condition : Israël devait respecter le droit au retour des réfugiés et permettre de revenir aux 800 000 Palestiniens expulsés en 47/48. Or cet État à ce jour non seulement ne permet pas le retour des réfugiés, mais a confisqué leurs biens, a détruit 450 villages ou quartiers et ne reconnaît même pas la réalité de l’expulsion.

2e condition : Israël doit permettre l’internationalisation de Jérusalem et ne pas porter atteinte aux lieux saints.

Or depuis 1948 ; Israël a détruit des dizaines de mosquées, a détruit des quartiers musulmans ou chrétiens entiers dans le district de Jérusalem comme le village de Aïn Kareem, village de naissance dit-on de St Pierre ou le quartier musulmans de la porte des Maghrébins, mais porte atteinte régulièrement aux lieux saints de l’esplanade. Le Haram al Sharif.

3e condition : Un État palestinien devait être créé simultanément à la création d’Israël, c’est ce que précisait la résolution 181 du 29 novembre 1947. Le plan de partage, légalement, ne pouvait fonctionner avec un seul État.

Certes, dès le début les Palestiniens ont refusé la proposition de partage de 1947 qui amputait leur patrie et leur déniait le droit à l’indépendance. Et ils étaient fondés à le faire puisqu’ils n’ont jamais été consultés. Mais en se proclamant unilatéralement le 15 mai 1948, sans attendre une nouvelle décision de l’ONU et surtout en occupant dès la guerre de 1947/48 des territoires dévolus à l’État palestinien prévu, Israël de toute façon rendait impossible la création d’un tel État.

Israël n’a pas été créé par l’ONU, Israël a été créé par un coup de force militaire entre 1920 et 1948, lorsqu’il était allié de la Grande Bretagne, puis, après 1944, en étant allié des États-unis et de la France.

Israël n’a jamais respecté les conditions de son admission à l’ONU, Israël de surcroît occupe la place de la Palestine mandataire à l’ONU !

En conséquence, Israël doit être expulsé de l’ONU sans plus tarder.

P.S. Il existe un précédent avec l’expulsion de Taïwan, de l’ONU, en 1971 au profit de la Chine communiste plus représentative de la population de la Chine.

Youssef Boussoumah, membre du PIR /

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1763


30 septembre 2014 :Le Tribunal citoyen Russell
annonce Israël coupable de crime contre l'humanité




Signe des temps : La presse qui saluait presque unanimement l'offensive de Israël sur Gaza (Une guerre juste, Juste une guerre !) aujourd'hui ne titre ou ne parle jamais autrement que de 1300 morts et 5000 blessés parmi les civils, ce qui accréditerait que Tsahal, la 3e armée du monde a été foutrement incapable de tuer le moindre soldat du Hamas ou si peu qu'on ne les décompte même pas ! Pas de quoi crier victoire... Si ?
Mais peut-être de signer la pétition universelle : Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale ! Pour voir...





Les Arabes prennent les Algériens pour des barbares, les Européens les prennent pour des Arabes, les Africains pour des Blancs et les Méditerranéens pour des musulmans.
Chawki Amari


Point de vue : Des courageux résistants du Hezbollah ont infligé une sévère correction à l'envahisseur terroriste venu d'Israël...qui riposte en tuant un soldat espagnol de la Finul et en bombardant des civils comme à leur habitude...


Autre signe des temps : On se rappelle peut-être comment, unanimement, les occidentaux avaient condamné sans appel la victoire démocratique du FIS en Algérie, puis celle du Hamas en Palestine avec toutes les conséquences dramatiques que cela entraîna…

Devra-t-on attendre longtemps avant qu'ils ne condamnent avec la même intensité les élections de Avigdor Leiberman ou de Tzipi Livni ?

Sinon, on nous aura gâché une bonne occasion de rire abondamment !

Dernier signe des temps : Après l'attaque du convoi anti - blocus de Gaza, le seul moyen d'avoir la paix avec Israël sera-t-il de le rayer de la carte ?

Aujourd'hui, après avoir lâché Ben Ali, les USA lâchent Moubarak... D'aucuns s'en réjouissent... Beaucoup vont déchanter quand ils connaîtront le nom des laquais que les impérialistes américains et leurs complices européens ont l'intention d'installer (démocratiquement) pour la défense de leurs intérêts...


Chaque fois que les États-unis ont envahi un pays, c’est parce que toutes leurs manœuvres préalables (déstabilisation économique, politique, sociale, syndicale, médiatique, culturelle, environnementale, etc.) avaient échoué. Dans CIA, il y a C comme criminel… I comme ignominie et A comme angélisme !


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Un enfant palestinien tué, c'est un futur terroriste de moins au Hamas ! / L'examen de fin d'études de Boushra / La vérité coloniale en face…(8-01-2009) / Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte (7-01-2009) / Non à la banalisation des législations d'exception ! / Avant les chars, les mots ! / Gaza : News from Oslo / Un véritable crime contre l'humanité / À la violence doit répondre la justice / Israël a définitivement perdu ses guerres / Israël expérimente de nouvelles armes / Soixante ans, ça suffit ! Denis Sieffert Politis / Comment Israël a mené la bande de Gaza au bord d'une catastrophe humanitaire / Les nanotechnologies, ça sert à faire la guerre / France Inter à la rigueur ? / Israël : État pathologique ? / Ils ont " sauvé " Israël de la paix / Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy / "...aucun effort de reconstruction à Gaza tant que le Hamas sera au pouvoir..." / Pourquoi Tsahal tue les enfants et les femmes en Palestine ? / Gaza : Le Triomphe de Caïn … / Une base de données israélienne secrète révèle l'ampleur de la colonisation illégale / Obama vit dans une bulle d'ignorance / La terre est plate / DURBAN II: DISCOURS (traduction française) DE MAHMOUD AHMADINEJAD (TEXTE INTÉGRAL) / Commentaires très personnels / France - Des " virus " dans le corps social. Retour sur la contresubversion. / De l'utilité du terrorisme dans les démocraties / Assassins I / Assassins II / « BLOCAGE » OU DÉBLOCAGE EN PALESTINE OCCUPÉE ? / Moines de Tibéhirine : Je n'ai jamais eu le moindre doute... / Obamassassinat de Ben Laden : est-ce la fin de l’Histoire ? / La palestine : un état... Les votes ! / Noël : Les Enfants de Falloujah… /

Sites Internet et articles INCONTOURNABLES et articles de presse / Tableau des articles archivés (.docm) / Corrélats /

Israël : Ta gueule ! Obama le ferme ! /
Gaza : Pour que ça ne recommence pas dans deux ans… /
Déclarations d’une personnalité politique israélienne, 38 ans, deux enfants, sexe féminin, appelant au génocide du Peuple Palestinien /
Un accident bizarre qui en rappelle un autre /
Criminels de guerre ou députés nazis ? /
La brutalité d’Israël contre Gaza a créé un sentiment populaire d’unité nationale /
Israël mal barré ou barré tout court ? /
Les envahisseurs /
Le pot vaut la cuillère /
Comment manipule-t-on des jihadistes ? Qui le fait ? /
Jihad en Syrie et engagement dans Tsahal : pourquoi interdire l’un et tolérer l’autre ? /
☞ Apologie du terrorisme : Des mercenaires étasuniens coopèrent avec Al-Qaeda /
Les Israéliens pensent que la prison va nous casser /
Apologie bien sûr : CRÉTEIL : Une agression « antisémite » inespérée /
Apologie du terrorisme : Les États-Unis sont un État terroriste de premier plan, par Noam Chomsky /
Apologie du terrorisme : et si on prenait des sanctions contre les USA ? /
Terrorisons l'apologie : Et si on prenait des sanctions contres les USA ? /
Apologie de la barbarie : le colonialisme /
La création de l'état d'israël /
Les responsables de la torture sous l’administration Bush doivent être poursuivis /
«Israël vit dans les vapeurs d'un rêve messianique» /
L'attentat contre Charlie Hebdo : l'occultation politique et médiatique des causes, des conséquences et des enjeux /
Netanyahu va-t-il finir à La Haye ? /
Le terrorisme découle aussi de la politique de la Banque mondiale /
« Une ambiguïté fondamentale pèse sur cette loi qui incrimine l’apologie du terrorisme » /
Face à une tentative de coup d’Etat israélien, la présidente argentine dissout les services secrets /
Le roman israélien sur le procureur Nisman /
La CIA et le complexe militaro-industriel US en sont déjà à plus de six mois de campagne publicitaire, promotionnelle et de communication pour Daesh /
Dix raisons pour souhaiter l’effondrement de l’AIPAC /
Comment le Malaysian Airlines MH17 Boeing a été abattu. L'examen de l'épave /
La boucherie cascher toujours en activité /
La ligue de défense juive passe à l'attaque /
La terre trop promise - Israël, du camp de concentration de Gaza en Palestine /
Attentats sous fausse bannière : mythe ou réalité ? /
La « guerre mondiale contre le terrorisme » a tué au moins 1,3 million de civils /
BDS ou terrorisme ? /
La privatisation du terrorisme est en marche… /




Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne

Rudi Barnet

16 juin 2011

Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l'opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques. Correctement appliquées, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d'être accusé d'opinion tendancieuse.

Pense-bête à l'usage du journaliste chargé du Moyen-Orient

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

• Quand l'armée israélienne tue des civils arabes, c'est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s'appelle du terrorisme.

• Les Israéliens n'enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens ! S'ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

• Il n'est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (11.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

• Quand vous mentionnez le "Hezbollah", toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d'Israël, il est superflu d'ajouter soutenu par les USA et

• Ne pas utiliser le terme "territoires occupés" mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye... Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d'utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

• Il est de bon ton de laisser entendre que le "Hamas" est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l'État d'Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

• Il n'est pas indiqué de signaler qu'Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d'implantations.

• Afin d'affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l'expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l'Iran, il n'est pas utile d'insister sur l'arsenal nucléaire militaire israélien... Et surtout pas de signaler que c'est la 6e puissance mondiale dans ce domaine.

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d'agréer les conditions israéliennes pour l'arrêt des hostilités, toujours ajouter que "Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix"... Si possible sur un ton de regret.

• Si vous êtes appelé à citer le "mur de séparation", ne jamais mentionner qu'il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes... Et éviter surtout de citer la condamnation du "Tribunal International de Justice" exigeant son démantèlement.

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants... Toujours parler d'activistes. Même s'ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

• Au cas où vous seriez amené à reparler de "Plomb Durci", toujours reprendre la thèse israélienne : c'est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez "unilatéralement" pour une meilleure compréhension)... et qu'Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles "cette flottille de soi-disant pacifistes" ou "acte de provocation"... et surtout évitez les commentaires du style "blocus illégal d'Israël, condamné par l'ONU".

• Si vous en avez l'occasion, affirmez qu'Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Évitez, évidemment, d'ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en État Juif, excluant de facto les 20 % de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d'en aviser les responsables de votre média. C'est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.

http://www.michelcollon.info/Comment-ecrire-un-article-sur-la.html



On trouve ce papier aussi sur de nombreux autres sites dont :
CAPJPO-EuroPalestine.
ou Vigi-Infos

On pourra aller lire aussi : Gaza - Médias en guerre (1) : Sous couvert de neutralité et Gaza – Médias en guerre (2) : De sources bien informées ?



Dangereux futurs terroristes du Hamas éliminés par Tsahal (2009)
Gaza : Laboratoire d’expérimentations pour de nouvelles armes
En ce début d'année 2009, Tsahal et ses soldats visent et tuent délibérément des civils. Ils tuent aussi délibérément des femmes et des enfants. Ça n'est pas un hasard malheureux. Il y a longtemps que ceux qui vivent ou ont vécu sur les territoires occupés dénoncent les comportements sanguinaires de la soldatesque israélienne.


Il y a aussi longtemps que les médias se taisent, que les politiques se taisent, que nous nous taisons. Il y a aussi longtemps que des voix s'élèvent, mais qu'elles sont étouffées, déniées, criminalisées.

Qui donc osera écrire que le génocide perpétré contre les palestiniens qui avaient élu démocratiquement le Hamas n'a pas d'autres intérêts que de sauver la mise politicienne à trois criminels patents qui n'ont en perspective que les élections législatives qui auront lieu au mois de février prochain ?
Dangereux futur terroriste du Hamas éliminé par Tsahal (2009)
Cela fait quarante ans qu'Israël dénie le peuple palestinien en Cisjordanie, et plus encore à Gaza. Cela fait quarante ans qu'Israël refuse de proposer des frontières clairement dessinées aux Palestiniens.


Cela fait quarante ans qu'Israël ne cesse de céder aux pressions des lobbies des colons et des ultra religieux.

Cela fait deux ans bientôt qu'Israël a commencé un processus d'étouffement de la population gazaouie en tentant de la priver de liberté, de nourriture, de soins, d'avenir et même de dignité… Sans grand succès.

Alors à l'instar de son grand protecteur étasunien vis-à-vis des amérindiens, Israël aurait-il choisi le génocide ?

Deux des sept nains : Simplet et Maussade
Quand le président Sarkozy privilégie les contacts avec certaines obédiences communautaristes et dénie les autres, quand il choisit de recevoir une très probable ancienne complice d'assassinat et agent du Mossad qui vient justifier ces nouveaux crimes et affirmer qu'il n'y a pas de problèmes humanitaires pour les populations sous les bombes, il n'a plus aucun droit à oser affirmer que les images qu'il a vues sont insoutenables.


Cela fait plus de quarante ans que les images sont insoutenables et pas que les images d'ailleurs.

Hors jeu et carton rouge, MM. Sarkozy, Obama *, Kouchner et autres guignols.

Faudra-t-il que M. Chavez offre une piste (fin des relations diplomatiques avec Israël et renvoi de l'ambassadeur) ou bien encore cette entreprise de télécom anglaise (fin de la collaboration industrielle avec une entreprise israélienne) ?

[* J'ai entendu dire que Barak en hébreu, cela voulait dire Blitz ! (Gideon Levy à là-bas si j'y suis de Mermet, mardi 6 janvier 2009)]




Note très personnelle : Les individus qui commettent des crimes contre l'humanité ne méritent pas d'être considérés commes des humains, pas davantage que ceux qui les soutiennent. Ils ne peuvent donc pas se prévaloir, si on les remet en cause, d'une quelconque posture raciste ou discriminatoire. Cela vaut pour les israéliens qui soutiennent Tsahal, cela vaut pour le Crif. Il y a des israéliens qui ne soutiennent pas leur gouvernement. Il y a des juifs qui veulent que les palestiniens aient un territoire. Condamner Olmert, Livni, Barak, Peres et d'autres n'est pas faire preuve d'antisémitisme et ne remet pas en cause la shoah. Ne pas leur prêter la dimension d'humain n'est pas exagéré. Faudrait peut-être arrêter avec les hypocrisies et les confusions. (Lire aussi : la Palestine terre promise à Israël ? UN MENSONGE POUR NE PAS MOURIR DE LA VÉRITÉ)

J'irai même jusqu'à demander à Sarkozy s'il a l'intention de demander aux enfants de CM2 de nos écoles qu'ils parrainent des enfants de Gaza que Tsahal a génocidé ? (Lire : Gaza sous les bombesLa négation de l’holocauste et le silence de ceux qui savent.)




L'examen de fin d'études de Boushra / 11 mai 2007

Le journaliste d'Haaretz Gideon Levy raconte les derniers instants de Boushra, palestinienne de 17 ans, tuée d'une balle en pleine tête par un tireur d'élite de l'armée israelienne alors qu'elle révisait chez elle, préparant un examen.

Du sang sur les mains : les empreintes pourpres de deux mains tachent le mur blanc. Le sol en céramique étincelante dans les tons bruns, les murs peints en blanc et dans des tons pastel doux : leur nouvelle maison, après la destruction par l'armée israélienne de leurs deux maisons précédentes. Les empreintes de mains couvertes de sang demeurent, tel un témoignage muet sur le mur de la cage d'escalier intérieure qui conduit au deuxième étage de la maison.


C'est ici que se trouvait Rouqiya quand, terrorisée, elle a frappé le mur de ses mains couvertes du sang de sa fille, criant son désespoir et appelant les voisins à l'aide. Elle frappait, frappait, laissant les empreintes de ses mains, tandis qu'au dehors, les jeeps se tenaient en file, semant la terreur, que des tireurs d'élite étaient postés sur le toit de l'immeuble à étages dans la descente de la rue et que dans l'autre pièce, Boushra gisait, morte, dans une mare de sang qui allait s'élargissant, un trou au milieu du front.

Le sang a coulé sur le cahier de grammaire, le trempant complètement. Le stylo vert était lui aussi couvert de sang. Il est encore là, entre ces parchemins de sang. Le cahier de grammaire de Boushra Bargis (Al-Wahash), la matière scolaire d'une jeune fille qui se préparait à son examen de fin d'études.

Entre les pages du cahier devenu une espèce de livre souvenir, on a déposé la photo de la morte : sourire contracté, yeux mi-clos et un petit trou dans le front. Boushra, 17 ans, a été tuée par la balle du tireur d'élite, une balle au milieu du front, alors que la jeune fille faisait allait et venait dans sa chambre, le cahier de grammaire dans les mains, révisant la matière de l'examen du lendemain. Un coup dans le mille. Les lampes étaient allumées dans la pièce. On peut présumer que le sniper a vu sur qui il tirait, quelle vie il ôtait avec une aussi terrifiante légèreté.

Divertissement de sniper ? Une unique balle au milieu du front d'une adolescente et deux balles dans la porte du réfrigérateur " Amcor XL ", dans la nouvelle cuisine située dans le prolongement de la chambre de Boushra, l'endroit où se cachaient les femmes de la maison : Rouqiya, sa fille Souqeina âgée de 23 ans et sa petite-fille, Darine, 3 ans. Deux femmes, une adolescente et une toute petite fille, dans une maison où les soldats croyaient que se cachait un homme recherché, Abed Al-Rahman Al-Wahash, le frère de Boushra. Dans un contraste atroce avec la version de l'armée israélienne, tous les témoins visuels rapportent que l'appel à sortir de la maison n'est venu qu'après que le sniper eût assassiné Boushra de sang froid. La logique conduit elle aussi à penser qu'il en a été ainsi : aucune adolescente n'aurait continué à étudier alors que les soldats appelaient d'en bas à évacuer la maison. Trois balles de sniper, tirées d'une distance de 150 mètres environ, ont coupé net la préparation de Boushra à son dernier examen.

" Avanti popolo ", au checkpoint de Jénine. Deux soldats de l'armée israélienne, des policiers militaires, parlent arabe entre eux, en marchant de long en large, désœuvrés. Une voiture de location fait irruption au checkpoint et il en sort un vieux touriste britannique. " Est-ce qu'il faut attendre ici ? ", demande-t-il surpris, convaincu qu'il s'agit de l'accès à une route à péage. " Allez où ? ", demande le premier sergent Hikmat dans un anglais approximatif. " Jérusalem ", répond le touriste qui s'empresse de sortir de la boîte à gants de la voiture, en guise de preuve, une carte routière qu'il a reçue de la société de location. Le Britannique montre avec assurance le chemin le plus court jusqu'à la capitale, en passant par Jénine, évidemment. La Ligne Verte est morte sur les nouvelles cartes des sociétés de location et le Britannique ne sait à quel saint se vouer.

Un taxi jaune de Jénine nous conduit rapidement à l'intérieur du camp de réfugiés. Son chauffeur est ébahi de l'identité de ses passagers juifs. Le seul hôpital de la ville est encore fermé du fait de la grève des travailleurs qui ne reçoivent pas leur salaire. La nouvelle route du camp rénové est déjà semée de trous.

L'armée israélienne entre maintenant toutes les nuits dans le camp, semant la terreur dans le cœur de ses habitants et en particulier dans le cœur des enfants. Au début, il n'y avait pas de résistance et les soldats faisaient sortir dans le froid, chaque nuit, des dizaines d'hommes à moitié nus. Ces dernières semaines, les jeunes gens armés du camp ont décidé de ne plus rester passifs et ils ont commencé à accueillir les jeeps avec des charges explosives bricolées à partir de bonbonnes de gaz qu'ils déposent en bordure de chemin, au cœur du camp. Boum après boum, le bruit des explosions et des tirs, les nuits ici sont maintenant des nuits de cauchemars, des nuits blanches, avec des enfants qui mouillent leur lit et des parents impuissants qui tremblent pour eux.

Il y a deux semaines, le samedi soir, cela a aussi été une nuit agitée de ce genre-là. Dans l'après-midi, des soldats de l'armée israélienne avaient tué trois hommes armés dans la ville, et les esprits étaient démontés. Dans sa chambre du deuxième étage de la maison rénovée située près de la mosquée du camp, Boushra préparait son examen final de langue. Elle était orpheline de son père, décédé il y a huit ans des suites d'une maladie. Un de ses frères, Abdallah, a été condamné il y a cinq ans à 23 ans de prison en Israël pour atteintes à la sécurité ; un autre de ses frères, Abed El-Aziz, vient d'être libéré au terme de deux années de détention administrative sans procès : des soldats étaient venus chercher le troisième frère Abed El-Rahma, un militant du Jihad islamique recherché depuis deux ans pour son activité au sein du mouvement, et ils avaient arrêté Abed El-Aziz à sa place.

Pendant des années, Boushra a été la seule de la famille à être autorisée à aller voir Abdallah en prison. La mère, qui a l'expérience de la souffrance, n'a été autorisée à rendre visite à son fils que six fois en cinq ans. Depuis que Boushra a été tuée, Israël n'a même pas laissé Abdallah parler au téléphone avec sa mère en deuil. Il est détenu dans la prison d'Ashkelon, est bien sûr au courant de l'assassinat de sa sœur et ne peut pas réconforter sa mère. Abdallah a été arrêté en novembre 2002, le jour où l'armée israélienne a tué un employé de l'UNRWA dans le camp, le Britannique Ian Hook. Il y a quatre mois, sa sœur lui a rendu visite pour la dernière fois.

L'examen terminal en histoire s'était tenu samedi matin, et Boushra s'était ensuite rendue dans son ancienne école fondamentale qui organisait une " journée portes ouvertes ", avec spectacles et buffet. Quelques jours plus tôt, Boushra avait reçu un prix pour sa plus grande distinction dans ses études : une horloge en forme de château coloré, avec une tourelle et des fleurs à l'avant. L'horloge est arrêtée.

Dans l'après-midi, elle était rentrée à la maison, elle avait mangé et avait commencé à préparer l'examen de langue, fixé au lendemain. Le samedi précédent, elle s'était encore accordé de partir en excursion avec quelques camarades de classe. La photo est là, qui sera donc la dernière photo de Boushra vivante : quatre jeunes filles portant leur uniforme à rayures, la tête couverte d'un foulard, s'appuyant doucement les unes contre les autres, inondant l'appareil photo de sourires hésitants, avec à l'arrière-plan le site touristique de Wadi Al-Badin, sur la route de Naplouse. Les rayons du soleil percent à travers les arbres. Aucune de ces jeunes filles ne savait que cette photo deviendrait, une semaine plus tard exactement, une photo commémorative. Boushra voulait devenir avocate.

Dans l'après-midi, elle avait demandé à son frère de lui acheter des stylos, pour ne pas tomber en panne le lendemain, à l'examen. Abed El-Aziz lui en a acheté cinq à bon marché, dont celui resté fiché entre les pages du cahier ensanglanté. Ensuite mère et fille ont dit la prière du soir et de la nuit, et entre les deux prières, Boushra a continué de réviser sa matière.

Elle avait l'habitude d'étudier en marchant. Mémorisant tout en marchant de long en large. Aux alentours de neuf heures du soir, on a entendu du bruit venant de la rue et la mère s'est empressée d'aller ouvrir la fenêtre : tous feux éteints, une longue file de jeeps approchait de la maison qui se trouve à la limite du camp.

Boushra est tout de suite allée chercher sa petite nièce Darine qui dormait sur un matelas placé sous une fenêtre pour l'amener dans la cuisine située à l'arrière de l'appartement et l'éloigner de la tempête qui s'annonçait. Puis elle est retournée dans sa chambre et a continué à étudier, face à la fenêtre ouverte. Les autres femmes de la maisonnée se pelotonnaient dans la cuisine. Les soldats n'ont pas donné l'ordre de sortir de la maison et les femmes étaient convaincues que les soldats avaient surgi à cause des troubles qui avaient eu lieu dans la ville, au cours de cette journée tumultueuse et meurtrière.

Alors que les femmes se serraient dans la cuisine et que Darine dormait par terre, elles ont entendu un bruit étrange. Elles ont été sidérées de découvrir deux balles fichées dans la porte du réfrigérateur. Rappelons-le : la cuisine se trouve à l'arrière de l'appartement, au deuxième étage, et pareil tir ne pouvait partir que de la maison située en droite ligne avec la cuisine, dans la pente de la route de sortie du camp, à environ 150 mètres. Déjà dans le passé, des soldats et des tireurs d'élite s'étaient cachés dans cette maison-là.

A la vue des deux balles fichées dans le réfrigérateur, Rouqiya a immédiatement appelé sa fille qui étudiait dans la chambre voisine. Ne recevant pas de réponse, la mère a couru vers la chambre : Boushra était étendue par terre, sur le dos, dans une mare de sang qui se formait sous sa nuque, un trou dans le front et son cahier à la main. Elle était étendue loin de la fenêtre, au milieu de la chambre. Il n'est pas nécessaire d'être un expert en balistique pour se convaincre que ces balles ne peuvent avoir été tirées depuis les jeeps stationnées au pied de la maison.

Rouqiya savait que sa fille était morte. Elle s'est mise à appeler à l'aide et à frapper le mur de la cage d'escalier, puis elle est montée sur le toit de la maison d'où elle a encore appelé à l'aide. Après que ses cris se soient fait entendre, et seulement après que ses cris se soient fait entendre - selon ce que disent les femmes de la maison ainsi que G. Z., un témoin particulièrement fiable selon nous et qui se trouvait chez les voisins - c'est seulement alors qu'on a entendu, par haut-parleur, les soldats sommer les femmes de sortir de la maison.

C'est là un point central, parce que l'armée israélienne a déclaré le lendemain que les femmes avaient été appelées à sortir et que Boushra était restée seule dans la maison en dépit des appels.

Elles sont sorties dans la rue, sur l'ordre des soldats (dont aucun n'osait sortir des jeeps stationnées au pied de la maison), laissant derrière elles, dans sa chambre, Boushra ensanglantée et déjà morte. " Vous avez tué ma fille ", criait Rouqiya aux soldats, en frappant de toutes ses forces sur le côté des véhicules blindés. Mais nul n'en est sorti. Elle a dit aux soldats que la porte de la maison était ouverte et qu'ils pouvaient entrer, chercher l'homme recherché ou voir le corps de sa fille morte, mais nul n'est entré dans la maison.

" Pourquoi ne sont-ils pas entrés dans la maison ? Pourquoi ne nous ont-ils pas dit tout de suite de sortir ? S'ils nous avaient appelées plus tôt, nous serions sorties immédiatement ", dit Rouqiya. Les soldats ont ordonné à Rouqiya de montrer sa carte d'identité, mais elle dit avoir refusé. Elle a seulement supplié de pouvoir, ainsi que sa fille, retourner auprès de Boushra, mais elle dit que les soldats ne les y ont pas autorisées.

Une demi-heure plus tard environ, une ambulance palestinienne est arrivée ; les infirmiers sont entrés dans la maison et ont descendu Boushra sur un matelas jusqu'au seuil de la maison. Dehors se tenaient sa mère, sa sœur et sa nièce, tremblant de tout leur corps. Elles disent être restées comme ça environ une heure, peut-être plus. Le corps étendu sur un matelas, à l'entrée de la maison, et elles qui se tenaient là, agitées, pieds nus dans la rue, avec la petite Darine terrifiée, blottie dans les bras de sa mère, et les mains de Rouqiya encore couverte du sang de sa fille, tandis que les soldats demeuraient à l'intérieur des jeeps. Puis tout à coup, les soldats ont lancé des grenades fumigènes et sont partis comme ils étaient venus, laissant les femmes de la famille avec le corps.

Réaction du porte parole de l'armée israélienne : " Le 21 avril, au cours d'une opération d'une unité de l'armée israélienne qui se déplaçait à proximité du camp de réfugiés de Jénine, plusieurs charges explosives ont été lancées contre elle et elle a également essuyé des tirs à plusieurs reprises. L'unité a riposté en direction de l'origine des tirs. L'enquête a montré que l'unité avait repéré avec certitude que l'on avait tiré à plusieurs reprises depuis une fenêtre d'un bâtiment. A la fenêtre voisine, a été repérée une silhouette tenant une arme et un tir a été effectué dans sa direction. Après l'opération, une information est parvenue au QG de coordination et de liaison, selon laquelle une jeune Palestinienne avait été tuée. "

Le tapis imbibé de sang a été roulé, monté sur le toit de la maison et déposé à côté de l'antenne satellite. La maison d'où il semble que le tireur d'élite ait tiré et tué Boushra est visible en face. Une photo d'Abdallah, le prisonnier, est accrochée au mur de la chambre où sa sœur a été tuée. On y joindra maintenant, juste à côté, sa photo à elle. Dans un cadre repose une très grande photo de Boushra, l'adolescente qui ne s'est pas rendue dimanche à son examen de fin d'études.

Gideon Lévy

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Publication originale Haaretz, traduction Michel Ghys, pour Info Palestine

Illustration : Le cahier taché de sang de Boushra avec sa photo prise après sa mort. Elle gisait sur le sol, dans une mare de sang, son cahier à la main. (Ph. Miki Kratsman)






La vérité coloniale en face… / PAR Denis Sieffert / Politis / jeudi 8 janvier 2009

Selon l’usage que l’on en fait, la tradition des vœux peut être routinière ou hypocrite. Par les temps qui courent, les nôtres seront cette année plus encore que d’habitude des vœux de mobilisation des énergies et de combat. Car même s’il y a dans nos vies, Dieu merci, des aspects personnels, nous avons en commun, nous autres, lecteurs ou journalistes de Politis, d’être des « animaux politiques », au sens d’Aristote. On peut le dire aussi plus drôlement, à la manière de Coluche : « Chaque fois qu’un avion s’écrase quelque part dans le monde, c’est sur nos pompes. » Non seulement nous ne savons pas nous murer dans l’indifférence, mais nous ne le voulons pas. Nous revendiquons d’être des citoyens actifs, face à la crise sociale, comme dans les guerres et les conflits. Et nous ne souffrons jamais plus que lorsque nous avons le sentiment de l’impuissance. C’est ce sentiment que nous éprouvons, bien sûr, depuis dix jours que s’abat un déluge de feu sur Gaza. Notre conscience est tout autant révulsée par l’incroyable conditionnement des esprits que par la violence inouïe de l’opération militaire israélienne. Le discours de l’homme de la rue en Israël, que nos médias relaient abondamment, qui soutient « à cent pour cent » (« à mille pour cent », disent certains) son armée commettant les pires atrocités dans l’étroit territoire palestinien, choque par son uniformité. De toutes les bouches tombent exactement les mêmes mots, les mêmes formules. « On n’a pas le choix » ; « On ne fait que se défendre. » Comme si une nation entière avait appris la leçon sous la dictée d’un chargé de communication diabolique.

Ainsi, tout Israël semble ignorer que ce n’est pas le Hamas qui a rompu la trêve conclue le 19 juin, mais un raid meurtrier de l’aviation israélienne, le 4 novembre. Plus grave encore, tout Israël ou presque semble tenir pour négligeable cette violence initiale : le blocus. Cette sanction économique injustifiable imposée aux habitants de Gaza depuis que le Hamas a pris le contrôle de l’étroit territoire, en juin 2007. La conscience majoritaire dans ce pays ne veut toujours pas connaître la violence coloniale, celle du blocus à Gaza, comme celle du mur et des expropriations, en Cisjordanie. Ou, tout simplement, celle du refus de la souveraineté nationale. Et, une fois de plus, c’est par la violence extrême qu’Israël évite de regarder la réalité coloniale en face. Sans les raids du mois de novembre, il aurait fallu commencer à se poser le problème du desserrement du blocus. C’est d’ailleurs manifestement ce que les dirigeants du Hamas attendaient en retour. Et c’est la raison pour laquelle ils avaient, fin juin 2008, imposé par la force le respect de cette trêve aux factions irrédentistes. Mais cette logique conduisait Israël à transgresser l’interdit de l’étiquette « terroriste ». Elle conduisait à faire « de la politique » avec le Hamas. Tous les faits et tous les événements qui pouvaient aller dans cette direction ont donc été comme effacés de la mémoire collective.

Sur le fond, ce pays est plus à l’aise dans le conflit que dans la négociation avec les représentants d’un peuple dont il a longtemps nié l’existence. La froide indifférence avec laquelle son armée peut en ce moment même massacrer toute une population montre que ce déni d’humanité n’est toujours pas surmonté. Les raisons profondes du massacre de Gaza sont là : dans ce rapport colonial. Israël mène aujourd’hui sa « bataille d’Alger ». S’y ajoutent des considérations de calendrier. Le leader travailliste (on croit cauchemarder en employant ce mot), Ehud Barak, ministre de la Défense, et la présidente de Kadima, Tzipi Livni, refont dans le sang leur retard sur la droite de Benyamin Netanyahou. Cela en vue des élections anticipées du 10 février. Et puis il y a le mystère Obama. Israël n’est pas trop sûr du futur président américain, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier. Du côté de l’Union européenne, en revanche, rien à craindre. La « mission » de Nicolas Sarkozy dans la région, même vaine, aurait pu être au moins naïve et sympathique, si elle n’avait pas suivi de trois semaines un geste politique de soutien inconditionnel à l’État hébreu. En rehaussant le niveau de partenariat commercial avec Israël, l’Europe s’est en effet privée de tout moyen d’action. De ce côté-là aussi le calendrier était donc favorable. Tout cela a donc peu à voir avec les roquettes du Hamas. L’écho planétaire de l’une des plus scandaleuses injustices de notre époque peut continuer de faire ses ravages. Principalement dans le monde arabo-musulman, qui ne peut pas ne pas avoir le sentiment d’être méprisé. Un écho que ni la censure israélienne ni la désinformation dans les grands médias ne parviennent à étouffer. Ce qui nous ramène à nos vœux. Ceux que nous formons pour nous-mêmes, pour Politis et pour ceux qui dans ce métier veulent faire entendre d’autres voix. Nous en sommes réduits aujourd’hui à crier notre indignation, à appeler à manifester, samedi prochain notamment [1] ; et, horriblement, à scruter les images qui pourraient enfin réveiller les consciences. C’est en cela que le massacre de Gaza nous avilit tous.

Notes

[1] Symboliquement j’irai, à Paris, dans le cortège de l’Union juive française pour la paix.






Je suis juif, et aujourd’hui j’ai honte. / Serge Grossvak 07/01/09 / Paru sur le site de l'UIJP.

Je suis juif et j’entends ces bruits, ces bombes, ces souffrances qui hurlent. C’est l’histoire qui me revient pour m’éclater à la face. L’histoire que mes parents m’ont légué pour honnir la guerre honteuse. Je suis juif et je vois le sang, le sang qui coule sous les bombes comme à Guernica. Je suis juif et je sais la révolte désespérée contre l’étouffement et la famine du ghetto de Varsovie. Je sais l’indifférence absolue qui précédait, comme à Gaza.

Je suis juif et je suis frère de racine et d’histoire de ces hommes d’Israël. Ces fils de victimes adossant aujourd’hui l’armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés n’engendrer de leur passé qu’un abomineux dédain pour l’âme humaine !

C’est à désespérer. Est-ce la victoire posthume d’Hitler que cette sauvagerie distillée ? Est-ce sa victoire que ce reniement de l’humanisme ? Ah ma mère ! Je me souviens lorsqu’enfant tu me fis l’apprentissage de ce gardien d’immeuble qui vous avait averti, il était communiste, puis de ces religieuses vous extrayant d’un Paris devenu trop dangereux. Ah ma mère ! Je me souviens de ce poème d’Aragon où le résistant arménien avait pour derniers mots « vive le peuple allemand » devant les Nazis qui allaient l’achever. Ma mère, où se cache aujourd’hui la dignité de nos frères d’Israël ou de notre famille aveuglée de haine et de conquête ? Ma mère, il était dur de naître en portant les souffrances de vos vies, mais les enfants d’aujourd’hui vont devoir affronter bien pire : la honte !

Gaza martyr, Liban martyr, Jenine martyr et rien d’autre ne vibre dans leur âme qu’un énervement et une volonté de soumettre ! Que leur demeure t il de sens humain ? N’auraient ils plus qu’un Bush dans les os ?

Les palestiniens perdent leurs chairs, leur sang, leur terre. Les juifs perdent leur âme, aveuglément engagés derrière l’État d’Israël. L’horreur s’ajoute à l’horreur sans jamais permettre qu’émerge une étincelle d’intelligence. L’intelligence, la bonne intelligence…. La Paix ! Cette Paix qui en tout lieu du monde a la même science : celle du respect partagé. Cette Paix de Kant pour tous les peuples de la terre.

Ce respect est honteusement dénié en affamant, en occupant, en excluant, en dominant. Ce dénie qui légitime la rage et fait monter les haines. Ce dénie qui rend impossible la fin des armes et des souffrances. Ce dénie qui nous plonge dans un massacre récurent où la vie n’a plus la valeur d’une vie.

Le respect, c’est le Droit, partout dans le monde. Le respect, c’est Israël entrant dans la Loi du monde, comme tout le monde. La Loi du monde délimite des frontières depuis 40 ans. Au-delà de ces frontières rien n’est à régenter, à occuper. Des frontières où commence la liberté des autres. Des frontières, tout simplement, comme partout dans le monde. Des frontières pour que monte le respect, premier pas, tout premier pas des humains.

Pour que demain les peuples partagent leurs rêves et que les frontières soient une invitation amicale aux rencontres.

Serge Grossvak 07/01/09




Le Monde / Point de vue /

Non à la banalisation des législations d'exception ! par Michel Terestchenko

LE MONDE | 06.01.09 | 13h13 • Mis à jour le 06.01.09 | 18h04

Au cours d'un colloque qui se tint à Berlin à la fin des années 1990, le professeur de droit Günther Jakobs recommandait que nos sociétés démocratiques établissent une distinction entre le droit pénal des citoyens et le droit pénal de ceux qu'il appelle "les ennemis de l'ordre public" : "Celui qui veut être traité comme une personne, expliquait-il, doit de son côté donner une certaine garantie explicite qu'il va se comporter comme une personne. Si cette garantie fait défaut, ou même si elle est formellement refusée, le droit pénal n'est plus la réaction de la société contre l'un de ses membres, mais devient la réaction contre un ennemi."

Une telle distinction, qui entend légitimer l'instauration d'une législation de combat, présuppose que tout citoyen soit en mesure d'apporter la preuve que son comportement - non ses actes, serait-il simplement soupçonné de les avoir commis - ne constitue pas une menace potentielle pour la société. Si l'on devait suivre une telle recommandation, s'instaurerait un ordre du soupçon généralisé auquel personne ne pourrait échapper, mettant en cause la présomption d'innocence et les principes fondamentaux de notre conception du droit. S'agit-il là de simples divagations d'un universitaire, conduisant à appliquer à tout citoyen la distinction établie par le juriste Carl Schmitt entre l'ami et l'ennemi ?

Il y a, hélas, tout lieu de craindre que non si l'on considère l'évolution des mentalités gouvernementales et des pratiques judiciaires. Je parle ici de la France, non de l'Allemagne. On en voit un triste exemple dans le sort réservé à Julien Coupat et à sa compagne, Yldune Lévy. Tous deux ont été incarcérés, le 16 novembre 2008, avec plusieurs membres d'une prétendue "cellule invisible", pour leur responsabilité présumée dans le sabotage contre les lignes TGV, qualifiée d'"entreprise terroriste", mais ils sont les seuls à être aujourd'hui encore maintenus en détention sans qu'aucune preuve formelle ait pu, semble-t-il, être apportée à leur participation à cette action. Une action, au reste, qui, en seraient-ils responsables, ce qui n'est pas établi, ne relève nullement de l'intention de faire régner la terreur par un attentat contre des civils innocents, sauf à tomber dans une lamentable et effrayante dérive sémantique. C'est pourtant là le point décisif, car c'est principalement sur la base de cette qualification des faits que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé, vendredi 26 décembre, de maintenir Julien Coupat en détention préventive. Quant à Yldune Lévy, elle n'a toujours pas été auditionnée par un juge d'instruction, un mois et demi après son arrestation.

A l'origine de cette étrange rigueur, une circulaire, datée du 13 juin 2008, de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la justice, qui s'inquiète de la "multiplication d'actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d'être attribuées à la mouvance anarcho-autonome". Il est demandé aux parquets d'"apporter une attention particulière à tous faits (des inscriptions - tags - jusqu'aux manifestations de soutien à des étrangers en situation irrégulière) pouvant relever de cette mouvance afin d'en informer dans les plus brefs délais la section antiterroriste du parquet du tribunal de grande instance de Paris pour apprécier de manière concertée l'opportunité d'un dessaisissement à son profit". Dans un communiqué intitulé "La direction des affaires criminelles voit des terroristes partout" (26 juin 2008), le Syndicat de la magistrature soulignait le risque que cette circulaire pouvait faire courir, celui "de permettre une extension quasi illimitée d'une législation d'exception" et "de renforcer la répression à l'encontre des différents acteurs du mouvement social". Une inquiétude aujourd'hui amplement justifiée par les faits.

Nous apprenons, en effet, que Julien Coupat et Yldune Lévy, incarcérés l'un à la prison de la Santé et l'autre à Fleury-Mérogis, sont traités comme des détenus particulièrement surveillés (DPS), auxquels s'appliquent des mesures de précaution liées à leur prétendue dangerosité.

C'est ainsi que, selon une révélation du Canard enchaîné du 17 décembre, "depuis un mois, à la maison d'arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, la nuit, toutes les deux heures, la lumière s'allume dans la cellule d'Yldune Lévy, présumée d'"ultragauche" saboteuse de caténaires SNCF (...). Officiellement, c'est "pour la protéger d'elle-même". En réalité, comme le concèdent des juges en privé, il s'agit d'abord d'"attendrir la viande" de cette "dangereuse terroriste"".

A la question posée par le journal Libération (11 décembre) : "Comment s'expriment leurs velléités terroristes ?", le contrôleur général Christian Chaboud, responsable de la lutte antiterroriste, a répondu : "De par leur attitude et leur mode de vie."

Avec l'altération des rythmes de sommeil, c'est ainsi une des méthodes de privation sensorielle utilisée à grande échelle par les forces américaines dans le cadre de la "guerre contre la terreur", qui serait employée en France à l'endroit d'une personne présumée innocente. Le but est toujours le même : briser la résistance psychique du détenu. Or de telles pratiques, dont la capacité destructrice est indéniable, sont qualifiées, en droit international, d'actes de torture. C'est à ce titre qu'elles font l'objet d'une prohibition inconditionnelle.

Nul besoin d'entrer dans le fond du dossier ni d'être lié à la mouvance de l'ultragauche pour dénoncer et condamner ces méthodes dont l'apparition et la légitimation sont inévitables dans une société où le discours de la menace et de la peur conduit à bafouer les règles de la justice ordinaire. A quoi bon s'indigner de la législation d'exception mise en oeuvre par l'administration Bush à Guantanamo sur des centaines de prétendus terroristes si nous entrons à notre tour dans la même régression, serait-elle de moindre gravité, à la faveur d'un consensus plus ou moins tacite ? Au-delà de décisions de justice qui éveillent, pour le moins, notre perplexité - même si nous ne savons pas tout et qu'une certaine prudence s'impose -, au-delà du traitement carcéral réservé à ces détenus, qui sont toujours, faut-il le rappeler, présumés innocents, et qui soulève notre indignation, au-delà même du développement de l'esprit sécuritaire dont nous devons refuser les pièges parce qu'il ébranle la garantie que la démocratie doit apporter à la défense des libertés publiques fondamentales, c'est d'abord la "métaphorisation" de la notion de terrorisme qu'il faut rejeter absolument.

Lorsque le langage cesse d'établir et de garantir notre relation de confiance avec le monde, il y a tout lieu de craindre que la société vacille dans son ensemble. La justice en particulier. Notre devoir de vigilance a dans les temps présents, ici et ailleurs, trouvé assez de raisons de s'exercer pour que nous exigions que notre démocratie demeure respectueuse des principes qui la constituent et qu'aucune forme de torture, serait-elle psychologique, ne s'exerce à l'endroit de quiconque. Au surplus, l'extension immodérée de la justice d'exception est une dérive dont personne ne peut désormais être assuré qu'il n'en soit un jour victime.

Michel Terestchenko est philosophe et auteur "Du bon usage de la torture" (La Découverte, 216 p., 15 euros).

Article paru dans l'édition du 07.01.09.




Avant les chars, les mots ! / JEUDI 8 JANVIER 2009 / POLITIS / 7 / DENIS SIEFFERT

Avant le massacre de Gaza, la population israélienne a été gavée de propagande. L'opinion française, à un moindre degré, aussi.

L'OFFENSIVE CONTRE GAZA a recueilli le soutien de 95 % des Juifs israéliens, selon un sondage paru le 1er janvier dans le quotidien Maariv. Un autre sondage, paru la veille dans Haaretz, faisait état de 71 % d'approbation, mais en tenant compte de 20 % d'Arabes israéliens hostiles à l'opération. Sans ce soutien massif, le massacre des Palestiniens de Gaza aurait sans doute été politiquement difficile. Car c'est au nom du " droit à l'autodéfense " que la presse israélienne, quasi unanime, approuve l'offensive. Dans le récit officiel, il s'agit de faire cesser les tirs de roquettes par le Hamas, coupable d'avoir rompu la trêve conclue en juin.

Cette thèse, qui ne tient même pas chronologiquement, traverse tout l'échiquier politique israélien. Ainsi, l'écrivain David Grossman, homme " de gauche ", en appelait le 30 décembre dans Haaretz à " une trêve de 48 heures", mais en légitimant l'argumentaire du " droit à. l'autodéfense " : " Nous ne devrions en aucune façon, écrivait-il, frapper [les Palestiniens] aussi violemment même si le Hamas, depuis des années, a rendu misérable à l'extrême la vie des gens du sud d'Israël" (1). Le propos est en fait lourd de menace : si au bout de 48 heures le Hamas n'a pas rendu les armes, alors le " pacifiste " David Grossman ne répond plus de rien. Le même double langage se retrouve dans le parti de gauche Meretz, qui, après avoir appelé à une offensive contre Gaza pour faire stopper les tirs de roquettes, a ensuite appelé à un cessez-le-feu.

La propagande israélienne n'est pas sans effets sur la presse française. Laissons ici le Figaro, qui adhère totalement au vocabulaire américano-israélien définissant le Hamas comme " organisation terroriste", et qui prédit le " rRetour " des " kamikazes " pour justifier par avance le massacre de Gaza. Et attardons-nous sur un article de Libération qui trahit bien tout l'embarras de la presse française. Sous le titre " Qui a commencé ? ", on a pu lire ceci : "Le Hamas a pris la décision, le 18 décembre, de ne pas renouveler la tahdiyeh (période de calme) de six mois conclue avec Israël. Cette rupture a rapidement été suivie par le tir de dizaines de roquettes et d'obus de mortiers, provoquant l'attaque israélienne de samedi. " Jusque-là, les choses sont claires. Mais malheur au lecteur qui n'aura pas été plus avant dans sa lecture, car voici la suite : " En fait, cette trêve, plutôt bien suivie pendant quatre mois et demi, n'était plus vraiment respectée depuis le raid israélien du 4 novembre qui avait tué six membres du Hamas. Cet acte de violence avait entraîné une réaction en chaîne : riposte à coups de roquettes du mouvement islamiste et renforcement du blocus israélien [...], qui a encore aggravé la situation humanitaire déjà très critique dans l'enclave palestinienne. "

Le même article nous apprend ensuite, citant Haaretz, que le raid du 4 novembre a servi à préparer l'actuelle offensive militaire, dont les préparatifs avaient commencé sbc mois plus tôt. Autrement dit, l'opération actuelle n'a rien à voir avec la rupture d'une trêve qui, de surcroît, est le fait d'Israël, ni avec les roquettes qui deviennent un prétexte. Mais qu'importé ! Ce qui reste, c'est " l'agression du Hamas ". Ce qui est suggéré, c'est la " légitime défense " israélienne. C'est ce qui reste dans les informations répétées heure après heure sur les radios. Parfois grossièrement, comme ce présentateur du journal de 8 heures sur France Inter, qui affirme tout de go, le 5 janvier : "Si Israël s'est lancé dans cette vaste opération, c'est, rappelons-le, en réponse aux incessants tirs de roquettes par le Hamas depuis le territoire palestinien. " Ou comme Yvan Levai, qui, au détour de sa revue de presse, samedi matin, également sur France Inter, louait " la patience" d'Israël. A-t-il songé à la " patience " des Palestiniens privés de tout et réduits au chômage par l'asphyxie économique savamment orchestrée par Israël depuis deux ans ? L'occultation totale du blocus comme acte de violence est d'ailleurs l'une des constantes de la propagande.

Mais revenons sur le mot " patience ", tout droit sorti du vocabulaire colonial. Il nous renvoie à l'analyse fort pertinente de Tom Seguev, qui nous donne - également dans Haaretz-les clés de la propagande israélienne. Selon l'historien israélien, les motivations d'Israël sont toujours les mêmes. H s'agit de " donner une leçon aux Palestiniens". Selon son niveau de culture et de prudence sémantique, on dira " une leçon au Hamas ", ou " aux Palestiniens ", ou " aux Arabes-qui-ne-comprennent-que-le-langage-de-la-violence ", comme on l'entend fréquemment répéter en Israël par l'homme de la rue. " C'est un leitmotiv qui a accompagné l'entreprise sioniste depuis ses débuts, écrit Tom Seguev, nous sommes les représentants du progrès et des Lumières [...], tandis que les Arabes sont une foule primitive et violente, des enfants ignorants qu 'il faut éduquer... " Nous sommes là en effet au fond de la propagande coloniale classique. Classique, trop classique.

DENIS SIEFFERT

(1) Article reproduit dans Libération Au 31 décembre. N.B. Dans ces circonstances, il faut croire aux journalistes plutôt qu'aux journaux. Michel Bole-Richard, qui accomplit dans /e Monde un travail remarquable. Claire Servajean, qui, sur France Inter, a donné longuement la parole, le 1er janvier à 13h, à l'admirable Stéphane Kessel, qui a pu rétablir quelques vérités essentielles.




Parmi les guignols CTPC, le célèbre expert en géopolitique Alexandre Adler et ardent souteneur de la politique guerrière de Sharon et suivants :

Alexandre Adler, portrait d’un omniscient

Ancien élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé d’histoire, considéré par de nombreux journalistes comme la référence en matière de géopolitique et de conflits internationaux, Alexandre Adler, ancien éditorialiste à Libération, au Monde, à L’Express et au Point, est présenté comme un commentateur avisé par ses confrères. Ils lui décernent le Prix du livre politique 2003 pour J’ai vu finir le monde ancien... Un prix où nombre des lauréats ont été précédemment membres du jury (1).

Nul ne nie l’immense culture d’Alexandre Adler, dont la panoplie des connaissances embrasse l’histoire des États-Unis, le conflit du Proche-Orient, sans oublier la Russie, l’Amérique latine et l’Afrique. Cette science lui permet d’expliquer successivement que la victoire électorale de M. Silvio Berlusconi en 2001 est une « catastrophe morale. (...) On peut rapprocher les figures de Mussolini et de Berlusconi » (Courrier international, 3 mai 2001), avant de se reprendre : « La victoire totale de Berlusconi permet de liquider enfin la Ligue (...). C’est en soi une victoire de la démocratie. » (L’Expansion, 23 mai 2001.)

Une lecture attentive des écrits et des chroniques de l’actuel éditorialiste de France-Culture et du Figaro ouvre au lecteur d’autres surprises (2). Son condensé de l’histoire du XXe siècle italien paru dans Le Monde du 30 octobre 1998 fut tellement décrié dans la Péninsule qu’il valut à Alexandre Adler une réfutation détaillée du Corriere della Sera (4 novembre 1998). Quand, portant son attention sur un autre continent, notre spécialiste avança que « le franc CFA (...) est la monnaie de presque toute l’Afrique occidentale, à l’exception, jusqu’ici, du Nigeria (3) », il oublia de citer le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone, la Gambie et la Guinée. Autre continent, autre problème : l’historien de formation n’hésite pas à prétendre que les Américains « ont songé à s’emparer du Canada en 1812, mais ils y ont renoncé assez vite, car ils ne voulaient pas en fin de compte intégrer un bloc de population francophone aussi important (4) ». Les spécialistes canadiens précisent que, loin d’avoir spontanément changé d’avis, les Américains furent repoussés lors de batailles, comme celle de Châteauguay (5).

Présent dans les « cercles de la raison », proche du pouvoir, Alexandre Adler évoque rarement la provenance des confidences qui parsèment ses analyses. Son Odyssée américaine est un ouvrage de 319 pages agrémenté en tout et pour tout d’une vingtaine de notes de référence... et sans bibliographie. Lorsque l’auteur évoque le Venezuela et son électorat populaire – « Notons qu’il reste 40 % de chavistes dans les couches les plus pauvres du Venezuela » (p. 202) –, il ne précise pas l’origine des chiffres qu’il avance. Réalisée au même moment par la société américaine Evans-McDonough, une enquête, pourtant peu encourageante pour le régime, estimait que 54 % des sondés des milieux populaires s’opposaient à la révocation du président. Laquelle fut repoussée par 59,6 % des électeurs, toutes classes confondues...

Assurément, Alexandre Adler ne peut être spécialiste de tous les sujets ; ses chroniques régulières dans un nombre important de médias ne lui laissent pas autant de temps qu’il le souhaiterait pour enquêter. En 2001, entre les deux guerres du Golfe, il décrète que la population irakienne « ne souffre pas des bombardements (6) »... Trois ans plus tard, quand il avance que Yasser Arafat est « un dictateur arabe classique qui ne veut voir qu’une tête » (France-Culture, 14 décembre 2004), il omet de préciser que ce « dictateur » avait été largement élu à la direction de l’Autorité palestinienne.

Élu en 1998 et ayant triomphé de neuf scrutins successifs, M. Hugo Chávez ne serait, lui, qu’un « populiste quasi fasciste » (France-Culture, 3 mai 2005), un « gorille » ou un « primate » (Le Figaro, 11 mai 2005) ou un « semi-dictateur »… qui « vient de passer une nouvelle frontière en inculpant et en incarcérant plusieurs de ses opposants les plus notoires comme l’ancien président social-démocrate Carlos Andrés Pérez » (France-Culture, 3 mars 2005). Quand il qualifie cet acte d’« arbitraire », Alexandre Adler n’indique pas que M. Pérez a été destitué de la présidence de la République du Venezuela en 1993, poursuivi par la justice pour malversation financière aggravée, ni, surtout, qu’il n’a nullement été incarcéré, pour la bonne et simple raison qu’il vit en exil (doré), faisant la navette entre Saint-Domingue et Miami.

Notre spécialiste assure, en juin 2004, que la création d’un État en Cisjordanie et à Gaza « va représenter pour les Palestiniens un objectif qui fera baisser la tension au Proche-Orient, mais pas énormément, puisque la majorité des Palestiniens continuent à souhaiter la destruction totale d’Israël (7) ». La revue L’Arche, qui n’a pas l’hostilité à l’égard d’Israël comme marque de fabrique, rendait pourtant compte en janvier 2005 d’une étude réalisée par le Jerusalem Media & Communication Center (JMCC) auprès de 1 200 adultes de la population palestinienne. Elle indiquait que 57 % des personnes interrogées étaient favorables à l’instauration de deux États côte à côte. Et, en juin 2004, le JMCC soulignait déjà que le nombre souhaitant « la destruction totale d’Israël » ne s’élevait qu’à 11 % (8). Une « majorité des Palestiniens » toute relative donc...

Alexandre Adler apprécie les rapprochements insolites. Il a signalé aux auditeurs de France-Culture que la « campagne [d’attentats du Hamas] a fait plus de morts en trois mois que l’ETA en vingt-cinq ans » (19 octobre 2004). Il a également mêlé M. Oussama Ben Laden, la capitulation franco-britannique de 1938 à Munich et la victoire électorale de M. José Luis Zapatero en Espagne : « Ben Laden vient de remporter une victoire stratégique importante. (...) L’électorat [espagnol] a voté pour la trouille, pour le renoncement, pour Munich. Donc le terrorisme parvient à ses fins, il est justifié puisqu’il obtient des résultats spectaculaires » (France-Culture, 15 mars 2004).

Éprouvant une certaine animosité à l’égard des altermondialistes – des « ennemis de la liberté » –, Alexandre Adler admet détester M. José Bové, sa « bête noire attitrée » (France-Culture, 15 avril 2005). Le rapprochant du dirigeant fasciste français Henri Dorgères, il l’a qualifié d’« espèce d’avatar de Poujade touché par la métaphysique heideggérienne et allumé par une mystique pseudo-gandhienne (9) ». Cette technique d’association de noms communs-noms propres paraît caractériser la prose de notre auteur. Elle enfante des trouvailles pittoresques : Laurent Fabius symboliserait un « nouveau césarisme tribunicien » ; le combat du sous-commandant Marcos s’apparenterait à un « opéra-bouffe zapatiste », etc. (Le Figaro, 15 septembre 2004, et Le Monde, 23 novembre 2000).

Souvent présenté comme un visionnaire de génie, notre expert a accumulé les prévisions malencontreuses. Le 14 avril 2001, il annonce sur France-Culture que « George W. Bush va rentrer en conflit avec l’aile conservatrice de son parti et il s’y prépare ». Sitôt après les attentats du 11-septembre, le doute n’est pas permis : « Bien sûr, le Pakistan est en guerre avec les États-Unis (...) L’Inde est prête à aider les Américains à détruire l’armée pakistanaise. » (Radio J, 20 septembre 2001). Au lendemain de l’intervention militaire américaine en Irak, Adler assène : « Il est plus raisonnable de penser que ces armes biologiques et chimiques ont existé. (...) Saddam Hussein (...) a préféré les enterrer profondément (...) ou en détruire un grand nombre (...), ce qui évidemment ridiculiserait Américains et Anglais (10). » Un an plus tard, il affirme encore que « Bush n’a pas menti (...) il croyait sincèrement à la présence effective d’armes de destruction massive en Irak » (Le Figaro, 6 septembre 2004).

Pour l’élection américaine de 2004, notre spécialiste avait annoncé la victoire de M. John Kerry : « Quitte à devenir la risée de mes lecteurs en novembre : Kerry va gagner d’une courte tête, ce sera donc l’élection de l’an 2000 inversée ! » (Le Figaro, 6 septembre 2004). Il affina son pronostic : « Je suis convaincu que le candidat démocrate disposera d’une avance d’une dizaine, voire d’une vingtaine de délégués » (il faisait sans doute référence aux grands électeurs).

Un mois avant le déclenchement des opérations anglo-américaines en Irak, l’expert avait suggéré : « La guerre n’aura peut-être tout simplement pas lieu » (Le Figaro, 8 mars 2003). L’explication suivait : « Cette conviction que nous avons repose sur une observation minutieuse de certains faits, sur certaines hypothèses que tout le monde ne partage pas, mais aussi sur des intuitions et des appréciations psychologiques, qui, elles, pourront s’avérer erronées. » Alexandre Adler ajoutait : « Au lecteur de juger sur pièces. »

Mathias Reymond. / Chercheur en sciences sociales / Monde diplomatique— juin 2005 — Page 36

(1) Le jury de l’année 2003 était présidé par Philippe Sollers et composé de plusieurs journalistes et éditorialistes multicartes tels Bernard Guetta, Alain-Gérard Slama, Laurent Joffrin (qui obtint le prix en 2002), Jean-Pierre Elkabbach...

(2) Voir une biographie critique d’Alexandre Adler sur le site d’Acrimed (Action - Critique - Médias).

(3) L’Odyssée américaine, Paris, Grasset, 2004, p. 40.

(4) J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Grasset, 2002, p. 53.

(5) Voir par exemple le site « War of 1812 ».

(6) France-Culture, 6 octobre 2001, cité dans PLPL (Pour lire pas lu), n° 11, octobre 2002.

(7) Interview pour le Fonds social juif unifié.

(8) http://www.jmcc.org/

(9) J’ai vu finir le monde ancien, op. cit., p. 69.

(10) France-Culture, 21 juillet 2003, cité dans Le Canard enchaîné du 23 juillet 2003.




Gaza : News from Oslo … / Paru sur le blog de Georges Stanechy / http://stanechy.over-blog.com/article-26584958.html

"… Hades ! We're wading in death, blood and amputees. Many children. Pregnant women. I've never experienced anything this horrible. We're hearing tanks now. Tell it, pass it on, shout it. DO SOMETHING ! DO MORE !..."

"… L'enfer ! Nous pataugeons dans la mort, le sang et les amputés. Beaucoup d'enfants. Femmes enceintes. Je n'ai jamais vécu quelque chose d'aussi horrible. Nous entendons les chars d'assaut à présent. Dites-le, faites-le circuler, criez-le. FAITES QUELQUE CHOSE ! FAITES TOUT CE QUE VOUS POUVEZ !..."

Extrait des messages que deux médecins norvégiens réussissaient à envoyer en Norvège depuis Gaza, enfermés dans l'hôpital de Shifa. L'anesthésiste, professeur en médecine, Mads Gilbert et le chirurgien Erik Fosse. Les deux seuls médecins européens présents, sur place, depuis le début des massacres.

Ils ont bouleversé la Norvège.


Ce sont deux médecins spécialistes des interventions médicales en zones de guerre. Expérimentés. Ayant côtoyé à plusieurs reprises l'horreur. Mais, à Gaza, ils se sont trouvés confrontés à l'horreur absolue. Devant un carnage et des conditions sanitaires innommables.

"C'est tuer des gens enfermés dans une cage…", d'après leurs propres termes. http://no2wars.wordpress.com/2009/01/04/its-killing-people-in-a-cage/

Envoyés par le Norwegian Aid Committee (NORWAC), ils ont réussi à entrer dans la bande de Gaza, le 31 décembre dernier, à partir de l'Égypte, afin de renforcer l'équipe médicale palestinienne. Démentant, par leur exemple et leur courage, les prétextes invoqués par les médias occidentaux, la main sur le cœur, assurant impossible d'être présents sur place et de pouvoir informer…

Confrontés à une situation qu'on ne peut imaginer, censurée, occultée par les médias occidentaux, dont la responsabilité morale est écrasante dans ce Crime contre l'Humanité.

Après 18 mois d'embargo, de blocus, aucune possibilité de se procurer des médicaments notamment ceux indispensables à des interventions de chirurgie lourde, telles que les nombreuses amputations auxquelles ils devaient faire face. Sans compter avec le manque d'infrastructures minimales, en particulier les groupes électrogènes permettant d'avoir de l'électricité en continu pendant les opérations…

La Norvège s'est solidairement mobilisée. Il y a eu des manifestations dans 28 villes.

Hier soir, jeudi, dans le froid, 40.000 norvégiens se sont réunis au centre d'Oslo, avec des bougies pour protester. Impressionnant. Emouvant.


Dans la journées tous les trains et tramways de Norvège ont marqué un arrêt de deux minutes pour observer un silence, en solidarité avec les victimes du carnage de Gaza.

Les 6 principaux syndicats professionnels et de nombreuses associations se sont mobilisés pour demander à l'État norvégien d'arrêter tous projets d'investissement ou de coopération économique avec l'État d'Israël.

Le principal syndicat du secteur de la distribution, The Union of Trade and Office Workers, appelle tous ses membres à se mobiliser pour demander à leurs employeurs de boycotter les produits israéliens. Un autre syndicat, The Confederation of Norwegian Trade Unions condamne l'action d'Israël et appelle ses membres à manifester.

Jusqu'à l'Église de Norvège, The Norwegian Church, qui condamne officiellement ces crimes !...

Notons-le, encore une fois.

Comme dans tous les pays européens, ce ne sont pas les politiques qui se sont mobilisés, mais bien la société civile. Pour faire bouger ces castes au pouvoir, paralysées par les lobbies sionistes, incapables d'assumer les responsabilités qui leur sont confiées par la collectivité qui les élit.

Celles de travailler pour un monde de paix, de solidarité, et de respect de La Dignité Humaine.

La société civile de Norvège, et ses médias, ont donné un magnifique exemple de mobilisation.




Stéphane Hessel : " Un véritable crime contre l'humanité " à Gaza / 7 janvier 2009

L'Ambassadeur de France Stéphane Hessel, ancien résistant et déporté, comdamne vivement le comportement d'Israël à Gaza et appelle au retour à la table de négociation pour mettre en place la seule solution à ses yeux, celle des deux États " rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s'accumulent de part et d'autre, soit le mépris et l'humiliation, soit la haine. " Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, dit-il et alors, " au nom de ce que l'histoire nous a appris sur la possibilité du pardon, [...] il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. "

Stéphane Hessel s'entretient avec Swiss Info, 5 janvier 2009

Stéphane Hessel : En réalité, le mot qui s'applique - qui devrait s'appliquer - est celui de crime de guerre et même de crime contre l'humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu'on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l'Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante.

Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d'enfants, la façon dont ils sont bombardés m'apparaît comme un véritable crime contre l'humanité.Ce terme, vous osez le prononcer ? C'est la disproportion qui vous choque, entre les roquettes palestiniennes et une offensive terrestre massive ?

C'est l'ensemble du comportement. C'est naturellement la disproportion, vous avez raison de le souligner...Une terre densément peuplée, la plus dense du monde probablement, sur laquelle on frappe avec des instruments militaires qui ne peuvent pas faire la différence entre les militaires et les civils. D'ailleurs il n'y a pas de militaires, il n'y a que des civils à Gaza - des militants peut-être, mais sûrement pas une armée.

Donc c'est une armée, l'une des plus puissantes du monde, qui s'attaque à une population qui n'a vraiment pas de défense. Ça, c'est typiquement un crime de guerre.

À quoi peut aboutir cette offensive ?

C'est le plus grave. On a bien l'impression que une fois de plus des militaires essayent de mettre un terme à l'activité de guérilla. Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d'autre, il n'y a pas de solution militaire. La solution c'est la négociation.

Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu'à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d'être une armée honorable. Elle ne l'est plus lorsqu'elle frappe sur des gens sans défense.C'est également le spectre de l'échec en 2006 au Liban qui revient, et pourtant de nombreuses résolutions depuis de nombreuses années, ont été prises notamment au Conseil de Sécurité de l'ONU, mais jamais appliquées pour quelles raisons selon vous ?

Parce que l'État d'Israël, depuis des décennies, a réussi à berner sa population. A faire croire à sa population que l'État était en danger, que sa sécurité était à chaque instant menacée, et que pour cela il ne fallait ne tenir aucun compte de ce que pense la communauté mondiale, et s'assurer en tout cas de l'appui de l'État évidemment le plus puissant à l'heure actuelle, les États-Unis. Nous ne pouvons qu'avoir un espoir, c'est qu'avec l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, les États-Unis cesseront d'apporter un soutien inconditionnel et dramatique à un État qui continue à violer les résolutions internationales.

Mais le choix de la violence, [provient du fait] que la blessure de la seconde guerre mondiale et de la Shoah n'est pas refermé...

Oui, c'est évidemment ce qui permet à un gouvernement qui lui n'a plus rien à voir avec cette Shoah, et qui n'est plus composé de victimes potentielles de cette Shoah... que ce gouvernement puisse s'appuyer sur ce souvenir dramatique, auquel nous sommes tous extraordinairement sensibles, moi tout le premier. C'est l'horreur, absolue commise par les nazis. Mais cela ne doit pas permettre à un État d'Israël, actuellement le plus puissant de la région, de violer impunément toutes les règles internationales.

Vous êtes très sévère avec l'État d'Israël, Stéphane Hessel... Jusqu'à maintenant le chemin vers la paix c'était deux États côte à côte, un État Palestinien et un État Israélien. Est-ce encore possible, ce partenariat avec les Palestiniens ?

C'est la seule solution. Elle est rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s'accumulent de part et d'autre, soit le mépris et l'humiliation, soit la haine. Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, et alors, au nom de ce que l'histoire nous a appris sur la possibilité du pardon - nous l'avons éprouvé, nous européens, et dans d'autres pays, en Afrique du Sud aussi - il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie.

Stéphane Hessel est un diplomate, ambassadeur, ancien résistant et déporté français, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948.




Communiqué du MRAP du 9 janvier 2009

À la violence doit répondre la justice

Face à la très grande émotion suscitée en France depuis le début de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza , qui a vu descendre dans la rue plusieurs centaines de milliers de personnes, nous avons décidé de donner une suite judiciare à cette forte mobilisation.

Les crimes de guerre par leur violence mettent en péril la paix : c’est pour cette raison qu’ils sont condamnés par le droit international et qu’il est fait obligation aux États d’en poursuivre les auteurs. Après les conventions de Genève de 1949 a été créée en 1998, à l’initiative de la France, la Cour Pénale Internationale chargée de juger les criminels de guerre.

Le secrétaire général de l’ONU, plusieurs pays européens dont la France, plusieurs pays membres du Conseil de sécurité ont dénoncé la « disproportion » dans l’attaque israélienne, marquées par un très grand nombre de victimes dans les populations civiles. Ces violences qui font suite aux occupations illégales constituent autant de crimes de guerre et il est du devoir d’un État démocratique que de tout faire pour que les auteurs soient poursuivis et condamnés..

C’est pourquoi les associations signataires ont déposé plainte pour crime de guerre auprès du procureur près de la Cour pénale internationale, et demandent à l’État français, dans le respect des Traités qu’il a signés, de porter plainte lui aussi.

Une conférence de presse sera organisée Lundi 12 Janvier 2009 à 15 Heures dans les locaux du MRAP 43 Boulevard Magenta 75010 Paris, afin de donner plus d’information sur cette action et ses signataires et, à la suite de quoi, nous partirons en délégation remettre à l’Elysée notre demande de saisine du Tribunal Pénal International .

Pour plus d’information : contacter la coordination - Abdelaziz Chaambi : 06 18 79 76 61

Les associations soussignées :

1. Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien
2. Collectif des Musulmans de France
3. Participation et Spiritualité Musulmane
4. Génération Palestine
5. Coordination contre le Racisme et l'Islamophobie
6. Collectif Palestine 69
7. Union Juive Française pour la Paix
8. Association Muslim Solidarité le Figuier
9. La Voix de l'Eloquence
10. Mouvement des Indigènes de la République
11. El Houda
12. Clarté
13. Réseaux Citoyens
14. Vivre Ensemble
15. Les Rouilleurs
16. A2C
17. Alliance for Freedom and Dignity
18. Association de Solidarité Franco-arabe
19. Association Jeunesse Energie Avignonaise
20. Agir pour la Citoyenneté
21. Synergie 84
22. Alliance de la Jeunesse contre le Racisme, l’Exclusion et la Violence
23. Association Franco-Turque d’Avignon
24. Commission arabe des droits humains (ACHR)
25. Rencontre culturel Euro arabe
26. Voix libre
27. Centre arabe pour l’indépendance de la justice et de la magistrature
28. Protection of Human Rights defenders in the Arab World
29. Union des avocats arabes.
30. One Justice
31. Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP)




Israël a définitivement perdu sa bataille face à l'opinion publique mondiale et aussi toutes ses sales guerres coloniales...

Les soubresauts des criminels de guerre qui ambitionnent encore de diriger ce pays n'y pourront rien.

Les hypocrites qui les soutiennent en faisant semblant de s'apitoyer sur le sort des hommes, des femmes et des enfants massacrés n'y pourront rien non plus.

Sarkozy sera bien obligé de se prononcer clairement sur la plainte pour crime de guerre que vont lui présenter les trente associations décidées à porter l'affaire devant le TPI. Je ne doute pas une seconde de ce que sera la réponse de cet hypocrite davantage prompt à valider les positions communautaristes qui l'arrangent.

Je n'ai aucun doute sur la posture qu'il adoptera et qui signera définitivement ses engagements profonds et permettra de dénoncer les mensonges qu'il ne cesse de proférer depuis toujours.

Quand on veut passer pour un pitbull, il ne faut pas se contenter d'aboyer comme un méprisable roquet, de loin, en se sauvant avec la queue entre les jambes.




Des médecins évoquent l'usage "d'un nouveau type d'arme" à Gaza *

Note personnelle : on regardera la seconde photo de la page...

LE MONDE | 12.01.09 |Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale

Le bilan des morts de l'offensive israélienne à Gaza, entrée dans sa 17ejournée, a dépassé lundi le seuil des 900, a annoncé le chef des servicesd'urgence du territoire palestinien. Selon le docteur Mouawiya Hassanein, lebilan des tués a atteint 905 après la mort de 15 Palestiniens lundi matin.Parmi les morts, figurent 277 enfants, 95 femmes et 92 personnes âgées,a-t-ilprécisé. Plus de 3 950 Palestiniens ont en outre été blessés.

Des blessés d'un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sontplus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniersjours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, cesont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l'hôpital dela ville, qui en ont témoigné.

Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la régiondepuis une vingtaine d'années avec l'organisation non gouvernementale (ONG)norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinzeblessés graves, par la frontière avec l'Egypte. Non sans ultimesobstacles : "Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comitéinternational de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d'arriver àKhan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper", ont-ils dit auxjournalistes présents à Al-Arish.

Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l'ambassadeurde Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit "pour desraisons bureaucratiques" à l'intérieur du terminal frontalier égyptien deRafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, desvitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d'une desbombes lâchées à proximité.

"À 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES,BRÛLÉES"

"À l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore,ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes dece que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes,expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pourDense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.

Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel oufer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10mètres. "À 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sontcoupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avonspas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eudes cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la mêmeannée, durant l'opération israélienne Pluie d'été. Des expériences sur desrats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sontcancérigènes", ont-ils expliqué.

Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de sonimpuissance dans ces cas : "Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps,mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux etprovoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe demédecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi parle sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de casde ce type.

Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, detémoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentantdu "monde occidental" – médecin ou journaliste : "Se peut-il que cette guerresoit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle onpuisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut enles appelant terroristes ?"

Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connuavant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "aubout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matérielqu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez.

"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpitald'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dixpar minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction dela mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugierdans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux àtrois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ilsentendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfoislà où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin denotre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé lanuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes."

À ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, sereprend-il en souriant calmement, moi aussi…"

Sophie Shihab




Soixante ans, ça suffit ! / PAR Denis Sieffert / Politis / jeudi 15 janvier 2009

L’histoire se répète. Rappelez-vous Camp David. Nous étions au mois de juillet 2000, et le gouvernement travailliste israélien, dirigé par Ehud Barak, celui-là même qui est aujourd’hui ministre de la Défense, accablait Yasser Arafat de tous les maux de la terre. On avait fait au vieux leader nationaliste une « offre généreuse », on lui avait proposé de « partager Jérusalem » – qui pouvait imaginer dans la culture israélienne concession plus importante ? –, et Arafat avait refusé ! Une extraordinaire campagne de communication sur le thème de « l’offre généreuse » avait alors envahi les médias occidentaux. La formule circulait en boucle, reprise comme une évidence sur toutes les radios et dans la plupart des éditoriaux. Un quarteron d’intellectuels se relayait pour tirer du refus palestinien la conclusion qui s’imposait : si Arafat refusait le « partage de Jérusalem », c’est qu’il ne voulait pas la paix. C’est qu’il ne voudrait jamais la paix. C’est que, derrière ses faux airs de jovialité, il rêvait toujours secrètement de la destruction d’Israël. En quelques semaines, à ce rythme, sous le poids de cette unanimité, Arafat était délégitimé. Et, bientôt, politiquement mort. Mort, d’ailleurs, comme ses bourreaux en communication, les Travaillistes israéliens, contraints par leur propre stratégie de se fondre dans un gouvernement de droite. Septembre 2000 : une simple provocation d’Ariel Sharon se rendant sur l’esplanade des Mosquées, manifestation, répression, et c’était le début d’un cycle de violence extrême qui conduirait en 2002 à l’opération israélienne « Rempart » au cœur des villes de Jénine et de Naplouse.

Une opinion israélienne chauffée à blanc approuvait. La répression ferait, côté palestinien, des milliers de morts. Les infrastructures d’une société à peine naissante seraient dévastées. Qui, derrière la déflagration des bombes israéliennes et des attentats palestiniens, avait prêté attention à cette vérité inaudible qui avait fini par percer : il n’y avait jamais eu « d’offre généreuse » à Camp David, et moins encore de « plan de partage » de Jérusalem ? Des négociateurs, américains d’abord, israéliens ensuite, avaient fini par l’avouer. Arafat avait en réalité refusé d’apposer sa signature au bas d’une nouvelle carte de la région entérinant la colonisation galopante de la Cisjordanie depuis les accords d’Oslo, en 1993, qui pourtant en prévoyaient le gel. Mais l’histoire est une lourde machine qu’on ne détourne pas facilement de son cours quand elle est lancée. Entre-temps, les attentats du 11 septembre 2001 avaient bouleversé le monde. Ariel Sharon s’était empressé de comparer Arafat à Ben Laden. La nature coloniale du conflit s’était dissoute dans le magma de la menace islamiste planétaire. Et le Hamas était renforcé. Pourquoi cette évocation aujourd’hui ? Parce qu’après vingt jours de bombes sur Gaza, après neuf cents morts et des milliers de blessés, nous avons l’impression que l’histoire se répète. Cette fois encore, c’est un effet de communication – pour ne pas dire un « mensonge » – qui a libéré cette vague de violence.

Nous l’avons dit. Nous sommes peu à le dire. Ce n’est pas le Hamas qui a rompu la trêve signée le 16 juin. C’est un raid israélien sur Gaza, le 4 novembre. Ce n’est pas prêter des desseins pacifistes au Hamas que de dire cela. C’est constater que son intérêt politique était ailleurs. Sinon, comment comprendre la façon dont il a traqué les militants du Jihad ou ses propres militants qui refusaient la trêve ? Le Hamas spéculait sur une victoire politique qui se traduirait par un desserrement du blocus. Or, c’est le contraire qui est arrivé. Renforcement du blocus et rupture de la trêve : le gouvernement israélien avait, comme on dit par euphémisme, un « autre agenda », celui de ses propres élections, celui du changement de président américain. Mais, devant le massacre qui s’accomplit, et alors que des ONG dénoncent le crime de guerre d’Israël, que des armes au phosphore sont utilisées contre la population civile, est-il encore temps de ratiociner sur les mécanismes de propagande qui sont à l’origine du crime ? Nous pensons en tout cas qu’il convient de s’interroger sur un discours qui n’est pas seulement celui d’Israël, mais du monde occidental en général, dans lequel le colonisé a toujours tort. Seul ce questionnement pourra nous permettre de renverser une logique mortifère qui juge non en droit mais en regard de la nature supposée, politique, religieuse ou ethnique, du colonisé, et qui exige de lui qu’il cesse de se révolter alors que persistent et s’aggravent les causes de sa révolte.

Dans quelques jours, le plus tôt possible espérons-le, le massacre de Gaza prendra fin. Le « ça suffit ! » que nous hurlons aujourd’hui à la une de ce journal vise d’abord l’opération israélienne. Le nombre des victimes civiles est tel qu’il ne s’agit plus de « dégâts collatéraux », mais de la volonté inavouée de châtier un peuple. Seule une vision coloniale peut rendre ce crime acceptable aux yeux de ceux qui le commettent, comme aux yeux de ceux qui le tolèrent. Mais notre « ça suffit » vise aussi soixante ans de conflit, soixante ans de colonisation, soixante ans de soutien apporté par la communauté internationale au fort contre le faible. C’est avec cette logique qu’il faut rompre. Nous n’avons pas à juger des peuples mais à imposer le droit. Dans quelques jours, il ne s’agira pas seulement de compter les morts. Il s’agira de régler ce conflit au fond, c’est-à-dire par la décolonisation des territoires, la levée du blocus de Gaza, et l’établissement d’un État palestinien. Il ne s’agira pas de relancer un énième « processus de paix », un plan par étapes qui permet toutes les échappatoires, toutes les provocations, pendant que les colonies, qui ruinent l’objet même de la négociation, continuent de s’étendre. Après le massacre, il n’est pas interdit d’espérer que la honte et le changement de certaines conditions politiques favorisent enfin un autre regard.




"Comment Israël a mené la bande de Gaza au bord d'une catastrophe humanitaire", par Avi Shlaim

Article de la rubrique international > Palestine-Israel / date de publication : lundi 12 janvier 2009



Né à Bagdad en 1945, Avi Shlaim est un historien possédant la double nationalité israélienne et britannique. Il enseigne les relations internationales à l'Université d'Oxford, et il est auteur du livre Le mur de fer. Israël et le monde arabe [1].

Avi Shlaim a servi dans l'armée israélienne et n'a jamais remis en question la légitimité de l'État d'Israël. Mais l'assaut impitoyable sur Gaza l'a conduit à des conclusions dévastatrices.

Ce texte est la traduction d'un article publié dans l'édition du 7 janvier 2009 du Guardian [2].



La seule façon de donner un sens à la guerre insensée d'Israël dans la bande de Gaza est de comprendre le contexte historique. La mise en place de l'État d'Israël en mai 1948 a été une injustice monumentale pour les Palestiniens. Des officiels britanniques ont amèrement ressenti la partialité américaine en faveur du nouvel État. Le 2 Juin 1948, Sir John Troutbeck écrivit au ministre des Affaires étrangères, Ernest Bevin, que les Américains étaient responsables de la création d'un État voyou dirigé par " des chefs sans aucun scrupule " [3]. J'ai longtemps pensé que cette condamnation était trop sévère, mais je me repose la question devant l'agression brutale d'Israël contre le peuple de Gaza et la complicité dont elle bénéficie de la part de l'administration Bush.

J'ai servi loyalement dans l'armée israélienne au milieu des années 1960 et je n'ai jamais remis en question la légitimité de l'État d'Israël dans ses frontières d'avant 1967. Ce que je condamne absolument c'est le projet colonial sioniste au-delà de la Ligne verte. L'occupation par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza au lendemain de la guerre de juin 1967 n'avait rien à voir avec la sécurité, mais c'était de l'expansionnisme territorial. Le but était d'établir un Grand Israël par le biais du contrôle politique, économique et militaire des territoires palestiniens. Et le résultat a été une des plus longues et des plus brutales occupations militaires des temps modernes.

Quatre décennies de contrôle israélien ont causé des dégats considérables à l'économie de la bande de Gaza. Avec une forte population de réfugiés de 1948, entassés sur un petit territoire, sans infrastructures ni ressources naturelles, les perspectives de la bande de Gaza n'ont jamais été brillantes. Toutefois, Gaza n'est pas seulement un cas de sous-développement économique, c'est également un cas unique de non développement délibéré. Pour utiliser l'expression biblique, Israël a transformé la population de Gaza en un peuple de coupeurs de bois et de porteurs d'eau, une source de main-d'œuvre bon marché et un marché captif pour les produits israéliens. Le développement de l'industrie locale a été activement entravé de façon à empêcher les Palestiniens de mettre fin à leur subordination à Israël et de mettre en place les fondements économiques nécessaires à une véritable indépendance politique.

Gaza est un cas classique d'exploitation coloniale à l'ère post-coloniale. Les colonies de peuplement juives dans les territoires occupés étaient immorales, illégales et constituaient un obstacle insurmontable à la paix. Elles étaient à la fois l'instrument de l'exploitation et le symbole haï de l'occupation. À Gaza en 2005, les colons juifs n'étaient que 8 000 face à 1,4 million de résidents locaux. Mais les colons contrôlaient 25 % du territoire, 40 % des terres arables et s'étaient réservé la part du lion dans les rares ressources en eau. Côte à côte avec ces intrus étrangers, la majorité de la population vivait dans une pauvreté abjecte, une misère inimaginable. Quatre-vingts pour cent d'entre eux survivaient avec moins de 2 dollars par jour. Les conditions de vie dans la bande de Gaza étaient un affront à la civilisation, une incitation à la résistance et un terrain fertile pour l'extrémisme politique.

En août 2005, un gouvernement du Likoud dirigé par Ariel Sharon a organisé un retrait israélien unilatéral de Gaza, évacuant les 8 000 colons et détruisant les maisons et les fermes qu'ils abandonnaient. Le Hamas, mouvement de résistance islamique, avait mené une campagne efficace pour rejeter les Israéliens de Gaza. Le retrait a été une humiliation pour les forces armées israéliennes. Sharon présenta le retrait de Gaza comme une contribution à la paix en vue d'une solution à deux États [Un État israélien et un État palestinien]. Mais au cours de l'année suivante, 12 000 Israéliens s'installaient en Cisjordanie, réduisant encore un peu plus la taille [" scope "] d'un État palestinien indépendant. On ne peut pas à la fois annexer des terres et faire la paix. Israël avait le choix et il a choisi les terres plutôt que la paix.

Le véritable objectif de l'opération était de redessiner unilatéralement les frontières du Grand Israël, en intégrant à l'État d'Israël les principaux blocs de colonies de Cisjordanie. Le retrait de Gaza n'était donc pas le prélude à un accord de paix avec l'Autorité palestinienne, mais le prélude à une expansion sioniste en Cisjordanie. Ce retrait unilatéral d'Israël, a été considéré, à mon avis à tort, comme un intérêt national d'Israël [" an Israeli national interest "]. Associé à un rejet fondamental de l'identité nationale palestinienne, le retrait de Gaza n'était qu'une étape dans une politique à long terme visant à refuser au peuple palestinien toute existence politique indépendante sur ses terres.

Les colons israéliens ont été retirés, mais les soldats israéliens ont continué à contrôler tous les accès terrestres, maritimes ou aériens à la bande de Gaza. Du jour au lendemain, Gaza est devenu une prison à ciel ouvert. À partir de là, les forces aériennes israéliennes ont bénéficié d'une entière liberté pour larguer des bombes, franchir le mur du son à basse altitude, et terroriser les malheureux habitants de cette prison.

Israël aime se décrire comme un îlot de démocratie dans une mer d'autoritarisme. Mais, au cours de son histoire Israël n'a jamais rien fait pour promouvoir la démocratie du côté arabe, mais a beaucoup fait pour la saper. Israël a une longue histoire de collaboration secrète avec les régimes réactionnaires arabes pour réprimer le nationalisme palestinien. En dépit de tous ces handicaps, le peuple palestinien a réussi à construire la seule véritable démocratie du monde arabe, exception faite du Liban. En janvier 2006, des élections libres et honnêtes au Conseil législatif de l'Autorité palestinienne ont porté au pouvoir un gouvernement dirigé par le Hamas. Cependant, Israël a refusé de reconnaître le gouvernement démocratiquement élu, en affirmant que le Hamas n'était qu'une organisation terroriste.

L'Amérique et l'Union européenne ont suivi Israël sans vergogne, en ostracisant et en diabolisant le gouvernement du Hamas, et en essayant de le renverser en bloquant les recettes de certaines taxes et l'aide étrangère. Une situation surréaliste s'est ainsi développée où une partie importante de la communauté internationale a imposé des sanctions économiques à l'occupé mais pas à l'occupant, aux opprimés mais pas à l'oppresseur.

Et comme si souvent dans l'histoire tragique de la Palestine, les victimes ont été blâmés pour leurs propres malheurs. La propagande israélienne a continué à diffuser ses thèmes : les Palestiniens sont des terroristes, ils refusent la coexistence avec l'État juif, leur nationalisme est un peu plus que de l'antisémitisme, le Hamas est un groupe de fanatiques religieux et l'Islam est incompatible avec la démocratie. Mais la vérité est que les Palestiniens sont des gens normaux avec des aspirations normales. Ils ne sont pas meilleurs, mais ils ne sont pas pires que d'autres groupes nationaux. Ce à quoi ils aspirent, par-dessus tout, c'est à un morceau de terre à eux pour y vivre en liberté et dignité.

Comme d'autres mouvements radicaux, le Hamas a commencé à modérer son programme politique quand il est arrivé au pouvoir. Partant de la position idéologique affirmée dans sa charte - le rejet d'Israël - il a commencé à s'orienter vers une position pragmatique basée sur la coexistence de deux États. En mars 2007, le Hamas et le Fatah ont constitué un gouvernement d'union nationale qui était prêt à négocier un cessez-le-feu de longue durée avec Israël. Mais Israël a refusé de négocier avec un gouvernement auquel le Hamas participait.

Il a continué à pratiquer la vieille tactique " diviser pour régner " entre les factions palestiniennes rivales. À la fin des années 1980, Israël soutenait le Hamas naissant de façon à affaiblir le Fatah, le mouvement nationaliste laïque de Yasser Arafat. Maintenant, Israël incite les dirigeants corrompus et manipulables du Fatah à renverser leurs rivaux politiques religieux et à reprendre le pouvoir. Des néo conservateurs américains agressifs ont participé au sinistre complot qui visait à provoquer une guerre civile palestinienne. Leur ingérence a joué un rôle essentiel dans l'effondrement du gouvernement d'unité nationale et dans la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza en juin 2007, pour anticiper un coup de force du Fatah.

La guerre déclenchée par Israël à Gaza le 27 décembre dernier a été le point culminant d'une série d'affrontements et de confrontations avec le gouvernement du Hamas. Plus précisément, il s'agit d'une guerre qui oppose Israël au peuple palestinien, car le parti au pouvoir a été élu par les Palestiniens. L'objectif déclaré de la guerre est d'affaiblir le Hamas et d'intensifier la pression jusqu'à ce que ses dirigeants acceptent un nouveau cessez-le-feu aux conditions d'Israël. L'objectif non déclaré est de faire en sorte que les Palestiniens de la bande de Gaza soient considérés par le monde comme un simple problème humanitaire et, par conséquent, de faire échouer leur lutte pour l'indépendance et la constitution d'un État.

La date de déclenchement de la guerre a été déterminée par le calendrier politique. Une élection générale [en Israël] est prévue pour le 10 février 2009 et, dans la perspective de l'élection, les principaux prétendants sont à la recherche d'opportunités leur permettant de prouver leur détermination. Les chefs militaires rongeaient leur frein, impatients de frapper un grand coup au Hamas, de façon à effacer la tache qui ternissait leur réputation depuis l'échec de la guerre contre le Hezbollah au Liban en juillet 2006. Les cyniques dirigeants israéliens pouvaient également compter sur l'apathie et l'impuissance des régimes arabes pro-occidentaux et sur le soutien aveugle du président Bush au crépuscule de son mandat à la Maison Blanche. Bush ne fit aucune difficulté pour attribuer au Hamas la responsabilité de la crise, pour mettre son veto au Conseil de sécurité de l'ONU à une proposition de cessez-le-feu immédiat, et pour laisser toute latitude à Israël pour monter une invasion terrestre de Gaza.

Comme toujours, le puissant Israël prétend être la victime d'une agression palestinienne mais le déséquilibre des forces en présence ne laisse guère de place au doute quant à savoir qui est la véritable victime. Il s'agit bien d'un conflit entre David et Goliath, mais l'image biblique a été inversée - et un petit David palestinien sans défense est confronté à un Goliath israélien lourdement armé, impitoyable et arrogant. Le recours à la force militaire brute s'est accompagné, comme toujours, de la rhétorique stridente de la victimisation et d'un farrago d'auto-apitoiement et d'auto-justification. En hébreu, c'est ce qu'on appelle le syndrome de bokhim ve-yorim, " pleurer et tirer ".

Bien entendu, dans ce conflit, le Hamas n'est pas tout à fait innocent. Privé du fruit de sa victoire électorale et face à un adversaire sans scrupule, il a eu recours à l'arme des faibles - la terreur. Les militants du Hamas et du Jihad islamique ont continué à lancer des attaques de roquettes Qassam contre les colonies de peuplement israéliennes près de la frontière avec la bande de Gaza, jusqu'à ce que l'Égypte négocie un cessez-le-feu de six mois en juin dernier. Les dégâts causés par ces roquettes primitives étaient minimes, mais leur impact psychologique a été énorme, ce qui a incité l'opinion publique à réclamer la protection de son gouvernement. Dans ces circonstances, Israël était en droit de réagir en légitime défense, mais sa réponse à ces piqures d'épingles a été absolument disproportionnée. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au cours des trois années qui ont suivi le retrait de Gaza, 11 Israéliens ont été tués par des tirs de roquettes. Pour leur part, les forces armées israéliennes ont tué 1290 Palestiniens, dont 222 enfants, dans la bande de Gaza, de 2005 à 2007.

On ne doit jamais tuer des civils, quel qu'en soit le nombre. Cette règle s'applique aussi bien au Hamas qu'à Israël, mais l'ensemble du dossier montre qu'Israël a fait preuve d'une brutalité sans limites et sans relâche envers les habitants de Gaza. Israël a également maintenu le blocus de la bande de Gaza après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, ce qui, du point de vue des dirigeants du Hamas, constituait une violation de l'accord. Pendant le cessez-le-feu, Israël a empêché toute exportation en provenance de Gaza en violation flagrante de l'accord de 2005, ceci entraînant une forte baisse de l'emploi. D'après les chiffres officiels, 49,1 % de la population est au chômage. Dans le même temps, Israël a réduit de façon drastique le nombre de camions transportant à Gaza des vivres, du carburant, des bouteilles de gaz de cuisine, des pièces de rechange pour le traitement de l'eau et l'assainissement et des fournitures médicales. Il est difficile d'imaginer en quoi la faim et le froid des civils de la bande de Gaza pouvaient protéger les personnes du côté israélien de la frontière. Mais même si c'était le cas, ce serait encore immoral, le châtiment collectif étant strictement interdit par le droit humanitaire international.

La brutalité des soldats israéliens correspond à l'hypocrisie de ses porte-parole. Huit mois avant le lancement de la guerre actuelle sur la bande de Gaza, Israël a créé une Direction nationale de l'information. Voici l'essentiel des messages que cette direction a adressés à la presse : c'est le Hamas qui a rompu le cessez-le-feu, l'objectif d'Israël est de protéger sa population, et les forces israéliennes prennent le plus grand soin de ne pas blesser des civils innocents. Les conseillers en communication israéliens ont été très efficaces pour faire passer ce message. Mais, en substance, leur propagande est un paquet de mensonges.

La réalité des actions israéliennes est loin de la rhétorique de ses porte-parole. Ce n'est pas le Hamas, mais l'armée israélienne qui a rompu le cessez-le feu : le 4 novembre, un raid dans la bande de Gaza a tué six hommes du Hamas. L'objectif d'Israël n'est pas seulement de défendre sa population, mais éventuellement de parvenir à un renversement du gouvernement du Hamas par la population de Gaza. Et loin de prendre soin d'épargner les civils, Israël est coupable de bombardements aveugles et d'un blocus de trois ans, un blocus qui a amené le million et demi d'habitants de Gaza au bord d'une catastrophe humanitaire.

La loi du talion, " œil pour œil ", est assez primitive. Mais la folle offensive israélienne contre la bande de Gaza relève plutôt de la logique " un oeil pour un cil ". Après huit jours de bombardements, la mort de plus de 400 Palestiniens et de quatre Israéliens, le cabinet gung-ho [ ?] a ordonné une invasion terrestre de la bande de Gaza aux conséquences incalculables.

Aucune escalade militaire ne permettra à Israël de se prémunir contre des attaques de roquettes lancées par l'aile militaire du Hamas. En dépit des pertes humaines et des destructions qu'Israël leur a infligées, ils continuent à résister et à tirer des roquettes. C'est un mouvement qui exalte la victimisation et le martyr. Il n'y a pas de solution militaire au conflit entre les deux communautés. Le problème est que, au nom de sa propre sécurité, Israël refuse à l'autre communauté le moindre droit à la sécurité. Ce n'est pas par les armes qu'Israël obtiendra la sécurité, mais par des entretiens avec le Hamas, qui a déclaré à maintes reprises qu'il est disposé à négocier un cessez-le-feu de longue durée - 20, 30 ou même 50 ans - avec l'État juif dans ses frontières d'avant 1967. Israël a rejeté cette proposition comme il a refusé le plan de paix de la Ligue arabe de 2002 - plan qui n'a pas été retiré -, et pour la même raison : il faudrait faire des concessions et des compromis.

Après ce bref survol des quatre dernières décennies, il est difficile de nier qu'Israël est devenu un État voyou dirigé par " des chefs sans aucun scrupule ". Un État voyou ne respecte pas le droit international, dispose d'armes de destruction massive et pratique le terrorisme - le recours à la violence contre les civils à des fins politiques. Israël répond à ces trois critères - le chapeau lui va, il doit le porter. L'objectif véritable d'Israël n'est pas la coexistence pacifique avec ses voisins palestiniens, mais la domination militaire. Il persiste dans les errements du passé et en ajoute de pires. Les hommes politiques, comme tout le monde, sont, bien entendu, libres de répéter les mensonges et les erreurs du passé. Mais ils ne sont pas obligés de le faire.

Avi Shlaim

Notes

[1] Ed Buchet-Chastel, mars 2008, traduit de The Iron Wall : Israel and the Arab World, éd. Norton, 2001.

[2] Référence " How Israel brought Gaza to the brink of humanitarian catastrophe ".

[3] Sir John Troutbeck était alors directeur du Bureau britannique pour le Moyen-Orient au Caire.[Note de LDH-Toulon]




À propos d'un séminaire franco-israélien

De Toulouse à Gaza

Les nanotechnologies, ça sert à faire la guerre.

Pour comprendre ce que signifie l'inégalité technologique, il est loisible à ceux qui ont manqué la conquête de l'Amérique (1492) ou du Far West (XIXe siècle), de contempler les trois semaines de guerre écoulées à Gaza. Mille morts d'un côté, une dizaine de l'autre. Dieu est avec les bataillons technologiques. Au temps pour les champions de la "guerre asymétrique". Mais comment appeler "guerre" ce qui n'est qu'une opération de police, dans la tradition des massacres sociaux et coloniaux.

Israël a le pouvoir technologique, et l'on se moque d'être hué depuis des décennies par toute la planète, dans la rue ou à la tribune de l'ONU, lorsque l'on dispose du gourdin technologique.

Qui plus est, ce gourdin, grâce à la collaboration de chercheurs américains, français, grenoblois, toulousains, emploie les dernières percées des nanotechnologies. Comme leur main droite ignore ce que fait leur main gauche, cela n'empêche pas ces mêmes chercheurs de manifester contre l'État d'Israël, qu'ils contribuent à armer, et pour les populations de Gaza, qu'ils contribuent à massacrer. Les technosciences sont neutres, n'est-ce pas ? Tout dépend de leur usage, et les chercheurs vendraient leurs services au Hamas, si le Hamas avait de quoi les payer.

C'en est au point d'inconscience qu'une manifestation du Comité Jaffa Toulouse proteste ce lundi 19 janvier 2009 contre la tenue d'un séminaire franco-israélien sur les nanotechnologies à Toulouse, sans dire un mot des nanotechnologies et de la guerre que celles-ci mènent chaque jour au vivant. Dans leurs applications militaires, comme à Gaza, ou civiles (RFID, homme-machine, société de contrainte), les technologies profitent toujours au pouvoir dans sa lutte contre les sans pouvoirs. La ligne de front n'est pas sur les frontières mais aux grilles des laboratoires.

Attaquer la Bande de Gaza pour y détruire infrastructures, caches, tunnels, dépôts d'armes et y tuer plus d'un millier de Palestiniens a coûté dix vies à l'armée israélienne depuis le 27 décembre 2008. Si peu que le soutien de l'opinion israélienne à son gouvernement reste entier, quoi qu'objectent les Nations Unies et le reste du monde.

Dans sa guerre aux Palestiniens, Israël peut presque tout, ses soldats ne risquent presque rien. Ce qui l'emporte, à Gaza comme ailleurs, c'est la technologie. Échantillon de l'arsenal techno-militaire israélien :

- vidéosurveillance "intelligente" de la Bande de Gaza : caméras couplées à la biométrie pour la reconnaissance faciale, fournies par la société américaine Visionics1 ;

- drones : avions sans pilote utilisés depuis longtemps par Israël pour la surveillance ; depuis mars 2006,

EADS et l'IAI (Israeli Aircraft Industries) coopèrent pour la production de drones, dans le cadre de l'opération "Système intérimaire de drones mâles" (SDIM)2 ;

- "frelon bionique" : minuscule robot capable de pister, détecter et tuer une cible dans des zones difficiles d'accès, grâce à ses composants nanotechnologiques - développé depuis 2006 ;

- nano-armes et poussières de surveillance : en novembre 2006, "le Premier ministre israélien Ehud Olmert a donné son feu vert à la création d'un bureau spécial chargé de superviser le développement d'armes hyper-sophistiquées s'appuyant sur la nanotechnologie, a indiqué vendredi le quotidien Yédiot Aharonot. Coiffé par le vice-Premier ministre Shimon Peres, ce bureau réunira une quinzaine des meilleurs experts israéliens du monde universitaire et de la haute technologie chargés de mettre au point des armes futuristes. Celles-ci devraient notamment constituer une réponse aux tirs palestiniens de roquettes, aux attaques suicide, aux missiles balistiques ou aux armes non conventionnelles. M. Peres projette une tournée mondiale pour collecter des centaines de millions de dollars afin de financer ces recherches, évoquant parfois la science-fiction. Il a ainsi récemment révélé la nature de certaines de ces armes secrètement mises au point. Il a fait état de "perles de la connaissance", un système de mini-senseurs dispersés en territoire ennemi pour collecter des informations. Un mini-robot serait capable d'opérer à la manière d'un drone pour photographier l'ennemi en secteur urbain, notamment dans d'étroites ruelles, perturber ses télécommunications, voire liquider des activistes armés. Grâce à un gant ou une veste "Steve Austin", du nom du héros aux prothèses "bioniques" d'une série télévisée américaine, les soldats israéliens pourraient défoncer des portes d'un coup de poing ou soulever des poids énormes. Un revêtement spécial de particules nanométriques pourrait protéger les fantassins ou les véhicules militaires contre des tirs d'armes automatiques ou des roquettes anti-chars. Enfin, il est aussi question de mini-senseurs installés dans les secteurs publics capables de repérer un kamikaze transportant des explosifs."3

Les nanotechnologies, ça sert à faire la guerre. Rien de neuf, sauf pour les gogos qui croient pouvoir distinguer les "bonnes" et les "mauvaises applications" des nanotechnologies. Le CEA et le cabinet Alcimed confirment en 2004 ce que les opposants aux nécrotechnologies affirment depuis des années : "les nanotechnologies sont par nature duales"4. Civiles ET militaires. À Tel Aviv comme à Grenoble et à Toulouse.

Tandis qu'à longueur d'année les chercheurs français et les supporters de "Sauvons la Recherche" abusent le public sur la séparation entre recherches civiles et militaires et tentent d'accréditer l'existence d'une recherche fondamentale pure, imperméable aux objectifs industriels et militaires, Israël, en perpétuelle alerte militaire, investit 4,5 % de son PIB dans la "recherche & développement" civile (hélas les chiffres militaires sont indisponibles), et compte la plus forte densité mondiale de personnels de R&D rapportés à la population (13.8 %) 5.

C'est que l'État israélien, lui, reconnaît dans les technologies l'actuel front de la guerre entre pouvoir et sans-pouvoirs et sait que les chercheurs sont indispensables à sa suprématie régionale.

Comme le dit Dominique Bourra, ancien directeur de la Chambre de Commerce France-Israël et patron de la boîte israélienne NanoJV : "Avant de trouver leur application dans le domaine civil (…) les principales innovations proviennent le plus souvent des fruits de la recherche militaire, parfois même des " unités ad hoc de l'armée israélienne "." 6 Et selon lui, la technologie est le meilleur "bouclier de l'État hébreu " 7. On ne saurait mieux dire : la technologie, c'est la guerre par d'autres moyens.

C'est pour préserver et accroître son pouvoir qu'Israël multiplie les coopérations techno-industrielles avec les grandes puissances. Dans l'Hexagone, la Chambre de Commerce France-Israël est le principal relais de ce lobbying. Dominique Bourra, décidément très actif, accompagnait en avril 2008, une délégation toulousaine en voyage d'affaires en Israël. "Nous nous intéressons à quatre secteurs ici : l'aéronautique, les biotechnologies, la sécurité des technologies de l'information et les nanotechnologies."8 Parmi les visiteurs, Patrice Campariol, dont la start up Intuilab vend à Toulouse des interfaces homme-machine de visualisation en 3D. "Il est sûr d'avoir des retours positifs des entreprises qu'il rencontre à Tel Aviv. "Nous avons un produit de visualisation très fort, et les Israéliens sont très forts en biotechnologies et dans la défense", ditil." 9

Peut-être les Gazaouis éprouvent-ils en ce début 2009 les savoir-faire toulousains. On n'en saura rien, les "militants", les "citoyens", les "anti-capitalistes" toulousains, comme leurs homologues grenoblois toujours prompts à manifester contre la guerre et ses malheurs, n'ayant pas pris la peine d'enquêter sur la collaboration de leur technopole aux massacres en cours. À Toulouse comme à Grenoble, l'emploi n'a pas d'odeur : on travaille, la semaine, aux technologies mortifères, et on proteste, le week-end, contre leur utilisation sur les champs de bataille.

Toulouse, comme Grenoble, est l'un des principaux pôles de R&D des nanotechnologies "par nature duales" françaises. Les lecteurs de Pièces et Main d'œuvre connaissent au moins un nanologue toulousain, Christian Joachim, responsable du groupe Nanosciences au Cemes (Centre d'élaboration de matériaux et d'études structurales). Joachim défend l'approche ascendante, dite "bottom-up", des nanotechnologies, qui s'intéresse à

la manipulation de la matière atome par atome, et élabore des nanorobots10.

En 2008, Sarkozy a chargé trois technarques d'élaborer un plan de développement des nanos en France : aux côtés du Parisien Dominique Vernay, patron de Thalès et du pôle System@TIC, et de l'incontournable Jean Therme, patron du CEA-Grenoble et initiateur de Minatec, figure le Toulousain Alain Costes, président du conseil scientifique de InNaBioSanté et ancien directeur du Laas (Laboratoire d'architecture et d'analyse des systèmes).

À en croire la Dépêche du Midi, les principaux labos de nanotechnologies toulousains se répartissent entre : "la microélectronique au Laas, les nanosciences au centre d'élaboration des matériaux (Cemes), la nanoénergétique au laboratoire Laplace de l'Enseeiht-Inpt, la chimie avec le labo de coordination de Bruno Chaudret, la biologie avec l'IPBS de François Amalric ou encore le génie chimique avec le laboratoire des procédés de Joël Bertrand."11

Que fait-on au Laas ? D'après le Conseil économique et social : "Les activités de recherche du LAAS-CNRS se situent dans les Sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC). Le LAAS s'intéresse principalement à quatre classes de systèmes, à travers quatre pôles thématiques qui organisent ses 17 groupes de recherche :

- le pôle Modélisation, optimisation et conduite des systèmes (MOCOSY) ;

- le pôle Robotique et intelligence artificielle (RIA) ;

- le pôle Systèmes informatiques critiques (SINC) ;

- le pôle Micro et nano Systèmes (MINAS).

Le LAAS a reçu le Label Carnot en mars 2006. Ce Label vient confirmer la qualité et la pertinence des travaux du laboratoire relativement aux enjeux socioéconomiques. Au 1er janvier 2006, les effectifs du LAAS étaient de 586 personnes se répartissant ainsi : 478 chercheurs et 108 ingénieurs, techniciens et administratifs. Il bénéficie d'un budget d'environ 27 millions d'euros." 12

Exemple de trouvaille du Laas, dûment brevetée et commercialisée par la société Tag Technologies :

"DomoTAG®, grand prix de l'innovation ADERMIP, est un système d'alarme évolutif révolutionnaire développé en partenariat avec le CNRS qui permet la détection avant l'intrusion." Des capteurs sans fil détectent "toute tentative d'intrusion avant même que le cambrioleur ne pénètre chez vous", déclenchent l'alarme, vous informent par SMS, tandis que des caméras de vidéosurveillance filment en direct et que votre connexion Internet vous permet de déclencher à distance le diffuseur de fumée (en option). Une application civile qui n'a bien sûr rien à voir avec la recherche militaire, ni avec l'intérêt du ministère de la Défense pour les ressources toulousaines en matière de nano-capteurs13.

Comme Minatec à Grenoble, le Laas s'emploie à valoriser la recherche, et à transférer ses connaissances vers les industries et l'armée. Il a même créé un "Club des affiliés" pour donner aux "décideurs de la région" un "accès privilégié aux avancées scientifiques réalisées au Laas"14. La routine, en somme, dans le monde désintéressé de la recherche pure. Se croisent entre autres, dans ce très chic techno-club, Thalès, EADS, Total, le CNES ou la Chambre de Commerce et d'Industrie du Gers. Le "Club des Affiliés" du Laas est partenaire du Gixel, le lobby des industries numériques célèbre pour son Livre Bleu et ses recommandations en faveur de la biométrie "dès le plus jeune âge" ; et du Pôle Traçabilité de Valence, qui travaille à la dissémination des mouchards RFID partout sur la planète 15.

Toulouse, comme toute technopole, mise sur la liaison recherche-armée-industrie, donc sur les technologies sécuritaires pour assurer sa prospérité. Grenoble devrait se méfier de cette concurrente, dont le techno-gratin contribue efficacement à la technification du monde et à l'asservissement du cheptel humain. C'est à Toulouse, à l'université Paul Sabatier, que Christelle Portet a réalisé sa thèse sur les supercondensateurs à partir de nanotubes de carbone, qui intéresse l'armée au point que la Délégation générale à l'armement a financé et encadré son travail. Combien de chercheurs et techniciens toulousains collaborent, chez EADS, au perfectionnement des drones de combat français et israéliens ?

Pièces et Main d'œuvre (Editions L'Echappée)




Condamner les abjections de la guerre lointaine est facile et couru. La moindre des choses quand on se dit défenseur des droits humains est de balayer devant sa porte et de dénoncer les chercheurs qui, ici et maintenant, font progresser les technologies guerrières en même temps que leur carrière. Les 19 et 20 janvier 2009, la Chambre de Commerce France-Israël Toulouse Midi-Pyrénées organise un séminaire à Toulouse avec le techno-gratin local. Intitulé "NBI to life" ("Nano-Bio-Info-technologies à la vie"), "ce séminaire a pour objet de renforcer les relations académiques, industrielles et économiques" entre la région Midi-Pyrénées et Israël16. Sont notamment invités les représentants des labos toulousains, du Pôle de compétitivité Cancer Bio Santé (le cancer, c'est excellent pour la compétitivité), dont bien sûr Alain Costes, VRP local des nanos, et, côté israélien, des dirigeants et chercheurs du Technion - l'Israel Institute of Technology - et des représentants de l'Israel National Nanotechnology Initiative.

Bref, une rencontre internationale parmi les dizaines organisées par le techno-gratin chaque année pour l'édification du nanomonde.

Comme Israël est l'invité, c'est contre l'"État voyou" - et lointain - que manifestera le Comité Jaffa Toulouse. "Il est très clair que l'ambassade d'Israël et le CCFI (NDR : Chambre de Commerce France-Israël) ont sélectionné des participants israéliens venus faire le marketing d'Israël", dénonce le tract d'appel à manifester17, qui ne pipe mot du contenu de ce séminaire.

Qu'on s'échange des recettes de cassoulet ou de nano-manip' n'intéresse pas ces consciences indignées contre la guerre. Que la région Midi-Pyrénées invite les universitaires palestiniens à son prochain séminaire "NBI to life", qu'elle encourage le développement de start up de nanobiotechnologies innovantes en Palestine, et vous les verrez même applaudir à cette reconnaissance internationale.

Quant aux responsabilités des chercheurs, des industries et des labos toulousains dans la guerre au vivant et dans l'asservissement général des populations, il faudrait pour les désigner trouver le courage de dénoncer la fuite en avant technologique et les emplois à tout prix (après AZF, le business du cancer et de la guerre), en somme, de ramer à contre-courant.

Aux Toulousains qui saisiraient l'occasion des massacres de Gaza pour critiquer les responsabilités de leur technopole dans la catastrophe générale, nous offrons, en guise d'encouragement, ces quelques lignes d'un chercheur déserteur :

"Sommes-nous animés par la prétendue "éthique de la connaissance" comme le soutiennent tant de scientifiques, ou par un sens dénaturé de notre dignité qui nous conduirait à ne faire de mathématiques que si l'on nous paie intégralement nos frais de voyage, et de séjour dans un décor bourgeois, même si cela signifie qu'il faut mendier de l'argent à des organisations militaires qui ont tant fait afin de discréditer la science aux yeux de tant de gens ? Pouvez-vous imaginer Van Gogh disant qu'il ne peut pas peindre aussi longtemps qu'il n'obtiendra pas d'argent de l'OTAN ? Sommes-nous des intellectuels, ou des voyageurs de commerce ? (…)

Si nous croyons que nous pouvons accepter l'argent de n'importe qui pour le profit des mathématiques et/ou de nos oeuvres complètes, si nous nous comportons comme si nous étions d'accord avec les politiciens les plus corrompus, ceux qui pensent que la science et l'éducation sont simplement des branches de la Défense, comment pouvons-nous alors espérer regagner un jour le respect des jeunes ? ou de nous-mêmes ? L'ultime preuve de sincérité pour un mathématicien est son consentement à renoncer à un peu de ses mathématiques, sans parler de son argent, afin d'adhérer à son propre code de morale (en supposant qu'il en a un, et qu'il ne se réduit pas à placer les mathématiques au-dessus de tout le reste)."

Roger Godement, mathématicien, "Mathématiciens (purs) ou putains (respectueuses) ?" - 22 avril 1971

Pièces et Main d'œuvre

Grenoble, le 16 janvier 2009

Retrouvez ce texte et bien d'autres sur www.piecesetmaindoeuvre.com

***

Source :

1 http://www.light1998.com/faceit/Partners.htm

2 Source : http://www.israelvalley.com/news/2006/03/22/887/revelations-israel-aircraft-industries-et-eads-ont-finalementdeveloppe-

avec-de-grandes-difficultes-un-nouveau-drone-a-longue-endurance

3 AFP, 17/11/06

4 "Nanotechnologies : prospective sur la menace et les opportunités au service du combattant", CEA-Alcimed, avril 2004. Cf

Aujourd'hui le Nanomonde - Les nanotechnologies, un projet de société totalitaire, Pièces et Main d'œuvre (Editions L'Échappée)

5 Source : Association nationale de la recherche technique, 2005. www.anrt.com

6 http://www.israelvalley.com/news/2008/12/06/20651/nanotechnologie-et-high-tech-110-centres-font-travailler-35-000-personnes-dans-le-domaine-de-linnovation-purement-technologique

7 Idem

8 http://www.globes.co.il 30/04/08

9 Idem

10 Cf Aujourd'hui le Nanomonde, op.cité

11 http://www.ladepeche.fr/article/2007/12/26/422080-Recherche-Toulouse-capitale-des-nanotechnologies.html

12 Les nanotechnologies - Projet d'avis du CES, 12/06/08

13 Rapport CEA-Alcimed, op. cité

14 http://www.laas.fr/Club-Affilies/presentation.html

15 Cf RFID : la police totale. Puces intelligentes et mouchardage électronique,

16 Programme disponible sur http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=188

17 Midi-Pyrénées-Israël : non à la collusion !", disponible sur npa31.org




Sur France Inter, aujourd'hui, 17 janvier 2009, aux infos de 13 heures, à propos de deux manifestations parisiennes contre l'intervention d'Israël à Gaza :

" … D'un côté, il y a le collectif pour une paix juste au Proche-Orient, autrement dit Euro Palestine, un mouvement qui ne fait pas l'unanimité dans les milieux pro palestiniens… D'ailleurs Dieudonné a fait partie, un temps, de ses membres… "

C'est vrai, mais en 2004, après le premier dérapage antisémite de ce personnage et ses accointances avec quelques négationnistes et autres révisionnistes, Euro Palestine faisait clairement savoir qu'elle ne voulait plus compter Dieudonné parmi ses membres… autrement dit, il était viré…

Cela aurait pu être dit. Laisser l'auditeur sur l'impression que Euro Palestine eût pu être antisémite ou simplement infréquentable est présentement indigne de cette radio. Et cela d'autant plus que Dieudonné est un gugusse auquel toute référence est une injure à l'intelligence. Pourquoi pas faire référence à Besson Éric pour parler du PS ou à Martin Hirsh comme représentant sur Terre de feu l'Abbé Pierre ?




LES RACINES PROFONDES DE LA TERREUR EXERCÉE PAR L'ÉTAT JUIF

Israël : État pathologique ?

SILVIA CATTORI / dimanche 18 janvier 2009, par Sylvia

La création de l'État d'Israël en 1948 s'est accompagnée du nettoyage ethnique de plus de 750 000 Palestiniens (*) - soit plus de la moitié de la population indigène - chassés de leurs villes et villages, soit par la force, soit par la peur engendrée par des massacres délibérés de civils, comme celui du village Deir Yassin. Depuis lors, au cours de ses soixante années d'existence, des massacres de Sabra et Chatila en 1982, aux carnages qui se déroulent aujourd'hui à Gaza - en passant par la destruction du camp de réfugiés de Jénine et la destruction des infrastructures palestiniennes de Cisjordanie en 2002, les massacres dans le camp de réfugiés de Jabaliah en 2005 et 2006, les bombardements massifs sur le Liban en 2006 - Israël n'a cessé, sous prétexte de " se défendre ", d'apporter mort et dévastation chez ses voisins, avec toute la puissance de feu de son aviation, de sa marine de guerre et de ses chars.

À chaque fois, on est demeurés à la fois atterrés et scandalisés par la sauvagerie des attaques israéliennes, le nombre de victimes civiles et l'étendue des destructions qu'elles ont provoqués ; et stupéfaits par le laisser faire de la " communauté internationale ".

À chaque fois, on a vu sur nos écrans, avec la complicité de rédactions partisanes, des porte-parole et ambassadeurs israéliens venir " justifier " les crimes commis par des mensonges éhontés, en affichant leur mépris à l'égard de ceux qu'ils occupent militairement et exécutent sommairement, avec une morgue qui fait irrésistiblement penser à celle qu'affichaient en leur temps les dignitaires nazis.

La furie destructrice de cet État n'est pas nouvelle pour les occupés qui la subissent quotidiennement. Mais, l'écrasement du ghetto de Gaza, ce bain de sang insoutenable qui se déroule devant nous, l'a rendue plus évidente aux yeux du monde.

Et la question de savoir pourquoi et comment une telle sauvagerie est possible se pose aujourd'hui avec encore plus d'insistance.

C'est à cette question cruciale que deux connaisseurs d'Israël ont tout récemment cherché une réponse : l'historien Ilan Pappe et le professeur de philosophie juridique et politique Oren Ben-Dor [1].

Le sionisme [2] mis en cause

Dans son article intitulé " Israël et la vertu outragée " [3], Ilan Pappe relève que la posture d'autojustification constamment adoptée par Israël est " un sujet qui mérite que l'on s'y attarde, si on veut comprendre l'immunité internationale dont Israël bénéficie pour les massacres qui se poursuivent à Gaza ".

Il commence par insister sur le déferlement de propagande sur les médias israéliens, sur l'hypocrisie des justifications avancées, et la menace qu'elles représentent pour les Palestiniens :

" Cette posture [d'autojustification] est fondée en tout premier lieu sur de purs mensonges (...) qui rappellent les heures sombres des années 1930 en Europe ".

(...)

Il n'y a pas de limites à l'hypocrisie, essence même de la vertu outragée. Le discours des généraux et des responsables politiques oscille, selon le cas, entre l'autocongratulation devant l'humanité que manifeste l'armée avec ses frappes " chirurgicales " d'une part, et, de l'autre, la nécessité de détruire Gaza une fois pour toutes, mais de façon humaine, bien entendu.

Cette vertu outragée est une constante dans le processus de dépossession, d'abord par les sionistes, puis par Israël. Toutes les opérations, qu'il se soit agi d'épuration ethnique, d'occupation, de massacres ou de destructions ont toujours été présentées comme des actions justes sur le plan moral et relevant de l'autodéfense, perpétrées à contrecœur par Israël dans sa guerre contre des êtres humains de la pire espèce.


(...)

C'est la vertu outragée qui protège la société et les responsables politiques de tout reproche ou de toute critique venant de l'extérieur. Mais, pire encore, elle se traduit toujours par des mesures de destruction dirigées contre les Palestiniens. Sans opposition interne et sans pressions extérieures, il en résulte que tout Palestinien peut devenir la cible de cette fureur. Étant donné la puissance de feu de l'État hébreu, cela ne peut finir que par d'autres massacres, d'autres assassinats en masse et d'autres épurations ethniques.

Il donne un nom à ce qu'il caractérise comme une " idéologie malsaine destinée à couvrir des atrocités ", à savoir : " le sionisme ". Et il conclut à l'urgence de le dénoncer et de le combattre :


" Il nous faut tenter d'expliquer, et pas seulement au monde entier, mais aux Israéliens eux-mêmes que le sionisme est une idéologie qui cautionne l'épuration ethnique, l'occupation, et aujourd'hui les massacres (...) et également cesser de légitimer cette idéologie qui a engendré une telle politique et qui la justifie moralement et politiquement.(...) Il est peut-être plus facile de le faire maintenant, dans des circonstances aussi dramatiques, au moment où l'attention du monde est dirigée une fois de plus vers la Palestine.

(...)

Malgré les accusations prévisibles d'antisémitisme et tout le reste, il est temps d'expliquer aux populations le rapport existant entre l'idéologie sioniste et les grandes dates de l'histoire de ce territoire, familières désormais : l'épuration ethnique de 1948, l'oppression des Palestiniens en Israël pendant la période de gouvernement militaire, l'occupation brutale de la Cisjordanie et aujourd'hui le massacre à Gaza. (...) En démontrant le rapport entre la doctrine sioniste, et la politique qui en a résulté, et les atrocités actuelles, nous pourrons offrir une explication claire et logique dans le cadre de la campagne de boycott, de sanctions et de retrait des investissements (dirigée contre Israël, NDT). "

Une pathologie suicidaire

Dans son article intitulé " Israël : le suicide par l'autodéfense " [4], Oren Ben-Dor commence par insister sur la répétition incessante des massacres perpétrés par Israël, sur l'hypocrisie des raisons qu'il avance pour le déclenchement de sa guerre à Gaza, et sur l'échec prévisible de cette dernière tentative de mater la résistance palestinienne :

" À l'instar du Liban en 2006, le peuple de Gaza est massacré par les pilotes assassins d'un État assassin. (...) Cette répétition de la violence à grande échelle par Israël (...) s'accomplit après un long processus déclenché au moment où Israël a retiré unilatéralement ses colonies et son infanterie de Gaza, mais seulement pour organiser ce qui a été décrit comme un zoo d'êtres humains surveillé à distance.

(...)

En dehors d'apporter une réponse à court terme aux attaques de roquettes, la vague de violence israélienne relève d'un raisonnement vicieux (pétition de principe) et d'une provocation réfléchie. (...) Les assassinats ciblés de membres du Hamas, le renversement même de l'organisation, la destruction de son infrastructure et de ses bâtiments n'écraseront pas la légitime opposition à l'entité sioniste, arrogante et triomphaliste. Aucune armée, même bien équipée et bien entraînée, ne peut gagner un combat contre un nombre toujours plus grand de gens qui n'ont plus de raison de craindre de mourir. "

Et il pose la question de fond :

" À considérer l'échec assuré des tentatives visant à imposer la stabilité par la violence, l'intimidation, la famine et l'humiliation, quel est le souhait, sur terre, qui anime l'État israélien ? À quoi les Israéliens imaginent-ils aboutir avec ce massacre ? Il doit y avoir quelque chose qui manque ici. Il doit y avoir, pour les Israéliens, quelque chose ou quelque idée à préserver, à défendre même, dans cette pathologie de vouloir provoquer un état permanent de violence contre eux-mêmes. Quelle sorte d'autosatisfaction conditionne donc cette volonté autodestructrice d'être haï ? "

Il trouve finalement la réponse à cette question dans " l'incapacité, des Israéliens à s'interroger sur le fondement discriminatoire de leur propre État . " :

" Beaucoup de Palestiniens qui vivent à Gaza sont les enfants des 750'000 réfugiés expulsés en 1948 de ce qui est aujourd'hui l'État juif. (...) C'est seulement par une purification ethnique massive qu'un État de majorité et de caractère juifs a pu s'implanter. Toute juste application du droit reconnu internationalement pour les réfugiés de revenir chez eux signifierait effectivement la fin du projet sioniste. (...) À leur retour, ils exigeraient sûrement pour eux, et avec force, une citoyenneté égale. Ce faisant, ils remettraient en cause l'idée discriminatrice qui est à la base de l'État juif (...).Ainsi, pour la même raison qu'Israël discrimine ses propres citoyens non juifs, il empêche le retour des réfugiés. "

Il conclut que, seule, la remise en cause de l'apartheid israélien, du " droit d'Israël à exister dans la sécurité en tant qu'État juif " pourrait mettre fin au cycle de violence, faute de quoi, la " rhétorique de l'autodéfense " va se refermer sur la " chronique effrayante d'un suicide annoncé " :

" Admettre le droit d'Israël à exister dans la sécurité en tant qu'État juif est devenu aujourd'hui le point de référence d'une modération politique. Obama est déjà en train de chanter la chanson. (...) l'origine de la violence dans Gaza est intimement liée à la manière dont l' État israélien a vu le jour et dont il tolère toujours l'idée d'apartheid dans son essence même. Israël ne doit pas être " réformé " ou " condamné ", mais remplacé par une unique structure égalitariste sur toute la Palestine historique.

Israël a besoin d'un cycle permanent de violence. (...). La violence (...) est un moyen nécessaire pour ancrer la prétendue légitimité de ce qu'on prétend être la seule alternative à cette violence. Cette alternative n'est rien d'autre que l'échec " étonnant " d'un processus de paix " sensé ", " raisonnable " et " modéré " pour aller à deux États, un processus qui prétend légitimer l'État d'apartheid une fois pour toutes. Le discours a été récupéré de telle sorte que les appels urgents à la cessation immédiate de la violence raniment ce projet pour deux États, essentiellement injuste et voué à l'échec mais qui garantit la poursuite de la violence.

(...)

Cette pathologie israélienne aboutira, furtivement et fatalement, à ce que les Israéliens craignent le plus. Il n'y a effectivement " d'autre choix " pour le projet nationaliste des éternelles victimes, que le suicide avec ceux qu'il opprime. (...) L'autodéfense par le suicide souligne le caractère unique de l'apartheid israélien. La rhétorique tant du non-choix que de l'autodéfense renferme une chronique effrayante d'un suicide annoncé. En dépit de sa puissance militaire, Israël est un État faible et mourant qui souhaite s'autodétruire. Les plus puissantes nations au monde assistent à ce processus suicidaire, et ce fait demande à être médité d'urgence. "

Comme on le voit, pour ces deux auteurs, le caractère même de l'État israélien, l'apartheid qu'il pratique et sur lequel il est fondé, sont au cœur de la terreur qu'il déchaîne avec régularité sur ses voisins, et il n'y aura pas de fin au cycle de la violence et des massacres tant que la " communauté internationale " continuera de tolérer cette inacceptable exception à l'application du droit international.

P.S.

(*) Voir : " Le nettoyage ethnique de la Palestine ", par Ilan Pappe, Librairie Arthème Fayard, 2008.

________________________________________

[1] Ilan Pappé (né en 1954), citoyen israélien, est l'un des " nouveaux historiens " qui ont réexaminé de façon critique l'histoire d'Israël et du sionisme. À la suite, l'an dernier, de son soutien au boycott des universités israéliennes par les pays étrangers, Ilan Pappe, ayant fait l'objet de menaces de mort, a été contraint de démissionner de son poste de professeur de sciences politiques à l'Université d'Haïfa et d'émigrer en Grande-Bretagne.

Le Dr Oren Ben-Dor est né à Haïfa et a grandi en Israël ; il enseigne la philosophie juridique et politique à la faculté de droit de l'Université de Southampton, Royaume-Uni.

[2] Sionisme : idéologie politique prônant la création d'un État juif en Palestine et le retour du peuple juif " dans sa patrie historique, Eretz Israël, par Aliyah en provenance de tous les pays ". Le mouvement sioniste a été fondé au Congrès de Bâle en 1897, par Theodor Herzl, journaliste et écrivain juif autrichien, auteur de Der Judenstaat (" L'État des Juifs ").

[3] Voir :

" Israël et la "vertu outragée" ", par Ilan Pappe, blog.emceebeulogue.fr, 6 janvier 2009.



Texte original en anglais : " Israel's righteous fury and its victims in Gaza ", The Electronic Intifada, 2 janvier 2009.



[4] Voir :

" Israël : le suicide par l'autodéfense ", par Oren Ben-Dor, info-palestine.net, 4 janvier 2009.

Texte original en anglais : " The Self-Defense of Suicide ", Counterpunch, 1er janvier 2009.

Sylvia




Ils ont " sauvé " Israël de la paix : Netanyahou, Barak, Sharon, Péres/ Olmert...

" ON NE VOIT PAS LA RÉALITÉ COMME ELLE EST, MAIS TELLE QUE NOUS SOMMES ". LE TALMUD

Samedi 17 janvier 2009, par Lera Luis

" Il est fondamental de détruire non seulement les hommes mais également leurs villages leurs plantations. Il faut arracher ce qui est planté et empêcher toutes nouvelles plantations ou récolte. Ce que le plomb ne pourra obtenir, la famine et l'hiver y parviendront. " (Georges Washington premier président des États Unis, 1779) (sources wikipédia)

Israël ne veut pas la paix : il veut toute la Palestine et le monde fait semblant de ne pas l'avoir compris.

Peut-on aujourd'hui encore occulter que la paix est morte avec l'assassinat d'Yitzhak Rabin ? En un demi-siècle, un seul dirigeant Israélien a vraiment essayé de faire la paix et il l'a payé de sa vie, victime d'une campagne orchestré par la droite et l'extrême droite israélienne. La paix vaincue rendue au chef de guerre Sharon se transformera en leurre en véritable faire valoir politique pour les dirigeants qui suivront.

La victoire électorale du Hamas (les électeurs ont fait le choix de ramener la politique à la problématique de l'occupation) après des élections remarquées pour leur déroulement démocratique par beaucoup d'observateurs venus du monde entier. Il n'en fallait pas plus pour que ; Tel Aviv et Washington dans un pas de deux annoncent : " il n'y a plus de partenaires pour la paix. " C'est comme si le monde émergeait d'un long sommeil commencé en 1993 avec le processus de paix, ignorant tout de l'assassinat de Rabbin et la reprise en main par les faucons. Les trois fossoyeurs de paix qui se sont succédés - Netanyahou, Barak, Sharon - que rien ne semble unir sinon qu'ils ont " sauvé " Israël de la paix...

La Paix a été la grande absente des dernières élections israéliennes : La paix un mensonge pour ne pas mourir de la vérité

Les élections israéliennes avec un petit ravalement de façade ont opté pour la continuité ce n'est plus le Likoud, mais son clone le parti "centriste" Kadima créé par feu Sharon pour gouverner à l'ultra droite avec une image vierge. Le soutien implicite de l'Europe à Israël a enfermé les Palestiniens dans une boîte de Pandore où de toute évidence quel qu'en soient les circonstances, le mot palestinien sera mis en symétrie avec celui de terroriste, le mot conflit avec celui de religion. Tous les attentats dirigés contre les civils qu'ils soient juifs ou musulmans peuvent, à très juste raison, révolter. Mais ne trouvez vous pas choquant aussi, la passivité du monde face aux causes qui génèrent de telle violence. ? La contradiction qui oppose les deux parties depuis plus d'un demi-siècle c'est l'occupation criminelle au quotidien, la colonisation de la Palestine, l'absence totale de souveraineté pour les palestiniens.

Il suffit d'un simple coup d'œil sur les cartes pour comprendre à quoi s'est employé Israël tout au long des 15 années du processus de paix : exproprier, étendre les colonies, occuper le terrain, construire un réseau routier reliant les colonies interdisant de fait les déplacements des palestiniens sur leur propre sol. Dénonciations, enquêtes, résolutions, témoignages n'y ont rien fait. Le monde a laissé faire. Un demi-siècle de dénis de justice, juste quelques sermons (Résolutions de l'ONU ) pour la pure forme.

Aujourd'hui l'occupation israélienne bénéficie de l'impunité internationale qui lui donne les moyens de sa politique d'agression terroriste sur tout un peuple assiégé et affamé.

La ghettoïsation des palestiniens.

Désormais il existe une symétrie entre ghetto et palestiniens, qui pourra encore le nier.

De quel coté du mur se cache le droit international, selon que vous serez d'un côté du mur c'est le mur qui cachera l'information, de l'autre c'est l'information qui cachera le mur une aberration criminelle à la fois dénoncé /toléré par l'Europe .

Ce mur est un cancer qui ronge la Palestine une prison toujours plus étroite qui n'en finit pas d'exister tant le rapport de force est à l'avantage des architectes de cette aberration. Tout a été programmé avec la minutie d'un expert obsessionnel qui mesure le temps en poids de souffrance pour contraindre les palestiniens à l'exil forcé, mais volontaire, une forme de transfert si cher au feu premier ministre d'un peuple frappé d'amnésie. Le 9 juillet 2004, la Cour Internationale de Justice juge le mur illégal, " Sa construction doit cesser, les parties construites doivent être démolies, les actes législatifs et réglementaires pris par Israël le concernant doivent être abrogés, les destructions occasionnées par son érection doivent être remises en état et Israël doit indemniser les victimes de cette construction " Bien entendu il n'en sera rien. La dernière grande représentation de l'illusionniste Sharon c'est le désengagement d'Israël de la bande de Gaza. Cet effet d'annonce a empoisonné le souffle de tous les commentateurs politiques complaisants et trompé beaucoup d'autres. Dans une manip copié/collé les médias se sont empressés de faire état de la générosité de Sharon et de nous faire avaler la métamorphose du général " pacifiste "

Gaza " libérée " est réduite à une vaste réserve d'indigènes enfermés par des murs et des barbelés que l'armée israélienne attaque maintenant de l'extérieur ou par les airs. Ces attaques visent des bâtiments civils, les blessés sont nombreux et les morts journaliers ne font la une d'aucun quotidien... La guerre coloniale si difficile à nommer par les observateurs et les médias est pourtant la maladie originelle et centrale de ce conflit. Cela explique aussi pourquoi, quelques nostalgiques se sont acharnés à ressortir la colonisation des poubelles de l'histoire pour réhabiliter cet esprit insidieux qui enseigne que l'ordre des choses passe par la domination, par la force brute. Et non par la liberté ni la fraternité et encore moins l'égalité. La ghettoïsation du peuple palestinien continue d'avancer contre toutes les leçons de l'histoire et autres devoirs de mémoire que rien ne vient troubler. Pour sortir de ce marasme en Israël des voix discordantes se font l'écho des organisations anti-guerre (Mouvement de la Paix, Pacifistes, Insoumis...). Le courage de leurs engagements ne nous laisse pas insensibles et force notre admiration : Yitzhah Rabin (nous ne le citerons jamais assez) l'a payé de sa vie. Cela nous montre le danger que représente la Paix pour ce pays où le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique se confondent avec le caractère officiellement confessionnel de l'État (Hébreu). Un pays qui entérine une justice expéditive, extrajudiciaire et illégale. Un pays qui justifie les assassinats politiques comme des mesures préventives et légitimise la torture ? Mais où se cache le droit international ?

L'Europe qui se commet, le cul entre deux discours n'est pas sans nous rappeler l'abandon en 1939 de la jeune République Espagnole. Aucune pression de la France et de l'Angleterre ne s'exerça alors contre l'agresseur.

Flash-Back...1939

" La parole du généralissime est une garantie suffisante. Notre présence sur le terrain serait interprétée comme une insulte à la souveraineté de l'Espagne, elle risquerait de froisser son nouveau maître et compromettrait nos futures bonnes relations avec lui. Les principes humanitaires sont une chose et la politique internationale en est une autre ". Par cette déclaration l'émissaire Bonnet affirme pour la France l'abandon à Franco des douze milles républicains sur le port d'Alicante qui espéraient fuir par la mer avec les bateaux qui les attendaient. Dès le début de l'agression Fasciste /Nazie la " non intervention " décidé unilatéralement par la France et l'Angleterre condamne la jeune république espagnole à une mort programmée. Les " démocraties " d'alors semblaient avoir moins peur du nazisme que d'une révolution sociale en cas de victoire populaire sur le front des conquêtes sociales contre le Capitalisme et le Fascisme.

Flash-Back ...18 ème siècle

L'histoire du monde est couverte de cicatrices de la colonisation, celle des Palestiniens n'est pas sans nous rappeler les Indiens d'Amérique du nord " la conquête de l'ouest " et des deux siècles et demi pour contraindre les rescapés indiens à accepter la déportation dans des " réserves. " Il est fondamental de détruire non seulement les hommes mais également leurs villages leurs plantations. Il faut arracher ce qui est planté et empêcher toute nouvelle plantation ou récolte. "

" Ce que le plomb ne pourra obtenir la famine et l'hiver y parviendront " Ainsi s'exprimait Georges Washington premier président des États Unis Héros de la Révolution Américaine. Sa doctrine : " l'Amérique aux Américains "(Sic)... certains historiens présentent cette période comme étant la genèse des " Droits de l'Homme "(Sic)... Même dans les démocraties l'histoire est dictée par les vainqueurs. En 1779, Georges Washington général, ordonne, en violation du traité, d'envahir le territoire de la confédération Iroquoise. Et il insiste pour que soient tués autant d'indiens que possible, sans considération d'âge ni de sexe. Les survivants seront livrés comme esclaves agricoles aux colons méritants. En quelques mois, 40 villages indiens sont massacrés, et leurs plantations réduites à néant. On croit rêver, l'histoire d'Israël de 1948 à Gaza 2008/9 l'opération " Plomb Durci " semble avoir pour motivations un certain mimétisme colonial. Le Plomb Durci ressemble au " plomb " de la métaphorique citation de G. Washington. Pourquoi " durci " ? le plomb " est mou "alors il est remplacé par un substitut plus efficace, la démonstration des massacres d' aujourd'hui plaide pour l'adjectif " durci " Remarquer jusqu'où la subtilité de l'état d'Israël est précautionneuse quand pour parler de la torture pratiqués en Israël, il parle " de pressions physiques appuyées " ou " modérées " selon la prescription du fonctionnaire de police, ou militaire .

Oui ! les États-Unis sont avec l'État d'Israël des orfèvres en la matière quand il s'agit d'allégories guerrières.

" Il est fondamental de détruire non seulement les hommes, mais également leurs villages et leurs plantations... Ce que le plomb ne pourra obtenir, la famine et l'hiver y parviendront ". Comment nous devons traduire cela : le plomb " promis " aux indiens en 1779, eu pour résultat de modifier le cours de leur l'histoire, sans parler des bouleversements de la démographie de ses authentiques habitants, au sud comme au nord. Les populations originaires de cet immense continent subiront en trois siècles une quasi disparition ; le premier génocide connu de l'histoire... Le plomb durci " promit " aujourd'hui aux palestiniens ressemble étrangement au " plomb " qui permis aux valeureux colonisateurs d'usurper ce patrimoine enfin vide de ses autochtones et du même coup arborer avec la Révolution, l'éthique d'une nation libre.

L'État d'Israël avec son authenticité américaine sera t-il le prochain État associé, Étasuniens ?

La théorie du plomb durci me laisse songeur sur l'absence d'humanité de ceux qui ont eus l'idée de transposer cette allégorie simpliste mais qui résonne comme une solution finale.

Paradoxalement le peuple Palestinien vit à l'identique le drame des indiens d'Amérique du Nord. À Gaza la nourriture vient terriblement à manquer, l'hiver est là, l'entreprise de démolition avance inexorablement écrase tout sur son passage sans distinction, maisons, habitants.

Le peuple palestinien se trouve confronté aujourd'hui à un dilemme mourir des bombes ou du blocus Israélien qui depuis presque un an organise la privation de tout ce qui est nécessaire à un peuple pour survivre et se soigner (les milliers de blessés) Une décision pourtant pourrait changer la donne, mais pour cela les 27 pays membres de l'UE doivent sortir de la logique du chaos qui consiste à jouer les supplétifs d'un deuxième front celui du silence et de la soumission aux États-Unis et à l'État d' Israël : En refusant l' isolement politique et l' étranglement économique des habitants de Gaza. En refusant d'être complice des crimes de guerre et d'un nouveau crime contre l'humanité. Voilà jusqu'où peut déraper une punition collective au goût génocidaire.

Aux prochaines élections israélienne la paix sera encore la grande absente de la campagne parce que la paix n'as jamais fait gagner un candidat en Israël.

Il faut, comme dit Nelson Mandela, " avoir conscience du fait que la Palestine est l'une des grandes causes morales de notre temps et qui exige d'être défendue comme telle. Il ne s'agit pas de marchander, de trouver d'habiles compromis ".

Luis Lera janvier 2009




Bernard Henri Lévy, l'homme qui faisait dire à Platon : " Heureusement que je ne l'ai pas connu, j'aurais vite détesté la philosophie…" et en aparté : " Mais quel con ! ", Bernard Henry Lévy, a donc commis, une nouvelle fois, un de ses pâtés où la liberté d'expression se marie parfaitement avec la malhonnêteté intellectuelle et la plus incroyable imbécillité.

En aparté, et cela n'engage que moi, BHL, je savais que c'était un menteur, un malhonnête, un âne qui se frotte aux ânes, etc. mais je ne pouvais pas deviner qu'il fût à ce point un tel salopard dégueulasse ! Indigne...

Ce que je crains, c'est que nous n'ayons pas assez de salive pour aller cracher sur la tombe de toutes ces pourritures qui nous empestent...

Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy

Samedi 10 janvier 2009, par Alain Gresh

Il manquait encore sa voix dans le débat. Il vient enfin de s'exprimer dans un texte exemplaire paru dans Le Point, " Libérer les Palestiniens du Hamas ". Exemplaire ? oui, car, comme celui d'André Glucksmann, il résume tous les mensonges, toute la mauvaise foi de ceux qui pensent que, au-delà de telle ou telle erreur, la politique d'Israël doit être défendue contre ses ennemis, contre les barbares qui menacent de le submerger. Ce bloc-note mérite donc une analyse de texte détaillée (je mets en gras les citations de BHL).

" N'étant pas un expert militaire, je m'abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. "

Étrange argument. Il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste militaire pour savoir si des actions violent ou non le droit international :

un philosophe pourrait faire l'affaire... Car les déclarations confirmant ce viol sont multiples.

" N'ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre "victimes suspectes" et "bourreaux privilégiés", je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d'enfants palestiniens tués. "

" Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s'agit d'Israël, s'emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits. "

Bien sûr, personne, ne peut accepter la mort d'un enfant, où qu'il soit, mais admirez le " cela étant dit "... qui laisse supposer que cette mort s'explique par le contexte.

" 1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d'obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la "brutalité" d'Israël - c'est, à la lettre, sa longue retenue. "

Il suffit de comparer le nombre de morts palestiniens et israéliens (avant les combats actuels) pour mesurer la " longue retenue ". En réalité, les bombardements sur Gaza n'ont jamais cessé, sinon pendant le cessez-le-feu signé le 19 juin 2008. Et que dire de la " longue retenue " des Palestiniens qui vivent sous occupation depuis 40 ans... Car, il faut le rappeler, l'origine de la résistance ce n'est ni le Fatah, ni l'OLP ni le Hamas, mais l'occupation, qui suscite toujours la résistance.

" 2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu'ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu'ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions - je suis allé à Sdérot, je sais. "

Bernard-Henri Lévy est allé à Sdérot (alors qu'en Géorgie, il a pu écrire des affabulations sur des lieux où il ne s'était jamais rendu), on n'en doute pas. Mais est-il jamais allé à Gaza ? A-t-il vu dans quelles conditions vivent les Palestiniens, depuis des dizaines d'années ? Interviewée par la télévision, une habitante de Gaza, à qui l'on demandait si elle rendait le Hamas responsable de ce qu'elle subissait, répondait en substance : il y avait des bombardements avant l'arrivée du Hamas et il y en aura après ; tout cela n'est que prétexte.

" 3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l'inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu'Israël se livre à un "massacre" délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l'attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du "bouclier humain" qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d'armes, ses bunkers, dans les sous-sols d'immeubles, d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées- efficace mais répugnant. "

Ce qui est répugnant, c'est la disproportion des forces. Comme le dit le philosophe (un vrai, celui-là) Michael Walzer, que j'ai déjà cité, " le tir au pigeon n'est pas un combat entre combattants. Lorsque le monde se trouve irrémédiablement divisé entre ceux qui lancent les bombes et ceux qui les reçoivent, la situation devient moralement problématique ".

Quant au fait que les combattants du Hamas se terrent dans les écoles ou les mosquées, il s'agit souvent de pure propagande, comme le prouve l'exemple de l'école de l'Unrwa bombardée par l'armée israélienne. Chaque fois que des observateurs neutres ont pu se rendre sur place, ils ont constaté que les allégations israéliennes étaient mensongères. On comprend que le gouvernement israélien refuse l'entrée du territoire aux journalistes étrangers.

D'autre part, rappelons que Gaza est un tout petit territoire, avec la plus forte densité de population au monde. Où sont censés s'installer les combattants ? Doivent-ils aller au-devant des troupes israéliennes pour servir de cible ? Qui pourrait reprocher aux insurgés parisiens de 1848 ou de 1870 d'avoir construit des barricades dans les rues de la capitale ? Et je rajoute, comme le fait dans un magnifique texte daté du 10 janvier, le militant pacifiste israélien Uri Avnery, " How many divisions ? "" Il y a soixante-dix ans, durant la seconde guerre mondiale, un crime haineux a été commis dans la ville de Leningrad. Durant plus d'un millier de jours, un gang d'extrémistes appelé "l'armée rouge" a tenu en otage des millions d'habitants de la ville, et provoqué des représailles de la Wehrmacht allemand en se cachant au milieu de la population. Les Allemands n'avaient pas d'autre choix que de bombarder la population et d'imposer un blocus total provoquant la mort de centaines de milliers de personnes. (…) Voilà ce qu'on aurait pu lire dans les livres d'histoire si les Allemands avaient gagné la guerre. "

" 4. Entre l'attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu'il en soit, une différence capitale et que n'ont pas le droit d'ignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d'y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s'appelle un "crime de guerre") ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom - "dommage collatéral" - qui, même s'il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale). "

Dissymétrie stratégique ? Incontestablement. Un dirigeant du FLN algérien Larbi Ben M'hidi, arrêté durant la bataille d'Alger en 1957 (puis assassiné), et à qui des journalistes français reprochaient d'avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : " Donnez-moi vos Mystères*, je vous donnerai mes bombes ". Si placer des bombes dans un café est condamnable, que faut-il dire des bombes larguées d'un avion sur des populations civiles ?

[* À l'époque, c'était des avions à réaction qui équipaient l'armée française)]

Dissymétrie morale ? Les punitions collectives infligées depuis des années à Gaza sont, selon Richard Falk, envoyé des Nations unies dans les territoires palestiniens, " un crime contre l'humanité ". Que dire alors de ce qui se passe depuis...

Parlant de ses négociations avec le gouvernement sud-africain et de ses demandes d'arrêter la violence, Nelson Mandela écrit : " Je répondais que l'État était responsable de la violence et que c'est toujours l'oppresseur, non l'opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l'oppresseur utilise la violence, l'opprimé n'aura pas d'autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n'était qu'une forme de légitime défense. " (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de Poche, p. 647)

" 5. Puisqu'il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s'est étrangement peu fait l'écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d'aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l'offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d'une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c'est évident ; mais que les choses se passent ainsi n'est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens. "

Ce que notre " philosophe " oublie, c'est qu'Israël, qui appelle les gens à quitter leur maison, ne les laisse pas vraiment aller ailleurs. Le Haut-commissaire pour les réfugiés remarquait que c'était le seul conflit du monde où l'on interdisait aux populations civiles de quitter leur territoire. Et ceux qui se réfugient dans des lieux soi-disant sûrs sont victimes des bombardements, comme les 40 civils tués dans une école de l'Unrwa. On peut noter que, selon Chris Gunness, le porte-parole de l'Unrwa, l'armée israélienne a reconnu qu'aucun tir n'était venu de cette école.

Un indice, parmi tant d'autres, du comportement de l'armée israélienne est donné par le CICR, qui fait, en général, preuve d'une grande réserve.

" Dans l'après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l'accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. "

" Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n'a obtenu l'autorisation des Forces de défense israéliennes que l'après-midi du 7 janvier. Dans une des maisons, l'équipe du CICR et du Croissant Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas. "

" Dans une autre maison, l'équipe de secours du CICR et du Croissant Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l'attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l'équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l'équipe de secours de quitter la zone, ce qu'elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks. "

" "Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n'ont pas porté secours aux blessés. Ils n'ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant Rouge palestinien puissent leur venir en aide." "

(...)

" Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d'autres maisons détruites du quartier. Il demande à l'armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu'aux ambulances du Croissant Rouge palestinien, d'accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d'autres blessés. Les autorités israéliennes n'ont toujours pas confirmé au CICR qu'elles lui autoriseraient l'accès. "

" Le CICR estime que dans le cas présent, l'armée israélienne n'a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l'accès a été donné aux services de secours. "

On pourra aussi regarder le témoignage bouleversant d'un médecin norvégien, Mads Gilbert, pris sous les bombes. Lire aussi le décryptage en français : " C'est une guerre totale contre la population civile palestinienne ".

" 6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n'est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n'ont jamais cessé de passer, jusqu'au début de l'offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le New York Times, entrer dans le territoire ; et je n'évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l'heure où j'écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens. "

Ce qui est difficile, quand on est philosophe, c'est de se renseigner et de descendre du ciel abstrait des idées pour s'intéresser au concret. Le nombre de camions qu'il indique est absolument dérisoire quand on connaît les besoins de Gaza. Normalement, il transite 500 camions par jour pour nourrir la population ; le blocus israélien ayant commencé dès le 5 novembre (après qu'Israël eut rompu la trêve en intervenant directement à Gaza), il n'est passé que 23 camions au cours du mois de novembre. Et ce blocus s'est intensifié avant les combats : la population était affamée et les hôpitaux sous-équipés. Que quelques dizaines de camions aient pu passer après, grâce à quelques déclarations fortes des Nations unies, ne change pas la situation.

" Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu'Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n'ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d'un État et n'ont jamais conçu d'autre état pour leur peuple que celui d'instrument et d'otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l'imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu'exhorter sa "nation" à "offrir le sang d'autres martyrs" - et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...). "

Rappelons, encore une fois, que c'est l'armée israélienne qui, dans la nuit du 4 au 5 novembre, a violé le cessez-le-feu par une incursion qui a provoqué la mort de quatre Palestiniens. Et que, d'autre part, Israël n'a jamais respecté une des clauses de l'accord qui était l'ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, contribuant ainsi à affamer la population.

Mais, surtout, qu'est-ce qui empêche la signature de la paix ? Rappelons que, pendant plusieurs années, les dirigeants israéliens ont affirmé que le seul obstacle à un accord était Yasser Arafat. Après sa mort, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a été élu. Il a été salué en Israël, aux États-Unis et en Europe comme un dirigeant modéré. Cela fait quatre ans qu'il est président, cela fait quatre ans qu'il négocie au nom de l'Autorité palestinienne avec le gouvernement israélien. Le Hamas n'était pas partie prenante de ces négociations, et pourtant elles ont échoué, parce qu'Israël refuse l'application des résolutions des Nations unies, le retrait des territoires occupés en 1967. Tous les États arabes ont accepté l'initiative de paix du roi Abdallah proposant l'échange de la paix contre les territoires, et Israël a encore refusé...

" Aujourd'hui, de deux choses l'une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu'ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l'"entité sioniste" : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région - et la paix se fera. Ou bien ils s'obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu'un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c'est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu'il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas. "

Comment faut-il les libérer ? Rappelons que la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas dans des élections libres suscitées par les États-Unis et l'Union européenne. Ils ont voté pour protester contre l'incurie de l'OLP et contre l'échec du processus d'Oslo que le Fatah avait prôné. Au nom de " nos valeurs ", nous avons refusé le verdict des urnes... Le peuple vote mal, changeons-le. Ou plutôt, imposons-lui une bonne dictature ou une bonne occupation qui le civilisera. C'était le raisonnement des Soviétiques quand ils sont intervenus en Afghanistan en décembre 1979, et que Georges Marchais évoquait " le droit de cuissage ". Faut-il s'étonner que Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo, " Gaza : la colombe, le faucon et le vrai con ", évoque cette invasion : " Les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger (l'islamisme), et, à tort ou à raison (sic), avaient envahi l'Afghanistan. " Voici revenu le temps du colonialisme : nous allons civiliser tous ces indigènes qui acceptent le droit de cuissage, la polygamie, le voile, etc., et les libérer de la sombre emprise des intégristes.




" L'Autrichienne Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des Relations extérieures, a averti aujourd'hui lundi 19 janvier 2009 qu'il n'y aura, de la part de l'Europe, aucun effort de reconstruction à Gaza tant que le Hamas sera au pouvoir. "

C'est sans doute comme cela que ce douteux personnage veut répondre à des menaces telles que le terrorisme, le crime organisé et la prolifération des armes de destruction massive.

Douteux personnage à plus d'un titre quand on veut bien se rappeler les relations pour le moins complexes et ambigües qu'elle entretenait avec Jörg Haider* qui était un homme politique autrichien (décédé accidentellement en 2008), membre dirigeant du Parti autrichien de la liberté (FPÖ) de 1977 à 2005 et président-fondateur de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) de 2005 à 2008, tous deux des partis populistes et nationalistes, situés à l'extrême droite de l'échiquier politique autrichien.

[* Cela écrit, ces relations n'ont rien de très surprenant quand on prend acte de celles qu'entretient Caligulas Sarkozy avec le Front national, Occident, le Gud, l'Opus dei et quelques autres OPG...]

Douteux personnage pour le moins également si l'on se donne la peine de relire le compte rendu de sa rencontre avec Le directeur de PCHR (Centre palestinien pour les droits de l'homme), Raji Sourani, en octobre 2007 où elle " s'est déclarée profondément choquée par la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza et déclaré qu'elle agira par le biais de l'UE en vue de mettre fin à ce bouclage ; et qu'elle fera part de ce qu'elle a entendu et vu aux organismes et aux décideurs concernés. "

Je n'ai aucune sympathie particulière pour le Hamas, pas davantage que j'en aurais pour les petites sœurs des pauvres… Je sais simplement qu'en Palestine, faute d'État, plutôt en panne d'ONG, une part non négligeable du travail social fut assurée par le Hamas.

Je sais aussi comment l'intérêt d'Israël, des États-Unis, de la communauté européenne sans oublier les rivalités politiques inter palestiniennes ont fini par pousser le Hamas sur le devant de la scène, comment il avait gagné les élections dans des conditions qui avaient été saluées par tous les observateurs, comment les Américains, les Européens et même les Français avaient dénié cette victoire, comment Bush et Israël ont manœuvré pour déclencher la guerre civile à Gaza en juin 2007, comment le Hamas et plus largement les palestiniens avaient été piégé par les occidentaux et les sionistes… Finalement, comment on avait laissé faire jusqu'au massacre…

Je sais aussi que parler de paix dans ces conditions c'est une injection massive de plus d'anesthésique puissant.

Alors quand je vois Sarkozy qui s'agite à Sharm El-Sheikh avec Moubarak dont la seule motivation est de trouver des appuis pour reculer l'échéance de la victoire inéluctable à venir des frères musulmans en Égypte, et peut-être d'autres mouvements équivalents se référant à l'Islam, en Algérie, en Syrie ou au Liban et en Palestine, je me dis que Roland Dumas n'a certainement pas tort de parler de complicité.

L'Europe et la France sortiront encore plus salies par leur attitude dans ce conflit. Il n'aurait sans doute pas été inutile de commencer à respecter les accords de Genève, par exemple…

Mais, désespérément, que peut-on attendre des " grands " de ce monde dont une des caractéristiques essentielles semble que du cerveau, ils n'en possèdent que l'hypothalamus leur permettant d'exprimer seulement leurs pulsions meurtrières.




Pourquoi Tsahal tue les enfants et les femmes en Palestine ?

Un modèle de teeshirt porté par les militaires
de Tsahal (l'armée la plus morale...) : un tir deux morts !
Le maître mot pour une explication est démographie…

Il y a des choses qu'on ne lira pas dans la presse ou qu'on ne dira jamais à la télévision (c'est normal, il y a trop de gens qui regardent). Il y a des choses qu'on ne pourra percevoir que de façon diffuse et qu'à la condition d'avoir été sur place, d'avoir vécu en Palestine ou en Israël, c'est cette peur irraisonnée, quasi atavique, voire biblique que le peuple juif finisse par disparaître pour la raison que les Palestiniens font plus de petits qu'eux-mêmes…

Les soldats à frisettes, aux check points, (difficile de savoir s'ils sont ultra orthodoxe - ceux-là sont censés exécrer la guerre- ou ultra colonialistes… Ils sont au moins ultra méprisants, façon Schutzstaffel) ne se cachent pas pour le dire et certains ont su, en d'autres temps, tirer pour tuer des gamins qui lançaient des pierres.


Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'à Gaza (les très nombreux témoignages que l'on recueille en attestent), certains de ces soldats à frisette, mais ils ne sont plus les seuls, s'ils l'ont jamais été, ont délibérément assassiné des enfants et des femmes, en épargnant les hommes parfois, sauf du chagrin et du ressentiment. Mais cela l'avenir nous dira ce que ces hommes et ces adolescents brisés en feront.

Soixante années de violances sans discontinuer de la part d'Israël pour en arriver à l'innommable, sinon l'inimaginable, auxquelles les Palestiniens ont répondu par soixante années de violence comme seuls actes leur garantissant encore un peu de dignité. Il serait temps que la communauté internationale use de la violence légitime dont elle prétend qu'elle peut le faire pour faire cesser cette ignominie (Lire : Nous aussi, nous accusons !). Elle ne pourra plus se cacher plus longtemps derrière son petit doigt (Lire : Gaza : Une diplomatie internationale complice du carnage). Elle n'est déjà plus crédible, entre autres depuis les massacres de Jénine, ce serait grave qu'elle soit risible !

On lira avec intérêt divers articles qui viennent d'être mis en ligne sur Oulala (dimanche 25 janvier 2009) / Oradour-sur-Gaza : une rescapée du massacre de « Zeitoun » témoigne : clic ou clic




Un article de Georges Stanechy sur son site : à contre courant

Gaza : Le Triomphe de Caïn …

"Quiconque justifie cette guerre justifie également tous ses crimes… Tous ceux qui soutiennent cette guerre soutiennent aussi l'horreur." Uri Avnery Le premier assassin de l'histoire de l'humanité fut Caïn, nous dit-on (1).

Archétype du meurtrier, de la violence, aussi stupide que sadique. Tuant son frère Abel. La violence est toujours stupide et sadique…

C'est à son triomphe que nous venons d'assister. À Gaza.

En photos, vidéos, et en couleurs. Impuissants. Horrifiés. Dans ce qui restera dans l'Histoire contemporaine, un des plus abjects, des plus cruels, "Crimes contre l'Humanité".

La résonance de cette tuerie implacable, cynique, va bien au-delà, très au-delà, du jeu diplomatique, du cirque médiatique, avec ses réunions internationales et "sommets guignolesques". Où certains, politiciens narcissiques, chroniqueurs journalistiques, "experts" télévisuels, et autres relais mondains de la propagande, veulent la confiner.

Véhiculant désinformation, cliché, ignorance de la réalité et des mutations en profondeur de la région, dans cette tectonique des rapports de force remodelant actuellement notre planète. Pratiquant la vision de l'autruche apeurée.

Les conséquences géopolitiques, les forces souterraines accumulées, "l'insurrection des consciences" (2) exacerbées, d'une extrémité à l'autre de la planète, ne sont pas évoquées, entrevues, analysées.

Elles sont pourtant colossales, vertigineuses !...

Tel un volcan à l'irruption imminente. Très bien représenté par le dessin de Saeed Sadeghi, que je reproduis. Le sang du massacre de Gaza représentant la lave en fusion, à son sommet.

Au-delà du peuple Palestinien, martyrisé depuis plus de 60 ans, sans défense, massacré de sang-froid par une armée high tech, au-delà du Moyen-Orient sous tutelle armée occidentale, c'est le monde entier qui s'est vu, senti, agressé, violenté.

Sous le choc, réagissant dans une solidarité instinctive à l'encontre de fanatiques, d'une cruauté sans bornes, irresponsables, fous furieux incapables de maîtriser les immenses arsenaux d'instruments de mort qu'ils détiennent.

Qui, non seulement, volent la terre d'un peuple mais, entendent l'exterminer, entraînant l'humanité au bord du précipice, dans leur hallucination mégalomaniaque.

Face à cette orgie sanguinaire, les gouvernements occidentaux ont opté pour le silence. Avant, pendant et après. Refusant de prendre la mesure de ses deux implications majeures. L'une au niveau mondial : l'enterrement public, télévisuel, médiatique, de leurs prétentions à être seuls dépositaires de "valeurs" en tant que "race supérieure". L'autre régional, au Moyen-Orient, la mise à nu d'une idéologie coloniale, sclérosée dans l'axiome des Croisades.

Sous les bombes au phosphore : L'enterrement de l'Occident…

Le bain de sang à peine terminé, pour en dissimuler l'étendue et les conséquences, les médias de la propagande se sont rués dans l'Obamania. Célébrant, dans la béatitude des miracles moyenâgeux, Merlin l'Enchanteur descendant des cieux…

Mais, les massacres n'échappent pas aux engrenages de la géopolitique. Ce ne sont pas de simples opérations d'intimidation, de vols, de meurtres, organisées par des assassins se croyant, convaincus de leur impunité, plus malins que le commun des mortels. Forfaits aussi vite oubliés qu'accomplis.

Ou d'essais de matériels de guerre, de "systèmes d'armes", dans la discrétion, pour le plus grand bénéfice des marchands de canon et autres quincailleries aéronautiques. Les médias ne soulèvent jamais ce point. Normal, ils sont détenus, directement ou indirectement, par eux. Aucune raison de mécontenter leurs patrons…

Chiffre d'affaires mis à part, les vendeurs d'armes apprécient beaucoup ces déluges guerriers, récurrents et lucratifs. Occasions idéales pour valider leurs nouveaux produits. Les faire passer du stade de "prototype" à celui "d'opérationnel". Obtenir ainsi le fameux label international : "Combat proven" ("Testé en combat réel"), qui propulse les ventes sur le marché florissant, aux crises inconnues, de l'armement...

"Leçons" de l'Occident au reste du monde : délégitimées…

Jamais.

Morts, blessures, cascades de sang, souffrances ne disparaissent jamais sous les brûlures de l'injustice. Beaucoup plus longtemps que celles du phosphore blanc, elles restent gravées dans l'inconscient collectif. La Palestine et, à ses côtés, le reste de l'humanité n'oublieront pas ce qui vient de se passer.

Dans son peuple affamé, enfermé, verrouillé dans La Bande de Gaza, la Palestine n'a pas subi seulement le massacre d'Israël, mais aussi celui de l'Occident. Soutenant un État terroriste, colonial, dans la communion complice de tous ses gouvernements. (3)

La planète entière l'a perçu, et parfaitement compris.

Les conséquences de la préméditation et de l'accomplissement, par l'Occident, de ces crimes contre l'Humanité, sont catastrophiques pour le présent et le futur de son rôle dans l'évolution du monde.

Sous les bombes, c'est son ensevelissement, son enterrement dont nous avons été témoins. Avec ses fausses valeurs, sa mégalomanie, son racisme. Dans le délire de son autosatisfaction. Délire suicidaire.

L'Occident n'était pas pris au sérieux dans ses prétentions à donner des leçons de démocratie et de "valeurs" au reste du monde. Depuis longtemps. Depuis ses incessantes conquêtes et tueries coloniales. Il n'y a que les médias occidentaux pour en refuser l'évidence et la dissimuler à l'opinion publique.

En ce début du 21e siècle, le comble a été atteint. Au dégoût devant ce sadisme, a succédé le mépris. Mépris devant l'arrogance cyniquement affichée. À présent, c'est le rejet. (4)

De ce rejet, aucun politicien, membre de la nomenklatura ou de l'intelligentsia, n'en a saisi l'onde de choc. Tous, incapables d'en dessiner une perspective, d'en formuler une approche prospective.

La caste politique française en particulier, dont beaucoup de ses membres descendent de familles de "colons" d'Afrique du nord, avec son "habitus de petit blanc" pétri de racisme, encore moins qu'ailleurs. Brandissant des "valeurs" à tout propos, dès qu'il s'agit de diaboliser peuples ou pays n'appartenant pas au "club occidental"…

"Valeurs" ?... Quelles "valeurs" ?...

L'horreur des massacres de Gaza a provoqué un refus de cette prétention ridicule, avec laquelle l'Occident accomplit ses forfaits les plus ignobles. La répulsion du reste du monde face à ce sentiment de supériorité est unanime, contestant le cynisme du double langage, consistant pour les occidentaux à ne pas appliquer les vertus dont ils s'autoproclament.

Ce ne sont pas les "valeurs" qui sont contestées. Au contraire. Quel est le peuple ou la nation qui n'y aspirent pas dans la vie de leur collectivité ?... Ce sont les postures, d'arrogance et d'hypocrisie, qui révulsent le reste du monde, quant aux "valeurs" affichées et aux institutions censées contribuer à leur application ou à leur diffusion, par un Occident aux comportements de voyou :

"Valeurs" de l'Occident : pulvérisées…

i) Droits de l'homme, Démocratie, Lumières et autres casseroles

L'Occident phare de l'humanité…

Au paroxysme des atrocités de Gaza, par des occidentaux, par des armes occidentales, avec la complicité de tous les gouvernements occidentaux, alors que les images des tueries d'enfants réussissaient à franchir les barrages de la censure médiatique, les nomenklaturas se gargarisaient de ces lieux communs.

Je contemplais un exemple sidérant, sur une TV française, deux "philosophes" se complaire dans cette autosatisfaction.(5)

Michel Onfray gagatisant sur La France des Lumières, oubliant que ces Lumières n'ont existé que dans les ouvrages académiques. Où est la France des Lumières dans cette complicité assumée, sans complexe, avec un État perpétrant des crimes contre l'Humanité ?...

D'ailleurs… Qui peut me situer, me dater, ce temps béni des Lumières ?...

Ancien Régime et guerres de religion, Révolution et guillotines, guerres napoléoniennes et ravages, conquêtes coloniales et autres crimes collectifs, telles les révoltes des ouvriers de la soie à Lyon ou ceux de la Commune de Paris réprimées dans le carnage, guerres mondiales aux millions de morts, guerres d'indépendance coloniales avec ses monceaux d'horreurs…

Je n'en trouve pas trace.

En écho, Chantal Delsol soufflait dans son pipeau philosophique la même mélodie. Couvrant le fracas des bombes à Gaza. Affirmant que "si l'Occident disparaissait, les valeurs des droits de l'homme disparaîtraient"... (6)

Toujours ce culte de "l'être supérieur". Indécrottable.

En plein Massacre des Innocents… Pathétique, et symbolique de la décadence de la pensée en Occident, de voir ces membres de l'intelligentsia traîner leur ignorance de la souffrance des peuples, la cruauté de leur indifférence devant l'horreur, leur arrogance dans le contentement de soi, comme autant de casseroles. Nullement gênés par leur tintamarre, fiers de leur manteau de Nessus de la bêtise, du racisme, du fanatisme…

ii) Droit des peuples et droit international ou la fureur sanguinaire

Les massacres de Gaza avaient été soigneusement programmés. Depuis au moins 6 mois, reconnaissent les responsables eux-mêmes. La période choisie était celle des fêtes de fin d'année, misant sur la paralysie de l'opinion publique occidentale, noyée dans les vapeurs des réveillons, de la grande bouffe et de la frénésie des achats festifs. Neutralisée par l'intermède des congés annuels, pensaient les stratèges du carnage.

Paralysie renforcée par une censure sur les lieux du crime, d'abord, empêchant les journalistes de pénétrer dans Gaza. Relayée, ensuite, par les rédactions des JT, toutes inféodées au lobby sioniste, bloquant la diffusion d'images éventuellement incompatibles avec sa propagande. Seuls devaient être diffusés les déclarations du gouvernement israélien et les documentaires autorisés par son armée…

Contrairement à ces attentes, les tueries n'ont pas pu être dissimulées. Stupéfait, le monde en a découvert l'horreur et, aussi, la criminelle complicité des gouvernements occidentaux, européens en particulier.

S'exhibant sans pudeur. Dans des séances de rigolade, et autres fous rires de leurs représentants, partagés avec les dirigeants d'Israël, lors des rencontres internationales censées mettre un terme aux massacres et destructions d'infrastructures civiles. La connivence, la satisfaction, des gouvernements occidentaux était éclatante, rayonnante…

Les témoignages sur l'intensité de l'horreur des bombardements sauvages et de la désolation submergeant Gaza se multipliaient, les enfants étant les victimes les plus nombreuses, authentiques crimes de guerre et crimes contre l'Humanité. Avant d'en arriver à parler de trêves, d'accords, ou d'autres considérations politiques, l'Occident se révélait, sans honte ni remord, incapable de respecter et d'appliquer les Conventions de Genève (7).

Rappelons que ces conventions internationales, s'imposant à tout belligérant, sont au nombre de 4, auxquelles s'ajoutent deux protocoles additionnels en 1977, et un autre en 2005. Avec pour finalité, dans un conflit armé, d'empêcher les massacres des populations, tout spécialement les enfants, et les destructions d'infrastructures civiles. Interdisant représailles et châtiments collectifs. Evidemment, tortures et atteintes à la "Dignité Humaine"…

Cette obligation morale, politique et militaire, est renforcée dans le cas d'une puissance occupante à l'égard de la nation occupée. Par définition, une école, une station d'épuration d'eau, une centrale électrique ne sont pas des objectifs militaires. Les civils et les enfants ne sont pas des combattants.

Mais, à l'exemple de l'Irak, du Liban, de l'Afghanistan, toutes les infrastructures ont été détruites. Et, les enfants considérés comme des cibles militaires. Sous forme de "dégâts collatéraux"…

À l'occasion, on perçut le silence des "droits de l'hommiste", des spécialistes du "couloir humanitaire", du "droit d'ingérence", de l'intervention armée de l'OTAN pour empêcher des massacres, avec ou sans sac de riz sur l'épaule. Même la star de l'écologie et des droits de l'homme, Cohn-Bendit qui ne cessait de se montrer, pendant des semaines, au parlement européen ou devant des caméras de TV, avec un T-shirt de Reporters Sans Frontières pour la défense du Tibet, était muet et invisible !...

Démonstration, une fois encore, de l'hypocrisie et du cynisme de l'Occident. Ce ne sont pas simplement les conventions de Genève qui ne sont pas appliquées, c'est le droit international dans son ensemble. Et, le blocage des instances censées les imposer.

Depuis plus d'un demi siècle, c'est une quarantaine de résolutions de l'ONU qui ne sont pas appliquées en Palestine. L'ONU, "La Communauté Internationale" se révélant incapables d'exercer la moindre pression pour sanctionner un État voyou. Les discussions sur ces points étant systématiquement entravées par le veto des USA, auquel se joignent la plupart du temps d'autres pays occidentaux.

En fait, l'Occident refuse de faire respecter le principe fondamental de l'Humanité et des Droits de l'Homme : celui du droit à l'autodétermination. Cette même Communauté Internationale qui a imposé en quelques moins la création de l'État du Kosovo, cette province berceau de la Serbie, à coups de sanctions, d'actions militaires, s'oppose à la protection de l'identité et du territoire de la Palestine.

Dans le sadisme des bombardements de Gaza, le monde et l'opinion publique occidentale, ont pu mesurer l'étendue de la mauvaise foi des dirigeants occidentaux, leur obstination à nier, dans le cas de la Palestine, le droit à l'autodétermination des peuples, le droit international et les Conventions de Genève assurant la protection des populations civiles pendant les conflits.

Gaza n'est pas un "choc des civilisations", mais l'expression hyper violente de la barbarie coloniale imposée par l'Occident à toute une région.

iii) La "Laïcité" ou la baudruche culpabilisante

Probablement, la prétention occidentale, française tout spécialement, perçue comme étant la plus hypocrite…

La France se distingue par sa "laïcité", la séparation entre "la religion" et l'État. Se glorifiant, du fait de son "modèle laïc", d'être à la pointe de l'évolution politique dans ce domaine, même par rapport à ses partenaires occidentaux. Bravo, se dit-on ! Dans un premier temps…

La plupart des autres chefs d'État, américains, britanniques, européens, y compris en Europe du Nord, n'hésitant pas, en effet, à prêter serment sur un livre religieux lors de leur prise de fonction ou à être, ne serait-ce qu'à titre honorifique, chef de leur Eglise nationale. Avec mention dans leur Constitution, de la religion officielle ou historique…

Dans sa défense et illustration du dogme de la laïcité, la France est capable d'atteindre l'hystérie collective, entretenue par des pyromanes médiatiques, spécialistes en bûchers de la diabolisation. Mais, contrairement au principe de neutralité laïque, s'appliquant aux religions et croyances, la France est en Occident un des pays où le racisme islamophobe est le plus encouragé par le système politique et la propagande qui le sert.

Certains politiciens, philosophes, journalistes, "experts" et autres démagogues, nageant comme des poissons dans l'eau de cette propagande, tirant de confortables revenus de ce qu'ils exploitent comme un juteux fonds de commerce. La haine et le racisme islamophobes, astucieusement camouflés, brassent beaucoup d'argent. Un véritable filon…

Encore plus frappant, ou curieux…

Dans leur politique étrangère, nullement gênés par l'absence de cohérence, les gouvernements successifs occidentaux, la France se voulant chef de file, soutiennent, avec ferveur les plus rétrogrades théocraties. Des régimes ou mouvements, organisant les collectivités qu'ils dominent suivant l'application de textes religieux arbitrairement interprétés par la caste au pouvoir.

En Asie, on assiste à leur indéfectible soutien aux prétentions théocratiques d'un chef "spirituel", le Dalaï Lama, souhaitant rétablir un régime obscurantiste dirigé par une caste de religieux, associée à de grands féodaux, pour gouverner le Tibet…

Au Moyen-Orient, ils entretiennent les meilleures relations avec la théocratie délirante du clan Saoud, en Arabie. Dans l'obséquiosité et la bousculade, se disputant entre eux les contrats d'armement ou de grands travaux d'infrastructure.

Il s'agit, pourtant, d'un pays théocratique appliquant les principes d'une secte constituée au 18° siècle par des illuminés s'alliant à des féodaux, le wahhabisme. Secte qui n'a rien à voir avec le sunnisme pratiqué par l'immense majorité des musulmans, ou même le chiisme. Tous deux, considérant le wahhabisme comme une calamité pour le monde musulman.

Dans sa volonté d'opposer sunnisme et chiisme par une guerre civile artificiellement suscitée et entretenue, avec pour pivot l'Arabie des Saoud se faisant passer pour les champions du sunnisme, les dirigeants de l'Occident démontrent à quel point ils sont l'otage de l'élucubration de "stratèges" déjantés… (8)

Il est vrai que cette théocratie arrange beaucoup les intérêts des occidentaux. Du moins de leurs "élites". La corruption colossale de cette dictature familiale, permet en effet d'obtenir des contrats permettant des enrichissements personnels et secrets, dans les paradis fiscaux, pour les politiciens européens et américains. Les fameuses rétrocessions de commissions.

Tout aussi intéressant, cette théocratie permet d'alimenter sans fin la propagande islamophobe nécessaire à la justification, auprès des opinions publiques occidentales, de l'occupation armée du Moyen-Orient : "civiliser les barbares"…

Sur la rive sud de la méditerranée, l'Occident soutient aveuglément un État confessionnel : Israël. État raciste, pratiquant l'apartheid et le nettoyage ethnique, selon les critères de son idéologie fondatrice : le sionisme. Justifiant sa légitimité d'après la lecture "politique" d'un Livre Saint : la Bible.

Colonisation excluant, des terres conquises militairement, ceux qui ne partagent pas sa religion. Spoliant la terre des Palestiniens, dont beaucoup sont d'ailleurs chrétiens ou d'anciens juifs convertis à l'Islam au cours des siècles…

Le sionisme issu d'un mouvement politique né au 19e siècle, que plus personne ne confond avec la religion qu'est le Judaïsme, est d'ailleurs contesté par beaucoup de juifs de par le monde. Mais les gouvernements occidentaux, et tout particulièrement ceux de la France censés défendre la laïcité, n'éprouvent aucune gêne à aller à l'encontre de leurs grandes déclarations "laïques"…

Bombarder, maintenir sous occupation armée, des populations civiles en prétextant qu'il s'agit d'infâmes islamistes, alors qu'elles résistent au vol de leur terre et à la destruction de leur identité, c'est vouloir faire prendre une baudruche pour la réalité…

En fait, la laïcité, dans sa manipulation politique, n'est qu'un des déguisements du fanatisme colonial…

iv) La Censure ou la Liberté d'Expression empaillée

Je parcourais, admiratif, l'ouvrage publié à l'occasion du 20e anniversaire du "Festival International du Photojournalisme Visa pour l'Image", qui se tient chaque année à Perpignan (9). Un des meilleurs du genre dans le monde. Il s'est tenu la première quinzaine de septembre 2008.

Excellente synthèse des tendances et des modes sur le "marché de l'information". Ce sont les photos et reportages achetés, ou commandés, par les médias. Sans oublier les classiques, comme dans la musique : les photos historiques. À commencer par la couverture du catalogue, reprenant la célèbre levée du drapeau américain par les marines à Iwo Jima. L'équivalent de la 5e symphonie pour un photographe. Tout un symbole, pour un catalogue…

Admiratif, non pas des excellentes photos des meilleurs professionnels travaillant en agence ou en free-lance. Les thèmes sont connus, avec leurs répétitions, ces dernières années, inépuisables comme un disque rayé. Mais admiratif, encore une fois, de l'efficacité de la censure et de la propagande occidentale.

Ces expositions, reflet d'un marché, n'échappent pas aux mille et une astuces de la désinformation et du "lavage de cerveau"... Elles sont un indicateur, d'une totale fiabilité, si l'on veut mesurer l'intensité et les vecteurs de la propagande en Occident. Ce qui doit être vu, et, par défaut, ce qui ne doit pas l'être.

Si vous parcourez cet ouvrage, vous y trouverez les meilleures photos de ces dernières décennies : Mai 68 et guerre du Vietnam, y compris. Un tour du monde de "l'actualité" : Irak, Afghanistan, Kenya, Népal, Iran, Tibet, Darfour, Grozny, la pauvreté, la faim, l'excision, les enfant soldats.

Et, j'en oublie… Évidemment, toute la misère et la violence du monde y sont représentées, sauf dans nos "contrées civilisées". Paradisiaques, il n'y a rien à dénoncer, à montrer.

Mais, j'ai eu beau tourner les pages, les
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ner, dans tous les sens…

Palestine ?... Liban ?... Trou noir.

Palestine ?... Les massacres, la torture, les 10.000 résistants internés sans procès, les humiliations, les camps de concentration, la spoliation des terres, les immenses destructions, maisons, champs, arbres, troupeaux, le désespoir et la colère, endurés par le peuple Palestinien, depuis plus de 60 ans : rien.

Si : une photo !...

Celle d'un soldat israélien debout sur un éboulis, probablement les restes d'une maison Palestinienne dynamitée, avec son fusil prêt à tirer. Comme pour faire rempart face à l'irruption des barbares. Derrière lui, deux enfants israéliens avec des ballons, dont l'un porte la kippa. À Hébron, en 2002-2003, nous précise-t-on. La posture du chevalier "sans peur et sans reproches". Image subliminale mettant en scène "Le défenseur de l'Occident"… (10)

Liban ?... Les colossaux bombardements du sud Liban de juillet 2006 ?... Les immenses démolitions, les morts, dont de nombreux enfants, les mutilés, les souffrances, les centaines de milliers de mines à fragmentation déversées par avions d'Israël, sur les champs et vergers de la région ?... Toutes les infrastructures détruites : routes, ponts, ports, aéroports, jusqu'à des usines d'embouteillage de lait : rien.

Si : la photo d'un char d'une faction libanaise, pendant la guerre civile dans une rue de Beyrouth, en 1984 !… (11)

Paradoxe d'une profession qui ne cesse de célébrer, dans l'autosatisfaction, ses mérites dans la pratique de l'information, la dénonciation de ce qui est inacceptable dans le monde. En premier lieu, la violence imposée, sans limite, par le fort sur le faible. Feuilletant ce catalogue, la profession du photojournalisme confesse, en fait, sa pratique : "ne rien voir, ne rien entendre, ne rien montrer". Qui n'ait reçu l'imprimatur de la propagande…

Au fond, rien de surprenant à tenir entre ses mains un livre expurgé de photos, d'informations, de témoignages, sur les exactions de l'Occident dans cette région. Exactions directes, via Israël : massacres et tueries d'une occupation militaire avec dans son sillage une colonisation civile, de forme paramilitaire. Les exactions indirectes, celles de la faim, de la pauvreté, prenant des circuits opaques, invisibles.

"Occulter" est le moteur de la propagande en Occident. On n'interdit pas. Beaucoup plus efficace : on ne diffuse pas. Comme par hasard, "le marché, n'est pas preneur"…

Les massacres de Gaza ont été une démonstration supplémentaire de la puissance de cette propagande, sous forme d'une censure médiatique implacable. Dans tous les pays occidentaux. Il n'y aurait pas eu Internet, les tueries se seraient déroulées dans le silence des médias, comme pour Sabra et Chatila, au Liban en 1982. On l'aurait su plus tard, incidemment, sans photos, ni témoignages.

Cette censure continue. Autre exemple.

Ces jours-ci, on assiste à Londres à un énorme scandale qui a mobilisé le week-end dernier (12) des manifestations devant le Siège de la BBC, à Londres et dans plusieurs villes.

La BBC a refusé, malgré la pression de l'opinion, de ses propres journalistes, de plusieurs parlementaires, de milliers de protestations téléphoniques et d'emails, de diffuser un appel à la charité publique pour collecter des fonds en faveur des Palestiniens de Gaza.

Les appels à la charité publique, sous forme de "spots" ou de "clips", sont habituellement diffusés par la BBC. Parmi les derniers, on se souvient de ceux sur la Birmanie ou sur le Congo. Seul refus remarqué, toutefois : un "spot caritatif" à la suite des bombardements qui avait écrasé le Liban, en 2006. Pour respecter la "neutralité". Déjà…

À présent, il s'agit d'un clip de 3 minutes comportant les coordonnées d'un syndicat de 13 associations humanitaires, dont les très sérieuses Croix Rouge et Oxfam. Motif : diffuser cet appel humanitaire irait à l'encontre de la déontologie de "stricte neutralité" exercée par la BBC.

À la BBC, s'est joint le groupe de TV satellitaire Sky de Rupert Murdoch. On connaît le fanatisme sioniste de ce milliardaire possédant des médias sur plusieurs continents. Son appui à la politique de Bush, notamment lors de la préparation, de l'invasion et de la destruction de l'Irak. Des journalistes de la BBC se sont insurgés, en interne, contre la manœuvre de leur direction.

Tim Llewellyn, ancien responsable de la zone Middle East à la BBC, la dénonce aussi, n'hésitant pas à écrire que "la lâcheté de cette décision trahit les valeurs de l'entreprise". Il rapporte le "mépris" des journalistes à l'égard des dirigeants de la BBC qui affichent pareille position. Ceux qui protesteraient publiquement ont été menacés d'un licenciement disciplinaire immédiat… (13)

Même l'archevêque de Canterbury, le Chef de l'Église Anglicane, a tourné en ridicule cette "neutralité" hypocrite. D'après lui, la direction de la BBC démontrait par ce refus, au contraire, sa partialité et le choix de son camp… (14)

Des chaînes privées ont néanmoins décidé de diffuser cet appel : ITV, Channel 4, Channel 5. Juste retour de manivelle : du fait de ce blocage, l'appel a rencontré un formidable succès !... Internet ayant, en plus, pris le relais de la diffusion.

En France : plus facile…

Calme plat. Il n'y a eu aucun "spot" ou acte caritatifs pour Gaza, sur les chaînes de TV et de radio, à part les efforts désespérés de Jamel vite étouffés. Pas de concert organisé, comme pour Ingrid Betancourt ou la Tchétchénie… Exception, quand même, j'ai aperçu un spot de la Fondation de France, pour collecter des fonds destinés aux sinistrés du sud-ouest après la tempête…

Cela n'empêchera pas ces mêmes propagandistes de dénoncer le manque de liberté d'expression, la censure, dans d'autres pays. Dans des campagnes de diabolisation incessantes, aux confortables moyens.

"Casser" du chinois, du russe, de l'arabe ou du musulman, est nettement plus facile que de diffuser un appel à la charité publique, dans un but humanitaire, pour les Palestiniens massacrés…

Liberté d'expression, d'information, en Occident ?...

Moyen-Orient : L'idéologie fossilisée des Croisades

Bien sûr, il y eut aussi la complicité des pays arabes. Notamment, ceux frontaliers ou voisins de la Palestine : Égypte, Jordanie, Arabie saoudite. Complicité au niveau des gouvernements, vigoureusement critiqués par l'ensemble de leur opinion publique.

"Régimes" arabes devrait-on préciser…

Dans chacun de ces pays, ce n'est pas le "pays réel" s'opposant au "pays légal" à la suite d'une distorsion de l'expression politique de la majorité de la population. C'est un peuple désarmé s'opposant à une dictature, militaire dans la plupart des cas, soutenue par l'Occident. Régimes strictement analogues, folklore et contexte locaux mis à part, à ceux qu'endurait l'Amérique latine dans les années 70.

Tous les gouvernements arabes ne soutenaient pas le carnage s'abattant sur les Palestiniens de Gaza. Désaccord ou désunion se manifestaient dans les tentatives de réunions de leurs organisations politiques régionales. La Ligue Arabe, en a été l'exemple le plus pathétique.

La cacophonie de leurs différentes organisations peut prêter à rire, mais elle est en elle-même le signe d'un basculement important. Pour tout observateur et témoin attentifs, deux niveaux d'analyse se dégageaient. Déterminants pour l'avenir de la région.

Chaque sanglant bombardement de Gaza provoquait l'élargissement d'une fracture entre ces régimes et leurs peuples, et l'apparition d'un sentiment nécessaire d'union, de solidarité, de communauté de destins face à un Occident. Occident dont la violence coloniale n'est que l'expression fossilisée de l'idéologie des Croisades.

La "rue arabe" ou la fracture entre peuples et dirigeants

Les médias occidentaux se sont efforcés de démontrer que le monde arabe ne se souciait pas du sort des Palestiniens. Leurs gouvernements se montrant incapables de se réunir autour d'une plateforme commune, de déclarations, ou mieux encore, de décisions.

Un "expert" du Moyen Orient (15) ironisait sur le fait qu'au Caire les manifestations n'avaient pas réuni plus de 50.000 personnes, contre 5 millions lors des funérailles de la chanteuse égyptienne Oum Kalthoum, en 1975. Affirmant, à partir de cette statistique, que "la rue arabe" ne se mobilisait plus pour le "conflit palestinien".

Prémisses biaisées, conduisant à des conclusions mensongères. Pour ne pas changer. Rien de surprenant devant pareils propos et raccourcis, connaissant ces vecteurs de la propagande des "ziocons".

Cet "expert" taisait cyniquement que le gouvernement égyptien, comme en Arabie saoudite, s'acharnait violemment contre les organisateurs et les participants des manifestations de solidarité avec Gaza. S'efforçant de les empêcher, dans la capitale essentiellement. Elles tournaient, en effet, au défi et à la dénonciation, dans les slogans des foules réunies, d'un régime corrompu qui ne doit sa survie qu'à l'inébranlable soutien de l'Occident.

Pas un égyptien qui ne soit senti solidaire du peuple Palestinien de Gaza. Des mutineries ont même été signalées dans le corps des officiers refusant d'être affectés avec leurs hommes à la frontière de Gaza. Pour ne pas avoir à bloquer les secours humanitaires ou la fuite des habitants pris au piège. Certains ont dit à leurs généraux qu'ils préféraient se battre contre les assassins, que de ne pas secourir leurs victimes Palestiniennes.

Le gouvernement égyptien en a été ébranlé. Le "président", Moubarak, est méprisé à l'extrême par son peuple et dans le monde arabe en général. Son cynisme, sa cruauté, l'ont coupé définitivement de tout soutien populaire. Les Égyptiens le surnomment : "la vache qui rit". Ce qui en dit long sur leur ressentiment...

Dans tout le monde arabe, ce fut l'apparition de manifestations de solidarité des populations, souvent impressionnantes, en opposition à leurs gouvernements à la solde de l'Occident. La fracture entre les régimes despotiques et corrompus, qui ne doivent leur maintien qu'à cet appui, et les peuples, ne cessait de s'élargir à chaque jour de tuerie.

L'Arabie Séoudite connut l'effervescence. Malgré l'interdiction des manifestations. Phénomène inconnu jusqu'à présent, les Saoudiens via la blogosphère ont fait état, massivement, de leur indignation. À tel point que même la chaîne de propagande saoudienne Al Arabya a dû progressivement atténuer son ton de propagande "pro-Israël". Les tensions, extrêmement fortes, n'épargnent pas le clan Saoud lui-même…

Ce qui est apparu de façon caricaturale, en Égypte, Arabie saoudite et Jordanie, est signe qu'à terme ces régimes vont être balayés aux premiers bouleversements politiques qui vont inévitablement se produire. Ils n'ont aucune légitimité populaire. (16)

Un autre phénomène a pris une ampleur importante dans l'émotion suscitée par le carnage de Gaza. Face à un Occident qui abrite ses spoliations, et sa pratique de La Loi du Plus Fort, derrière des "valeurs" qu'il n'applique pas, les peuples du Moyen-Orient prennent conscience que la fédération de leurs moyens et de leurs avenirs est plus que nécessaire. Même si les dictatures actuelles, sous travestissement "démocratique", sont chargées par les occidentaux d'en torpiller les efforts.

Des manifestations ?... Pour le moment, pas de quoi fouetter un chat, diront les adeptes de la realpolitk occidentale… Rien ne sert de s'inquiéter : les gouvernements, la gestion politique et économique de ces pays, sont solidement tenus en main.

Pas si sûr…

La fossilisation géopolitique de l'Occident dans les Croisades

Gaza, dans son drame sanglant, est le rappel d'une réalité que la géopolitique, contrairement aux illusions idéologiques de la diplomatie, identifie cliniquement en deux volets :

i) L'Occident ne veut pas de la Palestine

Israël ne veut pas la paix et ne la voudra jamais. Israël ne veut pas entendre parler de la Palestine, de la nation Palestinienne, du peuple Palestinien. Tout le monde feint de l'ignorer, du moins la propagande, mais tout le monde le sait : seules les conquêtes territoriales intéressent les sionistes. Les extrémistes sionistes, veulent la disparition de la nation Palestinienne. C'est clair.

Énonçons une autre évidence, que les massacres viennent de prouver. Dans l'horreur, le sang et la souffrance. Soyons encore plus clair : Israël, c'est l'Occident. En fait, C'est l'Occident qui ne veut pas de la Palestine, sinon il y aurait longtemps que les résolutions de l'ONU protégeant cette nation seraient imposées.

À commencer par celles qui ont déjà été votées, depuis longtemps, rappelons-le : dont une quarantaine, non appliquées à ce jour. De plus, l'ONU réagirait dans la seconde devant la gravité des crimes commis en permanence à l'encontre du Peuple Palestinien, si la fin de la colonisation était réellement condamnée, en votant et instaurant de nouvelles résolutions.

Dans la région, pas un interlocuteur, penseur indépendant, responsable politique ou citoyen ordinaire, qui n'estime que l'Occident souhaite une présence coloniale en annexant la Palestine, et au-delà... Comme il en eut la conviction lors des Croisades au 11e siècle. Sous le couvert d'un motif religieux : "sauver le tombeau de Jésus", "garantir le libre accès aux Lieux Saints chrétiens", etc.

Réussissant par les armes, pendant deux siècles environ, à se tailler des entités territoriales, royaumes, principautés ou comtés, le long de la côté méditerranéenne de qui est à présent la Palestine, le Liban, la Syrie, et une partie du sud de la Turquie : Royaume de Jérusalem (1099 à 1291), Principauté d'Antioche ((1098 à 1258), Comté d'Edesse ((1098 à 1146), Comté de Tripoli (1102 à 1288). Le royaume de Chypre que les croisés se sont disputés comme des voleurs, constitué en 1192, a été annexé par les Vénitiens en 1489, pour passer dans l'Empire Ottoman en 1571…

Au bout de deux siècles, pour la plupart, ces créations artificielles s'étaient dissoutes, absorbées par l'immense région dans laquelle elles avaient la prétention de s'imposer par la force. Un projet colonial sous habillage religieux, quel qu'il soit, n'a aucun avenir au Moyen-Orient. Cela peut abuser une opinion publique dans un Occident endoctriné, mais c'est fuir la réalité de l'Histoire…

ii) Le Moyen-Orient n'acceptera jamais un État colonial

Le carnage de Gaza est la dernière borne d'un long martyrologue. La greffe ne prendra jamais. La Palestine, la région entière, n'acceptent pas et n'accepteront jamais l'implantation d'un État colonial, par la force et la volonté impériale de l'Occident.

Le refus est définitif, irrévocable. Refus d'un État confessionnel, théocratique, raciste, instaurant un apartheid inhumain, quel qu'en soit le prétexte religieux ou biblique. C'est un mythe analogue à celui des Croisades qui, à terme, disparaîtra. Il est incompatible avec le droit, avec la justice et l'éthique. Avec l'Histoire.

Évidemment, cela ne va pas s'effectuer d'un coup de chapeau. Soulèvements et horreurs, imbriqués, sur fond de propagande antipalestinienne déchaînée, vont se succéder. Entre tueries, trêves, sommets internationaux. Mais tous les schémas diplomatiques sont dérisoires. Dépassés. Les arrangements imposés par la force, ne pourront durer. Ce ne seront que des chiffons de papier.

L'idée de deux États est dépassée. Avec une Palestine sous administration coloniale, sans souveraineté, ni autonomie économique ou politique, en forme de Bantoustan, comme il en fut créé en Afrique du sud du temps de l'apartheid : encore plus obsolète.

Ce n'est pas à l'Occident de décider ou de garantir le sort de la Palestine, ce n'est qu'aux parties de la région de trouver le juste équilibre. Toute intervention ne sera qu'une poursuite des interventions coloniales, vouées à l'échec. Leur durée n'étant due qu'au rapport de force, et non pas au partage d'un destin mûrement réfléchi et accepté.

La construction coloniale de l'Occident en Palestine, sa dictature armée dans la région, s'effondreront. Ces idéologies et comportements, dont les racines plongent dans le Moyen Age, ont vécu. Le Moyen-Orient n'en veut plus. L'Humanité n'en veut plus.

Impossible. Israël détient 200 bombes nucléaires !... Et alors ?... Le Mur de Berlin s'est écroulé de lui-même. Il avait pour fondation plus de 10.000 bombes atomiques et les arsenaux de l'armés soviétique, une des premières du monde, avec des centaines de milliers de soldats…

Pas de solution ?...

Si : c'est à une refondation que nous devons travailler. Dans les mentalités.

Comprendre, enfin, que seul un État sera légitime, dans lequel toutes les religions seront reconnues, dans la paix et le respect mutuel. La présence juive qui a toujours été acceptée dans la région, avec les autres religions ne pourra être vécue que dans le cadre d'un seul État, en dehors de tout contexte théocratique.

Cela suppose deux conditions : la première, que la communauté juive ne soit plus l'otage de l'extrémisme sioniste, manipulé par un complexe militaro-industriel surpuissant. Avec l'apparition et le leadership de juifs "éclairés". Ils sont nombreux, mais n'ont pas encore le pouvoir. Un jour, ils l'obtiendront. La seconde, que la "Communauté Internationale", se libère politiquement du racket de ce même lobby belliciste, qui entrave toute évolution vers la paix.

Qui aurait cru que le projet fou de la domination blanche (white supremacy), en Afrique du sud, avec elle aussi une armée high tech et le soutien aveugle des gouvernements occidentaux, en arriverait à renoncer à l'apartheid et à partager le pouvoir dans un seul État, dans un même devenir entre blanc et noirs ?...

Cela prendra le temps qu'il faudra. Le siècle est l'unité de mesure de l'Histoire… Le fruit tombe toujours de l'arbre. Newton s'est trompé. Ce n'est pas l'attraction terrestre qui en provoque la chute. C'est : le "Temps".

Une question surgit.

Saddam Hussein a été jugé et pendu, avec les applaudissements de "La Communauté Internationale". Au motif (on n'a pas voulu l'entendre sur d'autres affaires…) d'avoir donné l'ordre de massacrer 400 personnes, d'un village du sud de l'Irak, pour s'être révoltées contre son autorité…

Quel sort, cette même "Communauté Internationale", va-t-elle réserver aux assassins qui ont ordonné, planifié et, exécuté Le Massacre de Gaza ?...

Le Caïn des Livres Saints, après son crime, fut rongé par le sentiment de culpabilité le restant de sa vie.

Celui de Gaza, sous les vivats de ses complices, en éclate de rire…

(1) Caïn tue Abel, dans la Bible. Dans le Coran, c'est Qâbîl qui tue Hâbîl.
(2) Suivant l'expression de Pierre Rabhi, dont il faut lire le Manifeste pour la Terre et l'Humanisme : Pour une Insurrection des Consciences, Editions Actes Sud.
(3) Aline de Diéguez, Chroniques de la Palestine occupée - L'axe de l'apocalypse se rue à l'assaut du camp de concentration de Gaza,
http://pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez/mariali/palestine/images/image.htm
(4) Lire Jean Ziegler, dont je recommande le dernier ouvrage : La Haine de l'Occident, Editions Albin Michel.
(5) Dans une émission animée par Frédéric Taddeï, Ce soir (ou jamais) sur FR 3.
(6) Chantal Delsol, se qualifiant de "catholique libérale néoconservatrice", a été élue en juin 2007 à l'Académie des Sciences Morales et Politiques, section philosophie !... Son humanisme et sa grandeur d'âme se sont illustrés récemment dans le soutien au "philosophe-islamophobe" Redeker, lors d'une des plus répugnantes campagnes racistes orchestrées en France…
(7) Pour les Conventions de Genève voir :
http://www.eda.admin.ch/eda/fr/home/topics/intla/humlaw/gecons.html
(8) Les services spéciaux occidentaux se sont acharnés, en Irak, à faire sauter des mosquées sunnites faisant croire qu'il s'agissait d'actes chiites. Et, réciproquement, le dynamitage des lieux de culte et de pèlerinage chiites, d'actes sunnites. Tout le monde le sait au Moyen-Orient : jamais un musulman ne s'attaquerait à une mosquée, quelle que soit son obédience. Il n'y a que la propagande occidentale pour véhiculer pareilles fables…
(9) Catalogue Visa pour l'Image, du 20° Festival International du Photojournalisme de Perpignan, 30 août-14 septembre 2008, 223 p., Editions Snoeck Gand, 2008.
(10) Photo page 44, avec pour légende : Hebron, Palestine, 2002-2003, in Visa pour l'Image, Op. Cit.
(11) Photo page 34-35, avec pour légende : Beyrouth, Liban, 13 février 1984, in Visa pour l'Image, Op. Cit.
(12) The Guardian, ITV and Channel 4 to air Gaza appeal as pressure mounts on BBC, samedi 24 janvier 2009.
(13) Llewellyn, Tim, The Observer, This cowardly decision betrays the values the corporation stands for, dimanche 25 janvier 2009.
(14) The Guardian, Archbishop joins criticism of BBC refusal to screen Gaza appeal, dimanche 25 janvier 2009.
(15) Antoine Sfeir, dans l'émission TV "C' dans l'Air" : Gaza attend Obama, du 19 janvier 2009. (16) Chahid Slimani, Génocide à Gaza : Fin de la récréation arabe, dimanche 25 janvier 2009,
http://chahids.over-blog.com/article-26612992.html
Cartoons : Saeed Sadeghi (le volcan) & Massoud Zia (l'enfance brisée avec la Bande de Gaza en forme de rideau).
Tous deux Iraniens, représentant la nouvelle génération de dessinateurs et caricaturistes de ce grand pays réputé, depuis des siècles, pour la créativité de ses artistes.

Source :
http://peoplesgeography.com/2008/06/30/the-international-gaza-cartoon-cntest-2008-winners/

Voir aussi quelques textes ou photos publiés sur la page Violance




Une base de données israélienne secrète révèle l'ampleur de la colonisation illégale

Mis en ligne le lundi 2 février 2009 par Uri Blau

Pour une fois, des informations " explosives " n'émanent pas d'un rapport de Shalom Arshav, mais du ministère israélien de la défense lui-même. L'étendue des infractions à la loi et du caractère far-westien de l'État de droit en Cisjordanie y est pour la première fois révélée de source officielle. Ces informations confirment celles recueillies par l'Observatoire de la colonisation de Shalom Arshav depuis des années

Ha'aretz, 30 janvier 2009

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1060043.html

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

http://www.lapaixmaintenant.org/auteur339

Il y a tout juste quatre ans, le ministère de la défense décidait d'entreprendre ce qui paraissait une tâche élémentaire : établir une base de données exhaustive sur les colonies. Le général (réserve) Baroukh Spiegel, collaborateur de Shaul Mofaz, alors ministre de la défense, fut chargé du projet. Pendant plus de deux ans, Spiegel et son équipe, qui avaient tous signé un accord de confidentialité, récoltèrent systématiquement les chiffres, essentiellement auprès de l'Administration civile.

L'un des principaux moteurs qui expliquaient cet effort était la nécessité de disposer d'informations crédibles et accessibles pour contrer les procédures juridiques entamées par des habitants palestiniens, des organisations pour les droits de l'homme et des mouvements de gauche qui contestaient la légalité de la construction dans les colonies et l'utilisation de terres privées sur lesquelles elles étaient bâties ou s'étendaient. Ces chiffres, réunis à grand peine, furent considérés comme de la dynamite politique.

L'establishment de la défense, avec à sa tête Ehoud Barak, ministre de la défense, refusa obstinément de publier les chiffres, arguant en premier lieu que leur publication pouvait nuire à la sécurité de l'État ou à sa politique étrangère. Celui qui sera probablement intéressé par ces chiffres est George Mitchell, émissaire spécial du président Barack Obama au Moyen-Orient, qui est venu cette semaine en Israël pour une première visite depuis sa nomination. C'est Mitchell qui est l'auteur du rapport de 2001 qui avait conduit à la formulation de la Feuille de route, laquelle établissait un parallèle entre l'arrêt du terrorisme et l'arrêt de la construction dans les colonies.

Récemment, Ha'aretz s'est procuré cette base de données officielle, la première du genre compilée en Israël sur les territoires occupés. Ici, pour la première fois, des informations que l'État cachait depuis des années sont révélées. Une première analyse des données montre que, pour l'immense majorité des colonies (environ 75 %), la construction a été effectuée, parfois sur une grande échelle, sans les permis requis ou en contravention avec les permis obtenus. La base de données révèle également que, dans plus de 30 colonies, d'importantes constructions d'immeubles publics et infrastructures (routes, écoles, synagogues, écoles rabbiniques et même commissariats de police) ont été effectuées en Cisjordanie sur des terres qui appartenaient à des propriétaires palestiniens privés.

Il faut souligner que ces chiffres ne concernent pas seulement les " colonies sauvages ", car ces informations apparaissaient déjà dans le rapport bien connu de la procureure Talia Sasson, publié en mars 2005 [1], mais le cœur même de l'entreprise de colonisation. Parmi les colonies concernées apparaissent d'anciennes colonies idéologiques comme Alon Shvout (1970, actuellement 3 291 habitants, dont le rabbin Yoel Bin Nun), Ofra (1975, 2 708 habitants dont Yehoshua Mor Yosef, ancien porte-parole de " Yesha ", le conseil représentatif des colons, et des personnalités médiatiques comme Uri Elitzur et Hagaï Segal), ainsi que Beit El (1977, population 5 308 dont Hagai Ben-Artzi, frère de Sara Netanyahou). Sont également concernées d'importantes colonies fondées principalement pour des raisons économiques, comme la ville de Modi'in Illit (1990, 36 282 hab.) ou Givat Ze'ev, proche de Jérusalem (1983, 11 139 hab.) et des colonies plus petites comme Nokdim, près de Herodion (1982, 861 habitants dont le député Avigdor Lieberman).

Les informations que contient la base de données ne sont pas conformes à la position officielle de l'État telle qu'elle est présentée, par exemple, sur le site web du ministère des affaires étrangères, selon lequel "les actions d'Israël relatives à l'usage ou à l'attribution de terres qu'il administre sont toutes prises en respectant totalement les règles et les normes du droit international - Israël ne réquisitionne pas de terres privées pour construire des colonies". Du fait que, dans de nombreuses colonies, c'est le gouvernement lui-même, et en premier lieu le ministère de la construction et du logement, qui a été responsable de la construction, et que les nombreuses infractions concernent des infrastructures, des routes, des bâtiments publics, etc., les données officielles démontrent également la responsabilité du gouvernement dans la planification sans aucune retenue et le non-respect de l'État de droit dans les territoires occupés. Par ailleurs, l'ampleur de ces infractions atteste le dysfonctionnement de l'Administration civile, organisme chargé de délivrer les permis de construire et de leur supervision dans les territoires occupés.

Selon les chiffres du Bureau central de statistiques de 2008, environ 290 000 Juifs habitent les 120 colonies " officielles " et les plusieurs dizaines de " colonies sauvages " érigées en Cisjordanie depuis 41 ans.

"Rien n'a été fait en cachette", dit Pinhas Wallerstein, directeur général du Conseil des colons (Yesha) et personnalité qui compte dans l'entreprise de colonisation. "Je ne connais pas un plan [de construction] qui n'ait été initié par le gouvernement." Selon lui, si les propriétaires des terres sur lesquelles ont été érigées les colonies se plaignent et que le tribunal reçoit leur plainte, les bâtiments de la colonie seront déplacés ailleurs : "Cela a toujours été la position de Yesha depuis des années."

On ne le dirait pas à faire un tour dans plusieurs des colonies où des constructions massives ont été effectuées sur des terres privées palestiniennes. Des quartiers entiers bâtis sans permis ou sur des terres privées font partie intégrante des colonies. Cette impression de dissonance ne fait que grandir quand on découvre que des bureaux municipaux, des commissariats de police et des casernes de pompiers sont également bâtis, et fonctionnent actuellement, sur des terres qui appartiennent à des Palestiniens.

Dans une rue de la colonie de Kokhav Ya'akov, une jeune mère conduit ses deux jeunes enfants à la maison. "J'habite ici depuis six ans", dit-elle, l'air surpris quand elle entend que le quartier tout entier est construit sur des terres privées palestinienne. "Je savais qu'il existait une petite zone controversée dans le village, mais je n'avais jamais entendu dire qu'il s'agissait de terre privée." Aurait-elle bâti sa maison ailleurs si elle l'avait su dès le début ? "Je n'aurais jamais jeté personne hors de chez lui."

Non loin de là, dans la même colonie, sur un site pour caravanes à la fois étendu et à l'abandon, situé lui aussi sur des terres privées, un couple de jeunes mariés se dirige vers l'arrêt de bus : Aharon, 21 ans, et sa femme Elisheva, 19 ans. Bien qu'ayant grandi aux États-Unis et établis depuis quelques mois seulement en Israël, après qu'Aharon eut accompli son service militaire dans une unité ultra-orthodoxe du Nahal, ils parlent un hébreu presque parfait. Il étudie l'informatique à Jérusalem. À la question de savoir pourquoi ils ont choisi d'habiter cet endroit plutôt qu'un autre, ils donnent trois raisons : c'est proche de Jérusalem, bon marché et dans les territoires. Dans cet ordre.

Le couple paie son loyer, 550 shekels mensuels, au secrétariat de la colonie. En tant que nouveaux immigrants, ils sont encore exemptés de la taxe municipale (" arnona "). Aharon ne paraît pas bouleversé à l'idée que sa caravane est située sur une terre privée, et ne semble pas particulièrement intéressé : "Je me fiche de ce que dit l'État, la Torah dit que toute la Terre d'Israël nous appartient." Et qu'arrivera-t-il si on leur demande de déménager sur une terre non privée ? "Nous déménagerons", dit-il sans hésiter.

Un " problème compliqué "

Aujourd'hui encore, plus de deux ans après en avoir terminé avec son rôle officiel, Baroukh Spiegel demeure loyal à l'establishment militaire. Au cours d'un entretien, il rappelle plusieurs fois qu'il a signé un accord de confidentialité, de sorte qu'il ne souhaite pas entrer dans les détails de son travail. Il a été chargé par Shaul Mofaz de traiter des questions sur lesquelles Israël s'était engagé auprès des États-Unis, dont l'amélioration des conditions de vie des Palestiniens affectées par le mur de séparation, et de la supervision des soldats israéliens aux check points.

Il y a deux ans, le journaliste d'Ha'aretz Amos Harel avait révélé que la tâche essentielle confiée à Spiegel était d'établir et de maintenir à jour une base de données sur l'entreprise de colonisation. [2] Cela s'était produit devant l'évidence que les États-Unis, ainsi que l'Observatoire de la colonisation de Shalom Arshav [3] , étaient en possession d'informations beaucoup plus précises sur la construction dans les colonies que celles dont disposait l'establishment de la défense, qui jusqu'alors s'en était remis essentiellement aux informations transmises par les inspecteurs de l'Administration civile. L'ancienne base de données avait de nombreuses failles qui découlaient en grande partie du fait que l'establishment préférait ne pas savoir précisément ce qui se passait dans cette zone.

La base de données de Spiegel contient des informations écrites étayées par des photos aériennes et des données obtenues par GIS (Geographic Information Systems), qui concernent le statut des terres et les limites officielles de chacune des colonies. Spiegel : "Le travail a pris deux ans et demi. Il a été effectué afin de vérifier le statut des colonies et des avant-postes [4], et de parvenir à la plus grande exactitude possible : statut de la terre, statut juridique, limites, plan de construction, décisions gouvernementales, terres dont la propriété est douteuse. Il s'agit d'un travail professionnel à plein temps, qui a requis des juristes et des experts en planification et en GIS. J'espère que ce travail se poursuivra, parce que c'est absolument vital. Il faut savoir ce qui se passe là-bas pour prendre des décisions en conséquence."]

" Q. Qui garde la trace de tout cela aujourd'hui ?

" " Je suppose que c'est l'Administration civile. "

" Q. Pourquoi n'existait-il pas de base de données comparable avant votre nomination ?

" " J'ignore s'il y a eu un grand intérêt autour de cela. "

" Q. Pourquoi, à votre avis, l'État ne publie-t-il pas ces informations ?

" " C'est un sujet sensible et complexe, et il y a toutes sortes de considérations politiques et liées à la sécurité. Il y a eu des questions sur le droit du public à savoir, la loi de la liberté de l'information. Il faudrait s'adresser aux officiels chargés du dossier. "

" Q. Quels sont ces sujets sensibles ?

" " Ce n'est pas un secret qu'il y a eu des infractions, qu'il y a eu de problèmes liés à la terre, c'est un problème compliqué. "

" Q. Y a-t-il aussi un problème pour l'image du pays ?

" "Je ne m'occupe pas d'image. J'ai entrepris un travail de Sisyphe pour, avant toute chose, garantir qu'on sache ce qui existe, ce qui est légal et illégal, et le degré d'illégalité, que cela concerne la confiscation de terres palestiniennes ou le processus d'obtention des permis de construire. Notre travail a consisté en un recensement méticuleux de ce qui se passait dans les colonies et les avant-postes qui existaient alors. Nous avons trouvé ce que nous avons trouvé, et nous l'avons transmis."

" Q. Pensez-vous que ces informations doivent être publiées ?

" " Je pense qu'ils ont déjà décidé d'en publier la partie la plus simple, qui concerne les zones de juridiction. Il y a des choses plus sensibles. Ce n'est pas un secret qu'il y a des problèmes. On ne peut pas faire quelque chose d'illégal et dire que c'est légal. Je ne peux pas m'étendre, car je suis toujours tenu à la confidentialité. "

Dror Etkes, ancien coordinateur de l'Observatoire de la colonisation de Shalom Arshav, et qui dirige actuellement le projet pour la défense des terres au sein de l'organisation Yesh Din : "Le refus persistant du gouvernement de révéler ces données sous prétexte de raisons de sécurité constitue un exemple supplémentaire de la manière dont l'État abuse de son autorité pour réduire l'information dont disposent ses citoyens. Ils veulent formuler des positions intelligentes fondées sur des faits et non sur des mensonges et des semi-vérités."

À la suite de ces premières révélations, le Mouvement pour la liberté de l'information et Shalom Arshav ont exigé du ministère de la défense qu'il publie cette base de données, en conformité avec la loi pour la liberté de l'information. Le ministère a refusé. "Il s'agit d'une base de données informatisée qui contient des informations détaillées et croisées sur les colonies juives en Judée et Samarie (Cisjordanie)", a répondu le ministère. "Les données ont été réunies par le ministère pour ses besoins propres et contiennent des informations sensibles. Il a été demandé au ministère de permettre d'accéder à ces données, en conformité avec la loi pour la liberté de l'information. Après avoir étudié cette demande, il a décidé de ne pas remettre ces informations. L'affaire est en cours et fait l'objet d'une procédure auprès du tribunal civil de Tel Aviv."

Ofra, Elon Moreh, Beit El

La base de données passe en revue chaque colonie par ordre alphabétique. Chaque entrée précise l'origine du nom de la colonie, sa forme (urbaine, village, conseil local, mochav, kibboutz), son affiliation à une organisation (Herout, Amana, Takam, etc.), le nombre d'habitants, les décisions gouvernementales qui l'ont concernée, l'organisme officiel auquel la terre a été remise, le statut juridique de la terre sur laquelle la colonie a été construite (terre d'État, terre privée palestinienne ou juive, etc. [5], une revue des avant-postes illégaux situés à proximité, et dans quelle mesure les plans de construction validés ont été exécutés. Sous chaque entrée, soulignée en rouge, on trouve une information sur l'étendue de la construction effectuée sans autorisation et sa localisation exacte dans la colonie.

Parmi les révélations que contient cette base de données officielle, il est particulièrement fascinant de voir ce qui est écrit sur Ofra, une colonie de la première heure de Goush Emounim. D'après un récent rapport de B'Tselem, la plupart des zones développées des colonies sont situées sur des terres palestiniennes privées, et font ainsi partie de la catégorie des avant-postes illégaux destinés à être évacués. Le Conseil Yesha a réagi au rapport de B'Tselem en affirmant que les " faits " contenus dans le rapport étaient "totalement infondés et destinés à présenter une image biaisée. Les habitants d'Ofra font attention aux droits des propriétaires arabes, avec lesquels ils sont parvenus à un accord concernant la construction des quartiers ainsi qu'à un accord qui permet aux propriétaires privés de continuer à cultiver leurs terres."

Mais les informations sur Ofra contenues dans la base de données ne laissent planer aucun doute : "La colonie n'est pas conforme aux plans de construction validés. La plupart des bâtiments de la communauté se trouvent sur des terres privées enregistrées comme telles, sans aucune base juridique, et sans possibilité de les convertir en terres à usage non-privé." La base de données donne également une description détaillée des endroits où des constructions ont été effectuées sans permis : "La partie d'origine de la colonie comprend plus de 200 bâtiments résidentiels en dur, des bâtiments agricoles, publics, des lots, des routes et des serres, tous soumis à un plan maître mais non avancés pour cause de propriété douteuse." Après avoir mentionné la présence de 75 caravanes et d'abris provisoires situés dans cette colonie, la base de données mentionne le quartier de Ramat Tzvi, au sud de la colonie d'origine : "Il y a environ 200 bâtiments en dur ainsi que des lots en train d'être viabilisés en vue d'une future construction, le tout sur des terres privées." Danny Dayan, président de Yesha, réagit en disant : "Je ne suis pas au courant de ces informations."

Autre endroit où la base de données révèle des constructions illégales ; Elon Moreh, l'une des colonies les célèbres de Cisjordanie. En juin 1979, plusieurs habitants du village de Rujib, au sud-est de Naplouse, avaient saisi la Haute cour, lui demandant d'annuler le décret d'affectation de 5 000 dounam de terres qui leur appartenaient, destinés à bâtir dans la colonie. Devant la cour, le gouvernement argua du fait, comme il le faisait régulièrement à cette époque, que la construction de la colonie était nécessaire pour des raisons de sécurité. Mais dans une déclaration en faveur des requérants palestiniens, l'ancien chef d'état-major Haïm Bar-Lev affirma : "En tant que professionnel, mon analyse est qu'Elon Moreh ne contribue pas à la sécurité de l'État d'Israël." [6]

La Haute cour, se fondant sur ce témoignage ainsi que sur ceux des premiers colons, qui affirmaient eux aussi qu'il ne s'agissait pas d'une colonie provisoire établie pour raisons de sécurité mais bien d'une colonie permanente, ordonna à l'armée d'évacuer la colonie et de rendre les terres à leurs propriétaires. La conséquence immédiate de cette décision fut de trouver un autre site pour la construction de la colonie, sur des terres préalablement définies comme " terres d'État ". À la suite de cette décision, Israël arrêta officiellement d'invoquer des raisons de sécurité pour établir de nouvelles colonies dans les territoires occupés.

Les terres qui avaient été confisquées pour y construire Elon Moreh furent rendues à leurs propriétaires palestiniens, mais selon la base de données, sur le nouveau site aussi, où la colonie fut construite, site nommé Har Kabir, "la plus grande partie de la construction a été effectuée sans permis ni plan détaillé, et certaines des constructions mordaient sur des terres privées. Quant aux terres d'État dans la colonie, un plan détaillé fut préparé et publié le 16 juillet 1999. Il n'est jamais entré en application." Le conseil régional de Samarie, où se trouve Elon Moreh, a réagi en disant : "Tous les quartiers de la colonie ont été planifiés, et quelques-uns construits, par l'État d'Israël par l'intermédiaire du ministère du logement. Les habitants d'Elon Moreh n'ont commis aucune infraction, et toute allégation de ce type est totalement fausse. L'État d'Israël est responsable de la promotion et de l'approbation des plans de construction, dans la colonie comme partout ailleurs dans le pays. Quant aux plans qui n'auraient pas encore été validés, ce qui est le cas dans de nombreux villages partout en Israël où le processus peut durer des dizaines d'années, cela ne retarde pas l'exécution des plans, même s'ils ne sont pas finalisés."

Selon la base de données, Beit El, autre colonie ancienne, a été elle aussi établie sur des "terres privées saisies pour raisons militaires" (...) D'après des données officielles, la construction effectuée à Beit El en l'absence de plans comprend les bâtiments qui abritent les bureaux du conseil municipal et le "quartier nord (Beit El 2) qui a été bâti pour sa plus grande part sur des terres privées. Ce quartier comprend de très nombreux bâtiments publics et de nouvelles routes circulaires. Le quartier nord (entre Jabal Artis et l'ancienne partie de la colonie), comprend environ 20 immeubles résidentiels, des bâtiments publics (dont une école), 40 caravanes et une zone industrielle. La totalité de l'ensemble se situe sur des terres privées, et ne dispose d'aucun plan qui lui soit affecté."

Moshe Rosenbaum, qui préside le conseil local, réagit : "Malheureusement, vous coopérez avec les pires ennemis d'Israël et causez d'immenses dommages au pays tout entier."

" Un énorme bluff "

Ron Nahman, maire d'Ariel, a été réélu pour un sixième mandat aux dernières élections. Nahman habite depuis longtemps les territoires occupés et dirige une ville d'une hétérogénéité étonnante. Entre une visite à un site de caravanes qui abrite des évacués de Netzarim et un arrêt à un magasin qui vend du porc et d'autres produits non kasher, essentiellement à l'importante population russophone de la ville, Nahman se plaint de l'arrêt de la construction dans sa ville et des combats avec l'Administration civile pour chaque permis de construire.

Le Collège d'Ariel, orgueil de Nahman, figure lui aussi dans la base de données : "La zone sur laquelle le Collège d'Ariel a été construit ne suit aucune règle en termes de planification." Il y est expliqué plus bas que l'institution est située sur deux plots distincts, et que le nouveau plan n'a pas encore été débattu. Nahman confirme, mais affirme que le problème du plan vient d'être résolu.

Quand on lui dit que plusieurs dizaines de colonies comprennent des constructions sur des terres privées, il n'est pas surpris : "C'est possible", dit-il. Le fait que dans les trois quarts des colonies, il y a eu des constructions qui ont dévié des plans autorisés ne le surprend pas davantage : "Toutes les plaintes doivent être adressées au gouvernement, pas à nous. Les petites colonies ont été planifiées par l'Administration de la construction rurale du ministère du logement. Les plus grandes sont planifiées par des bureaux du ministère. C'est le gouvernement tout entier. Parfois, c'est le ministère du logement qui prend en charge le budget, quand la construction est hors budget. Dans d'autres cas, l'État paie une partie des coûts de développement et le reste est à la charge des individus. Tout ça, c'est un énorme bluff. C'est moi qui ai planifié les colonies ? Non, c'est Sharon, Rabin, Golda, Dayan."

La base de données fournit des informations qui attestent une planification chaotique. Par exemple, une tentative de déterminer le statut de la terre de la colonie Argaman, dans la Vallée du Jourdain, a révélé que "la communauté était apparemment établie sur la base d'un décret de confiscation dont la localisation n'était pas précisée." Sur Mavo Horon, la base de données dit : "La colonie a été construite sans décision gouvernementale sur des terres pour la plupart privées, à l'intérieur d'une zone fermée dans l'enclave de Latroun. La zone a été affectée à la WZO (Organisation sioniste mondiale) à partir de 1995, cette affectation constituant un abus d'autorité, apparemment sur directive politique." Dans la colonie de Tekoa, des caravanes ont été louées à l'armée et installées en contradiction avec la désignation d'origine de la zone, et parfois en-dehors des limites géographiques du plan.

La plus grande partie de la Cisjordanie n'a pas été annexée à Israël. En conséquence, les règlements qui gouvernent l'établissement et la construction de villages diffèrent de ceux qui s'appliquent en Israël per se. Le rapport Sasson, qui traitait des avant-postes illégaux, se fondait en partie sur les données réunies par Spiegel, et listait les critères nécessaires à la création d'une nouvelle colonie en territoire occupé : 1. Le gouvernement israélien publie une décision de créer la colonie. 2. La colonie a une zone juridictionnelle définie. 3. La colonie a un plan détaillé et approuvé. 4. La colonie se situe sur une terre d'État ou sur une terre achetée par des Israéliens et enregistrée sous leur nom au cadastre.

Selon la base de données, l'État a donné à la WZO et/ou au ministère de la construction et du logement l'autorisation de planifier et de bâtir sur la plupart des territoires sur lesquels les colonies sont construites. Ces organismes ont alloué la terre à ceux qui ont fini par effectuer la construction dans la colonie. Parfois, il s'est agi du département colonisation de la WZO, d'autres fois du ministère de la construction et du logement. Dans plusieurs cas, des colonies ont été construites par Amana, le bras armé de la colonisation de Goush Emounim. Un autre organisme est cité pour avoir bénéficié de lots et de la responsabilité de la construction de colonies : le Fonds national des colons de Goush Emounim.

Talmud Torah

Des écoles, laïques ou religieuses (Talmudei Torah) ont été elles aussi construites sur des terres palestiniennes. D'après la base de données, dans la partie sud de la colonie d'Ateret, "15 bâtiments ont été construits en dehors des terres d'État, utilisés par la yeshiva Kinor David (" violon de David "). Il y a également de nouvelles routes de contournement et une zone spéciale de sécurité, illégale." Kinor David est le nom d'une yeshiva à filière musicale. Le signe à l'entrée indique que la yeshiva a été construite par Amana, le conseil régional et le département colonisation de la WZO.

Dans le cas de Michmash, il est également très clair qu'une partie de la colonie a été construite sur "des terres privées par le moyen de la fraude". Par exemple, "au centre de la colonie (près du portail d'entrée principal) se trouvent un quartier de caravanes qui sert de Talmud Torah et d'autres bâtiments (dont 30 caravanes) sur des terres privées."

Un après-midi d'hiver, une bande de gosses jouaient là, l'un d'entre eux portant un T-shirt où était écrit : " Nous ne pardonnerons pas et nous nous n'oublierons pas ". Pas d'enseignant alentour. Une jeune femme en pantalons conduisait son bébé chez le médecin et prit un moment pour bavarder. Elle avait déménagé là d'Ashkelon parce que les parents de son mari sont parmi les fondateurs de la colonie. Quand son fils aura suffisamment grandi pour entrer à la maternelle, elle ne l'enverra pas au Talmud Torah. Non pas parce que l'institution se trouve sur une terre privée, mais seulement parce que ce n'est pas le type d'éducation qu'elle souhaite pour lui : ["Je ne pense pas qu'il y ait eu des constructions sur des terres privées par ici, mais je ne pense pas non plus qu'il devrait y en avoir."

Dans la colonie de Psagot, où il y a eu bon nombre de constructions sur des terres privées, il est facile de reconnaître le style en terrasses typique de l'agriculture palestinienne dans la région. Selon la base de données, il y a à Psagot "des bâtiments agricoles (un établissement vinicole et des entrepôts) à l'est de la colonie, proches des vignobles cultivés par les colons en fraude. ". Lors d'une visite, l'établissement vinicole était à l'abandon. Son propriétaire, Yaakov Berg a acquis la terre auprès de l'Administration israélienne des terres près de l'avant-poste de Migron, où un nouvel établissement vinicole et un centre touristique sont actuellement en construction.

"Les vignes sont situées à Psagot"°, dit Berg, occupé aux préparatifs du nouveau site. Depuis le point d'observation, on aperçoit une énorme carrière à flanc de montagne. "Si je construisais ici une salle de bain sans permis, j'aurais dans le quart d'heure un hélicoptère de l'Administration civile me disant que c'est interdit", se plaint-il. "Et ici même, il y a une carrière palestinienne légale qui continue à fonctionner."

Ce sont les politiques qui l'on fait

Kobi Bleich, porte-parole du ministère de la construction et du logement : "Le ministère participe au financement des coûts de développement des colonies dans la zone A, en conformité avec les décisions du gouvernement israélien. Les travaux de développement sont effectués par les conseils régionaux, et seulement après que le ministère s'est assuré que le nouveau quartier est bien inclus dans un plan d'urbanisation autorisé. Cela s'applique partout en Israël aussi bien qu'au-delà de la ligne Verte. Je souligne que les fonctionnaires du ministère sont chargés de faire appliquer la politique du gouvernement. Toutes les actions passées ont été faites en conformité avec les décisions du pouvoir politique."

Danny Poleg, porte-parole du district Judée-Samarie (Cisjordanie) de la police : "La question de la construction des bâtiments de police est de la responsabilité du ministère de la sécurité intérieure, toutes vos questions doivent lui être adressées."

Réaction du porte-parole du ministère de la sécurité intérieure : "La construction de commissariats de police est décidée par l'Administration des terres en coordination avec le ministère de la sécurité intérieure. Il n'y a pas de commissariat à Modi'n Illit, mais seulement un poste de réaction rapide pour les habitants, sur une terre allouée par l'autorité locale. La terre à Giv'at Ze'ev a été allouée par le conseil local et le commissariat se situe à l'intérieur de la municipalité. La route qui mène au QG de la police a été construite par le ministère de la construction et du logement. Sa maintenance est effectuée par le conseil local."

Avi Roeh, président du conseil régional de Mateh Binyamin (qui a sous sa juridiction les colonies d'Ofra, Kokhav Yaakov, Ateret, Ma'aleh Michmash et Psagot) : "Le conseil régional de Mateh Binyamin, comme les conseils voisins en Judée et Samarie (Cisjordanie), traite de décisions politiques concernant l'expansion des colonies. Néanmoins, cela n'exclut pas la nécessité de procédures de planification adéquates, de manière à développer les colonies de façon organisée et en accord avec la loi."

Pour toute réponse, la WZO a envoyé un épais livret, dont une copie avait déjà été envoyée à la procureure Talia Sasson à la suite de son rapport. (...)

L'Administration civile, la première dont la réaction a été demandée concernant la base de données, il y a plus d'un mois, n'a pas encore répondu.

________________________________________

[1] Nous avons publié de nombreux articles sur le rapport Sasson. Voir par exemple "Comment les colons se moquent de la loi dans l'avant-poste de la démocratie au Moyen-Orient", par Dror Etkes

http://www.lapaixmaintenant.org/article1025

[2] Voir "Croissance des colonies sur des terres arabes malgré les promesses aux États-Unis"

[3] (Voir "Les terres volées aux Palestiniens : Rapport de Shalom Arshav sur la construction des colonies sur des terres privées palestiniennes"

http://www.lapaixmaintenant.org/article1451 [4] Sur la distinction entre " avant-postes " (ou colonies sauvages) et les autres colonies, voir Dror Etkes : "Avant-postes ou nouvelles colonies ? "

http://www.lapaixmaintenant.org/article1008

[5] Ces différents statuts juridiques sont étudiés dans l'article de Dror Etkes cité précédemment : http://www.lapaixmaintenant.org/article 1451

[6] Le cas d'Elon Moreh est analysé également dans l'article cité plus haut http://www.lapaixmaintenant.org/article 1451




Obama vit dans une bulle d'ignorance : il veut trouver une solution pour la Palestine, lui, au moment même où Israël est en train de la détruire ?



par Kathleen et Bill Christison [1]

on Counterpunch.org, 15 avril 2009

http://www.counterpunch.org/christison04152009.html

traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4021

Sans doute davantage que cela n'a jamais encore été le cas, Washington est aujourd'hui enferrée dans le déni en ce qui concerne Israël et son comportement sidérant, avec sa politique assassine à l'encontre des Palestiniens, avec les efforts qu'il déploie, ainsi que ses partisans américains, pour nous contraindre à ignorer les atrocités qu'il perpètre. Les œillères ont de tout temps fait partie de l'équipement des décideurs et des hommes politiques américains, dès lors qu'il est question d'Israël et des agissements de ce pays. Mais au lendemain de l'agression israélienne, qui a dévasté trois semaines durant le minuscule territoire de Gaza - une offensive terminée, de manière expédiente, juste avant l'intronisation d'Obama, si bien que celui-ci a pu se comporter comme si de rien n'était -, la perspective à partir de laquelle Washington opère est obstruée d'une façon encore bien plus frappante que cela n'avait jamais encore été le cas.

Lors d'un symposium sponsorisé par le Middle East Policy Council, organisé à Capitol Hill (à Washington) quelques jours seulement avant la prise de fonctions d'Obama, Ali Abunimah, un commentateur palestino-américain avisé, qui dirige le site ouèbe ElectronicIntifada.net, a déclaré sans ambages que Washington est au centre d'une bulle d'ignorance et de déni. Alors que le reste du monde, en particulier au niveau des sociétés civiles, débat de la nécessité de traîner les dirigeants israéliens devant des tribunaux chargés de juger leurs crimes de guerre et d'imposer des sanctions à Israël, M. Abunimah a fait observer que Washington et ceux des leaders mondiaux qui lui sont liges essaient d'aller de l'avant comme si absolument rien n'avait changé.

" Nous devons nous attendre ", a dit M. Abunimah, " à ce que l'appareil officiel de l'industrie du processus de paix - les Hillary Clinton, les Quartette, les Tony Blair, les Javier Solana, les Ban Ki-Moon, bref, toute la panoplie des boîtes à idées officielles et officieuses de Washington - vont continuer leur business as usual, en s'efforçant de faire croire que, grâce à leurs diligences, un État palestinien verra le jour ". " Mais, dans le monde réel, cet État n'existera pas ", a-t-il poursuivi, " et le temps est venu de parler franchement de ce qui est en train de se passer ".

Jusqu'ici, après trois mois d'administration Obama, rien n'indique vraiment que celui-ci y voie clair ou soit prêt à parler franchement. Un autre commentateur politique et militant palestinien très avisé, M. Haidar Eid, qui vit et subit les incessants châtiments collectifs d'Israël à Gaza, a dit récemment, lors d'une interview, que la réaction internationale à l'agression israélienne contre Gaza s'apparentait à une réaction à une quelconque catastrophe naturelle, à croire qu'aucun être humain n'aurait eu de rôle dans la destruction et que les seules choses dont on aurait besoin pour résoudre le problème étaient du fric et des aides. Comme si, a-t-il dit, le désastre n'avait pas été " créé par l'État d'Israël afin d'anéantir à la fois la résistance et la société palestiniennes ? "

M. Eid commentait ainsi une conférence internationale de donateurs réunie à Sharm el-Sheikh, début mars, qui avaient fait démonstration de magnanimité en promettant presque 5 milliards de dollars d'aide afin de soulager la " crise humanitaire " à Gaza - mais en promettant aussi de ne rien faire pour solutionner la réalité politique de l'occupation israélienne, qui est pourtant à l'origine du calvaire humanitaire de Gaza ? Les donateurs - ces mêmes dirigeants de l' " industrie du processus de paix " dont parlait M. Abunimah - n'étaient là que pour prétendre être préoccupés et pour refiler du fric, ce qui est toujours la manière la plus pratique, dans l'esprit des élites politiques, pour balayer sous le tapis des problèmes humanitaires qui font désordre. C'est ainsi qu'ils soulagent leur propre conscience et qu'en même temps ils disent à Israël qu'il peut continuer à détruire la Palestine et les Palestiniens en toute impunité : la communauté internationale ramassera les morceaux et réglera l'addition. Message reçu 5/5 par Israël !

Toute idée de contraindre Israël à mettre fin à son oppression grossière des Palestiniens, toute idée de faire quoi que ce soit afin de confisquer à Israël la carte blanche dont il use et abuse, c'était apparemment encore trop demander à ces dames patronnesses. Toute prise de conscience du fait que leur promesse d'aide n'était rien d'autre qu'un rouage dans un cycle destructeur sans fin leur a également échappé - un cycle dans lequel ces mêmes donateurs, sous la houlette des États-Unis, équipent Israël avec les armes les plus sophistiquées et la puissance politique absolue qui va avec, après quoi Israël utilise ces armes et se sert de son permis politique flambant neuf de chasse au Palestinien, et les donateurs se réunissent à nouveau pour réparer les destructions. L'hypocrisie a été encore davantage soulignée par l'exigence ferme des États-Unis qu'avant que les Gazaouis ne reçoivent le premier kopek de ces largesses internationales, le Hamas devra avoir reconnu le droit d'Israël à l'existence. Autrement dit, le Hamas doit reconnaître le droit à l'existence précisément de l'État qui vient d'essayer de le détruire, et son peuple avec, et même la terre sur laquelle ils vivent.

Si le comportement d'Israël n'était pas aussi répugnant, le déni américain et international devrait nous faire marrer. Mais la promesse d'aide et le cercle vicieux sans fin de la misère financée par l'Occident - ainsi que la myopie qu'ils traduisent - ne constituent, ensemble, rien d'autre qu'un exemple frappant d'une ignorance volontaire découlant d'un processus cognitif entièrement orienté dans le sens de la vision israélienne, à partir de laquelle les États-Unis et la communauté internationale abordent rituellement ce conflit. La fin de l'interminable mandat de George Deubeuliou Bush et l'avènement de Barack Obama ont d'ores et déjà donné lieu à d'autres initiatives, tout aussi naïves et à courte vue que ces promesses d'aide - à courte vue, car, de manière avisée ou non, ces initiatives ont pour origine un point de départ totalement centré sur Israël et ses exigences et fermant totalement les yeux sur le comportement barbare de ce pays.

Barack Obama et Hillary Clinton évoquent sans rire l' " inévitabilité " et le caractère " inéluctable " d'une solution basée sur deux États, sans prendre aucunement en considération l'impossibilité croissante d'un État palestinien réel, ou encore du fait qu'Israël élimine aussitôt toute perspective d'un tel État et qu'il est en train, de fait, d'éliminer ouvertement les Palestiniens eux-mêmes. Les premiers mois de l'administration Obama et la nomination de George Mitchell au poste d'envoyer spécial au Moyen-Orient font émerger d'autres responsables, qui, plus entichés de processus de paix que de toute perspective d'une paix réelle, poursuivent aveuglément l' " industrie du processus de paix ", sans aucune considération pour les réalités du terrain, ou pour la garantie sur facture (plus que virtuelle) de leur échec.

Sans doute le plan le plus détaillé prétendant frayer une voie vers une solution à deux États avait été, en réalité, écrit avant l'accession au pouvoir d'Obama ; mais ce n'est que maintenant qu'il est publié. Ce plan, intitulé : A Last Chance for a Two-State Israel-Palestine Agreement [Dernière chance pour un règlement israélo-palestinien à deux États] avait été mis au point en décembre dernier par un groupe d'anciens hommes d'État américains bien intentionnés, dont Brent Scowcroft, Zbigniew Brzezeinski, Lee Hamilton et Paul Volcker (le seul, sur dix, à faire partie de l'administration Obama). Ces sages avaient été réunis par Henri Seigman, un ancien président de l'American Jewish Committee spécialiste du conflit palestino-israélien qui s'est illustré, ces dernières années, par ses critiques franches et réalistes de l'occupation israélienne. La proposition en question est une sorte de scénario de réalisation de l'impossible, en dix-sept pages.

Ce plan approche le conflit sous un angle israélo-centrique, et même en soulignant lourdement la nécessité de satisfaire aux besoins d'Israël en matière de sécurité ; il comporte en lui-même la prescription des drogues qui en garantissent l'échec. Le rapport consacre un cinquième (ce qui n'est pas sans signification) de sa pagination à une annexe, intitulée " Répondre aux besoins d'Israël en matière de sécurité ", en plus d'une logorrhée considérable consacrée à ce sujet dans le corps même du document. Il n'y figure strictement aucune mention d'une quelconque nécessité d'assurer la sécurité de la Palestine contre les menaces pesant sur elles, en provenance d'Israël...

La motivation cachée derrière ce plan est admirable : il reconnaît la centralité du conflit palestino-israélien par rapport à d'autres problèmes et à d'autres intérêts américains au Moyen-Orient ; il exhorte la nouvelle administration [Obama] à prendre le contre-pied de huit ans de désengagement de ce conflit par l'administration Bush et il l'exhorte à le faire très rapidement ; il appelle à prendre contact avec le Hamas et il exhorte à entreprendre l'initiative de paix nécessaire, fusse au risque de déplaire à " certains électorats intérieurs ". Mais le plan est en lui-même naïf et il oublie les réalités brutales de la situation, qui existaient pourtant dès avant l'offensive israélienne contre Gaza. Du fait qu'il ne tient strictement aucun compte des intentions mortelles d'Israël à l'encontre des Palestiniens, ni de sa responsabilité dans le niveau de violence observé aujourd'hui, ce rapport ne fait, en réalité, que donner une prime à l'intransigeance israélienne, tout en faisant allègrement la supposition que cette rigidité pourra être surmontée en publiant un plan sur quelques morceaux de papier, tandis que les États-Unis continueront à envoyer à Israël les armes dont il a besoin pour détruire la Palestine…

Ce rapport se situe dans un monde mythique - un monde où Israël n'a aucune responsabilité dans l'occupation du territoire palestinien et ne s'intéresse qu'à sa sécurité, sans avoir la moindre obligation à l'égard des Palestiniens. Il fait référence de manière répétée à une situation sécuritaire du type " qui, de l'œuf ou de la poule ? " dans les territoires occupés - comme s'il était impossible de déterminer si c'est l'occupation d'Israël qui est première, ou la résistance palestinienne, comme si l'occupation n'était pas, précisément, la raison pour laquelle la Résistance palestinienne existe, comme si les attentats suicides palestiniens (dont le projet affirme qu'il cause à Israël " une angoisse compréhensible ") auraient pu surgir d'ailleurs, précisément, que de l'oppression israélienne ?

Le plan n'aborde les conditions d'une paix entre les deux États qu'envisagées quasiment uniquement en termes des besoins d'Israël - non seulement ses besoins en matière de sécurité, mais aussi en matière de colonies et de ses inquiétudes concernant le droit au retour des réfugiés palestiniens. Ainsi, par exemple, alors qu'il préconise que la frontière entre les deux États soit " basée sur " les lignes de cessez-le-feu antérieures à juin 1967 avec seulement quelques modifications réciproques et mineures, il recommande que les États-Unis " prennent en compte les régions à forte population israélienne en Cisjordanie ". Bien que le style minimise la gravité de cette question, ce passage signifie que l'on doit laisser de l'espace aux grands blocs de colonies israéliennes, qui incluent environ 10 % de la minuscule Cisjordanie (environ la taille de l'État américain du Delaware), couvrent virtuellement la totalité de Jérusalem Est et incluent (au bas mot) 85 % des 475 000 colons israéliens en Cisjordanie + Jérusalem Est.

En avril 2004, George Bush remit à Ariel Sharon une lettre garantissant officiellement l'approbation par les États-Unis de la conservation par Israël de ce que Bush appelait " les centres majeurs de population juive " en Cisjordanie, modifiant du même coup ce qui avait représenté près de quarante années de politique américaine en faveur d'un retrait virtuellement total d'Israël des territoires occupés. Les " paramètres " de Bill Clinton, définis en 2000, avaient eu le même effet, bien qu'à une échelle un peu moindre, en proposant de permettre à Israël de conserver ses colonies - désignées par le terme anodin de " faubourgs " - à Jérusalem Est. Les dernières propositions formulées par l'ancienne équipe répètent ce diktat clintonien et, de manière générale, endossent tant les déclarations de Clinton que celles de Bush, qui cèdent de manière unilatérale à Israël du territoire palestinien, sans négociation, et sans consulter les Palestiniens.

Ce projet jette aussi aux orties le droit au retour des Palestiniens. Bien qu'il fasse une allusion fugitive, en passant, au " sentiment d'injustice " des réfugiés et bien qu'il appelle à " une compensation financière conséquente ", il déclare, là encore de manière unilatérale et préemptive, que la résolution du problème des réfugiés devra " protéger Israël contre un afflux de réfugiés " - ce qui signifie que ce droit de retour ne serait pas garanti à tous les réfugiés palestiniens, ni, encore moins, à la plupart des réfugiés qui pourraient choisir de retourner dans leurs maisons et sur leurs terres à l'intérieur d'Israël, d'où ils ont été chassés. Cette précaution est censée " protéger " Israël contre toute exigence qu'il doive réparer l'injustice massive qu'il perpétra en 1948, en exigeant de ses victimes qu'elles se satisfassent, après plus de soixante années, d'un maigre pécule et d'une maison, quelque part, en dehors de leur propre patrie.

Le chapitre principal de ce rapport des sages propose que l'État palestinien n'aurait pas d'armée et serait sécurisé par une force multinationale mandatée par l'Onu et placée sous commandement américain, qui fonctionnerait durant cinq ans, mais dont le mandat serait renouvelable, l'intention étant de permettre aux Palestiniens de parvenir à assurer leurs propre sécurité (et, bien entendu, à être capables de garantir celle d'Israël) dans les quinze ans. Cette force de sécurité serait une force de l'Otan, renforcée par des troupes jordaniennes, égyptiennes et - très étonnamment - israéliennes. L'aspect Alice-au-Pays-des-merveilles de cette proposition très particulière se résume au présupposé qui est celui des sages, selon lequel la souveraineté palestinienne serait peu ou prou respectée même si les Palestiniens se voyaient contraints de remettre leur sécurité à une force multinationale qui inclurait non pas seulement des éléments de multiples armées étrangères, mais y compris des troupes de l'oppresseur même dont les Palestiniens sont censés s'être débarrassés en parvenant à l'existence en tant qu'État. C'est là ce genre d'absurdité inhérente à l'" industrie du processus de paix ", qui rend des propositions telles celle-ci totalement insensées.

Le projet brade, avant même que des négociations aient été entamées, davantage que n'importe quel État en devenir pourrait se permettre de brader. Il cède du territoire de ce qui devrait devenir l'État palestinien avant même que les Palestiniens aient été en mesure de s'asseoir à la table des négociation. Il cède, sans aucune restriction ni aucune excuse, le droit des Palestiniens à réparer une énorme injustice qui est, cela, depuis le début, soit depuis plus de soixante ans, le grief palestinien fondamental à l'endroit d'Israël. Il cède la souveraineté et la sécurité palestiniennes en invitant une force de sécurité internationale comportant des troupes, précisément, de la puissance occupante dont les Palestiniens essaient de se débarrasser. Et il renonce à toute viabilité de l'ainsi nommé " État ".

L'on attendait mieux des sages qui ont rédigé ce document. Certains d'entre eux, de fait, ont travaillé en tant que spécialistes sur le conflit arabo-israélien, par le passé, et le coauteur de la proposition Henry Siegman travaille sur cette question depuis des décennies. Mais la proposition fait montre de tellement peu de compréhension du degré avec lequel Israël a d'ores et déjà absorbé la Cisjordanie qu'on pourrait avoir l'impression qu'aucun de ces Messieurs n'a jamais mis les pieds dans la région. Et dans son affirmation benoîte selon laquelle il sera possible d'inciter Israël à donner son accord à un quelconque retrait, aussi minime soit-il, des territoires occupés, on ne constate guère de compréhension du fait qu'aucun gouvernement israélien, quelle qu'en soit la couleur politique, et en particulier aucun des gouvernements de droite qui ont dirigé Israël ces dix dernières années, voire depuis plus longtemps, n'a eu (n'a et n'aura) la moindre intention d'accorder aux Palestiniens le moindre degré d'indépendance et de souveraineté authentiques, où que ce fût et où que ce soit en Palestine.

En fin de compte, à l'instar de la conférence des donateurs qui ont vu dans le désastre de Gaza on ne sait trop quelle force naturelle échappant à tout contrôle humain qui serait descendue, telle un cyclone, sur l'étroit territoire, ce projet ne donne nul signe de la reconnaissance que le responsable de ce conflit est Israël. Israël est le camp qui détient tout le pouvoir, le camp qui contrôle tout le territoire : Israël est le camp qui exerce actuellement une occupation militaire opprimant les Palestiniens, défiant le droit international ; Israël est le camp qui démolit des maisons, bombarde des quartiers peuplés de civils, lance des bombes au phosphore blanc sur des civils, impose des barrages routiers et d'autres restrictions aux déplacements, édifie des murs pour maintenir les Palestiniens à l'écart, bloque les importations alimentaires d'une population palestinienne tout entière, confisque des terres pour y construire des colonies et des routes réservées aux seuls Israéliens juifs. Israël est le camp qui a perpétré 85 % des assassinats dans le conflit, depuis l'éclatement de l'Intifada, voici de cela huit ans et demi.

Mais l'ignorance de ces hommes d'État et leur déni des réalités de l'occupation, de la brutalité israélienne et de l'agression israéliennes en disent long sur l'immense capacité, qui reste celle d'Israël, de s'en tirer à bon compte en bénéficiant toujours de l'atmosphère d'adulation dont il bénéficie aux États-Unis. On peut se demander, de fait, si ces gens sont aussi ignorants qu'ils le semblent de ce qu'il se passe, avec l'aide des États-Unis, en Palestine ? Pensent-ils que tout cela est bel et bon et que cela fait avancer les intérêts nationaux américains d'une quelconque manière, que de continuer à armer Israël et que de lui garantir une carte blanche totale pour continuer à opprimer les Palestiniens ? Ou bien ont-ils été tellement aspirés dans le discours israélo-centrique régnant dans notre pays [les États-Unis, ndt] qu'ils sont littéralement terrorisés à l'idée de s'opposer à Israël et d'affronter ses lobbyistes aux États-Unis ?

Ce château de cartes qu'est, en réalité, cette " industrie du processus de paix " à laquelle M. Abunimah a fait allusion - ce château de cartes qui prétend qu'Israël n'est pas un État voyou dévastant son voisinage quand cela lui chante - doit s'écrouler, et le plus tôt sera le mieux. Comme l'a déclaré M. Abunimah à la conférence de Capitol Hill, ce que les gens savent en Europe et à Chicago, où il vit et où il travaille, diffère du tout au tout de ce que les gens de Washington et de New York croient savoir et, comme il l'a relevé, le silence sur les réalités du terrain, en Palestine, n'est désormais plus tenable. Quand l'histoire de cette période sera écrite, a dit M. Abunimah, " Gaza sera perçu comme le moment après lequel il est devenu impossible, pour Israël, d'être intégré dans la région du Moyen-Orient en tant que prétendu " État juif sioniste " ".

[1] Depuis plusieurs années maintenant, Kathleen and Bill Christison rédigent des analyses sur le Moyen-Orient. Ils sont les coauteurs d'un livre, à paraître au mois de juin aux éditions Pluto Press, consacré à l'occupation israélienne et à son impact sur les Palestiniens. Il y a une trentaine d'années de cela, ils étaient analystes à la CIA. Ils sont joignables à l'adresse mél : kb.christison@earthlink.net.




DURBAN II: DISCOURS (traduction française) DE MAHMOUD AHMADINEJAD (TEXTE INTÉGRAL)

Monsieur le Président. Honorable Secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies. Madame la Haut-commissaire.

Mesdames et Messieurs. Nous sommes réunis ici dans le cadre du suivi de la conférence de Durban contre le racisme et la discrimination raciale au travail sur des mécanismes concrets pour nos saintes campagnes humanitaires. Au cours des derniers siècles, l'humanité a connu d'énormes souffrances et douleurs. Au Moyen Âge, des penseurs et des scientifiques ont été condamnés à mort. A suivit une période d'esclavage et de traite des esclaves, lorsque des millions de personnes innocentes ont été capturées et séparées de leurs familles et de leurs proches, pour le compte de l'Europe et de l'Amérique dans des conditions atroces, une période sombre qui a également connu des occupations, des pillages, et des massacres de personnes innocentes.

De nombreuses années passèrent avant que les nations ne se lèvent et se battent pour leur liberté et pour la liberté, et elles ont payé un prix élevé. Elles ont perdu des millions de vies avant d'expulser leurs occupants et de proclamer leur indépendance. Toutefois, il n'a pas fallu longtemps pour que les pouvoirs de coercition imposent deux guerres en Europe, qui ont également frappé une partie de l'Asie et de l'Afrique. Ces horribles guerres ont coûté environ 100 millions de vies et ont produit des destructions massives. Tirer les enseignements de ces occupations, de ces horreurs et les crimes de ces guerres, aurait été une lueur d'espoir pour l'avenir. Les puissances victorieuses se sont appelées les conquérants du monde, tout en ignorant ou en déniant les droits des autres nations par l'imposition de lois oppressives et des accords internationaux.

Mesdames et Messieurs, laissez-nous jeter un coup d'œil au Conseil de sécurité de l'ONU, qui est l'un des héritages de la Première et Seconde Guerre mondiale. Quelle est la logique de leur accorder à eux-mêmes un droit de veto ? Comment une telle logique peut-elle se conformer à des valeurs spirituelles ou humanitaires ? Pourrait-elle être en conformité avec les principes de justice, d'égalité devant la loi, de l'amour, et de la dignité humaine ? [Applaudissements] ou ne conduit elle pas plutôt, à la discrimination, l'injustice, la violation des droits de l'homme, ou à l'humiliation de la majorité des nations et des pays ?

Le Conseil de Sécurité est l'Organisation Mondiale la plus élevée pour la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationale. Comment pouvons-nous espérer la réalisation de la justice et de la paix lorsque la discrimination est légalisée et que l'origine des lois est dominé par la contrainte et la force plutôt que par la justice et le droit ?

La contrainte et l'arrogance sont à l'origine de l'oppression et de guerres. Même si aujourd'hui de nombreux partisans du racisme condamnent la discrimination raciale dans leurs paroles et dans leurs slogans, un certain nombre de pays puissants ont été autorisés à décider pour les autres nations sur la base de leurs propres intérêts et de leur pouvoir discrétionnaire. Et ils peuvent facilement ridiculiser et violer toutes les lois et les valeurs humanitaires, comme ils le font.

Après la Seconde Guerre mondiale, ils ont eu recours à l'agression militaire de procéder à une nation de sans-abri sous le prétexte de la souffrance juive. Et ils ont envoyé des migrants venus d'Europe, des États-Unis, et d'autres parties du monde afin de mettre en place un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée ... [Les délégués se retirer en signe de protestation. Applaudissements]

Et cet, à titre de dédommagement pour les conséquences du racisme en Europe ... Bon, s'il vous plaît. Merci (Pour les applaudissements. ndt). Et en fait, à titre de dédommagement pour les conséquences du racisme en Europe, elles (ces nations) ont contribué à amener au pouvoir le plus cruel et répressif régime raciste en Palestine. [Applaudissements]

Le Conseil de sécurité a contribué à stabiliser ce régime d'occupation et l'a soutenu au cours des 60 dernières années, en leur laissant les mains libres pour continuer leurs crimes. Il est d'autant plus regrettable qu'un certain nombre de gouvernements occidentaux et les États-Unis se soient engagés à défendre les auteurs d'actes de génocide raciste alors que l'éveil des consciences et de la liberté des peuples du monde entier condamnent l'agression, les brutalités et les bombardements de civils à Gaza. Ils ont toujours été favorables ou ont gardé le silence face à ces crimes. Et avant cela, ils se sont toujours tus à l'égard de leurs propres crimes.

Mesdames et Messieurs les délégués, quelles sont les causes profondes des attaques américaines contre l'Irak ou de l'invasion de l'Afghanistan ? [Cris du public] Quelles sont les causes profondes des attaques américaines contre l'Iraq ou l'invasion de l'Afghanistan ? Le motif à l'origine de l'invasion de l'Irak, n'est-il pas autre chose que l'arrogance de l'administration américaine faisant suite aux pressions de la part de ceux qui possèdent la richesse et qui ont le pouvoir d'étendre leur sphère d'influence, recherchant l'intérêt des entreprises de fabrication d'armes gigantesques, en s'attaquant à une noble culture d'une histoire plusieurs fois millénaire, à l'élimination des potentiels et des pratiques culturelles de pays musulmans en faveur du régime sioniste, ou pour contrôler et piller les ressources énergétiques de la population irakienne ?

Pourquoi, en effet près d'un million de personnes ont-elles été tuées, blessées et quelques millions d'autres déplacées et sont devenues des sans-abri. Pourquoi, en fait le peuple iraqien a-t-il subi d'énormes pertes s'élevant à des centaines de milliards de dollars ? Et pourquoi des centaines de milliards de dollars ont été imposés à la population américaine et à leurs alliés à la suite de ces actions militaires ? N'était-ce pas l'action militaire contre l'Iraq, prévue par les sionistes et leurs alliés dans l'administration des États-Unis puis en complicité avec les entreprises de fabrication d'armes et de ceux qui possèdent la richesse ?

L'invasion de l'Afghanistan, la restauration de la paix, la sécurité et le bien-être économique dans ce pays ? Les États-Unis et leurs alliés, non seulement ont failli à leur mission en Afghanistan, mais qui plus est, la culture illicite de stupéfiants s'est démultipliée pendant leur présence. La question fondamentale est la suivante : Quelle a été la responsabilité de ce travail de la part de l'administration américaine et de ses alliés ? Ont-il représenter le monde ? Ont-ils été mandatés par lui ? Ont-ils été autorisés au nom de la population du monde d'intervenir dans toutes les régions du globe ? Et bien sûr, surtout dans notre région, ces mesures ne sont-elles pas un exemple clair de l'égocentrisme, du racisme, de discrimination, ou d'atteinte à la dignité et à l'indépendance des nations ?

Mesdames et Messieurs les députés, qui sont responsables de l'actuelle crise économique mondiale... D'où vient l'origine de la crise ? De l'Afrique ? De l'Asie ? Ou n'était-ce pas en premier des États-Unis, pour ensuite s'étendre à l'Europe et à leurs alliés ? Pendant longtemps, ils ont imposé des réglementations économiques inéquitables. Par leur pouvoir politique sur l'économie internationale, ils ont imposé un système financier et monétaire international sans aucun mécanisme de supervision par les nations et les gouvernements qui n'ont joué aucun rôle dans la répression des tendances ou de ces politiques. Ils n'ont donné aucun droit à leur peuple afin de superviser et surveiller leurs politiques financières. Ils introduisent toutes sortes de lois et règlements, au mépris de toutes les valeurs morales, dans le seul but de protéger leurs intérêts et celui des propriétaires de la richesse et de leur pouvoir. Ils ont en outre présenté une définition de l'économie de marché et de la concurrence qui les privait de beaucoup de possibilités économiques qui auraient pu être disponibles à d'autres pays du monde. Ils ont même transféré à d'autres leurs problèmes alors que la vague du fléau de la crise frappait leur économie avec des milliers de milliards de dollars de déficits budgétaires. Et aujourd'hui, ils injectent des centaines de milliards de liquidités prises dans les poches de leur propre peuple pour les banques et non pas les entreprises et la situation des institutions financières est de plus en plus compliquée pour leur économie et pour leur peuple. Ils sont tout simplement penser à maintenir le pouvoir et la richesse. Ils n'ont pris aucun soin des peuples du monde et encore moins de leur propre peuple.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, le racisme trouve sa racine dans le manque de connaissances sur la vérité de l'existence humaine voulue par Dieu. Il est également le produit de sa déviation par rapport à la véritable voie de la vie humaine et des obligations de l'humanité dans le monde de la création. Faillir consciemment à l'adoration de Dieu, ne permet pas d'être en mesure de réfléchir à la philosophie de la vie ou au chemin de la perfection qui sont les principaux ingrédients du divin et des valeurs humanitaires, cela restreint l'horizon des perspectives de l'homme, rendant transitoire et limite l'intérêts se référant à ses actions .

C'est la raison pour laquelle des groupes au pouvoir satanique ont pris forme afin d'élargir leur domaine de pouvoir et de priver les autres de jouir justement et équitablement des possibilités de développement. Le résultat a été la réalisation d'un racisme débridé qui pose la menace la plus grave contre la paix internationale et a entravé la voie d'une construction de la coexistence pacifique dans le monde entier. Sans aucun doute, le racisme est le symbole de l'ignorance, qui a des racines profondes dans l'histoire. Et c'est bien un signe de frustration dans le développement de la société humaine.

Il est donc extrêmement important de suivre les manifestations de racisme dans des situations ou dans des sociétés où l'ignorance, le manque de connaissances prévaut. Cet accroissement de la sensibilisation et la compréhension à l'égard de la philosophie de l'existence humaine est le principe de la lutte contre de telles manifestations, c'est la clé de la compréhension de la vérité que l'homme porte sur la création de l'univers, et la clé d'un retour aux valeurs spirituelles et morales et, enfin, la tendance à l'adoration de Dieu le Tout-Puissant. La communauté internationale doit s'engager collectivement à sensibiliser les sociétés où les victimes du racisme et de l'ignorance prévaut toujours, de manière à mettre fin à la propagation de ces manifestations de malveillance.

Chers amis, aujourd'hui, la communauté humaine est confrontée à une forme de racisme qui a terni l'image de l'humanité en ce début de troisième millénaire. Le sionisme qui personnifie le racisme dans le monde a recours à la fausse religion et à l'abus des sentiments religieux afin de cacher leur haine et leurs visages hideux. Toutefois, il est d'une grande importance de mettre en évidence les objectifs politiques de certaines des puissances mondiales et de ceux qui contrôlent d'énormes ressources économiques et intérêts dans le monde. Elles mobilisent toutes leurs ressources, y compris leur influence économique et politique et du monde des médias à appuyer en vain le régime sioniste, et avec un effort malveillant pour diminuer la honte et l'indignité de ce régime.

Ce n'est pas simplement une question d'ignorance, et l'on ne peut vaincre ce phénomène culturel horrible par le biais de campagnes. Des efforts doivent être faits pour mettre fin à l'abus par les sionistes et leurs partisans de leur politique et de trouver les moyens internationaux pour faire respecter la volonté et les aspirations des nations. Les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans leur combat visant à éradiquer cette barbarie raciste [applaudissements], et d'aller vers la réforme de ... [applaudissements] ... de l'actualité mécanismes internationaux.

Il ne fait aucun doute que vous êtes tous au courant de la conspiration de certains pouvoirs et des milieux sionistes contre les buts et les objectifs de cette conférence. Malheureusement, il y a eu beaucoup d'écrits et de déclarations en faveur du sionisme et de ses crimes, et il est de la responsabilité des représentants de nations honorables de divulguer ces campagnes qui sont contraires aux valeurs et aux principes humanitaires. Il faut reconnaître que de boycotter cette session en tant que remarquable capacité internationale est une véritable indication, un exemple flagrant de soutient au racisme.

Pour défendre les droits de l'homme, il est surtout important de défendre les droits de toutes les nations à participer de façon égale dans tous les processus internationaux de prise de décision sans l'influence de certaines puissances mondiales. Et deuxièmement, il est nécessaire de restructurer les organisations internationales existantes ainsi que leurs régimes respectifs. Par conséquent, cette conférence est un terrain d'expérimentation pour l'opinion publique mondiale d'aujourd'hui qui demain jugera nos décisions et nos actions [applaudissements].

Monsieur le Président. Monsieur le Président. Mesdames et Messieurs. Le monde traverse des changements fondamentaux, des changements radicaux. Les relations au pouvoir sont devenues tellement faibles et fragiles. Les bruits de fissures dans les piliers de l'oppression du monde peuvent désormais être entendus. Les principales structures politiques et économiques sont au bord de l'effondrement. Les crises politiques et l'insécurité sont à la hausse. L'aggravation des crises, dans l'économie mondiale, ne peut être vue sans une brillante perspective, montrant la grande portée des changements globaux. Je l'ai souligné à maintes reprises la nécessité de changer la mauvaise direction dans laquelle le monde est géré aujourd'hui. Et j'ai également mis en garde contre les conséquences de tout retard dans cette responsabilité cruciale.

Maintenant, je tiens à annoncer à tous les dirigeants et penseurs, et de toutes les nations du monde présent à cette réunion, à ceux qui ont une soif de paix et de bien-être économique, que la gestion, la gestion inéquitable et injuste du monde, est maintenant en fin de la route. Cette impasse était inévitable étant donné que la logique de cette gestion a été imposée oppressivement.

La logique de la gestion collective des affaires du monde est fondée sur de nobles aspirations qui portent sur les êtres humains et la primauté du Dieu tout-puissant. Par conséquent, elle défie toute politique ou plan qui va à l'encontre de l'intérêt des nations. La victoire du droit sur le mal et la création d'un monde juste ont été promises par le Dieu Tout-Puissant et ses messagers, et a été un objectif partagé de tous les êtres humains de différentes sociétés et générations au cours de l'histoire. La réalisation d'un tel avenir dépend de la connaissance de la création et de la foi dans le cœur de tous les fidèles [applaudissements].

La réalisation d'une société globale est en fait une noble réalisation qui est tenue à l'établissement d'un système global qui sera exécuté avec la participation de toutes les nations du monde, à la base de tous les grands processus de décision sur le chemin de ce sublime objectif. Les capacités scientifiques et techniques ainsi que des technologies de la communication ont créé une plus large diffusion et compréhension du monde et la société a fourni les bases d'un système commun.

Maintenant, il incombe à tous les intellectuels, penseurs et décideurs dans le monde de prendre leur responsabilité historique avec la ferme conviction définitive de suivre cette voie. Je veux aussi mettre l'accent sur le fait que le libéralisme occidental et le capitalisme, comme le communisme, sont parvenus à leur terme car il n'ont pas su percevoir la vérité du monde et de l'humain, comme il est. Ils ont imposé leurs propres objectifs et orientations sur des êtres humains, sans égard pour les valeurs humaines et divines, de justice, de liberté, d'amour ou de fraternité. Ils ont basé le vivant sur l'intensité de la concurrence individuelle et collective pour la seule garantie de biens matériels.

Maintenant, nous devons tirer les leçons du passé en engageant des efforts collectifs en traitant les défis actuels et, à cet égard et en terminant mon propos, je tiens à attirer votre attention sur deux points importants.

Un : Il est absolument impossible d'améliorer la situation existante dans le monde. Toutefois, il faut noter que cela ne pourra être atteint que grâce à la coopération de tous les pays afin de tirer le meilleur parti des capacités existantes et des ressources dans le monde. Le but de ma participation à cette conférence est ma condamnation de ces questions importantes, ainsi que de notre responsabilité commune de défendre les droits des nations vis-à-vis du sinistre phénomène du racisme, et d'être avec vous, les penseurs du monde. [Applaudissements]

Deux : Conscient de l'inefficacité de l'actualité internationale politique, économique, et des systèmes de sécurité sur la scène mondiale, il est nécessaire de se concentrer sur le divin et les valeurs humanistes en se référant à la véritable définition de l'être humain, et fondée sur la justice et le respect pour les droits de toutes les personnes dans toutes les régions du monde. En reconnaissant les actes répréhensibles du passé dominant la gestion du monde, des mesures collectives entreprendront la réforme des structures existantes. À cet égard, il est essentiel de réformer la structure du Conseil de sécurité, y compris l'élimination de la discrimination du droit de veto ... [applaudissements] ... et de changer le monde actuel des systèmes monétaire et financier. Il est évident que le manque de compréhension de l'urgence du changement équivaut à faire peser sur ce retard un coût encore plus lourd.

Chers amis, soyez conscients qu'aller dans le sens de la justice et la dignité de l'homme est comme le flux rapide dans le courant d'une rivière. N'oublions pas l'essence de l'amour et l'affection. La promesse de l'avenir des êtres humains est un atout qui permettra dans cet objectif de nous maintenir ensemble pour construire un monde nouveau et à faire du monde un meilleur endroit plein d'amour de fraternité et de bénédiction ; un monde sans pauvreté et la haine, ... [inaudible] ... de plus en plus la bénédiction de Dieu Tout-Puissant et de la juste gestion de l'être humain parfait. Laissez-nous joindre nos mains dans l'amitié pour notre part dans la réalisation d'un tel nouveau monde décent.

Je vous remercie, Monsieur le Président, le Secrétaire général, et vous tous, distingués participants d'avoir eu la patience de m'écouter. Merci beaucoup.

Traduction par mes soins d'une transcription du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de l'Organisation des Nations Unies Conférence d'examen de Durban II sur le racisme à Genève, en Suisse, le 20 avril 2009.

Diffusion audio sur le Web des Nations Unies.

Voir aussi le site de Foreign Policy Jornal.

Fery

Mercredi 22 Avril 2009

ericfery@orange.fr




Commentaires très personnels, mais largement partagés si j'en crois ce que j'entend ou lis...

C'est très exactement ce que je répète depuis plus de 50 ans. C'est très exactement ce que j'aurais dit hormis les références à Dieu dont je dénis quelque existence que ce soit, sous quelque forme, y compris coincée dans une protéine mémorielle au niveau de l'amygdale… Ben oui, je fais du racisme anti Dieu depuis presque aussi longtemps que je pense que la politique sioniste d'Israël est criminelle et tout à fait inacceptable. De facto, ceux qui la soutiennent n'ont aucune crédibilité. Il se pourrait même qu'ils n'aient aucune légitimité. C'est sans doute la raison pour laquelle ils font si rapidement et si brutalement recours à la force comme seul moyen de nous faire rendre gorge et de nous faire voter, croire, prier, crier, haïr, marcher, penser, bosser, trimer, baiser ou mourir correctement, dans le respect des valeurs occidentales : génocides, shoah, massacres, colonisations, guerres mondiales, famines, répressions, emprisonnements, exécutions et autres inquisitions.

Mais voilà la fin de leur règne qui se précise. De la même façon que nous n'avons pas pu empêcher la diffusion des catéchismes avec l'invention de l'imprimerie ; de la même façon que nous n'avons pas su nous extraire de la fascination exercée par les images télé des bombardements sur Bagdad ; de la même façon, ils ne pourront pas arrêter la diffusion des informations sur Internet, surtout pas celles qui ne vont pas dans leur sens… quant à leur information, on ne la lira bientôt plus sauf pour la démentir.

L'occident occis, on n'a pas tout à perdre…




France - Des " virus " dans le corps social. Retour sur la contresubversion.

Lundi 1er juin 2009, par Louise Renard

La doctrine de la guerre révolutionnaire, spécialité française, ne subit-elle pas un regain d'actualité ? De l'ultragauche au sans-papiers, du chômeur à l'anti-hadopiste, du gréviste au schizophrène dangereux, les stigmatisations et dénonciations de groupes sociaux rappellent cette spécialité de la police et de l'armée françaises aussi appelée doctrine de la contresubversion.

Un climat de terreur latente

Si la doctrine de la guerre révolutionnaire est de retour, au moins à titre d'arme politique, cela signifie que l'ennemi intérieur, ou plutôt les ennemis intérieurs sont l'objet d'une seule et même campagne de création d'ennemis de la société [1]. Une campagne relayée et amplifiée par la caisse de résonance médiatique. Selon la doctrine de la guerre révolutionnaire, sur laquelle nous revenons plus bas, cette campagne aurait pour effet d'activer chez les groupes non stigmatisés un réflexe de non-identification et de non-solidarité avec les groupes stigmatisés, et, par suite, de recentrement autour du discours officiel. Des attaques multiples qui pourraient n'être qu'une tentative de terrorisation et d'orientation psychologique de la " majorité silencieuse ", victime d'une manipulation destinée à servir des enjeux d'une domination politique.

Le principe marche très bien à l'échelle d'une population : pourquoi dans le cas où l'on n'appartient à aucun des groupes stigmatisés se rapprocherait-on d'eux ou adopterait-on leurs idées, à moins de vouloir se confronter aux autorités, avec ses collègues bien-pensants ou avec… son boss ? C'est ainsi que certains salariés ont refusé l'étiquette de " rouges " et ne se sont pas déclarés grévistes lors des dernières manifestations nationales. Combien serait-on si chacun pouvait débrancher ce petit système de survie ? La suggestion marche de fait très bien, comme dans l'expérience de la goutte d'huile dans l'eau, au milieu du sel et du poivre - pour ceux qui ne connaissent pas l'expérience, l'huile sépare brutalement le sel et le poivre, qui s'en vont chacun sur un bord opposé de l'assiette. Chez les esprits bien pensants, le principe d'éloigner des groupes visés par la stigmatisation ou la répression, qu'elle soit policière ou médiatique, et, corrélativement, d'identification avec les groupes non visés, est une tendance inévitable.

Dans l'hypothèse où la surenchère sécuritaire reposerait sur une stratégie de contre subversion, les attaques répétées contre les " virus " du système politico-économique actuel auraient pour but de diffuser un sentiment de terreur et, corrélativement, de passivité, au moment même où les attaques du système démocratiques se multiplient et où le citoyen ressent qu'il a perdu le pouvoir de faire entendre ses exigences [2]. Cette perte de pouvoir est précisément ce qui doit être maintenu le plus longtemps possible dans l'ombre en limitant la propagation de l'esprit de révolte, en orchestrant la désignation d'ennemis intérieurs et la stabilisation de l'opinion. Nous verrons que cette stabilisation sert, dans le même temps, à légitimer le déploiement d'une architecture du contrôle et des choix sécuritaires en vue de la répression de tous les contre-pouvoirs émergents, autrement dit le maintien d'une politique de classes.

Retour
sur une doctrine de guerre

Au Festival des résistances et alternatives à Paris (FRAP), mi-mai, Mathieu Rigouste exposait à ses auditeurs ses recherches sur les techniques de la guerre révolutionnaire, à partir notamment des archives de l'Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN). En tant que spécialité qui a valu aux Français une réputation mondiale, la doctrine de la guerre révolutionnaire tire son origine d'expériences de guerres, en Indochine puis en Algérie. Ces expériences, incluant torture, disparitions forcées, infiltrations, recensement, maillage de la population, dénonciations, visaient d'une part à maîtriser l'adversaire et d'autre part à obtenir la collaboration de la population non révolutionnaire. Ces expériences furent rassemblées dans plusieurs documents au retour de la guerre d'Indochine.

La doctrine suppose que les " virus " subversifs - révolutionnaires, communistes, de libération nationale, etc. - mettent en danger la population d'une zone, ayant des effets nocifs sur son " unité " et pouvant aussi renverser l'opinion de la partie non atteinte de la population. Ces virus subversifs sont cachés au sein de la population, sans qu'on puisse séparer les citoyens inoffensifs des révolutionnaires. Ils sont logiquement organisés autour d'une OPA (organisation politico administrative). La mission de l'armée et des services de renseignement est alors de lutter contre ces virus en identifiant et en poursuivant l'OPA dans la population globale. Pour y parvenir, il est nécessaire d'influencer celle-ci, en la persuadant de son intérêt à ne pas cacher les subversifs, à s'en éloigner, ainsi qu'à collaborer et à dénoncer les membres de l'OPA.

Constituée entre 1953 et 1960, la doctrine a fait l'expertise des renseignements et de l'armée française à l'étranger, au point que d'autres pays sont venus se former en France à ce type de tactique urbaine. Elle a été interdite officiellement en France en 1961, mais cela n'a pas empêché Mai 1968 d'en être un nouveau terrain d'application. De plus, depuis les années 1970, quoique interdite, la doctrine a sans doute contribué à façonner la grille de lecture sécuritaire face aux populations immigrées, vécues comme vecteur intérieur d'une menace globale - islamisme, terrorisme, immigration clandestine, violences urbaines… - et a entraîné la mise en place du nouvel ordre sécuritaire sur une base identitaire. C'est l'avis de Mathieu Rigouste [3], pour qui le modèle matriciel issu des guerres coloniales a imprégné la vision des politiques de sécurité intérieure et les premiers dispositifs sécuritaires.

Au sein de l'IHEDN, qui n'est autre qu'un institut créé par Pétain pour former les cadres de la nation, Mathieu Rigouste indique que la doctrine a toujours eu ses défenseurs, qu'elle y reste discutée encore aujourd'hui et continue d'influencer une élite à la fois militaire, politique et médiatique par ses principes simples et efficaces. Or cette élite de l'IHEDN, qui est, pour un tiers, composée de cadres de l'armée, pour un tiers de magistrats et pour un tiers de personnalités du privé - patrons de l'audiovisuel et de la presse, du complexe militaro-industriel… -, est-elle toujours chargée ou tentée de transmettre les représentations des subversifs et la manière de les reconnaître dans le corps social ? La doctrine peut-elle s'étendre à de nouveaux ennemis, de plus en plus imaginaires ? Et dans quel but, sachant qu'une telle stratégie se double toujours d'enjeux de domination totale ?

Les " risques gris " et la multiplication des " ennemis intérieurs "

À ces questions il est tentant de répondre par une autre : pourquoi un pays dont c'est la spécialité, qui a plusieurs fois affirmé sa supériorité dans ces techniques, y compris en 1968, et dont l'élite (militaire, médiatique, etc.) continue à être en contact avec les principes très simples de la contre subversion, bref, pourquoi l'ordre établi se priverait-il d'une telle arme ? L'on n'abandonne pas une arme qui marche, qui plus est dans un pays dont c'est devenu la spécialité en matière d'ordre social…

Plus précisément, dans un rapport des RG de 2005, au moment où la police est confrontée aux émeutes urbaines dans les banlieues, les risques " sociaux " prennent le pas sur l'islamisme, qui formait jusqu'alors le principal ennemi potentiel. Il y a une inflexion dans la façon de considérer les facteurs de risques sociaux. Le rapport de RG généralise la cause des émeutes. Il s'agit d'un " risque gris " multiple, au sein des milieux populaires, par opposition aux milieux bourgeois. Tous les milieux populaires sont considérés comme des milieux à risques. À cette période, les discutants de l'IHEDN montrent qu'il ne semble pas y avoir de récupération gauchiste ni d'animation terroriste dans les émeutes et que ces mouvements sont avant tout " sociaux ", autrement dit sans véritable OPA - l'organisation politico administrative qui caractérisait le réseau subversif. Curieusement, après les émeutes, la police française a redoré son blason de spécialiste mondial dans les combats contre les risques intérieurs. Depuis, quoiqu'il ne s'agisse pas de rechercher la " tête " de réseaux de subversion - et peut-être à cause de ce côté flou des " risques sociaux " mal définis -, l'on voit sans cesse brandir des solutions de quadrillage technologico-sécuritaire du territoire, comme ces derniers jours autour des établissements scolaires.

Cependant, il ne peut être question d'étendre ces instruments de contrôle à tous les espaces publics et parfois privés - cf. l'incitation faite aux commerçants de s'équiper de caméras de sécurité - sans créer ou orchestrer des événements qui le légitimeront. C'est là que le principe psychologique de la contre subversion pourrait s'avérer efficace, pour légitimer ces installations en s'appuyant sur la construction d'ennemis intérieurs désignés. Ainsi, la croissance du nombre d'interpellations, de violences policières, de garde-à-vue prolongée, ainsi que de stigmatisations de plus en plus multiformes de groupes sociaux présentés comme subversifs pourraient servir la logique de domination globale d'une classe dirigeante de moins en moins " soucieuse " des libertés. Cette logique globale, au-delà des intérêts que l'on pourrait qualifier d'économiques - de relance économique par l'innovation sécuritaire, puisque la recherche et l'équipement technologique sécuritaire se trouvent de fait largement stimulés - est surtout porteuse d'une intention de maintien de l'ordre. Intimider, voire terroriser l'opinion, et par là aussi et surtout : convaincre une majorité d'adhérer au renforcement de tous les contrôles et de maintenir en place un pouvoir qu'elle serait tentée de désavouer s'il n'y avait pas ces ennemis intérieurs.

Dans les faits, les dispositifs sécuritaires conquièrent des espaces où ils n'auraient pas été tolérés un an plus tôt. Installations de caméras, fichiers de renseignements, portiques de détection des métaux, fouilles des élèves, descentes de police - vecteurs d'une " bonne insécurité " selon certains, après des descentes de prévention contre la drogue -, etc., gagnent tout le système éducatif. Dans la même logique antisubversive, il faut rappeler, fin 2008, un appel d'offres du ministère de l'Éducation pour la création de fichiers répertoriant les " leaders d'opinion " à l'université, analysant " leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau ". Ce système en place depuis 2006, de l'aveu du ministère, et digne des méthodes de renseignement les plus contre subversives augure mal de la façon de considérer le milieu universitaire. Il faut dire que depuis la loi Devaquet, en 1986, et à la suite des mouvements anti-CPE en 2006, le gouvernement a fort à faire avec la lucidité d'un milieu retors aux manipulations (sans parler des prises de conscience de cette année). De fait aussi, les lieux de la criminalité désignés comme tels se multiplient, avec une focalisation particulière, ces jours-ci encore, sur le système éducatif, après le coup de poignard d'un collégien sur une prof de maths qui l'avait puni ou l'agression d'une CPE dans les couloirs d'un collège. Des faits dramatiques surexploités et où l'on se hâte de légitimer la réponse sécuritaire par l'exemple du grand frère américain. Las, l'intelligence statistico-comparative a ses limites lorsqu'on n'oublie tant d'autres paramètres et que l'on fait l'impasse sur le bilan d'un pays en proie à une crise totale… Mais certains continuent, comme le fait le gouvernement, à se servir de l'argument d'autorité du grand frère américain. Quant aux offensives médiatiques, la liste serait longue. Quelques-unes parmi les plus visibles : en janvier 2009, le JDD titrait à propos des grévistes de Saint-Lazare : " SUD, le nouvel ennemi public ", au milieu d'une campagne médiatique générale analysée par Le Plan B dans son numéro de février-mars ; des colonnes entières sont consacrées aux saccages occasionnés en marge des manifestations - anti-OTAN, anti-G20, grèves nationales… -, dont certains sont visiblement entretenus par les services de sécurité ; quant au montage de l'" ultragauche " et de la " bande à Coupat ", référence aux années 1920 dont personne ne connaît plus rien, il est l'emblème du refus de laisser émerger des alternatives critiques (aux modes de production consommation actuels, etc.) et de voir étalés au grand jour les tabous de l'ordre établi. D'une manière générale, la presse a intérêt à relayer les attaques du gouvernement, à stabiliser l'opinion et à la maintenir éloignée des " subversifs ", faisant le jeu de la contre subversion en relayant les effets d'intimidation [4]. Il faudrait ajouter, parmi d'autres, la manipulation des chiffres sur la délinquance pour modifier les principes de la justice des mineurs, les attaques aux sans-papiers pour justifier des chasses à l'homme terrorisantes, la culpabilisation des associations d'aide aux sans logement (le DAL face à la justice) ou aux sans-papiers, l'organisation de la délation, etc. Face à ce qui pourrait être des applications médiatiques du principe de contre subversion, on ne peut omettre de mentionner la grippe A, diagnostiquée comme une pandémie dès les premiers cas et elle aussi en bonne place pour maintenir l'angoisse d'une pandémie mortelle à son maximum, laisser planer la perspective d'une loi martiale prochaine - comme au Mexique début mai, où elle a favorisé des interpellations. Une situation visiblement prévue depuis mi-2007, date où un programme d'éducation récemment évoqué par le président de France Télévisions a été conçu avec l'aide de France 5, afin de poursuivre l'éducation des jeunes par des modules télévisés, dans l'hypothèse où serait prononcée l'interdiction de sortir des chaumières.

À la différence de la guerre révolutionnaire, la figure de ces ennemis est entachée d'un flou général quant à leurs revendications. Cela rappelle le " risque gris " mentionné plus haut, et l'absence d'OPA dans un certain nombre de cas. En revanche, dès qu'un simili d'OPA se présente, il devient une cible directe. Un risque gris émergeant qui plonge ses racines dans la remise en cause de l'ordre établi, la lutte contre un État mafieux ou, comme on pourrait le dire à l'ancienne : la lutte des classes… Et cela au sein des milieux populaires, mais pas seulement - Coupat dans l'interview qui précède sa remise en liberté a cette phrase : " Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (citant Hegel)… C'est ainsi que sont visées toutes les voix discordantes qui ne servent pas la " planification " étatique en matière de développement industriel et social, les choix de l'innovation et de la croissance financière, toutes les voix discordantes qui luttent contre les choix sécuritaires et de contrôle, contre la régression du droit du travail et les choix de mise au pas du salariat par les grandes instances internationales, et enfin toutes les générations susceptibles d'apprendre et de repenser le monde autrement - d'où la focalisation sur les étudiants et la jeunesse. Tout cela doit être considéré comme des virus et il faut empêcher la collusion et le rapprochement du reste de la population avec eux, qui pense : " Plutôt ma sécurité que de moisir au poste 96 heures pour avoir barbouillé un panneau publicitaire "… (comme c'est arrivé récemment à des antipubs).

Ces " virus " peuplent les journaux, les postes de police ou les prisons, soumis à des procédures d'interpellation, de garde-à-vue et d'emprisonnement de moins en moins conformes au droit et à la justice. Les rapports récemment publiés d'Amnesty, de la LDH ou de la Commission de déontologie de la sécurité confirment la tendance, même s'ils font l'objet d'une médiatisation infime et que la classe politique s'en saisit très peu. Même, à un autre niveau, le bilan 2009 de la CNIL - qui comportait des critiques sur les atteintes au droit dans la loi Création et Internet - a subi un retard de publication jusqu'au dernier vote de la loi Hadopi afin de limiter sa médiatisation. C'est dire la transparence dans laquelle ces rapports sont publiés et accueillis par la classe politique. Sans doute les rapports sur la sécurité seront-ils eux aussi lettre morte au niveau politique, car les violences policières et les interpellations dites régulières sont, vis-à-vis des subversifs, la preuve renouvelée d'une stratégie de violence morale et d'une urgence de soumission générale de la société.

Ici, en temps de paix, les caméras, interpellations, fichiers, enregistrements divers valent pour le quadrillage des villes et les barrages filtrants dans la casbah d'Alger en pleine guerre d'Algérie. En temps de paix aussi, cette arme psychique qui consiste à faire grandir les peurs, sur fond de crise économique, s'avère être l'arme idéale pour faire admettre une politique d'inégalités contraire aux intérêts de la majorité.

L'ère de la manipulation

Voilà au final à quoi pourrait servir la multiplication des groupes stigmatisés et l'amplification du volume des attaques contre toutes sortes d'opposants :

1) Faire agir la séparation spontanée entre " ceux qui n'ont rien à se reprocher " et les personnages " dangereux pour la société " ;
2) Faire entrer en vigueur tous les dispositifs les plus impensés auparavant afin de préparer le contrôle de tous les espaces sociaux, voire privés ;
3) Maintenir un ordre de domination dont les intérêts sont classiques : la domination sans contre-pouvoir, avec de nouveaux instruments de l'ordre, y compris les techniques d'intimidation psychologique.

L'on peut considérer aujourd'hui que l'État et la classe dominante organisent la domination d'une manière technique, en abusant de leur statut officiel d'État et de dirigeants ou de professions influentes, par la dénonciation officielle d'ennemis de l'ordre intérieurs dont il s'agit d'éloigner le reste de la population. Il faut organiser la suspicion à l'égard des fauteurs de troubles afin qu'elle soit plus forte que la suspicion que peuvent engendrer le maillage des lieux d'existence par l'industrie sécuritaire ou le marketing, la destruction systématique des oppositions émergentes et les politiques d'inégalités. C'est en effet le seul biais qui s'offre à eux pour maintenir un simulacre d'adhésion. Et cela marche sur tous les esprits bien-pensants.Et si cela s'avérait ne pas être une technique de contre subversion - mais une logique auto générée par le système de gouvernementalité actuel, fondé sur des calculs de risques, et qui, selon une logique foucaldienne, génère de façon systématique des instruments d'analyse et de contrôle de ces risques pour installer ses pare-feux là où sont décelés des risques d'insécurité -, les conséquences psychologiques sont identiques : le témoin des coups de sang des ministres et des stigmatisations à l'emporte-pièce interprète que, s'il est un bon citoyen, il ne doit pas s'acoquiner ou collaborer avec les " rebelles ".

Inquiéter, terroriser ou empêcher les plus dociles de rejoindre le camp " rebelle " : cela marche sur tous les esprits bien-pensants à l'heure ou il semble que la pire des obscénités soit devenue l'exigence de liberté.

Louise Renard

Notes

[1] On pourrait ajouter d'autres axes, ils se multiplient tous les jours et convergent, sans réelles raisons, à former un ennemi global : ainsi, de l'anti-hadopiste (cf. le salarié de TF1 licencié) à l'anti-ogm, dont les premiers sont " criminels " vis-à-vis de l'industrie de la création, et dont les seconds pourraient un jour se voir accusés d'empêcher certains industriels de " nourrir l'humanité ", vu la tendance de la propagande pro-OGM à affirmer être une solution contre la faim dans le monde… Les axes seront sans doute innombrables dans quelque temps, ce qui, dans l'hypothèse de forger un ennemi global, peut avoir pour effet de faciliter la doctrine de la contre subversion, car les interpellations seront d'autant plus faciles que le chef d'accusation sera imaginaire.

[2] Emblématique de ce qu'est devenu le débat parlementaire : la campagne anti-hadopiste a montré à quel point l'Assemblée était vidée de sa fonction démocratique. Des députés de la majorité ont fait savoir en effet, entre les deux passages à l'Assemblée, tout leur mépris du processus démocratique (la loi passera, martèle l'un d'eux), avouant par là que les votes se réduisent toujours plus à une procédure formelle et que le travail parlementaire ne protège plus des effets d'une politique de domination.

[3] Cf. " L'ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine ", de Mathieu Rigouste. Consultable sur le site de l'éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr.

[4] La caisse de résonance médiatique partage une large responsabilité dans la diffusion de l'intimidation. L'effet psychologique joue d'autant mieux que la saturation d'informations empêche d'élaborer les faits et maintient l'opinion dans l'incapacité de s'interroger réellement sur ce qui s'est passé. La succession des messages semble court-circuiter les processus de réflexion. La diffusion de messages traumatisants oblige de plus chacun à brider sa sensibilité et à endommager la capacité de critique et d'engagement.






Jeudi 18 décembre 2008

De l'utilité du terrorisme dans nos démocraties (1)

http://omegalpha.over-blog.com/article-25937262.html

L'épisode rocambolesque de " l'attentat déjoué " (sic) Boulevard Hausmann nous donne ici l'occasion d'évoquer d'autres péripéties plus sombres survenues dans nos démocraties irréprochables. Des faits dramatiques qui illustrent les méthodes utilisées par l'Empire et ses alliés pour noyauter les sociétés européennes en utilisant le pratique paravent du " terrorisme " afin d'imposer ce nouvel ordre mondial. De quoi comprendre que le terrorisme que l'on prétend combattre avec ardeur aujourd'hui pour assurer la sécurité de tous, a souvent été utile à la cause impériale. Rien de mieux en effet pour tuer au sens littéral du terme, toute opposition. Rien de mieux pour apeurer la foule et lui faire accepter le pire, rien de mieux pour régler des comptes sans en avoir l'air. Bref, comme on le dit souvent et de manière cynique, le terrorisme devrait être déclaré d'utilité publique... Les commanditaires avérés des terroristes mercenaires portent souvent des cravates lorsqu'ils passent à la télévision.

Complètement farfelu ! C'est la première réaction que nous avons eu en découvrant le " vrai-faux " colis des toilettes bouchées du boulevard Haussmann qui s'est transformé au fil des heures et du crescendo médiatique, en une " bombe désamorcée " avant que les fidèles relais de la peur sur ordonnance osent carrément " l'attentat déjoué " sans craindre le ridicule absolu. On passera rapidement sur les incongruités de cette affaire et sur la légèreté coutumière des médias qui brodent du " sécuritaire " à la perfection et à l'unisson. Quid de la bombe ? De vieux bâtons de dynamite sans doute ramassés dans un chantier désaffecté ou dans un quelconque ouvrage de démolition avant d'être jetés précipitamment dans les sanitaires d'un magasin bondé en cette période festive. Aucun détonateur... Une lettre de revendication envoyée à l'AFP (lien Figaro partie " le climat ambiant ") comme au bon vieux temps avec tous les tics de langage repérables et une dialectique loufoque pour enrober le tout. On imagine en effet mal les rustres talibans afghans s'essayant à la prose marxisante en parlant de nos " grands magasins de capitaliste ", le tout avec un luxe de détails touchants (" magasin printemps homme haussmann ", " les toilettes chez la femme au 2eme étage "), sans oublier ce doute féroce qui taraude les novices qui craignent...de ne pas faire peur justement (" je vous assure que ce n'est pas un canular "). Canular est justement le mot de trop tout comme ces fautes d'orthographe intentionnelles pour apporter la touche exotique au propos vindicatif. Que dire du " Front Révolutionnaire Afghan " qui rejoint la galaxie encombrée des groupuscules aux noms baroques que l'on a vu fleurir en Irak à l'occasion des basses manœuvres de la contre-insurrection qui culmineront avec les exploits du bancal et gauche Zarquaoui (archives Omegalpha) ? Un vrai jeu de scrabble sémantique où il s'agit de mélanger avec plus ou moins de bonheur, les mots " mouvement ", " révolution ", " front ", " brigades ", " djihad ", " martyrs ", " islam ", " tigres ", " lions ", " commandos ", " prophète ", " armée ", " combattants ", " résistants " et tutti quanti. Un patchwork de la revendication terroriste aux combinaisons infinies ou presque. Quand on a une idée de la nébuleuse touffue des groupes militants au Pakistan et du nombre de milices talibanes et de chefs de guerre en Afghanistan, on peut légitiment s'interroger sur le fait que les " terroristes " de l'Opéra choisissent d'endosser une nouvelle identité de circonstance pour accomplir leur basse besogne... Une conclusion que partagent désormais officiellement les pontes de l'Intérieur si l'on en croit l'article paru dans Libération (liens Libération sur la piste jihadiste en doute et les incohérences du dossier).

Francis Lagneau : " ahh ahh ! Tu lui avais mis une bombe ! "

Boris Vassilief : " nonnnn il y a des imitateurs, des faussaires, des copieurs immondes.... " - dialogue extrait des Barbouzes (Michel Audiard)...

Que vient faire l'Afghanistan dans cette curieuse histoire (lien Libération) ? Bonne question...Il semble bien difficile d'apporter une réponse convaincante tant on pourrait se perdre en conjectures et en supputations alambiquées. On peut cependant émettre quelques hypothèses d'école puisque l'actualité regorge de cas similaires. Logiquement et au vu du timing (fêtes - magasins - consommation), on pourrait penser à une forme de chantage ou d'extorsion de fonds maquillée qui vise l'enseigne en question, à moins qu'il ne s'agisse tout bonnement d'une mesure de représailles d'un employé lésé. En instaurant un climat de peur et suspicion à la veille des fêtes de fin d'année (lien 20 Mn), le groupuscule (qui regroupe...l'unique grincheux) entend peser sur le chiffre d'affaires dans un contexte économique déjà morose. Classique entourloupe comme il en existe des dizaines (lien la lettre de sécurité intérieure), la dernière en date s'est déroulée en Allemagne, elle concernait un chantage...aux cornichons empoisonnés (Lien SFR). Le fait que personne ne connaisse ce " Front révolutionnaire afghan " s'apparente plutôt à une bonne nouvelle à notre sens contrairement aux analyses savantes distillées par les spécialistes dans la presse (lien 20 Mn).

Un message estampillé par Al Quaeda and Co aurait été bien plus problématique puisque ce groupe déclaré d'utilité publique sert à tout et à n'importe quoi et surtout à maquiller des opérations clandestines et le terrorisme d'état. Autre donnée importante à rappeler, les Talibans ont déjà menacé la France de manière plus " officielle " via un message diffusé par la chaine TV al-Arabiya (lien 20 Mn) il y a quelques semaines. Les filières " afghanes " de recrutement pour le djihad méritent effectivement d'être scrutées à la loupe et surveillées comme le lait sur le feu (lien Le Monde) car le danger pourrait venir de là avec des modes d'action autrement plus volcaniques que les quelques bâtons de dynamite échoués dans les toilettes au rayon " homme ". Notons également que cette affaire rocambolesque intervient dans un contexte social et politique tendu (fronde lycéenne, crise économique, affrontement parlementaire - liens) et que cette sorte de diversion de l'actualité a été immédiatement exploitée par nos ingénieux gouvernants pour occulter le précédent épisode de cafouillage " terroriste " (Tarnac) en faisant une fois de plus, un amalgame entre le terrorisme et l'extrême droite ou...gauche. Histoire aussi de faire oublier la piste allemande qui clignote dans ce dossier traficoté (liens Nouvel Obs - Libération) et de remettre le couvercle sécuritaire pour cuire à l'étouffée tout souffle de contestation à la sauce grecque.

L'envoi de nouveaux renforts au pays du pavot

La ministre de l'intérieur a donc saisi l'opportunité au vol (liens Marianne - Figaro) pour déployer de l'uniforme partout en espérant un effet dissuasif qui ratisse large. La matraque pour doper le pouvoir d'achat, il fallait y penser d'autant que Vigipirate et son climat ambiant de paranoïa douchent bien des ardeurs et tempèrent l'acrimonie générale en attendant la prochaine diversion concoctée par nos spin doctors locaux surpayés (liens Figaro sur le déploiement et le budget com de l'Élysée). Et puis, cette épice afghane qui saupoudre régulièrement l'actualité en donnant parfois des sueurs froides au citoyen lambda, ce n'est pas si mauvais in fine doivent penser nos intrigants. L'annonce de l'envoi de nouveaux renforts au pays du pavot (lien blog Libération secret défense) se fera sur l'air de " mieux vaut cantonner le mal à des milliers de kilomètres " à grands renforts de " pour notre sécurité " et pour " combattre les barbares chez eux " avec des trémolos guerriers dans la voix. Comme si l'envoi d'un contingent pouvait empêcher un manipulé ou embrigadé de se faire exploser dans la foule... Nous reviendrons sur le volet afghan dans une prochaine livraison car ce qui s'y passe conditionnera les prochaines années de la gouvernance Obama et de celle de ses vassaux. Notons juste que ce renforcement de la présence des troupes françaises répond servilement au chantage hallucinant du secrétaire à la défense US Robert Gates (OTAN de Sarkozy - 2 b - Omegalpha) et qu'il obéit de facto aux injonctions faites récemment par la nouvelle administration Obama. Les hommes passent et l'alignement misérable reste... Le grand leader européen vendu par les médias est un serviteur obéissant, rien d'autre.

Revenons si vous le voulez bien sur l'épisode du Boulevard Haussmann pour étayer notre propos et élargir un peu la perspective. Certes, il ne s'agit pas d'un véritable attentat mais bien d'un pétard javellisé. Cependant, cela aurait pu en être tout autrement puisque la " stratégie de la tension " (lien Wiki - partie Haute Tension) reste l'un des ressorts cachés et honteux de nos démocraties occidentales pour manipuler habilement l'opinion publique sous couvert de terrorisme exotique. Une manœuvre sournoise qui vise souvent à faire avancer le pion sécuritaire, à jeter l'opprobre sur un camp opposé ou à éliminer les gêneurs en portant des gants pour éviter les empreintes compromettantes. Terrorisme et état " démocratique " la main dans la main ? Quelques bribes d'histoire récente pour dire que l'impensable pour le commun des mortels est monnaie courante sous la férule impériale dans nos belles contrées civilisées...

Le " comité clandestin allié "

On pense bien sûr au réseau Gladio : " Gladio (Glaive en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, cette structure clandestine de l'OTAN créée après la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d'invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom l'ensemble des armées secrètes européennes, dont l'existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti. (...). Le Premier ministre italien Giulio Andreotti a cependant confirmé qu'en 1964 les renseignements militaires italiens avaient rejoint le " comité clandestin allié " dont les États-Unis, la France, la Belgique, la Grèce faisaient notamment partie " (lien Wiki). Comité clandestin ? Armées secrètes européennes pilotées par l'OTAN et la CIA ? À quelle fin puisque la menace soviétique n'a jamais été effective ? C'est là que l'on retrouve nos amis " néoconservateurs " et autres " faucons " atlantistes nichés au sein même des gouvernements européens comme un cheval de Troie, de véritables " taupes " qui creusent leur sillon pour faire avancer la marche irrésistible de l'Empire en dévorant de l'intérieur les institutions et les sociétés du vieux continent.

En France, le mouvement fasciste " Occident " (lien Wiki) a sans doute fourni de précieuses recrues à la cause impériale que symbolise le réseau clandestin Gladio au vu de ses "sources" d'inspiration. Sa devise ? " Tuez les communistes partout où ils se trouvent ! ". Contre la démocratie (" Le gouvernement du peuple, pour le peuple, et par la vinasse ", une citation de Céline reprise comme une antienne), ouvertement raciste, se référant à l'écrivain collabo Robert Brasillach pour l'idéologie, ce mouvement a connu un bel avenir politique puisque de nombreux adhérents de l'époque du coup de poing contre les " cocos ", occupent des places de choix dans le gouvernement Sarkozy ou dans la sphère médiatico-politique attenante. On citera quelques noms : François d'Orcival (éditorialiste au Figaro, administrateur de la Revue des Deux Mondes, ancien patron du syndicat professionnel de la presse magazine et d'opinion), Didier Shuller, Gérard Longuet, Hervé Novelli (secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services), Patrick Devedjian (nouvellement promu ministre de la relance, président du conseil général des Hauts-de-Seine et ancien secrétaire général de l'UMP). Très proche du mouvement, on ajoutera au panier si bien garni, Claude Goasguen (député UMP, maire du 16e arrondissement de Paris, président des Réformateurs de Paris, président du groupe d'amitié France-Israël et France-Vietnam, etc.). Que de beau monde n'est-ce pas et quelle belle reconversion pour les fâcheux !

Italie : plus de 600 attentats, 362 morts et 172 blessés...

C'est en Italie pourtant que le réseau Gladio accomplira son grand œuvre de déstabilisation intérieure en poussant au paroxysme cette stratégie de la tension propice aux manigances impériales (liens Voltaire - Wiki/ L'express " les années de plomb "). " Selon un rapport parlementaire italien de 2000 de la coalition de centre-gauche " L'Olivier ", Gladio aurait favorisé en Italie une stratégie de la tension, avec l'aide de la loge maçonnique P2, dirigée par Licio Gelli, destinée à " empêcher le PCI (parti communisme italien) et, dans une moindre mesure, le PSI (parti socialiste italien), à accéder au pouvoir exécutif ". Perpétré par le second groupe des Brigades rouges (les fondateurs étaient alors en prison), l'assassinat du leader de la Démocratie Chrétienne (DC), Aldo Moro, en mai 1978, a mis fin à tout espoir d'un compromis historique entre la DC et le PCI. De 1969 à 1980, plus de 600 attentats (4 sur 5 étant attribués aux organisations clandestines d'extrême droite pendant les "Années de plomb") ont fait en Italie 362 morts et 172 blessés " (lien Wiki Gladio). Ainsi les Brigades Rouges (groupe terroriste classé...à gauche politiquement) ont été manipulées pour servir les intérêts atlantistes en assassinant Aldo Moro qui voulait pourtant...unifier la gauche italienne. Le terrorisme est parfois utile et souvent complexe et les apparences s'avèrent trompeuses... Loge maçonnique P2 ? " De fait, sur la liste des " piduistes " (membres de P2) découverte au début des années 1980, plusieurs membres de la junte de Jorge Videla y étaient cités, entre autres José Lopez Rega, le fondateur de la " Triple A " (" Alliance anticommuniste argentine "), responsable du massacre de l'aéroport d'Ezeiza, lorsque des snipers tirèrent sur la foule de jeunes péronistes de gauche, enclenchant la scission entre la gauche péroniste et la droite péroniste. (lien Wiki). Même méthode pour un résultat identique : diviser pour régner en utilisant les pires procédés.

Voilà une loge où l'on trouve également du beau linge : " La liste des membres de P2, découverte en 1981 dans une villa de Licio Gelli, comptait de nombreuses personnalités, dont l'intégralité des chefs des différents services secrets italiens (SISMI, etc.), de nombreux politiques (dont Silvio Berlusconi, condamné pour parjure pour avoir nié son appartenance mais qui a depuis bénéficié de prescription), des journalistes, des magistrats, le banquier Roberto Calvi, le mafieux Michele Sindona, José Lopez Rega, le fondateur argentin de la " Triple A ", etc (...) " (même lien Wiki). Pour parfaire le tableau où l'on croise des mafieux, des magistrats, des journalistes, des politiques, les services secrets, l'OTAN, des banquiers et autres personnalités, ajoutons le Vatican qui grenouille allègrement dans ce panier de crabes (lien Amnistia). Les groupes terroristes infiltrés ou retournés servent dans cet écheveau complexe de bras armé clandestin et de couverture idéale pour accomplir les sales besognes et semer la terreur. Voilà l'envers du décor " démocratique " qui doit interpeller chacun de nous lorsque l'on entendra à nouveau et sous peu, le refrain lancinant des médias à propos de la formidable lutte de nos gouvernements contre le terrorisme et la mafia, lorsque l'on écoutera béatement les pontifiants baratins des plus hautes autorités religieuses à propos de la morale et du reste, lorsque les journalistes et magistrats vous vendront des articles et des lois pour lutter contre le crime et l'insécurité et surtout, lorsque nos politiques oseront aboyer de la " tolérance zéro " de manière compulsive au prochain fait divers émotif.... Une imposture institutionnelle, du cirque, du camouflage...

(A suivre...)

De l'utilité du terrorisme dans nos démocraties (2)

Samedi 20 décembre 2008

De l'utilité du terrorisme dans nos démocraties (2)

http://omegalpha.over-blog.com/article-25979944.html

Second volet de notre série consacrée à ce "terrorisme" qui masque bien trop souvent des trafics honteux, des tentatives de déstabilisation, des méthodes inavouables, des histoires de valises et de commissions, le côté sombre de nos "démocraties" en fait. Ce qui n'empêche aucunement nos gouvernements de se servir de la lutte contre le terrorisme pour terroriser...leur propre population sous couvert d'hystérie sécuritaire. Tout est une question d'opportunité finalement...

1ere partie : De l'utilité du terrorisme dans nos démocraties (1)

(Suite) L'Italie noyautée de l'intérieur, un cas isolé ? Même pas ! Souvenez-vous que notre voisin transalpin avait rejoint le " comité clandestin allié " qui comprenait déjà les États-Unis, la France, la Belgique et la Grèce (liens Voltaire - Libertés & internet, revue Def nat). Prenons au hasard la Grèce qui a connu un épisode typique dans la stratégie impériale : l'installation d'une junte militaire en 1967, soit le règne de la " dictature des colonels " suite à un coup d'état. Un modèle impérial breveté qui fera un malheur (dans tous les sens du terme) en Amérique du Sud. La dictature des colonels ? " Pour conserver et consolider leur pouvoir, les colonels cherchèrent à éliminer toute forme d'opposition et de contestation. Dès le coup d'État, des personnalités politiques, principalement de gauche, mais aussi des libéraux et de simples défenseurs des droits de l'homme, furent persécutés. (...) Les opposants politiques étaient mis en résidence surveillée, emprisonnés, déportés sur des îles désertes de l'Égée mais aussi parfois torturés. Des gouvernements plus ou moins fantoches se succédèrent afin de laisser croire qu'une vie politique continuait à exister " (Lien Wiki). Un vrai résumé de l'Empire et de sa manière d'agir : bruits de bottes, imposture, tortures et forfaiture. Voilà le type de démocratie impériale que les pays hors de la galaxie atlantiste doivent absolument ingurgiter, de gré ou de force. La méthode a évolué depuis, il y a désormais des " révolutions " colorées et mises en scène par des ONG...sponsorisées par la CIA. Pour ce qui est de la " diplomatie publique " (traduction de la novlangue : propagande), l'OSI (Office for the Strategic Influence) et ses excroissances nombreuses se chargent de rémunérer les intellectuels, les analystes, les politiques et les journalistes locaux pour nous expliquer que tout ceci est une bénédiction pour tous et que l'Empire est notre seul salut... Et cela fonctionne...même en France...

Revenons à notre Gladio un instant pour parler d'un pays voisin et ami, la Belgique...La Belgique et ce réseau clandestin de l'OTAN responsable de terrorisme non revendiqué (lien Mondialisation) ? Les tueries du Brabant ! De septembre 1982 et décembre 1983, munis d'armes de guerre, les membres d'un mystérieux groupe attaquent cinq supermarchés, deux auberges, une usine et une bijouterie, tuant au passage douze personnes (lien Wiki). Les tueurs du Brabant venaient d'entrer en action avec une violence inouïe, n'hésitant pas à attendre l'arrivée des forces de l'ordre pour mitrailler encore et faire plus de dégâts...psychologiques dans l'opinion publique. Fin 1985, les attaques reprennent : deux grandes surfaces sont prises pour cible, les tueurs tirent sur les clients et font 8 morts. Leur butin ? Quelques kilos de café volé et quelques dérisoires billets. Après ce nouveau carnage, le commando sanguinaire disparait définitivement dans la nature... Pour ajouter à la confusion régnante, les Cellules communistes combattantes (CCC - un mouvement inconnu jusque là), commettent pendant la même période une trentaine d'attentats avant d'être mis hors d'état de nuire. Personne ne sait qui a activé en même temps ou presque les deux cellules en jouant habilement sur les motivations idéologiques des unes et des autres mais le pays se trouve bel et bien au bord du K.O, les parachutistes patrouillent dans les rues, la peur s'installe. Sale ambiance.

Les méthodes employées par les tueurs de Brabant sont celles des commandos militaires

Les CCC ? Proches de Fraction armée rouge (RAF - Allemagne) et du groupe français Action directe que l'on rencontrera un peu plus tard dans le récit, les révolutionnaires communistes d'obédience anarchiste et marxiste apparaissent comme des idéologues qui ont basculé dans la lutte armée et le terrorisme. Des militants purs et durs qui se sont attaqués à divers symboles de la présence américaine et de l'OTAN...au moment où la majorité des Belges refusait l'installation de missiles à tête nucléaire US voulue par Reagan. Après l'arrestation des principaux leaders accusés de meurtres (la police avait " oublié " de transmettre l'info du colis piégé déposé au siège de la FEB - fédération patronale belge, les CCC prévenaient systématiquement les autorités pour éviter de faire couler du sang), la cellule se délite doucettement. Le groupe, en voie de normalisation dans le jeu politique, dispose désormais d'un site internet qui fait office de vitrine légale (lien). Mais que dire de ces Tueurs du Brabant évaporés dans la nature après avoir semé la terreur et l'horreur ? Ils semblent avoir répondu à leur manière aux CCC sans que l'on sache qui donnait le tempo. De toute façon, dès qu'il s'agit des tueurs du Brabant, le mystère s'épaissit, les masques se baissent et d'épais rideaux de fumée empêchent toute visibilité. Seule vraie certitude : les méthodes employées par ces tueurs implacables sont bien celles des commandos, celles des unités délite de l'armée ou de la gendarmerie (matériel, sang-froid, timing, cartes topographiques, etc.). Les enquêteurs supposent des complicités sans les cerner vraiment, ils subodorent des familiarités avec certains corps qui composent les forces de l'ordre belges sans preuves réelles, ils devinent quelques pistes qui conduisent directement à l'extrême droite et aux cercles atlantistes. Rien de concret pourtant dans le dossier toujours ouvert.

Juste des faits troublants : l'entrée en scène des tueurs du Brabant semble parfaitement orchestrée... Le gouvernement constitué de libéraux et de socio-chrétiens (1981-1985) dirige le pays en conduisant une politique d'austérité dans le plat pays quand le cauchemar débute : " des individus d'extrême droite incendient les locaux de Pour (voir article l'enquête impossible, partie A titre indicatif, NDA), un hebdomadaire de gauche ; les activistes d'une milice néonazie, le Westland New Post, dérobent des télex de l'Otan classés top secret; des gendarmes sont la cible d'attentats à l'explosif. Et, le 14 août 1982, des malfaiteurs cambriolent une épicerie à Maubeuge, ville française proche de la frontière " (Lien Le Monde Diplomatique). Dans quel but agissent ces chevaliers belges de l'apocalypse ? Des tueurs fous et " masqués qui tirent sur tout ce qui bouge, adultes et enfants, qui vident les caisses, rebroussent chemin et sèment les policiers qui les prennent en chasse ". " Quelqu'un, dans l'ombre, a-t-il joué à fabriquer et à manipuler des pistoleros d'extrême gauche comme de droite pour provoquer un renforcement de l'appareil répressif de l'État qui abrite, après tout, les institutions européennes, l'Otan et le Shape (Supreme Headquarters Allied Powers Europe) ? " s'interroge Claude Michaux, avocat général près la cour d'appel de Mons, qui supervise la CBW (Cellule du Brabant wallon qui s'occupe de l'enquête). Il précise tout de même sa pensée : " Nous vivions dans un contexte de guerre froide. Et la politique de Ronald Reagan était de muscler l'Occident face au "péril rouge". Or l'opinion publique en général et nos responsables politiques en particulier avaient tendance à considérer que "chez nous tout va bien, aucun danger". On a peut-être voulu prouver le contraire en affinant la méthode employée dans la péninsule italienne, où l'on sait aujourd'hui que les terroristes d'extrême droite, par exemple, étaient manipulés par les services secrets. (...) On ne trouvera peut-être jamais la réponse. Les auteurs des faits ayant peut-être eux-mêmes été supprimés. " (même Lien Monde Diplomatique, voir également lien Wiki).

Le Gladio et l'opération Condor ont servi de répétition générale

L'ombre du Gladio plane sur cette trouble affaire tout comme un sinistre condor planait sur Amérique du Sud (lien Wiki sur l'opération du même nom)... La stratégie de la tension initiée par les faucons atlantistes et le complexe militaro-industriel fasciste avec ses attentats, sa déstabilisation, ses enlèvements d'opposants et la torture systématique, ressemble diablement à une répétition générale pour tester la méthode la plus productive pour l'Empire. Un test apparemment concluant puisque le 11 septembre 2001 et la campagne irakienne enclenchée dans la foulée donneront... Al Quaeda, les enlèvements et vols secrets de la CIA avec la complicité de l'Europe, Guantanamo, Abou Graib (Irak), la tristement célèbre prison de Bagram (Afghanistan), les geôles clandestines dans les pays alliés du Moyen-Orient et du Maghreb, les multiples attentats à la voiture piégée au Liban systématiquement attribués à la Syrie, les terroristes palestiniens du Fatah Al Islam instrumentalisés (Liban - voir lien Wiki), les attentats de l'hôtel Marriot (Pakistan - lien Voltaire) et de Mumbai (Inde - Liens Agoravox - Mondialisation)...

On aurait pu ajouter à cette sombre liste les révélations du Sunday Herald (Ecosse - lien Indymedia) qui nous apprenait qu'un agent double des SAS (services action britanniques) se trouvait directement impliqué dans l'effroyable attentat d'Omagh (15 août 1998) commis par une branche de l'IRA, un carnage qui fit 29 morts et 229 blessés (lien Wiki). On aurait pu aussi bien évoquer l'anthrax post 11 septembre d'Al Quaeda d'origine...militaire et estampillé " Made in US laboratory ". Un virulent poison envoyé aux élus démocrates et aux éditorialistes qui fustigeaient la mise en place en urgence du " liberticide Patriot Act " (liens Voltaire - Wiki). Ou même le mythique Zarquaoui et ses sanglantes boucheries en Irak. Les attentats perpétrés par son groupe (affilié à Al Quaeda, cherchez l'erreur ou la solution...) étaient tous plus horribles les uns que les autres d'autant qu'ils visaient essentiellement la population irakienne. Une manœuvre de contre-terrorisme terrifiante initiée par le Pentagone pour saper la résistance des insurgés locaux et délégitimer leur combat aux yeux de la population exsangue (lien Mondialisation). On aurait pu évoquer également des agents spéciaux britanniques arrêtés à Bassorah (Irak) le 19 septembre 2005. Déguisés en bédouins, le coffre de leur voiture bourré d'explosifs, ils s'apprêtaient sans doute à commettre une horreur à porter au crédit de l'ennemi du moment (milices chiites).

Le masque du terrorisme pour leurrer l'opinion publique

Voici à présent un autre cas de terrorisme et de manipulation à la clef qui nous a directement concernés. L' " affaire Eurodif " nous ramène en effet en France et du côté d'un autre mouvement terroriste, Action directe... Eurodif ? Il s'agit de " European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium ", une usine de traitement de l'uranium implantée dans le site de Tricastin (Drôme). Le consortium assure près d'un quart de la production mondiale d'uranium enrichi mais son nom reste surtout associé à l'assassinat du PDG de Renault George Besse (17 novembre 1986) par les membres d'un commando d'Action directe. Le PDG d'un groupe industriel d'envergure assassiné par des terroristes de l'ultragauche, il y a une certaine logique morbide mais la feuille cache encore la forêt... Derrière le sordide forfait se profile une autre réalité qui donne un éclairage sur la guerre souterraine que l'on affuble souvent du masque du terrorisme pour leurrer l'opinion publique. Déroulons la pelote ensanglantée avec patience...

Fondé en 1973, Eurodif est une coentreprise qui comprenait cinq pays, la France, la Belgique, l'Italie, l'Espagne et la Suède avant que cette dernière ne se retire. Un manque à gagner et une part qui fait défaut dans la trésorerie. C'est Jacques Chirac qui se charge de convaincre...l'Iran de remplacer au pied levé la Suède lors d'un voyage officiel à Téhéran en décembre l'année suivante (1974). Le Shah d'Iran, Reza Shah Pahlavi accède à la demande pressante de fonds et octroie un prêt d'un milliard de dollars en échange du droit d'acheter 10 % de l'uranium enrichi pour alimenter les deux centrales nucléaires qui devaient être fournies également... Nous parlons bien du même Iran qu'Israël et les USA menacent nuit et jour de bombardement atomique pour cause de programme nucléaire civil...

Pour mémoire, le Shah d'Iran a accédé au pouvoir après la chute du tout puissant premier ministre Mohammad Mossadegh en 1953 qui avait eu l'outrecuidance de ...nationaliser le pétrole iranien. L'opération baptisée " Ajax " (lien Wiki), menée conjointement par les services américains et britanniques, avait donc fait place nette pour installer un pantin plus docile secondé d'une redoutable police secrète, la fameuse Savak cornaquée par la CIA et le Mossad. En 1979, le Shah d'Iran est renversé à son tour par la Révolution islamique. Les Mollahs, une fois parvenus au pouvoir, décident de suspendre la participation iranienne au consortium en réclamant le remboursement du prêt et la livraison des 10% d'uranium prévue par les accords signés. Refus catégorique de Paris. En représailles selon des sources convergentes (lien Wiki - Eurodif), des attentats ensanglantent la capitale quelques années plus tard (liste attentats - Wiki). Des actions attribuées aux Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) de Georges Ibrahim Abdallah. Le 17 novembre 1986, George Besse est assassiné par Action directe, il était le fondateur...d'Eurodif. Au Liban, les journalistes Jean-Paul Kauffmann et Michel Seurat sont pris en otage par le Hezbollah, un parti proche de l'Iran... Autant de faits terroristes perpétrés par divers groupes hétéroclites qui visent à un même objectif : faire pression sur Paris pour faire avancer les négociations. Voilà un des visages du terrorisme dévoilé : la sous-traitance des basses besognes, un mercenariat sordide à peine habillé des oripeaux d'une vague idéologie révolutionnaire.

Comme le souligne le Dauphiné libéré, " les diplomates Marcel Carton et Marcel Fontaine, le journaliste Jean-Paul Kauffman retenus plus de 3 ans en otage au Liban, les attentats meurtriers de la Fnac, du Pub Renault, l'assassinat de Georges Besse, patron du nucléaire français et hostile aux négociations avec l'Iran, et d'autres encore, ont payé, dans les années 1980, le prix du contentieux Eurodif. " (lien Wiki Eurodif). En 1991, un accord secret est enfin conclu entre la France et L'Iran pour régler le litige. Fin de l'histoire.

L'attentat de Karachi, une histoire de commissions...

Que conclure de cet épisode tragique sinon que le terrorisme sert parfois à apurer les comptes et à régler des litiges en cours. Une bombe et un carnage font passer bien des douloureux messages sous la surface des choses. Les évidences ne veulent rien dire, tout se passe dans les bas-fonds où grouillent les services et leurs guerres clandestines. Un autre exemple signifiant et beaucoup plus récent pour se faire une idée ? L'attentat de Karachi (Pakistan), le 8 mai 2002. Ce matin-là, un kamikaze jette sa voiture bourrée d'explosifs sur un bus qui transportait des ouvriers et techniciens français débarqués de Cherbourg (DCN- Direction des Constructions Navales). Bilan : 11 français tués qui participaient à la construction d'un sous-marin en vertu d'un accord passé entre les deux nations (contrat Agosta). Un attentat attribué à Al Quaeda bien sûr selon les médias si prompts à vendre la vérité officielle ! Sauf qu'un rapport secret (baptisé Nautilus) a montré le bout de son périscope. Il laisse entrevoir une autre réalité plus prosaïque... La " signature " de l'attentat pose déjà problème puisqu'il s'agit ici d'un explosif utilisé par...l'armée pakistanaise. Sauf que l'énorme contrat d'armement de 5,4 milliards de francs (825 millions d'euros) comportait des clauses peu avouables qui mettent en cause le personnel politique des deux pays concernés... " Le contrat Agosta incluait une disposition très particulière et soigneusement camouflée : 85 % des commissions devaient être versés aux intermédiaires dans l'année suivant la signature de la vente des sous-marins. Ainsi, au moment du feu rouge de l'Elysée, l'équivalent de 28 millions d'euros avait déjà été transféré via deux banques suisses, sur les comptes de sociétés écrans panaméennes " révèle Le Point (Lien). Sur fond de guerre secrète entre le clan Balladur et le clan Chirac pour capter ou bloquer le pactole secret (rétro-commissions), des intermédiaires proches du pouvoir pakistanais de l'époque (le clan Bhutto et en particulier, Ali Zardari actuellement au pouvoir) se sont sentis lésés dans l'affaire et l'ont fait savoir plutôt bruyamment si l'on comprend bien. Un pauvre séide manipulé a actionné la charge contre les mécréants occidentaux sans jamais imaginer qu'il s'agissait de business et de règlements de comptes entre mafieux à cravates...

Absurde martyr.

" Un intéressement de 4 % sur le prix des sous-marins (soit 33 millions d'euros) leur était promis (...) Ils s'étaient rendus à Islamabad avec le conseiller spécial du ministre, Renaud Donnedieu de Vabres, qui avait dans son entourage la haute main sur les affaires sensibles. Ils étaient en outre impliqués, à la même époque, dans la répartition des commissions sur un autre contrat sensible de la DCN : le projet " Sawari II "- la vente de frégates à l'Arabie saoudite, pour 3 milliards d'euros. " (même lien Le Point). Voilà quelques précisions utiles qui nous rappellent grandement un autre scandale enterré sous le sceau du " secret défense ", celui des " Frégates de Taiwan " avec sa ribambelle de morts suspectes, d'hommes politiques impliqués et de financements occultes via des paradis fiscaux (lien Wiki). Nous voilà revenus dans les marécages fangeux où se vautrent les loges maçonniques, une partie de la sphère politique, la mafia, le trafic d'armes, les terroristes, les services secrets et autres joyeux amateurs de bain de boue. Seule consigne pour tous les invités : le silence. Vous avez entendu parler de l'affaire de l'Angolagate qui se juge en ce moment ? Peu ou pas sans doute. Quelle curieuse non-couverture médiatique d'autant qu'il y a aussi du beau monde à la barre... (lien Wiki). À la lecture du billet de Paul Moreira sur le sujet, on comprend un peu mieux la " pudeur " de ses sémillants et courageux confrères (Lien). Il y a bien trop de " parrains " politiques impliqués dans cette sale affaire et les protections et autres alliances claniques remontent beaucoup trop haut. Dormez braves gens tout comme les centaines de milliers de mines enfouies dans le sol angolais qui sommeillent d'un œil seulement en attendant le pas léger d'un enfant ou la lasse marche d'un paysan.

Alors ? Al Quaeda, terrorisme, fous de Dieu, islamistes...ou affairisme, corruption, prévarication, magouilles, fascisme et mafia politique et militaire à la mode impériale ? Nous voilà loin des fronts révolutionnaires, des commandos martyrs, des brigades islamiques et des armées du peuple mais bien proche du tiroir-caisse, des valises de billets, des campagnes politiques, de la prévarication, des sociétés secrètes, des multinationales et du fascisme camouflé derrière les inepties sémantiques du genre " Empire du bien " et " choc des civilisations ". Les évidences trop simples masquent effectivement une réalité plus crue, plus sordide et impitoyable. Les bombes tuent assurément et les revendications fantaisistes fleurissent aussitôt comme des chrysanthèmes pour faire flotter un parfum de diversion (" false-flag " - lien Wiki). Les coupables sont montrés du doigt expressément et désignés à la vindicte populaire, tout le système s'agite, remue en surface, fait de grands discours et proclame des mesures d'urgence et des lois d'exception (Patriot act, Lois Sarkozy, etc.)...qui n'ont pour seule efficacité que de restreindre encore plus les libertés des citoyens pris entre le marteau et l'enclume. Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud. À la stratégie de la tension répond toujours une politique sécuritaire qui vise à faire peur, à faire taire et à surveiller ceux qui pourraient démasquer l'imposture en cours et le coup d'état permanent qui se joue sous nos yeux depuis trop longtemps clos.

C'est très exactement ce que chuchotait Stanley Kubrick dans son film testament. Eyes Wide Shut (liens)... L'envers du décor est terrifiant.



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« BLOCAGE » OU DÉBLOCAGE EN PALESTINE OCCUPÉE ?

29 août 2010 par Reprise d’article. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4692

(Polémique entre Pierre-Yves Salingue et Dominique Vidal) par Robert Bibeau

La polémique

La polémique fait rage entre Pierre-Yves Salingue militant pro palestinien et Dominique Vidal de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) (1) à propos de la situation en Palestine occupée et l’amorce de « négociations » entre d’une part – non pas le peuple palestinien ou ses représentants – mais bien l’Autorité palestinienne et l’État sioniste (2).

Dans une réponse aux accusations de P-Y Salingue (3) monsieur Dominique Vidal affirme : « toute la démarche de l’AFPS consiste à souligner que la responsabilité essentielle dans la solution du problème palestinien revient aux acteurs internationaux, au premier rang desquels les États-Unis et l’Union européenne. » (4). Monsieur Vidal en appelle ainsi aux responsables – aux acteurs internationaux – afin qu’ils se rendent compte de leur négligence ou de leur aveuglement, se ressaisissent et qu’ils changent d’attitude.

Monsieur Vidal a-t-il songé que « cette responsabilité essentielle des acteurs internationaux » ne tient pas de la négligence mais de la collusion ? Faire appel aux fauteurs de guerre pour raisonner leur agent local – le sionisme israélien – pendant sa mission spéciale de colonisation en Palestine occupée, est-ce vraiment la meilleure tactique de « déblocage » qui se puisse imaginer ?

Passons sur le peu de cas que Monsieur Vidal fait de l’opinion et de l’action des acteurs locaux – sionistes israéliens – peuple Israélien et peuple Palestinien, nous pouvons tout de même lui faire remarquer qu’il n’y a pas d’un côté l’État sioniste et de l’autre l’impérialisme américain, lequel pourrait – ou devrait – jouer le rôle d’arbitre impartial. Tout cela n’est que mystification et fumisterie. L’un est l’agent de l’autre et c’est le commandant qui ordonne à l’agent jamais l’inverse. Mal positionné ce commandant pour critiquer son agent d’avoir fait le travail qu’il lui avait commandé !

Plus loin dans son article Dominique Vidal revient à la charge, s’appuyant sur cette première fumisterie politique il avance une seconde mystification : « Car nous partons du constat du blocage total sur le terrain, du fait de la politique du gouvernement israélien, le plus extrémiste que ce pays ait connu. ».

Vous aurez noté que Monsieur Vidal affirme d’une part qu’il y a « blocage », et que d’autre part ce « blocage » est dû au gouvernement israélien « le plus extrémiste que ce pays ait connu ». Premièrement, à quel « blocage » fait-on référence ici ? Deuxièmement, doit-on rappeler à Dominique Vidal que tous les gouvernements israéliens depuis Ben Gourion jusqu’à Benjamin Netanyahu ont toujours « bloqué » la situation en Palestine (5). Depuis 62 ans jamais aucune négociation de paix n’a aboutit à la paix et jamais aucun pourparler de libération n’a libéré la Palestine de l’occupation, de la colonisation et du nettoyage ethnique ?

En effet, Israël est une créature de l’impérialisme et un État colonial d’occupation qui est né de l’expropriation et de l’occupation des terres arabes de Palestine, telle est la source du « blocage », et tant que cet État sioniste et raciste s’entêtera à occuper ces terres arabes il y aura « blocage » avec ceux qui refusent cet état de fait, ceux qui rejettent ce fait qui se voudrait accompli et irrémédiable et qui ne l’est pas du tout puisque la résistance a décidé de faire reculer l’histoire et de refaire par la force des armes et par d’autres formes de résistance (BDS, résistance économique et résistance pacifique (6), le trajet vers la constitution d’un seul État libre, démocratique, sans apartheid, couvrant l’ensemble du territoire du mandat britannique (7).

Les divisions palestiniennes

Comme le souligne Dominique Vidal, le fait est que : « la division profonde du mouvement national palestinien entre le Fatah et le Hamas, l’un et l’autre en situation d’échec stratégique : la ligne politico diplomatique du premier n’a pas débouché sur l’État promis, la lutte armée menée un temps par l’autre n’a pas non plus libéré la Palestine. ». L’objectif d’un « État promis » n’a jamais été entériné par le peuple palestinien. Est-ce véritablement l’objectif stratégique du mouvement de libération nationale palestinien que de créer un État palestinien ? Nous avons ici la réponse à la question du « blocage ». Pour Monsieur Vidal il y a blocage si la situation n’évolue pas vers la création d’un État palestinien. Mais si l’on s’achemine vers la création d’un bantoustan palestinien y a-t-il « déblocage » monsieur Vidal ?

Le fait que la Palestine ne soit pas encore libéré ne signifie nullement que l’objectif stratégique soit erroné. Cette incapacité à libérer la Palestine indique simplement l’immense déséquilibre du rapport de force entre d’une part tous les impérialistes occidentaux (US américain, canadien, français, britannique, allemand, italien, israélien, etc.) et d’autre part le peuple Palestinien, ses organisations combattantes et ses ONG, bénéficiant de l’appui des peuples du monde eux-mêmes sous domination impérialistes et de leur bourgeoisie nationale comme l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et autres.

Qu’y a-t-il détonnant à ce que 4 à 10 millions de palestiniens, si l’on tient compte de ceux qui sont dans les camps de réfugiés et en diaspora, n’aient pas encore réussit à renverser tous les impérialismes occidentaux et leurs agents sionistes en Israël ?

L’étonnant c’est que le peuple Palestinien soit encore debout et résistant devant un front uni impérialiste réactionnaire d’une telle ampleur. Le piétinement ou si l’on veut utiliser le terme de monsieur Vidal, le « blocage » du mouvement de Libération nationale palestinien sur ses positions présentes et sa difficulté à percer les Murs et les défenses de l’ennemi sioniste ne doivent pas nous amener à soutenir la capitulation de l’Autorité palestinienne à Washington le 2 septembre prochain mais plutôt nous porter à dénoncer ces pourparlers de la capitulation palestinienne.

En appeler au maître de cérémonie américain, comme le fait Monsieur Vidal, pour qu’il incite le sous-fifre israélien à plus de retenue dans sa cupidité territoriale n’est pas non plus la voie vers le « déblocage » de la situation au Proche-Orient mais bien plutôt une fuite en avant vers la capitulation.

La situation n’est pas vraiment compliquée contrairement à ce que toutes ces jérémiades tentent de nous faire croire. Il y a d’un côté le peuple Palestinien et ses organisations de résistance politique et/ou populaire et de l’autre une vaste alliance entre les impérialistes, les sionistes, les cryptos sionistes, et leurs alliés au sein du mouvement palestinien et parmi le mouvement de « solidarité » avec la Palestine. Les premiers rejettent toutes négociations – pourparlers qui se feraient aux conditions de l’occupant colonisateur sioniste – alors que les second font croire qu’un « déblocage » est possible entre un peuple opprimé – colonisé – occupé et une puissance coloniale opprimante – occupante – génocidaire et ce en laissant à cette puissance coloniale sa mission, ses visées hégémoniques régionales, ses pouvoirs, son armement nucléaire et la terre qu’il a déjà usurpée.

Il faudra encore bien du temps avant que ce rapport de force tourne a l’avantage du peuple Palestinien mais quelle alternative s’offre a lui ? Accepter de vivre emmuré dans quelques bantoustans surnommés « État palestinien » sans droit de retour, administré par un roitelet local autochtone surnommé « président de l’Autorité sans autorité » ?

Le cas Salam Fayyad

Pierre-Yves Salingue accuse l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et Dominique Vidal d’agir comme des « fantassins français » du Premier ministre palestinien Salam Fayyad, tous leurs efforts visant, selon lui, à lui assurer le soutien le plus large en France (8). Pierre-Yves Salingue présente l’ex-employé de la Banque mondiale comme un thuriféraire et un « collaborateur actif et dévoué de l’occupant. » (9)

Ce n’est pas le nombre de signes (289 et 589) que vous consacrez au représentant du FMI en Palestine occupée que Salingue met en cause Monsieur Vidal mais le caractère des signes utilisés. Dans les deux rapports incriminés il n’est nulle part mention que Salam Fayyad, dont la liste électorale n’a obtenu que 2,4 % des suffrages, a été imposé comme premier Ministre à l’occasion d’un coup de force anti-démocratique mené par la Présidence de l’Autorité en 2007.

Pierre-Yves Salingue aurait pu aller plus loin et constater que Salam Fayyad n’est pas un vendu ou un traître à la cause palestinienne, ou encore un collaborateur payé par l’occupant israélien. Pas du tout. Salam Fayyad est le représentant de la bourgeoisie compradore palestinienne qui s’est constituée à la faveur des 62 années d’occupation militaire et de colonisation israélienne (10). Le groupe social que représente Salam Fayyad a un intérêt économique, commercial et financier à maintenir la colonisation et l’occupation. Cette section de classe ne tolère pas l’occupation telle une fatalité incontournable dont elle aimerait bien se libérer à condition que ce soit sans violence, non, cette section de classe parasitaire vit du commerce avec l’occupant colonisateur, elle a un intérêt objectif à ce que la colonisation perdure car c’est son fond de commerce. C’est ce qui explique qu’elle ne combat pas l’occupation ni la colonisation et qu’elle essai de la faire accepter comme tolérable à la population palestinienne opprimée. Salam Fayyad n’est pas un homme hésitant qui se serait fourvoyé, c’est le représentant de la classe compradore palestinienne qui s’oppose à la fin de la colonisation et de l’occupation. Pierre-Yves Salingue aurait pu écrire que Salam Fayyad et son cabinet font partie du problème de la lutte de libération nationale palestinienne et en aucun cas de sa solution. Voilà ce que vous auriez du écrire dans votre rapport, utilisant 289 ou 589 signes à votre choix monsieur Vidal.

Transmis par Papiro

Commentaire par Olivier Davoust :

Ca fait longtemps que l'AFPS Paris (en opposition avec les fédérations locales) n'est qu'un agent de la paix dont l'évocation suinte bon la déculpabilisation du français moyen. "Oui, si on ne fait pas la paix, c'est qu'on veut la guerre".

Les pires ennemis des israéliens sont les pro-israéliens qui leurs bloquent sciemment la porte vers une normalisation de leur situation politique dans le cadre d'une paix fondée sur des valeurs, une éthique et une justice.

Les pires ennemis des palestiniens sont les pro-palestiniens qui leurs plombent leur combat en les chargeant d'une responsabilité qu'ils n'ont pas à endosser. N'étant pas les responsables de l'occupation militaire, ils n'ont pas à faire cesser l'occupation militaire. N'étant pas les révoltés par procuration du monde bourgeois (arabe ou occidental), ils n'ont pas à revendiquer autre chose que leurs droits.

Mais, leurs droits, c'est le minimum en deçà duquel le monde, sa belle modernité, sa belle démocratie, ses beaux droits de l'homme, son beau pacifisme... sombre dans la compromission. Je ne dirais pas trahison, parce que fondamentalement, l'adhésion de certains connards à la Palestine tient de l'illusion depuis toujours. Régulièrement, les beaux moralistes reviennent pour fustiger les palestiniens en servant la soupe à la démocratie israélienne dans son mythe de la victime : "mais acceptez donc la paix ! mais vive les négociateurs de Genève et la perte de vos réserves d'eau ! mais discutez sur la base du même compromis que vous avez lâchement admis entre 93 et 2000, toujours en acceptant des compromis sans que votre ennemi ne lâche rien !"

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Moines de Tibéhirine - Un témoin clé accuse l’armée algérienne

Je n’ai jamais eu le moindre doute sur l’arnaque intellectuelle qu’on nous a servi pendant des années en rapport avec les relations qu’entretenaient la politique algérienne et les politiques occidentales dans lesquelles la France a joué un sale jeu de mauvais rôle.La victoire du Fis aux élections en Algérie a été suivie d’une levée de bouclier tout aussi invraisemblable que celle qui avait suivi la victoire du Hamas. L’occident ne supporte pas que l’on vote mal… Pas que chez les arabes ou les chiliens, aux référendums sur l’Europe aussi !Ce qui suivi, enfin ce qu’on voulut nous faire gober, c’est que des groupes islamiques (forcément, quoique on n’avait pas encore inventé les nébuleuses) massacraient des pauvres civils qui avaient la malchance de prendre le mauvais bus sur la mauvaise route… Et bien qu’il y eût, très tôt, des faisceaux de faits accusant l’armée algérienne et au-delà, probablement le président (qui n’était pas au courant, sans nul doute), c’est le silence qui prévalut, normal avec la gorge ouverte, les cordes vocales glougloutent.

Cette remarquable organisation de la terreur a sans doute permis d’éliminer bon nombre d’opposants, de dissidents, mais aussi d’imposer le silence anomique qui prévaut lorsque la violence devient insupportable.

Je suis bien convaincu qu’au plus haut de l’État français, cela était parfaitement connu, intégré et que les attentats qui furent perpétrés sur notre territoire ne furent pas commis par ceux-là même que l’on s’empressât d’accuser après les avoir assassinés et ramenés sur les lieux où ils avaient été censés être abattus !






Obamassassinat de Ben Laden : est-ce la fin de l’Histoire ?

« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie »
André Malraux


« Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les États-unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al-Qaida, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al-Qaida : justice est faite. » C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak :« Nous l’avons eu » quand Saddam, aux abois, a été arrêté : Lorsque Barack Obama emploie le mot « justice », il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine.

De quoi s’agit-il en fait ? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....

Pour cet « exploit, » le président des États-unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles « actions unilatérales non autorisées » ne devraient pas se reproduire. Les États-unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays « aurait pu alerter » le chef d’Al-Qaida de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.

La carrière de Ben Laden

Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident ? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora ? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du Shah vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeyni, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter Service Intelligence qui se verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980.

Mieux encore, selon Zbigniew Brzezinski ancien conseiller à la sécurité du président Carter, ce dernier aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée « Bureau des services ».

Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, son ami, le Palestinien Abdallah Youcef Azzam, est assassiné. Oussama ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al-Qaida, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). (1)

Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. (1)

Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l’Arabie Saoudite... Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA ; nom de code « Tim Osman ». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al-Qaida serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)

Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes « laïcs » et « impies » protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré : « Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien. »

Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la « liberté » du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite,

Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.

Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al-Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01 ; CNN, 17/09/01 ; Washington Post, 17/09/01), il déclare : « Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...] ». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme : « Les États-unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait. » (Reuters, 16/09/01 ; Daily Telegraph, 16/09/01 ; The Independent, 16/09/01 ; BBC News, 16/09/01 ; CBS, 16/09/01 ; Guardian, 17/09/01 ; Le Monde, 18/09/01).

Le 8 janvier 2002, le journaliste de la CBS, Dan Rather, faisait remarquer que le 10 septembre 2001, la veille des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, Oussama Ben Laden avait été soumis à une dialyse dans un hôpital militaire au Pakistan. Il n’était pas en mesure de se cacher ou de se terrer dans les grottes profondes de Bora Bora.

Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est « pas impliqué dans les attentats du 11 septembre ». Il précise : « Les États-unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein » (Ummat, 28/09/01).

La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux « vidéos confession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.

Al-Qaida existe-t-elle encore ?

Selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al-Qaida n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet, intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues : « Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, qu’Al-qaida est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002. »(2)

« Et quant aux revendications plus ou moins décalées qui sont formulées de temps en temps par Ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, à supposer d’ailleurs que l’on puisse réellement les authentifier, elles n’impliquent aucune liaison opérationnelle, organisationnelle, fonctionnelle entre ces terroristes et les vestiges de l’organisation." Plus aucune action terroriste dans le monde ne serait donc imputable à Al-Qaida depuis huit ans ; l’organisation ne compterait plus que quelques dizaines d’individus ; et les revendications de Ben Laden au fil des ans ne seraient même pas sûres.

Le journal suisse Le Matin s’est justement ému de ce dernier point, le 25 janvier 2010, dans un article intitulé "Messages de Ben Laden : de l’info très intoxiquée" : " Depuis les attentats du 11 septembre 2001, une soixantaine de messages sont attribués à Oussama ben Laden et sa nébuleuse. Il peut y avoir des années sans aucun signe de vie (2005) et d’autres plus prolixes : sept en 2009, quatre en 2008, cinq en 2007 ou quatre en 2006. Pour la CIA, l’authenticité du premier message audio, justement publié par Al Jazeera, le 12 novembre 2002, ne fait aucun doute. Une théorie mise à mal, deux semaines plus tard par les chercheurs de l’Idiap (Institut Dalle Molle d’intelligence artificielle perspective) de Martigny (VS). Avec les conditionnels de rigueur propres aux scientifiques, le message serait celui d’un imposteur. Leurs logiciels démasquent les imitateurs, tout aussi doués soient-ils. « Ils peuvent assez facilement berner l’être humain, mais c’est beaucoup plus difficile de tromper la machine », soulignait, en 2002, le Dr Samy Bengio."

Quant à la quasi-disparition d’Al-Qaida, Eric Denécé l’avait déjà soutenue sur AgoraVoxil il y a un an ; interviewé en janvier 2009, l’ancien officier de renseignement, aujourd’hui directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, m’avait indiqué : "Al-Qaida a été quasiment réduite à néant. Il reste quelques centaines d’hommes. Quant à la structure centrale, qui est apparue à partir de 1989, elle a quasiment disparu. Hormis Ben Laden et Al-Zawahiri, tous les grands leaders ont été arrêtés".

« Aux États-unis, en revanche, Al-Qaida n’a pas disparu. C’est à peine quelques jours après la mise au point d’Alain Chouet que Hillary Clinton déclarait qu’Al-Qaida demeurait la "menace principale" pour les États-unis, devant l’Iran. La secrétaire d’État américaine ne faisait que reprendre l’analyse faite le 2 février 2010, devant la Commission du renseignement du Sénat, par l’ensemble des représentants du renseignement américain. Dans la liste des menaces qu’ils ont alors dressées, Al-Qaida devance les programmes nucléaires iranien et nord-coréen, les cartels criminels, et l’éventualité d’une faillite économique dans les pays développés durement touchés par la récession.

Le directeur du Renseignement national, Dennis Blair, interrogé par la présidente de la Commission sur la probabilité d’une tentative d’attaque terroriste aux États-unis dans les six mois à venir, a répondu qu’elle était "certaine". Les quatre autres officiels interrogés de la même manière – Robert Mueller III, directeur du FBI, Leon Panetta, directeur de la CIA, et les officiers supérieurs du renseignement des Départements d’État et de la Défense – ont tous produit la même réponse (Washington Post du 3 février 2010) L’attaque pourrait survenir dans un délai de trois à six mois. De son côté, Leon Panetta a considéré que l’attaque à venir d’Al-Qaida ne s’apparenterait probablement pas à "un nouveau 11-Septembre", mais serait bien plutôt une opération du style "lone wolf" (loup solitaire), nécessitant peu de moyens. À l’image de la tentative d’attentat du jeune Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, qui a voulu faire exploser un avion de ligne reliant Amsterdam et Detroit le 25 décembre dernier ».

Ben Laden, l’homme aux plusieurs vies

On le voit Al-Qaida détruite que peut faire Ben Laden et est-il aussi dangereux ? À l’instar de Duncan Mc Leod du feuilleton Highlander, le chef d’Al-Qaida a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était « probablement plus de ce monde ».

En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée « confidentiel-défense » de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde.

Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme « qui a tué Oussama Ben Laden ». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)

Pourquoi la mort de Ben Laden maintenant et pas avant ?

Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant ? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Écoutons-le : « De quoi avaient-ils peur ? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible : un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la prétendue organisation Al-Qaida, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés. L’exécution extra- judiciaire des « injusticiers » surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé ; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà. Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété ; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants ? Que nenni, il en savait trop ce « héros ! »(...)( 3)

Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup !), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés ? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...) »(3)

Ce qui restera de Ben Laden

Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage ? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990 : Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux États-unis et les lois liberticides en Occident .

« Que reste-t-il d’Al-Qaida – si elle existe encore [ndR] - après Ben Laden écrit Pacal Riché ? L’organisation devrait être remplacée par le stratège de l’organisation, Ayman al-Zawahiri, moins charismatique. (…) Flingage de Ben Laden sans autre forme de procès, bombardement de la baraque de Kadhafi avec la mort d’un de ses fils et trois de ses petits-enfants, pour sûr, Obama peut fêter sa "victoire", les USA se peaufinent une image dans le Moyen-Orient aux petits oignons après l’Irak et l’ Afghanistan... Sans parler du fait qu’ une bonne partie de ces talibans ont été formés et financés par la CIA et les États-unis pour contrer le communisme, on voit le résultat. Ben Laden tué au Pakistan ? Mais pourquoi dans ces conditions, les Occidentaux font-ils depuis 10 ans la guerre en Afghanistan, une guerre qui aura fait davantage de victimes civiles que l’attentat du 11 septembre ? Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...(4)

Sommes-nous dans la logique de « œil pour œil, dent pour dent ». Est-ce la fin de l’Histoire pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ? Cette phrase qui se voulait décrire le triomphe définitif du capitalisme et du libéralisme sauvage sur toute autre forme de système socio-économique. C’est-à-dire que plus rien ne s’opposera à cette mondialisation laminoir triomphante qui écrase les peuples les identités et leurs spiritualités si elles ne sont pas dans la ligne tracée par l’empire ?

Est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité ? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Écoutons-le : « Sans doute, le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenez-vous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(5)

Après décantation, nous saurons tôt ou tard par les futurs Wikileaks ce qui s’est réellement passé. Nous verrons dans les faits, la réalité de l’octroi d’un prix Nobel à quelqu’un qui assiste en direct à la mort de Ben Laden devant ses enfants et sa femme. Pourtant, la fin de la guerre en Afghanistan, et la fin des ingérences multiformes seront les plus sûrs marqueurs d’une ère nouvelle que nous appelons,- naïvement, peut être mais a-t-on le choix ?- de nos vœux.

Professeur Chems eddine Chitour

École Polytechnique Alger enp-edu.dz



P.S.

1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Oussama_ben_Laden

2. http://mega-streaming.info/video/9X5YYNSHSGOU/Oussama-Ben-Laden-est-mort--

3.Robert Bibeau : http://www.legrandsoir.info/L-assassinat-d-Oussama-Ben-Laden.html

4. Pascal Riché : http://www.rue89.com/2011/05/02/les-forces-americaines-ont-tue-ben-laden-au-pakistan-202102

5.Paul Craig Roberts : http://www.legrandsoir.info/La-seconde-mort-d-Oussama-ben-Laden.html

Sur le même sujet :•

Ben Laden est mort ! Ah bon ! Mais depuis quand ?

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5101

L’alibi Ben Laden•

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article108

Dieu, Ben Laden et le Grand Satan •

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article515








La Palestine, un état... Les votes des pays !

Les pays lamentables (ils ont voté non par crainte de représailles des USA) : Canada, États-Unis d'Amérique, Israël, Îles Marshall, Micronésie, Nauru, Palaos, Panama, République tchèque.

Les pays qui ont osé voter oui, parfois avec beaucoup de réticence... : Afghanistan, Afrique du Sud, Algérie, Angola, Antigua-et-Barbuda, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Belgique, Belize, Bénin, Bhoutan, Biélorussie, Birmanie, Bolivie, Botswana, Brésil, Brunei, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cap-Vert, République centrafricaine, Chili, République populaire de Chine, Chypre, Comores, Congo, Costa Rica, Côte d'Ivoire, Cuba, Corée du Nord, Danemark,Djibouti, Dominique, République dominicaine, Émirats arabes unis, Équateur ,Égypte, Érythrée, Espagne, Éthiopie, Finlande, France, Gabon, Gambie, Géorgie, Ghana, Grèce, Grenade, Guinée, Guinée-Bissau, Guyane, Honduras, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Irlande, Islande, Italie, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kirghizistan, Koweït, Laos, Lesotho, Liban, Libye, Liechtenstein, Luxembourg, Malaisie, Maldives, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Maurice, Mexique, Mozambique, Namibie, Népal, Nicaragua, Niger, Nigeria, Norvège, Nouvelle Zélande, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Pérou, Philippines, Portugal, Qatar, Russie, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Salomon, Salvador, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Serbie, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Sri Lanka, Suède, Suisse, Suriname, Swaziland, Syrie, Tajikistan, Tchad, Thaïlande, Timor oriental, Tanzanie, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turquie, Turkménistan, Tuvalu, Uruguay, Venezuela, Viêt-Nam, Yémen, Zambie, Zimbabwe.

Les pays qui se sont abstenus, autrement dit, les pays contre la paix : Albanie, Allemagne, Andorre, Australie, Bahamas, Barbade, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Cameroun, Colombie, République démocratique du Congo, Corée du Sud, Croatie, Estonie, Fidji, Guatemala, Haïti, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Malawi, Moldavie, Monaco, Mongolie, Monténégro, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pologne, Pays-Bas, Roumanie, Rwanda, Samoa, Saint-Marin, Singapour, Slovaquie, Slovénie, Togo, Tonga, Royaume-Uni, Vanuatu.

Les pays qui se sont défilés (Absents) : Guinée équatoriale, Kiribati, Liberia, Madagascar, Ukraine.

Bon, il est vrai qu'on a jamais demandé leur avis aux peuples... Par crainte qu'Israël soit prié de déménager, fissa !

Note : Prétendre que dieu a donné une terre aux juifs il y a quatre mille ans, alors qu'il est notoirement avéré que dieu n'existe pas, c'est un blasphème, non ?






Association France Palestine Solidarité :
http://www.france-palestine.org/

Srebrenica dix ans après : un génocide ?
http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=558

Communiqués du PCHR du 8 au 11 janvier 2009
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5790

INCONTOURNABLE : CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com/

La palestine de 1946 à nos jours / Carte de la progression de la colonisation juive
http://petitscaillouxdepalestine.files.wordpress.com/2008/08/colonisation-de-1946-a-nos-jours.jpg

Guerre et gaz naturel : Invasion israélienne et gisements gaziers au large de Gaza
http://www.geostrategie.com/1228/guerre-et-gaz-naturel-invasion-israelienne-et-gisements-gaziers-au-large-de-gaza

Pourquoi tant de haine de la part des juifs ? Une réponse possible parmi tant d'autres : MAGAV / Migdal / Sarkomplice ? /
http://lesogres.info/article.php3?id_article=2851

“Comment Israël a mené la bande de Gaza au bord d’une catastrophe humanitaire ?”
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3075

C’est comme ça qu’Israël exporte de l’eau vers la Suisse
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article5993

Les diplomates israéliens s’inquiètent pour l’image de leur pays
http://socio13.wordpress.com/2009/01/16/les-diplomates-israeliens-s%E2%80%99inquietent-pour-l%E2%80%99image-de-leur-pays/#more-10336

Israël face à la conscience des peuples
http://e-torpedo.net/article.php3?id_article=2875&titre=Israel-face-a-la-conscience-des

La guerre de Gaza se termine par une défaite totale pour Israël
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50502

Le judaïsme, le sionisme, les intellectuels
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3890

Davantage d’action politique en-dehors de la Palestine !
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3889

L’Union européenne capitule devant Israël
http://blog.mondediplo.net/2008-12-10-L-Union-europeenne-capitule-devant-Israel

Norman Finkelstein : Israël ne veut pas d’une paix dans les frontières de 1967
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2497

Israël face à la conscience des peuples, par Uri Avnery
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2484

À Gaza, des habitants racontent l’acharnement de l’armée israélienne sur des civils
http://protection-palestine.org/article.php3?id_article=6890

Qu’est-ce que le Hamas ?
http://blog.mondediplo.net/2009-01-27-Qu-est-ce-que-le-Hamas

États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (6 émissions)
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1613

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1614

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1615

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1616

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1617

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1618

Shlomo Sand : Comment le peuple juif fut inventé
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1582

Israël échappera-t-il aux poursuites pour crimes de guerre ?
http://www.mouvements.info/spip.php?article375







Gaza sous les bombes /
Roland Dumas : Sarkozy est complice du « nettoyage ethnique » organisé par Israël /
Palestine : revue de presse /
L'utilisation de fléchettes par Tsahal /
Tous complices ? /
Agression d’un militant lors du dîner du CRIFJ le jeudi 29 janvier 2009 /
La vraie force d’Israël : Ses lobbys /
Enseigner la Shoah /
Le judaïsme, le sionisme, les intellectuels /
Coupat et le désert made in Israël /
Une balle dans le ventre : chronique d'un assassinat ordinaire /
Inculpation de Omar el Béchir : Un non évènement /
OTAN : Géopolitique de la Paranoïa (1)... /
OTAN : Géopolitique de la Paranoïa (2)... /
Israël annexe Jérusalem-Est, dit un rapport de l’Union Européenne /
Comment Israël confisque Jérusalem-Est /
Le consensus israélien à l'épreuve de la parole des soldats /
Le CRIF n’aime plus la gauche ! /
Enquêter sur les crimes de guerre israéliens à Gaza /
Ahmadinejad est-il antisémite ou antisioniste... les deux ? /
Demandez à Besancenot, interdit à Gaza /
TPO: Des signes de malnutrition de plus en plus alarmants chez les enfants /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (1) /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (2) /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (3) /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (4) /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou (5) /
États-Unis, le lobby pro-Israélien : voyage autour d’un tabou (6/6) /
Israël ne veut pas d’une paix dans les frontières de 1967 /
Effacez le nom de notre grand-mère du mur de Yad Vashem /
Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les dirigeants du CRIF /
Le projet sioniste d'Israël /
Le Jourdain : attention eaux politiques ! /
Coopération économique et relations entre l'Union européenne et l'État d'Israël /
L’« ère Lieberman » a commencé : Les Palestiniens d’Israël, otages de l’extrême droite /
Les américains continuent de tuer des femmes et des enfants... surtout ! /
☞ “"Leadership" et Nations Asservies … /
Stéphane Hessel : « Impossible de laisser Israël impuni » /
La guerre des mots /
Plus de 70 % des Gazaouis souffrent de malnutrition… /
L’intransigeance israélienne pousse le Hamas à la radicalisation /
Non à l’implantation de l’entreprise israélienne AGREXCO à Sète ! /
Iran, la quête occidentale d’une hécatombe justificatrice… /
Iran : Tout est bien qui finit bien /
Personne n’est à l’abri... La menace d’un bon exemple / Noam CHOMSKY /
Les Israéliens savent que la paix ne paie pas /
Les conséquences environnementales catastrophiques de la guerre dans la Bande de Gaza /
Ces entreprises françaises qui profitent de la colonisation israélienne /
Le boycott des produits israéliens s’étend en Europe /
L’offensive palestinienne /
Paul-Éric Blanrue : les réseaux pro-israéliens /
Antisionisme et antisémitisme ne sont pas synonymes /
En Israël, il n'y a pas que des criminels, il y a aussi des imbéciles /
Israël, terrorisme d’État et 11 septembre /
Soutenir le Tribunal Russell sur la Palestine /
Guerre coloniale française et génocide rwandais : la responsabilité, l’implication de l’état français et sa négation 1 /
Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité /
Un État, un peuple , un espoir /
Boycott des produits israéliens : le MRAP solidaire de Sakina Arnaud /
Les Ghazaouis : Des prisonniers à perpétuité dans une prison à ciel ouvert /
Israëlites : tous criminels, sans discrimination aucune /
QUE VEUT ISRAËL ? : La disparition de la Palestine ? /
Les états-uniens sont de grands criminels de guerre, les plus grands ? /
Afghanistan : L’OTAN a tenté de dissimuler les faits après un raid qui a tourné au carnage /
Elie Wiesel l’imposteur et Jérusalem /
Quand l’État colombien espionne ses opposants /
Afghanistan : Massacres d’Enfants par l’Armée Française… /
QUE VEUT ISRAËL ? : La disparition de la Palestine ? /
Edward W. Said :"La Question de Palestine" /
Les soldats de l’armée israélienne ne cessent d’agresser les journalistes palestiniens
☞ Israël : Flotte de Liberté pour Gaza, coup médiatique ou action humanitaire ?
Vive la flottille
Flottille de Gaza : témoignage de Thomas Sommer-Houdeville avant l’assaut
Flottille de La Liberté : L’Impunité des Assassins…
Israël, l'impunité jusqu'à quand ? /
Mossadegh, Ahmadinejad : 60 ans après, l’histoire se répète /
Le constat s’impose : l’actuelle entité sioniste doit disparaître. /
La justice européenne... ou l’habituelle loi du plus fort /
Flottille de Gaza : les citoyens du monde doivent réagir ...là où les gouvernements ont échoué /
Libération de Salah Hamouri ! /
Un éclair, pas génial /
Peut-on critiquer Israël ? En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme /
La tactique du flagrant délire paranoïaque /
Iran : War Games et Sinuosités Stratégiques… /
« Dans un pays démocratique, s’il n’y a pas de preuve, on doit relâcher un suspect » /
Peut-on critiquer Israël ? En quoi les sionistes sont-ils légitimés pour instrumentaliser l’antisémitisme ? / Négocier ou ne pas négocier avec Israël ? /
Il en faudrait plus, beaucoup plus... /
L'émotion pour bonne conscience ? /
Ronald Reagan responsable de la mort de la majorité de nos (leurs) soldats en Afghanistan /
L’infanticide, "preuve extrême de la logique de violence du judéo-christianisme" ?... /
LES POURPARLERS DE « PAIX » NETANYAHU - ABBAS ONT DÉJÀ ÉCHOUÉ /
Un siècle après la déclaration de Balfour : Un État palestinien en 2017 ? /
Un militant palestinien opposé à la construction du mur est reconnu coupable par un tribunal militaire israélien /
Le « Camp d’été de destruction » : Des lycéens israéliens aident à raser une ville bédouine /
« J’AI TUÉ UN ARABE ! » /
La « communauté internationale » et les amis de la Palestine /
Flottille vers Gaza : le rapport de l'ONU accable Israël /
De l’indigénat. Anatomie d’un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’Empire français /
À quoi sert Avigdor Lieberman ? /
Huit vaisseaux de guerre israéliens contre le petit bateau juif irene parti pour gaza – israel a peur ! /
Bateau "Irene" : Les passagers juifs ont bien été tabassés par la soldatesque israélienne /
Washington grommelle, Paris s’incline : Tel-Aviv piétine ses alliés /
La « Communauté Internationale » et les amis de la Palestine /
Attentats et menaces d’attentats : Où est le vrai danger ? Bruxelles et ses lobbys /
Les guerres du pétrole : une tectonique des frontières /
Le chèque en blanc d’Obama à Israël /
De Guantanamo à Tarnac : un renversement de l’ordre de droit /
Jean-Claude Paye : « Les lois anti-terroristes. Un Acte constitutif de l’Empire » /
Enregistrements du colloque du Lundi 18 Octobre 2010 à l'Assemblée Nationale : Lois anti-terroristes 25 ans d'exception ; Tarnac, un révélateur du nouvel ordre sécuritaire /
LES « CAPRICES » DE BENJAMIN NETANYAHU /
Des documents du gouvernement israélien révèlent une politique délibérée pour maintenir les Gazaouis à un niveau proche de la famine /
Discours d’une mère israélienne devant le Parlement Européen@@@@ /
Nicolas Bedos victime d'une fatwa sioniste /
La 'purification silencieuse' de la Cisjordanie /
La France Doit-elle Contacter Ben Laden ou Le Père Noël ?… /
OTAN, gendarme mondial /
Ein Hod, ‘Aïn ‘Awd et le péché originel israélien /
Le lobby israélien à Washington /
Gaza : le blocus toujours bien en place /
Chomsky : la sauvagerie de l’impérialisme états-unien@@@@ /
Julian Assange de Wikileaks accusé de viol par un personnage lié aux groupes anti-castristes financés par la CIA /
Le sionazisme : Impunité de "l’armée la plus morale au monde" : le calvaire des enfants palestiniens prisonniers /
La Palestine s’est invitée au match de foot Lyon/Tel-Aviv hier soir (vidéo) ou comment même leur défaite au foot m'indiffère quand c'est un grand coup de pied au cul pour les satelliser qui me ferait jubiler, pour cinquante ans encore… /
Retenez-moi avant que je ne pense à devenir antijuiviste ! et lire aussi : Personnalité de l’Année 2010 ... /
Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1 200 arrestations en un an /
Wikileaks : Des documents confirment les plans de Washington contre le Venezuela /
En 1928, le massacre des bananeraies en Colombie ou Hortefeux ne verrait sans doute rien de franchement disproportionné /
Échec consommé des "Pourparlers directs" /
La prochaine guerre /
Israël/Cisjordanie : Deux populations séparées et inégales /
Mordechai Vanunu fait-il encore peur à Israël ? /
L’armée la plus immorale du monde /
Comment l’Europe concourt à l’occupation de la Palestine /
Les espoirs de Gaza coulés dans le plomb /
Lieberman cherche mille personnalités amies : Pour préparer l’opinion à une attaque contre l’Iran... /
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Virus Stuxnet : un projet USA-Israël ? Qu'en dit le CRIJF ? /
AMNESTY INTERNATIONAL ACCUSE LES ÉTATS-UNIS DE TRAITEMENTS INHUMAINS et tout cela pour rien d'intéressant à lire dans les wikileakettes ! /
En Égypte, rien n’est joué /
L'ex-ministre de l'Intérieur soupçonné d'être derrière l'attentat d'Alexandrie /
Révolution égyptienne, l’exceptionnalisme israélien /
Les « Palestine Papers » confirment la stratégie israélienne du refus /
Égypte : Et, le Soleil se leva !... /
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En opposant son veto à la résolution contre les colonies, Obama a rejoint le Likud* (Haaretz) /
Les USA sont au service d’Israël au Moyen-Orient /
Lybie : Le plan de l’OTAN est de l’occuper /
Les vrais terroristes sont bien toujours les mêmes /
Massacre de My Lai, qui se souvient ? Viet-Nam, 16 mars 1968 /
La crise infligée par les Sionistes à Gaza (Dissident Voice) /
Quelles frontières pour l’État d’Israël ? /
Paris-Tripoli-Washington: les contradictions historiques de l'ingérence /
Contre-révolution états-unienne dans le monde arabe /
L’Apartheid à Hébron /
Les désarrois du juge Goldstone (harcèlasion) /
Et les civils de Gaza, qui les protège ? /
Le procès de Rachel Corrie remet en cause l’impunité d’Israël... Enfin ! /
La Cour de Cassation condamne RFI pour le licenciement d’Alain Ménargues... C'est pas trop tôt ! /
Les colons font tout ce qu’ils veulent au pays des colons /
Nouvelles révélations dans l’assassinat de Thomas Sankara /
Le gouvernement des États-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? /
Ben Laden : "J'accuse !" /
N’oublions pas à quoi ressemble une « intervention humanitaire » /
Les mensonges et les non-dits dans la mort de Ben Laden /
Ben Laden : à qui profite le crime ? /
« La mort d’Oussama ben Laden est un assassinat politique » /
Ce qu’est le terrorisme d’État en Colombie /
Mort de Ben Laden : une victoire à la Pyrrhus /
L’Oubamassassinat extrajudiciaire de ben Laden ! /
Ben Laden est mort ! Ah bon ! Mais depuis quand ? /
De Saddam Hussein à Oussama Ben Laden : du bon usage de l’assassinat politique en terre arabe /
Liquidation d’Ossama Ben laden : Le Temps Du Massacre /
BUSH est MORT ! /
Obama confirme la capture et la mort de Oussama Ben Laden - suivi de : La drogue et la CIA en Afghanistan, un duo infernal /
Les bombardements des États-Unis et de l’OTAN en Libye font de plus en plus de morts (WSWS) /
Obama et le conflit israélo-palestinien : la quadrature du cercle /
La France confirme avoir largué des armes aux rebelles libyens /
Washington planifie plus d’actions contre le Venezuela /
Drones hors-la-loi /
Gérard Longuet pour une plus grande impunité des militaires français ? /
Création d'une commission d'enquête sur le rôle de la Force Licorne en Côte d'Ivoire /
Sous le haut patronage d'un criminel de guerre : Un « congrès imposture » sur le terrorisme /
La piste islamophobe... Réflexions sur les attentats d’Oslo /
C'est celui qui dit qui l'est /
Le 20 septembre 2011, les Palestiniens lancent le défi de leur État : Israël trépigne déjà ! /
La busherie du 11 septembre continue à tuer les sauveteurs new-yorkais /
Les tyrans pétroliers dans le monde /
Al Quaïda, mensonge impérial /
10 ans après, à quoi ont servi les lois antiterroristes ? /
Antiterrorisme et droits humains : 10 ans d'incompatibilité ? /
11 septembre : réaction à chaud sur une curieuse émission télé /
Chomsky et Bricmont à propos du 11/9 et du « complot » ou tout serait dit et basta ? /
Le gouvernement des États-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ? /
Terrorisme : « grossistes » et « détaillants » /
Le jeu du mensonge ou comment se prépare une guerre d’agression /
États-Unis : Surveillance permanente des populations /
11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ? /
L'aide humanitaire, victime collatérale du 11 septembre /
Un siècle de violences (US)armées passées sous l’éteignoir médiatique /
Palestine: un vote à l’ONU et les deux scénarios favorables à Israël /
Un autre regard sur le 11-Septembre /
POUR EN FINIR AVEC LE 11 SEPTEMBRE : Partie immergée du Nouvel ordre néolibéral /
L'universalité de la justice ne s'arrête pas aux frontières israélo-palestiniennes ! /
11/9 : j’ai immédiatement compris que ça signifiait de nouvelles guerres /
Arracher le voile de la civilité israélienne /
Russie : Rififi chez les “Dissidents” … /
Affaire Shalit : un autre « point de vue » /
Tiens qu'est-ce que l'on vous avait dit : L'ex-patron de la sécurité de Le Pen reprend du service en Libye /
États-Unis, le lobby pro-israélien : voyage autour d’un tabou /
Scandales sécuritaires et violence sociopolitique dans la Colombie d'Alvaro Uribe / Au risque de En espérant blesser le président du crijf : Nétamiaou n'est pas qu'un menteur, c'est aussi un assassin ! /
Le nouveau premier ministre libyen Made in USA ! /
Serai-je emprisonnée pour avoir dénoncé les dérives de magistrats (du TPI ) /
☞ Petits rappels : (1), (2), (3), (4), (5), (6), (7), (8), (9), (10) /
Despotisme et mépris des peuples /
Les Verts remettent le nazisme à la mode /
L'ÉNIGME DU QATAR : Un colosse gazier avec un sabre nain /
☞ Palestine : quel État ? I, II, III, IV, V, VI, VII, /
Ce que les morts nous enseignent dans un monde qui n’apprendra jamais /
Dix questions pour le premier ministre israélien Netanyahou /
Israël a assassiné plus d’opposants politiques que l’apartheid sud-africain avait exécuté d’opposants judiciairement /
L’impérialisme et le sionisme, un réel danger pour les peuples /
Adlène Hicheur terroriste idéal condamné avec ses pères /
Israël a violé l’accord signé avec les prisonniers grévistes de la faim /
Le prix de la liberté - Pour la libération de Nabil Al-Raee et Zakaria Zubeidi /
Crimes médiatiques ou les conséquences meurtrières de la désinformation /
Des meurtres injustifiés : l’ONU demande aux États-Unis de justifier les attaques de drones /
Obamate à mort /
Quand les respectables deviennent extrémistes, les extrémistes deviennent respectables : la Colombie et les grands médias /
Un ancien sénateur US (comploteur) demande de rouvrir l'enquête sur le 11-Septembre /
Nucléaire Iranien : Prétexte & Préméditation… /
Observer la Syrie et se souvenir du Nicaragua /
Dommages Collatéraux : la face cachée d’un terrorisme d’État /
Comment la terre d’Israël fut inventée /
TERRORISME EN FRANCE : DES INDIGNATIONS À GÉOMÉTRIE VARIABLE /
Tel-Aviv reconnaît l’assassinat d’Abou Jihad en 1988 ; la première d'une très longue série ? /
Escadrons de la mort, meurtre et corruption U.S. en Colombie /
Les prix Nobel pour la paix sont pour la guerre /
Assassinats gogues /
Organisation terroriste de l'atlantique nord /
Nous accusons ! La sourde oreille des grands médias sur la situation et la gravité des atrocités commises par Israël à Gaza. /
Bain de sang à Gaza. Qui a commencé ? /
Impressions de Gaza ou pourquoi Israël doit être effacé des mémoires... /
À terme, la défaite d’Israël est inéluctable… /
Israël a déjà perdu /
Isreal se tire une rafale d'Uzi dans les pieds : Tant mieux ! /
Repère : la fin du brouillage israélien /
Gaza : le moyen et le message /
C’est Israël, le danger... pas l’Iran ! /
Les tribunaux internationaux, c'est tout juste bon pour les nègres, sauf obama, of course /
Le régime israélien est sanctionné pour la première fois /
CPI : Cour Pénale Internationale Comment Punir les Indigènes /
La lutte contre l’impérialisme et le sionisme : une nécessité de notre temps /
La Haye : Les deux derniers clous dans le cercueil de la justice internationale ? /
Jérusalem-Est sera désormais totalement entourée de colonies /
☞ Guantanamo : La mort d’Adnan Farhan Abdul Latif /
La soldate (juive)se dit contente d’avoir criblé de balles le jeune Palestinien (désarmé) /
Les funérailles du jeune palestinien /
Guantanamo : La mort d’Adnan Farhan Abdul Latif /
À grands coups de pelles tueuses /
Faudra bien qu'ils payent et cher /
La France récompense un terroriste (aux yeux du CRIF)! /
À Paris et Ankara, terrorisme et antiterrorisme ne font qu’un /
Février 2013 : Permis de tuer : six Palestiniens assassinés par les forces israéliennes en moins de deux semaines /
Israël a émis soixante ordres de démolition à Jérusalem en deux jours /
Réconciliation palestinienne : Israël joue le chantage par l’argent /
Les États-Unis, terre de prisons et de répression /
Israël et les pendules à l'heure /
Agres_sion israélienne : une centaine de blessés en Cisjordanie /
Imposture : comment Israël cherche à brouiller les cartes /
Égypte : les Frères musulmans ont renié leurs engagements /
Le grand rat : Ben... Je savais pas ! /
Curieux, non ? /
Israël kidnappe un ex-gréviste de la faim après l’avoir libéré /
Attentat du 6 avril (Rwanda) : Barril laché par Agathe Habyarimana (Barril pour mémoire) /
Politique de la peur et de l’intimidation aux États-Unis : L’État terroriste américain /
Le b.a.-ba du conflit israélo-palestinien /
65 ans après, la création de l’État d’Israël demeure parfaitement illégale ! /
Hold up sur l’eau dans la vallée du Jourdain /
Comment s’est scellé le destin des Palestiniens : histoire de la Nakba (vidéo) /
65 ans de deuil de sang et de larmes : Qui se souvient de la Nakba ? /
Dexia et son principal actionnaire, la Belgique, se portent garant pour couvrir un projet de l'armée israélienne /
À propos de ces attentats qui tombent à pic /
Un expert de l’ONU dénonce les violations des droits des Palestiniens /
Israël est en train de perdre la guerre de Syrie /
Il y a 31 ans : les massacres de Sabra et Chatila - Quand les crimes israéliens seront-ils jugés ? /
Les attentats de Boston, Baghdad, Damas du 15 avril : une tragédie pour l’humanité /
Quelle est la définition de « négociations » dans le dictionnaire israélo-américain ? /
Destruction systématique des oliviers palestiniens /
L’ère des drones /
Décès de yasser arafat : les Palestiniens accusent Israël /
PS : parti socialiste ou parti sioniste ? /
Le lobby pro-israélien aux États-Unis : un déclin maintenant irréversible (Haaretz) /
La NSA a-t-elle assassiné Hugo Chavez ? /
Palestine : La paix impossible de John Kerry /
Les États voyous en action au Moyen Orient – les États-Unis et Israël (ZNet) /
Fabius n'y est peut-être pour rien (?) : Blocage insolite (de femmes) à l’aéroport du Caire /
Terrorsionisme /
L’expert américain Richard Falk refuse de se taire et prononce de lourdes accusations contre Israël /
Obama : ah ! ce qu'il est drone ! /
Cyber-espionnage: Washington poursuit des militaires chinois /
Terrorisme d'État /
Embargogol : les states se tirent la nouille, connards ! /
Ah ! la bonne nouvelle : Le Fatah et le Hamas unis dans un nouveau gouvernement /
Sanctions US : Guerre Economique ou Racket ?... /
Venezuela : les visages du coup d’État /
Une critique écologiste de l’occupation israélienne ou quand les ordures accumulent les pourritures /
France : pourquoi veut-on briser la solidarité avec les Palestiniens ? /
« Vengeance israélienne » : Nétanyahou derrière le meurtre des trois adolescents israéliens ? /
Ça n'est pas nouveau, mais dans Ghaza, il y a gaz ! /
Palestine, des assassinats ciblés contre la paix /
« J’accuse… ! » Lettre ouverte au Congrès des Etats-Unis /
Gaza, ou la vertu génocidaire du Système /
Ukraine : Une “guerre de la communication d’anéantissement” /
27/08/2014 : Des tours d’habitations Bombardées, Nuit d’enfer à Ghaza /
Histoire secrète : « A.M.G.O.T », ou quand les Américains (nos amis) ont tenté d’annexer la France (qui n'a plus besoin d'ennemis) /
Les Palestiniens se défendent contre une bande de voleurs armés. /
Trop tard, vous saviez et le mal a été fait quand même ! /
51 jours à Gazha /
Hier, la CIA finançait 100 000 moudjahiddines et Ben Laden contre les soviétiques en Afghanistan. /
Israël et l’Arabie saoudite : Une alliance forgée dans le sang des Palestiniens /
Il n'y a pas d'avenir pour un État-pour-les-seuls-Juifs en Palestine ; ils devraient peut-être essayer ailleurs. /
Derrière l’alibi anti-terroriste, la guerre du gaz au Levant /
Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique… /
L’ONU dénonce le « transfert forcé » de bédouins en Cisjordanie occupée /




[ Corrélats : Boudérie puisque boycott est interdit, Charlie oblige ! / Insécurité / Sécurité / Principe de Allee / Indignation / ...]



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