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Toxicité
Toxicité, produits et substances toxiques


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Évènements santé / Piqûre de rappel / La chimie ronge le sang des députés / Une cobaye verte et inquiète / Le problème, c'est que ces produits sont indestructibles / Le lobby industriel opposé à la loi européenne / En savoir plus / Tragédie de Bhopal / LES NOUVELLES MÉTHODES TOXICOLOGIQUES / Parution du GUIDE DES TOXIQUES Rachel FRÉLY /

Une pandémie silencieuse : dans le monde entier l’industrie chimique est en train de détériorer le développement cérébral des enfants /
Le Comité consultatif de Luxembourg approuve de nouvelles valeurs limites pour des produits chimiques /
REACH : le PE veut des tests sans animaux. Les travailleurs ne doivent pas jouer les cobayes, réagissent les syndicats /
Bhopal, 25 ans après /
Catastrophe de Bhopal, quelques enseignements après un quart de siècle /
Bhopal, la pire des catastrophes industrielles /
MISE EN ÉVIDENCE D’EFFETS À LONG TERME LORS D’EXPOSITIONS COURTES (ACCIDENTELLES) /
Prestige : des impacts sur la santé des sauveteurs /
La plupart des "nettoyeurs" de l’Exxon Valdez seraient morts /
Guide pratique des substances toxiques dans les eaux douces et littorales du bassin Seine-Normandie
- Introduction
- Les métaux
- Les métalloïdes et les organométalliques
- Les substances organiques
- Les pesticides
- Les substances pharmaceutiques et les hormones
- Bilan et perspectives dans le bassin Seine Normandie /

Des vêtements toxiques chez Zara, première fortune en Espagne /
Textile : ces vêtements qui nous intoxiquent /
Produits toxiques : un rapport européen dénonce les failles du système /
Du bisphénol A dans les résines dentaires /
Le formaldéhyde /
Éléments techniques sur l’exposition professionnelle à cinq solvants ou familles de solvants oxygénés aliphatiques /
Dossier poisons dans l'Histoire /


Quelques Sites Internet et articles / Corrélats /


Bhopal... En quelle année déjà ? (Amnésie Internationale)
Ce jeudi 22 avril 2004, sous sa rubrique :
" évènements santé ", Libération publie une série d'articles sous le titre général : " La chimie ronge le sang des députés ".


Ces articles portent sur les résultats des analyses demandées par le WWF pour que des députés européens acceptent des analyses de leur sang dans lesquels on chercherait des résidus toxiques issus de l'industrie chimique dont on sait que leurs lobbies trouvent des oreilles attentives et bienveillantes pour qu'on n'impose pas à cette industrie qu'elle contrôle la toxicité des produits qu'elle met sur le marché.




Éditorial / Piqûre de rappel / Par Jean-Michel THENARD / jeudi 22 avril 2004 (Libération - 06:00)

39 députés européens contaminés par 76 produits chimiques toxiques, drôles de chiffres. Dont on ne sait s'il faut les considérer comme explosifs ou poudre de perlimpinpin, faute de réelles connaissances sur l'exacte toxicité des dits produits sur l'être humain. On pourra donc moquer encore une fois les angoisses d'une société de consommation qui n'a jamais compté autant d'individus doués d'une aussi longue espérance de vie.

On pourra encore sourire des excès du principe de précaution qui, à force d'enfler, va bientôt nous condamner à mourir de faim. Sourions donc, mais jaune. Car si l'excès de précaution est à fuir, le défaut est assurément criminel. Et ce n'est pas parce qu'on ne connaît pas la nocivité à long terme de tel ou tel produit qu'il faut le considérer inoffensif et ne rien faire. Forte de cette évidence, la Commission européenne tente depuis des mois d'instaurer un nouveau système d'autorisation pour les 30 000 produits chimiques fabriqués ou importés dans l'Union.

En gros, il reviendrait aux entreprises de prouver que ce qu'elles commercialisent est sûr. Mais rarement projet de bon sens pour le consommateur a suscité autant de pressions critiques des industriels. Qui ont mobilisé tous leurs lobbyistes pour convaincre que la transparence sanitaire majorerait tant leurs coûts que cela ferait perdre, par exemple, 360 000 emplois en dix ans à la France. Une vision tragique que réfutent les défenseurs de l'environnement.

Mais qui a convaincu Chirac, Schröder et Blair d'exiger de la Commission qu'elle revoie son projet. Plutôt garantir la rentabilité de l'industrie chimique que la santé du citoyen. Comme quoi les analyses de sang des députés européens peuvent servir de piqûre de rappel. Et remémorer à ceux qui l'auraient oublié que la loi du profit continue bien de régenter le monde, même quand le chef de l'État français prétend en changer la face en ajoutant à la Constitution une charte de l'environnement.





Santé. Le WWF a fait passer des analyses à 39 élus européens pour dénoncer le refus des industriels de contrôler la toxicité de leurs produits.

La chimie ronge le sang des députés / Par Thomas CALINON / jeudi 22 avril 2004 (Libération - 06:00)

" Moi, je suis plutôt bien, sauf pour les phtalates : j'en ai le double de la norme", s'inquiète le premier. "Et moi, je suis pleine de PCB", s'alarme la seconde. Il ne s'agit pas d'un dialogue virtuel entre employés de l'industrie chimique qui se découvriraient soudain contaminés par les produits toxiques, mais du constat dressé par deux parlementaires européens, hier, à Strasbourg. En l'occurrence les Français Harlem Désir (PS) et Danielle Auroi (Verts). Tous deux ont participé à une étude de grande envergure sur la contamination du corps humain par les substances chimiques, menée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans le cadre de sa campagne "DetoX". Les résultats de cette enquête, rendus publics hier, sont édifiants.

WWF a prélevé un peu de sang à 47 volontaires de 17 pays européens (39 membres du Parlement européen, un ancien député, 4 observateurs des pays qui rejoindront l'Union le 1er mai et 3 membres de l'organisation écologiste). Les scientifiques ont ensuite analysé les échantillons pour y quantifier la présence de 101 produits chimiques répartis en cinq familles : les pesticides organo-chlorés, les polychlorobiphényles, les retardateurs de flammes au bromure, les phtalates et les composés perfluorés (voir : En savoir plus). Au final, pas moins de 76 des 101 substances recherchées ont été identifiées dans le sang des cobayes européens.

41 substances. Tous sont contaminés par au moins un produit de chaque grande famille. En moyenne, 41 substances ont été détectées par individu, avec un "record" qui s'établit à 54. Treize d'entre elles ont été systématiquement identifiées dans les prélèvements sanguins, dont un pesticide (le HCB) et un métabolite du DDT. "Le Deca-BDE, suspecté d'être un produit neurotoxine, est le retardateur de flammes dont la concentration est le plus élevée parmi tous ceux testés (18,4 picogrammes/g de sérum). C'est à notre connaissance la plus forte concentration jamais détectée", indique le WWF. "Le plus alarmant est que ce niveau est environ dix fois plus élevé que les plus fortes concentrations relevées chez des personnes exposées au Deca-BDE de par leur travail." Idem pour le TBBP-A, un autre ignifugeur bromé, tandis qu'un troisième produit de cette famille, le HBCD, aurait été détecté pour la première fois dans du sang humain.

Cancers. Si l'étude montre que le degré de contamination varie selon les pays, le WWF se garde d'en tirer des conclusions. "Nous avons une bonne idée de la contamination des parlementaires européens, mais nous ne pouvons pas dire d'où viennent ces produits ni quels sont leurs effets sur la santé", explique Michaël Warhurst, un scientifique de l'organisation. "On manque d'informations sur ces substances", poursuit Nik Van Larebeke, cancérologue à l'université de Gand et expert indépendant : "On sait seulement que certains retardateurs de flamme perturbent le système nerveux, le système endocrinien, notamment la thyroïde, et que les produits perfluorés sont suspectés d'induire les cancers de la vessie et de la prostate." Son collègue britannique Malcolm Hooper, professeur de chimie à l'université de Sunderland, pointe quant à lui la hausse des allergies et des cas de cancer du sein constatés ces dernières années, ainsi que la baisse de la fertilité masculine : "Ces produits doivent absolument être examinés de plus près, pour comprendre le lien qu'ils entretiennent avec ces maladies." Le Parlement européen est l'objet de violents affrontements sur le projet de législation Reach, qui vise à imposer aux industriels une évaluation sur la santé et l'environnement des molécules qu'ils mettent sur le marché.

Encore étonnée par la concentration de PCB trouvée dans son sang, Danielle Auroi cherche des explications dans ses habitudes alimentaires : "C'est sans doute parce que je suis une grosse consommatrice de produits laitiers et de poissons", dans lesquels les PCB s'accumulent. Puis le propos se fait plus politique : "Nous savons que certains représentants de l'État, au plus haut niveau puisqu'il s'agit du président Chirac, sont montés au créneau pour empêcher le Parlement européen d'interdire certains de ces produits. Aujourd'hui, il va falloir que la société civile s'empare de ce problème pour faire réagir les exécutifs."





Santé / Une cobaye verte et inquiète / Le test sanguin de Marie-Anne Isler-Béguin a révélé 51 substances toxiques. / par Denis DELBECQ / jeudi 22 avril 2004 (Libération - 06:00)

Un cocktail de molécules qui portent un nom à coucher dehors. Marie-Anne Isler-Béguin, députée européenne verte, ne connaissait que de loin ces familles de produits chimiques. Jusqu'à ce qu'elle découvre, mardi, lors d'une réunion à huis clos, la composition de son propre sang. "Je ne sais pas si je détiens le record, on ne me l'a pas dit, mais je suis dans le peloton de tête des plus contaminés", explique-t-elle. Là où les volontaires affichent en moyenne 41 des 101 substances recherchées, le test pratiqué sur Marie Anne Isler-Béguin en a repéré 51. Avec des niveaux qui frisent, pour bon nombre de substances, le double de ce qui a été trouvé chez ses collègues, parfois même huit fois plus. "C'est inquiétant. Je n'arrive pas à comprendre, s'interroge la députée. Je vis dans ce que je crois être un environnement sain, à la campagne, même si c'est dans une région, la Lorraine, réputée polluée par l'industrie. Les médecins qui nous ont présenté l'étude penchent pour une contamination alimentaire, ou par les vêtements. Ils m'ont demandé si je mange beaucoup de poisson, notamment d'élevage, pour expliquer mon taux de PCB. Ce n'est pas le cas. Si je réchauffe mes plats avec un film plastique au micro-ondes, pour mon taux de phtalates, mais je n'ai pas eu de tel four jusqu'à il y a quelques mois."

Reste que personne ne peut dire si les niveaux chez les eurodéputés auront des incidences ou non sur leur santé. "Encore faut-il chercher à le savoir, questionne Marie Anne Isler-Béguin. C'est incroyable que cela soit une ONG qui soit obligée de faire ce type d'études pour qu'on puisse avoir en quelque sorte des données de référence. C'est aux autorités, et notamment à la Commission européenne, de lancer des enquêtes." En attendant, la députée entend demander aux présidents des régions Lorraine et Franche-Comté de commanditer des études épidémiologiques sur leur population.







Santé. Jean-François Narbonne, toxicologue et expert de l'Afssa : / "Le problème, c'est que ces produits sont indestructibles" / Par Éliane PATRIARCA / jeudi 22 avril 2004 (Libération - 06:00)

Professeur de toxicologie à l'université Bordeaux-I, directeur d'un laboratoire CNRS de toxicologie environnementale, expert auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Jean-François Narbonne travaille sur le transfert des contaminants de l'environnement à l'homme via la chaîne alimentaire.

Que montrent ces analyses ?

Ce sont de bons repères qui montrent à la fois les améliorations liées à l'interdiction de certains produits chimiques et les contaminations par de nouveaux produits. Ce sont d'ailleurs des analyses de ce type qui ont conduit à l'interdiction des principaux polluants organiques persistants (POP). De telles analyses permettent aussi d'identifier les gens surexposés. Pendant longtemps on a cru que seuls les travailleurs de l'industrie étaient exposés à la contamination ; aujourd'hui, on sait que tout consommateur l'est.

Comment se fait la contamination ?

Soit par voie aérienne, pour les produits qu'on utilise encore, surtout en milieu industriel. Soit par l'alimentation. C'est un mécanisme qu'on a identifié dans les années 1960. On s'est aperçu que certaines espèces animales disparaissaient, comme l'aigle américain ou le phoque. Des espèces qui se trouvaient en bout de chaîne alimentaire. Responsables : les produits chimiques non biodégradables. Vers 1850, les chimistes avaient en effet imaginé de rajouter du chlore aux molécules chimiques pour les rendre non biodégradables. Ces produits "miraculeux" ont eu d'énormes applications, dont le DDT, utilisé comme insecticide contre le paludisme, et les PCB. Mais ces produits toxiques, parce qu'ils sont non dégradables, s'accumulent dans la graisse des organismes. À chaque maillon de la chaîne alimentaire, le produit se concentre un peu plus. En 2001, par la convention de Stockholm, on a établi une liste prioritaire de 12 POP à interdire. Le DDT avait déjà été interdit dans les années 1970. Pour limiter les dioxines, on a aussi adopté de nouvelles normes plus sévères pour les incinérateurs.

Quels sont les risques pour la santé de cette contamination ?

C'est tout le problème : on manque d'information et surtout d'études épidémiologiques sur l'impact des faibles doses de ces produits sur la santé. On découvre aussi aujourd'hui le polymorphisme génétique, c'est-à-dire ce qui fait que nous ne métabolisons pas tous de la même façon ces produits chimiques, et que nous sommes plus ou moins vulnérables aux dommages qu'ils provoquent.

Ce qui est sûr, c'est que les doses journalières admissibles (DJA), sur lesquelles on s'appuie pour autoriser ou interdire un produit, cela n'a plus beaucoup de sens en termes de santé publique : on découvre tous les jours de nouveaux mécanismes de toxicité qui obligent à réviser ces DJA.

Les produits recherchés par le WWF sont des perturbateurs endocriniens qui peuvent favoriser des cancers de la thyroïde, de la prostate, du sein ou des testicules. Or, aujourd'hui, il y a un nombre croissant de cancers non liés à l'âge qui touchent des individus de plus en plus jeunes et dont on n'a pas identifié les causes.

Peut-on mesurer, dans le sang, l'impact de l'interdiction des POP ou d'autres produits chimiques ?

Oui, les analyses ont montré une régression nette dans la charge corporelle des POP, du DDT (90 % en moins), des PCB (moins 4 à 5 %), des dioxines (moins 2 à 3 %). Le problème, c'est que même si on cesse de diffuser ces produits, ils sont présents dans les sols contaminés, dans les sédiments marins, car on les a utilisés par millions de tonnes, et ils sont indestructibles. On estime ainsi qu'il y a 500 000 tonnes de PCB piégées dans les sédiments marins dans l'hémisphère Nord. Ces produits n'étant pas biodégradables, les doses dans l'organisme humain augmentent avec l'âge. On peut très facilement évaluer l'âge d'un individu en fonction de sa charge en dioxine.

D'autres produits sont apparus ?

Oui, comme les produits bromés (des molécules auxquelles on rajoute du brome pour les rendre non biodégradables) qui ont par exemple remplacé l'amiante dans les retardateurs de flamme. Leur importance dans la charge corporelle d'un individu double environ tous les deux ans.

Que pensez-vous du projet de réforme de la législation européenne Reach ?

C'est un programme de santé publique indispensable ! Mais il faut aussi que les pouvoirs publics créent des laboratoires d'évaluation de l'impact des produits chimiques (et de leur mélange) sur l'environnement et sur la santé.





Santé / Le lobby industriel opposé à la loi européenne / Le projet Reach, qui vise à imposer une évaluation des produits, a été repoussé. / Par Denis DELBECQ / jeudi 22 avril 2004 (Libération - 06:00)

L'initiative spectaculaire du Fonds mondial de la nature (WWF) n'est évidemment pas dénuée d'arrière-pensées. Depuis 1998, écologistes et industriels s'affrontent à Bruxelles à propos d'une proposition de réforme de la législation sur la commercialisation des produits chimiques. Aujourd'hui, quelques milliers de molécules seulement, sur les 150 000 qui sont en circulation, ont fait l'objet d'évaluations sanitaire et environnementale poussées. D'où l'initiative de la Commission de remettre à plat tout le mécanisme juridique encadrant les produits chimiques dans l'UE.

L'objet du litige s'appelle Reach, pour Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals (1). Un programme qui vise à imposer à l'industrie la réévaluation de 30 000 substances chimiques sur une période de onze ans, soit moins de 2 % des molécules commercialisées. Vu de l'industrie, qui doit en supporter le coût, le dispositif proposé par la Commission européenne n'est que perte de chiffres d'affaires, désindustrialisation et suppressions d'emploi massives. Les chiffres les plus variés, pour ne pas dire fantaisistes, circulent : 29 à 54 milliards d'euros de dépenses selon les industriels français, 3,7 milliards selon les écologistes de Greenpeace. Sans doute autour de 11 milliards sur onze ans, estime la Commission. Une jolie somme tout de même, quand "les avantages de ce que nous faisons aujourd'hui peuvent ne pas nous apparaître avant trente ans. D'où la position délicate des hommes politiques qui ont tendance à planifier à court terme", expliquait récemment Vyvyan Howard, toxicologue à l'université de Liverpool, qui s'interrogeait sur ce que serait "le coût pour la société si nous rendons toute la population vulnérable à certaines maladies" (2).

Les arguments industriels ont fait mouche chez les dirigeants des trois grands européens : en septembre 2003, Jacques Chirac, Tony Blair et Gerhard Schröder adressent une supplique à Romano Prodi, président de la Commission, où ils qualifient la procédure Reach de "bureaucratique" et d'"inutilement compliquée". Même le gouvernement américain s'en mêle. Si bien que la Commission finit par proposer un compromis. Seraient exemptés de tests les polymères synthétiques qu'on utilise dans le textile, les plastiques, les adhésifs et les peintures. Exemptés aussi les produits qu'on fabrique ou importe en quantité inférieure à dix tonnes par an. De quoi faire baisser la facture à 2,3 milliards d'euros, selon la Commission.

Depuis, le texte attend de passer devant le Parlement européen. "Les conservateurs, qui soutiennent le lobby industriel, ont tout fait pour le retarder, espérant que la nouvelle assemblée qui sortira des élections de juin leur soit plus favorable, s'inquiète Marie-Anne Isler-Béguin, eurodéputée verte, "cobaye" du WWF et partisane d'un "Reach durci". "Liés aux intérêts industriels, ils souhaitent une pause dans les directives environnementales. Mais depuis les élections espagnoles et les régionales françaises, nous avons repris espoir."


(1) Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques.

(2) Dans la revue de la Direction générale environnement à Bruxelles de février 2004.




En savoir plus :

Pesticides organochlorés

Ce sont des produits extrêmement toxiques (dont le DDT est le plus connu), ils peuvent être fatals s'ils sont inhalés, ingérés ou absorbés par la peau. Interdits en Europe et aux États-Unis depuis les années 1970, ils continuent d'être utilisés dans de nombreux pays, dans les zones touchées par le paludisme.

PCB

Utilisés notamment comme isolant électrique, les polychlorobiphényles ne sont pas biodégradables et s'accumulent dans l'organisme. Lors d'exposition aux flammes, ils se décomposent en créant des composés très toxiques. Dès 1985, ils ont été interdits en Europe.

Ignifugeurs bromés

Ces produits retardent l'inflammation lors d'incendies. Parmi eux, le PBDE (diphényl-éther polybromé), souvent présent sur les meubles ou les moquettes, a déjà été retrouvé dans le lait maternel. La Californie est le premier État à avoir décidé une interdiction qui entrera en vigueur à partir de 2008.

Phtalates

Elles se présentent sous la forme d'un liquide huileux et sont utilisées pour assouplir les plastiques et dans les produits cosmétiques. Elles peuvent provoquer, entre autres, l'atrophie testiculaire et la baisse de fertilité. En 1999, l'UE en a interdit l'emploi dans les jouets pour enfants.

PFO

On a trouvé la trace de perfluorooctane sulfonate dans de nombreux organismes vivants, comme les dauphins de la Méditerranée et les aigles de la Baltique. L'Agence américaine de protection de l'environnement a déclaré ces insecticides cancérigènes pour les animaux.




Pour le vingtième anniversaire de la catastrophe de Bhopal, quelques membres d'une association de détournement des médias ont superbement piégé la BBC en se faisant passer pour des représentants de la compagnie Dow Chemical :

Vendredi 3 décembre 2004, 15h03

Tragédie de Bhopal: la BBC piégée par un faux porte-parole de Dow Chemical

LONDRES (AFP) - La BBC a été piégée vendredi par un homme se présentant comme un porte-parole de Dow Chemical, qui a affirmé que le groupe chimique américain, nouveau propriétaire de Union Carbide, avait décidé d'assumer l'entière responsabilité de la catastrophe de Bhopal survenue il y a 20 ans.

La BBC avait cité dans plusieurs journaux télévisés de sa chaîne d'information en continu BBC 24 un certain Jude Finisterra, se présentant comme porte-parole de Dow Chemical. Elle a reconnu en milieu de matinée avoir été dupée.

"Ce matin après 09h30 (locales et GMT), nous avons diffusé une interview de quelqu'un se présentant comme un porte-parole de Dow Chemical au sujet de Bhopal. La personne ne représentait pas la compagnie", a déclaré une présentatrice de la télévision publique britannique.

Le faux porte-parole s'était déclaré "très, très heureux d'annoncer que, pour la première fois, Dow Chemical accepte l'entière responsabilité de la catastrophe de Bhopal".

"Nous avons dégagé 12 milliards de dollars (16 milliards d'euros) pour compenser enfin complètement des victimes, y compris les 120.000 personnes qui pourraient avoir besoin de soins médicaux toute leur vie et pour nettoyer totalement et rapidement le site de l'usine", ajoutait l'homme.

La BBC est largement écoutée en Inde et ce reportage pourrait avoir provoqué de faux espoirs dans la population, qui commémore le 20ème anniversaire de la catastrophe.

La BBC a indiqué qu'il s'agissait d'un "canular élaboré". "L'information que nous avons donnée était entièrement fausse", a ajouté la présentatrice de la chaîne.

Plus de 3.000 personnes avaient été tuées le 3 décembre 1984, lorsque quelque 40 tonnes de gaz toxique mortel s'étaient échappées de l'usine de pesticides américaine Union Carbide à Bhopal (centre de l'Inde).

Quelque 15.000 personnes au total sont décédées depuis pour avoir inhalé le gaz. Jusqu'à 800.000 ont été affectées d'une façon ou d'une autre, selon des chiffres officiels.

"Nous avons décidé de liquider Union Carbide, ce cauchemar pour le monde et cette épine dans le pied de Dow et d'utiliser les 12 milliards de dollars pour donner plus que les 500 dollars que chaque victime a reçu jusqu'à maintenant", ajoutait Jude Finisterra. Ce n'est pas la première fois que des personnes se présentant comme des représentants de Dow Chemical font croire à des compensations du groupe américain.

Il y a deux ans, un groupe d'opposants au groupe, "Yes Men", avaient créé un faux site internet de Dow pour revendiquer la responsabilité de la catastrophe de Bhopal. C'était aussi à l'occasion de l'anniversaire de la catastrophe, début décembre. Une procédure lancée aux États-Unis par des associations de victimes pour faire nettoyer le site par Dow Chemical, qui a racheté Union Carbide en 2001, est toujours en cours.

Le site officiel du groupe américain contenait vendredi un communiqué sur Bhopal daté du 6 octobre, dans lequel il niait toute responsabilité pour la catastrophe.

Il n'avait pas été possible en milieu de journée d'obtenir une réaction du porte-parole européen du groupe.





LA JAUNE ET LA ROUGE de juin 1999 :

ENVIRONNEMENT ET SANTÉ PUBLIQUE

LES NOUVELLES MÉTHODES TOXICOLOGIQUES

Claude LAMBRÉ / Docteur en médecine, Chef du département Toxicologie-Écotoxicologie, Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS)

L'environnement est un des facteurs importants de l'état de santé des populations. Dans ce contexte, homme et milieu naturel sont naturellement indissociables. De nombreux événements peuvent perturber l'équilibre dans lequel est établi un milieu naturel et affecter, par voie de conséquence, la santé humaine. Les pollutions de l'air, de l'eau et des sols peuvent ainsi altérer le fonctionnement de divers systèmes : respiratoire, digestif, nerveux, immunitaire et la reproduction ou bien agir indirectement, par exemple, par l'intermédiaire des constituants de la chaîne alimentaire.

Au-delà du simple transfert, cette chaîne alimentaire est particulièrement à prendre en considération puisqu'elle peut transformer et éventuellement rendre bio disponibles les polluants présents à l'origine dans le milieu, sous une forme qui pouvait ne pas être agressive pour la santé humaine.

Approche biologique

L'approche biologique de l'étude des effets sur la santé d'agents toxiques libérés dans l'environnement peut se concevoir de diverses façons :

» constater les caractéristiques des dégâts subis par l'organisme immédiatement après l'exposition,

» étudier les conséquences de l'exposition à plus long terme,

» étudier les mécanismes d'effets,

» identifier les molécules à risque (études structures/fonctions...).

Décrire, évaluer, prévoir

La toxicologie permet de constater, de décrire et d'évaluer mais également de prévoir les effets nocifs des produits pour l'homme. Elle permet de donner aux études épidémiologiques et cliniques une nouvelle dimension, celle de l'impact d'agressions diverses : substances, mélanges, émissions... De fait, deux toxicologies coexistent :

» l'une est purement réglementaire. Elle est basée sur la stricte application d'essais standardisés et validés au niveau international (AFNOR, ISO, CEN, OCDE...),

» l'autre est plus en amont et cherche à étudier les mécanismes. Elle est basée sur des recherches utilisant les techniques de la biologie fondamentale, y compris les plus récentes et les plus sophistiquées. Les résultats de ces travaux, si leurs objectifs ont été définis avec pertinence, sont essentiels. En effet, ils permettent de faire évoluer la toxicologie réglementaire à la fois vers des exigences plus délimitées car plus significatives et plus informatives et vers une utilisation rationnelle et optimisée (en termes quantitatif et qualitatif) des expérimentations nécessitant le recours à des animaux.



Cette compétence biologique doit nécessairement trouver un appui sur des structures analytiques de grande capacité permettant de réaliser des évaluations de risque pour la santé humaine et pour le milieu. Les analyses permettant d'identifier et de caractériser les propriétés physico-chimiques utilisent toutes les ressources de la chromatographie en phase fluide ou gazeuse, de la spectrographie, de la diffraction et de la fluorescence X, de la microscopie optique, électronique, de la micro-spectrométrie des rayons X, de la microdiffraction d'électrons...

Ces analyses peuvent être réalisées sur tous types d'échantillons provenant de sols, de milieux aqueux ou de prélèvements atmosphériques. Cependant, il faut noter le risque majeur de déviation de cette thématique qui est lié à l'amélioration constante de nos moyens d'études.

En effet, il est maintenant possible de détecter des modifications infimes de la concentration d'un produit donné. Le problème est donc de ne pas prendre en compte dans une évaluation de risque et à fin réglementaire le seuil qui est celui de détection de la technique.

De plus, il faut bien rester conscient que dans toute mesure réside une incertitude et que celle-ci augmente proportionnellement en raison inverse de la concentration mesurée. Il faut aussi reconnaître qu'il existe un certain nombre de cas où nous ne savons pas bien doser un produit ; il convient alors en grande priorité d'améliorer ces moyens de dosage.Dans le domaine de l'environnement, la toxicologie prend une dimension nouvelle par rapport aux objectifs qui sont les siens dans un cadre strictement professionnel.

Il s'agit de passer d'études nécessaires, car réglementaires, à une approche beaucoup plus complexe, multifactorielle, et c'est là que la connaissance des processus biologiques s'avère fondamentale.

Ce besoin de connaissances paraît encore plus impérieux si l'on considère la très grande proportion de substances actuellement présentes dans notre environnement quotidien et pour lesquelles il n'existe aucune donnée toxicologique fiable voire pas de données du tout !

Quelles sont les raisons de cette évolution ?

» a) Il faut être capable d'évaluer le danger de doses faibles, en particulier les effets non létaux qui restent cependant significatifs pour la santé de l'organisme.

» b) Les expositions sont rarement aiguës. Elles sont le plus souvent chroniques, en tout cas irrégulières, parfois très courtes (pics de pollution).

» c) Ces expositions peuvent être mixtes, associant plusieurs produits avec tous les problèmes d'addition, de synergie, ou d'antagonisme qu'elles entraînent.

» d) Les populations exposées sont hétérogènes avec tous les cas particuliers possibles : âge, prédispositions génétiques, état de santé très variable..., il est clair que "l'homme moyen" n'existe pas.

Comment aborder ces problèmes ?

Tout d'abord, il faut prendre en compte la voie d'exposition la plus réaliste possible afin d'identifier les cellules ou organes cibles. Bien sûr, la voie aérienne vient immédiatement à l'esprit, mais il ne faut pas négliger les voies cutanées et digestives. Dans ce dernier cas, la contamination peut être directe ou indirecte, provoquée par l'ingestion de boissons polluées ou d'aliments ayant concentré ou transformé le produit initial, ou bien qui le comprennent à dessein comme dans l'exemple des organismes génétiquement modifiés pour favoriser la productivité ou la résistance aux maladies et aux parasites.

Quels sont les essais qu'il faut pratiquer ?

De nombreuses possibilités existent. Une première consiste à adapter les protocoles toxicologiques existants. Ainsi, on peut modifier les études permettant de calculer les concentrations létales (CL 50) qui ne prennent en compte que des expositions de plusieurs heures, en réalisant des expositions courtes. Dans ce même contexte, une alternative est d'identifier des effets non létaux, réversibles ou non.

Cette évolution donne de plus en plus d'importance, d'une part, aux études anatomo-pathologiques qui permettent de visualiser les atteintes histologiques, et, d'autre part, à la mise en évidence des mécanismes d'action et aux indicateurs biologiques, ainsi qu'à l'étude du désordre des fonctions vitales de l'organisme.

Au-delà de la simple mise en évidence de l'effet toxique, la recherche des mécanismes d'action d'un produit est basée sur les grandes méthodes classiques de la biologie cellulaire et de la biochimie et ceci peut permettre une approche de traitement. Pour ce faire, les techniques dites "alternatives" de toxicologie in vitro appliquées à des cultures primaires ou à des lignées continues sont d'un apport significatif. Elles permettent à côté de la mise en évidence d'un simple effet cytotoxique de rechercher une action sur le génome cellulaire, sur la multiplication et la croissance, sur différentes fonctions métaboliques...

Ainsi, le rôle de métaux lourds dans les mécanismes de la mort cellulaire programmée (apoptose) peut être recherché, leur intervention dans le contrôle de la production des protéines de stress, des phénomènes oxydatifs cellulaires et de la transduction des signaux membranaires a pu être démontrée en utilisant des cultures de cellules épithéliales ou des lymphocytes.

De même, la mise en évidence de la production de diverses cytokines (interleukines, interféron...) par des monocytes humains peut expliquer une partie des stimulations cellulaires qui dans le poumon aboutissent à l'établissement d'une pathologie pulmonaire.

L'effet des atmosphères acides peut être stimulé in vitro sur des cultures de cellules soumises à des pH acides. Les résultats montrent des modifications significatives de l'expression de structures saccharidiques membranaires. Celles-ci étant des constituants essentiels des récepteurs cellulaires, leurs altérations ont des conséquences fonctionnelles significatives pour la physiologie de l'épithélium respiratoire.

Enfin, le développement de cultures cellulaires sur membranes poreuses permet de réaliser des expositions de cellules en phase gazeuse et d'étudier l'effet de divers polluants tels que l'ozone, le dioxyde de soufre ou d'azote, les émanations de moteurs à essence ou diesel... dans des conditions assez proches de l'exposition naturelle.

Dans ce même contexte, un certain nombre de lignes directrices et de protocoles de l'OCDE rédigés depuis longtemps sont soumis à révision régulièrement et prennent en compte les nouvelles préoccupations qui peuvent apparaître. Par exemple, dans le domaine des essais portant sur les molécules capables d'induire des dysfonctionnements des systèmes endocriniens chez l'homme, l'essai de l'OCDE n° 407 est en voie de modification pour y introduire un certain nombre d'observations qui permettront d'explorer cette potentialité nocive d'un produit.

Les indicateurs biologiques

Ce sujet est critique, particulièrement difficile. La problématique est de définir des marqueurs biologiques fiables permettant d'identifier spécifiquement, d'une part, l'exposition de l'organisme à un toxique donné (biomarqueurs d'exposition), et, d'autre part, le développement d'une pathologie caractéristique dérivant d'un effet significatif du produit sur l'organisme (biomarqueurs d'effets).

Il est important de prendre en compte deux considérations :

» la précocité de l'apparition de ces marqueurs,

» la simplicité du système révélateur dans une optique d'automatisation, pour envisager une surveillance en continu et, si possible, directement sur site.

La notion d'organisme ou système biologique "sentinelle" (dans le sens, activité enzymatique : phénomène oxydatif, métabolisme énergétique...) est à l'étude. De même, la possibilité d'identifier des effets limités sur la santé lors d'expositions à des doses faibles oriente les travaux sur le domaine de l'immunotoxicologie et des troubles fonctionnels, en particulier respiratoires (suivi des fonctions respiratoires) et neuronaux (étude du comportement).

Le problème de l'atteinte fonctionnelle

À côté des études sur les effets génotoxiques et mutagènes ainsi que sur la fertilité et la reproduction, depuis longtemps la toxicologie prend en compte des bilans hépatiques, rénaux et sanguins. Il faut sans doute aller encore plus loin par exemple sur les protocoles d'étude de l'altération des fonctions respiratoires chez le rongeur non contraint, non anesthésié.

Des travaux sont également nécessaires dans le domaine du comportement, l'atteinte du système nerveux étant un élément parfois crucial dans la réactivité des personnes exposées. L'effet est parfois plus subtil atteignant le système nerveux non plus central mais périphérique, comme par exemple, les neurorécepteurs régulateurs dans différents organes.

Enfin, un système clé pour l'organisme est bien le système immunitaire. Une des difficultés est qu'il faut faire la part de sa réactivité propre face à toute agression et des atteintes altérant réellement son fonctionnement. À l'évidence, de simples numérations cellulaires et des dosages de médiateurs solubles sont insuffisants. Il faut réaliser des tests fonctionnels et passer par exemple à des modèles d'étude de susceptibilité dans des protocoles d'infections bactériennes et virales ou au développement de tumeurs.

Conclusion

Il convient de bien définir la notion de danger et de risque. Le risque est une notion complexe qui constitue un continuum qui va du risque aigu en cas d'accident, provoquant une modification majeure de notre environnement par la libération subite ou massive de polluants, jusqu'à l'exposition chronique à de faibles doses de contaminants.Le risque associe donc le danger que constituent les potentialités intrinsèques d'un produit (sa toxicité vis-à-vis des diverses fonctions d'un organisme), à la notion d'exposition (quantité avec laquelle l'organisme a été en contact).

L'évaluation du risque pour la santé passe donc par des aspects métrologiques, mesure de l'exposition, et toxicologiques : estimation du danger, connaissance de la relation entre la dose et l'effet, modélisation des transferts entre divers compartiments de l'environnement jusqu'à l'homme.

Toute incertitude dans la démarche se matérialisant par l'adjonction d'un facteur de sécurité supplémentaire, il convient de limiter l'utilisation de ceux-ci au maximum afin de réaliser des évaluations de risque réalistes.

En effet, l'utilisation systématique de ces marges de sécurité peut aboutir à des résultats susceptibles de décrédibiliser cette thématique. Certaines étapes sont critiques à ce propos et ces facteurs de sécurité se justifient alors très logiquement. À l'inverse, les protocoles expérimentaux en toxicologie peuvent générer des données scientifiques établissant de façon rigoureuse la réalité des dangers et au-delà, des risques auxquels nous pouvons être exposés.

L'exposition chronique aux faibles doses

À côté des pollutions aiguës et accidentelles, les expositions à bas bruit sont les plus fréquentes dans le domaine environnemental. Leurs conséquences peuvent n'apparaître qu'à très long terme et sont particulièrement concernées par la démarche d'évaluation du risque sanitaire.

Cependant, il faut reconnaître que notre connaissance sur les conséquences sanitaires d'une exposition chronique à de faibles doses est encore fragmentaire, il n'est que de constater les discussions qui entourent des questions comme les produits à effet perturbateur endocrinien ou bien les effets immunotoxiques.

Il est donc nécessaire de continuer à progresser dans la connaissance des mécanismes d'action des toxiques qui seule permettra de développer des protocoles d'études pertinents et adaptés aux besoins de l'évaluation des risques et donc à notre sécurité sanitaire.

L'évaluation des risques est une méthode qui a des conséquences très immédiates sur le quotidien de la population générale. C'est elle qui est à la base de décisions aussi importantes que l'établissement de valeurs limites (information, alerte) d'expositions ou l'interdiction d'utilisation d'un produit. Afin d'être à la fois utile et compréhensible, et en restant très attentif aux indications provenant de la surveillance épidémiologique, il est essentiel qu'elle repose sur des bases scientifiques solides telles que les données d'exposition et l'identification des dangers toxicologiques.




Voir aussi les liens de la page Toxicologie et ceux de la page Ecotoxicologie.Quelques Sites Internet et articles :

LES PRODUITS CHIMIQUES SUR LE LIEU DE TRAVAIL
http://training.itcilo.it/actrav_cdrom2/fr/osh/kemi/cemapp.htm

Toxicologie de catastrophe
http://www.adiph.org/acophra/r220201-e.html

Portail
http://pharmtox.fr/liens/polluants.htm

Lexique en risque chimique et toxicologie
http://pharmtox.fr/lexique.htm

Notions générales en toxicologie
http://www.ademe.fr/htdocs/publications/publipdf/toxicologie.pdf

Toxicologie :
http://www.juturna.org/biblio/Ecotoxicologie/TOXON%20-%20Ademe.pdf

Sécurité des Substances Chimiques / En particulier fiches produits :
http://www.cdc.gov/niosh/ipcs/french.html

Physiologie de l'adaptation et toxicologie
http://www.med.univ-angers.fr/laboratoires/labo_neuro/cours/st/cours.ppt#351,1,Physiologie de l’adaptation et Toxicologie

Base donnée toxicologie produits phytosanitaires :
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/TELETOX/TELMENU.asp

Site médecine agricole (nombreux dossiers) : http://www.inma.fr/

Base de données en toxicologie : http://www.toxibase.org/

____________________

Site portail dans les domaines de la toxicologie :
http://www.chu-rouen.fr/ssf/profes/toxicologie.html

Site portail toxicologie polluants :
http://pharmtox.fr/liens/polluants.htm

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Dossiers en toxicologie : http://www.chu-rouen.fr/cap/

____________________

Pour consulter des fiches " produits " :

http://www.ineris.fr/recherches/fiches/fiches.htm

Institut National de la Recherche et de la Sécurité / http://www.inrs.fr

Le site (canadien) : Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) /
http://www.reptox.csst.qc.ca/Default.htm

Bureau Européen des produits chimiques /
ecb.ei.jrc.it/

Centre Commun de Recherche / http://www.jrc.org

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CIRC/IARC / http://193.51.164.11/default.html

OMS / http://www.who.int/home/reports.html

____________________

US-EPA - accès au Federal Register / http://www.epa.gov

Banques de données US- EPA / http://www.epa.gov/ngispgm3/iris

http://www.epa.gov/medecotx/index.html

Banque données ATSDR / http://www.cdc.gov

Banque données TERA / http://www.tera.org/iter

Banque de données HSDB / http://toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/htmlgen?HSDB

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Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques /
http://www.syrres.com/esc

IPCS INTOX / http://www.intox.org/

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Maladies professionnelles et toxicologie industrielle :
http://www.uqtr.uquebec.ca/~austin/SPU-6003/index.html

Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques
Fiches Internationales de Sécurité Chimique /
http://www.cdc.gov/niosh/ipcs/french.html

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Recherche d'informations sur les produits chimiques /
http://www.aimt67.org/toxicologie.htm

Plus de données sur le site / http://www.sdv.fr/aimt67/index.html

Université virtuelle de médecine de travail /
http://www.uvmt.org/sections.php

Portail Internet de l'Université Médicale Virtuelle Francophone /
http://www.umvf.prd.fr/

Qu'est-ce que la toxicologie
http://www.ilo.org/public/french/protection/safework/cis/products/safetytm/toxic_f.htm

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Site de l'Association des Centres Antipoison et de Toxicovigilance :
http://www.centres-antipoison.net/

http://www.centres-antipoison.net/liens/index.html#toxicologie

Alertes / Biotox / Piratox :
http://www.centres-antipoison.net/alertes/index.html

Biosécurité / Plan Piratox :
http://afssaps.sante.fr/htm/10/piratox/bioter.htm

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Symboles de danger :
http://www.centres-antipoison.net/prevention/symboles/index.html

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Bhopal : http://www.greenpeace.fr/campagnes/toxiques/risques/bhopal2.php3

Bhopal : http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=5108

Corruption, éthique et affaires Internationales :
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/PUB/GT3.html

Environnement hostile :
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/deff/plan_général_du_site.htm

Toxicologie / Pharmacologie :
http://www2.biam2.org/accueil.html

La surveillance biologique des expositions aux substances chimiques / Nouvel outil d'évaluation de l'exposition toxique professionnelle :
http://www.sdv.fr/aimt67/dossier/surveillance_biologique.htm

Surveillance biologique de l'exposition aux solvants par la recherche de la fraction résiduelle dans l'urine
http://www.inrs.fr/htm/surveillance_biologique_exposition_solvants_par_la.html

Les solvants qui ont substitué les halogénés nécessitent des études toxicologiques plus poussées
http://www.actu-environnement.com/ae/news/print_news.php4?id=1199

Le nombre de salariés exposés aux solvants va croissant...
http://hesa.etui-rehs.org/fr/newsevents/newsfiche.asp?pk=345

Mesure de l'exposition professionnelle
http://disc.vjf.inserm.fr/BASIS/elgis/fqmr/rapp/DDW?W%3DTEXTE++PH+LIKE+'0'%26M%3D30%26K%3D711%26R%3DY%26U%3D20%26PCU%3D1

LES EXPOSITIONS AUX PRODUITS MUTAGÈNES ET REPROTOXIQUES

http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/publication_pips_200508_32-1_expositions-produits-mutagenes-reprotoxiques.pdf

Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail
http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/occup-travail/whmis-simdut/index_f.html

SOLVEX : base de données d’expositions professionnelles à des solvants
http://www.inrs.fr/solvex/Solvex.nsf/

Risques toxicologiques à bord des navires
http://www.mersante.com/toximar.htm

Atteintes hépatiques
http://www.sdv.fr/aimt67/dossier/foie.htm

Santé et sécurité au travail : maladies professionnelles
http://www.afim.asso.fr/SST/sst-maladies.asp






[ Corrélats : Toxicologie / REACH / DNOC (dinitro-orthocrésol) / ...]

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