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Transports
Transports et risques routiers, aériens, maritimes, amoureux...



Magique !


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Transports routiers et développement durable / La crise pétrolière ? / L'épuisement des ressources pétrolières / Le prix du pétrole / Le nucléaire : une garantie d'indépendance ? / La chasse aux gaspis /

Articles archivés / Corrélats /

Ecotaxe poids lourds : après les multiples reports, la suspension sine die /
Accidents routiers au travail survenus au Québec de 2000 à 2008 /
L'usine à gaz pour sauver l'écotaxe ? /
Prévenir le risque routier professionnel /
Mise au point d’indicateurs nationaux de surveillance des accidents de circulation liés au travail /
Dossier : Derrière la grève de la SNCF, pourquoi les trains ne roulent pas /
Un rapport parlementaire pointe le déficit fluvial français /
Prévenir le risque routier professionnel /
Transport fluvial de marchandises : vers un approvisionnement des centre-villes ? /
Rouler et manutentionner en sécurité /
Transports collectifs I /
Transports collectifs I I /
Une solution pour résoudre la crise du chou-fleur polonais qui ruine les paysans bretons ?
En matière de développement durable, la question des transports routiers est tout à fait inopportune.



En effet, les transports routiers sont, pour une très grande partie, responsables de la pollution atmosphérique, de l'effet de serre, de la surconsommation d'espace, de la destruction irréversible de nombreux écosystèmes, de la surconsommation d'énergie surtout sous forme d'énergie fossile et de ce fait, probablement, porte une responsabilité sur les massacres des civils irakiens à Falloudja ou Nadjaf…

Mais tant qu'un Chinois sur 30, un Indien sur 60 ou un Africain sur 100 n'a pas de voiture, tout cela ne pèse pas face au poids des lobbies du secteur automobile.

Sauf qu'...




À la lecture des articles publiés par Libération, ce 15 mai 2004, on peut raisonnablement s'interroger sur la durabilité des politiques préconisées en matière d'aménagement urbain, routier, du territoire tel qu'on nous assène qu'il est le seul conforme avec le " progrès ", la croissance et toutes ces bonnes choses qui font les choux-fleurs gras du Médef ou des directives de l'OCDE.

Que nous venions à manquer de pétrole en 2007 ou en 2050… Las ! Nous n'aurons pas le temps de nous retourner. Le tout nucléaire ne résoudra rien. Les énergies renouvelables seront encore des projets au fond des tiroirs. Les Chinois auront tous des voitures, mais à pédales ou à brancards !




Pétrole / Éditorial / Impacts / Par Gérard DUPUY / samedi 15 mai 2004 (Liberation - 06:00)

L'air rétro des slogans ressortis par le gouvernement et vantant les économies d'énergie ne doit pas nous faire croire que nous allons vers une même crise pétrolière que celle des années 70. D'abord, comme souvent quand il s'agit de "record", il faut prendre avec des pincettes celui établi vendredi à Wall Street. Il n'est un record qu'en dollars nominaux, peu pertinents. Depuis le précédent (41,15 dollars le 10 octobre 1990), l'inflation a été faible mais non pas nulle. Il convient en fait de grossir ce prix de plus de 20 % ce qui placerait un "record" actuel au-dessus de 50 dollars.

Ensuite, non seulement le pétrole fournit une part moins importante de la consommation finale d'énergie, mais la part du secteur énergétique au sein de l'économie globale des pays développés a sensiblement diminué, à mesure que la valeur ajoutée a filé vers le secteur tertiaire. L'impact d'une hausse des prix pétroliers est donc nécessairement moindre. Cela ne l'empêche pas de peser sur l'inflation, donc sur les nerfs douillets de Jean-Claude Trichet, donc sur les taux d'intérêt, donc sur la croissance européenne qui peine à reprendre souffle.

Or, la hausse du pétrole s'est poursuivie depuis des mois malgré les prévisions contraires, et on ne voit pas très bien ce qui l'empêcherait de continuer. La conjonction des causes diverses qui la provoquent tant géopolitiques qu'économiques n'est ni fatale ni définitive. Mais, à vue de nez (quelques mois, c'est du long terme pour les marchés !), rien ne permet de tabler sur une résorption des foyers de tension proche-orientaux ou sur une baisse de la demande venant d'économies en plein boom Chine, Inde, États-Unis.

À plus long terme, la question de l'épuisement des réserves se posera. Les prophètes de la raréfaction retrouvent d'ailleurs de la voix. Bien que ce diagnostic ne soit pas directement lié à la hausse actuelle, il lui sert d'horizon. La hantise d'une pénurie de pétrole est à la fois furieusement rétro et pleine d'avenir.





Pétrole / Quand le pétrole s'épuisera / La production commencera à décliner entre 2007 et 2050, selon l'optimisme des experts./ Par Vittorio DE FILIPPIS et Christian LOSSON / samedi 15 mai 2004 (Liberation - 06:00)

Choc pétrolier ou pas ? Encore épisodique hier, larvé aujourd'hui, il risque d'être permanent demain. Car c'est une évidence : les énergies fossiles sont, par définition, épuisables. Évidence déjà assénée lors du rapport du Club de Rome en 1972. Réalisé à la demande du MIT (Massachusetts Institute of Technology), il laissait entendre que la croissance aveugle conduirait à un "effondrement". Mais quand le pétrole sera-t-il épuisé ? La question agite le landerneau des experts depuis près d'un demi-siècle. Elle commence tout juste à dépasser le cercle des spécialistes. Ainsi, qui a dit : "Chaque année, nous brûlons ce que la nature a mis un million d'années à reconstituer. Nous venons à peine de prendre conscience que ces ressources n'étaient pas inépuisables. Un enfant qui naît aujourd'hui connaîtra certainement l'épuisement du pétrole" ? Nicole Fontaine, alors ministre déléguée à l'Industrie, le 24 avril 2003, à Bordeaux, lors d'un débat sur les énergies. Un mot clé résume à lui seul le débat : "peak oil". Le moment où la production mondiale de pétrole atteint un pic, avant de commencer à décliner...

1) "L'école des pessimistes"

1949 : un géologue américain de 36 ans d'Exxon publie un article dans une revue confidentielle où il annonce que les énergies fossiles ont une durée de vie limitée. Sept ans plus tard, il récidive. Mais, cette fois, il date l'année où les États-Unis connaîtront le déclin de leur ère pétrolière : 1970. Il s'appelle King Hubbert et a donné son nom au fameux pic de Hubbert. "Pendant des années, ces prédictions vont faire rire", rappelle pourtant un expert. Mais voilà : les compagnies pétrolières américaines ont beau multiplier les explorations, sonder les sous-sols, le débit des vannes américaines s'est tari... depuis 1970. Depuis, les États-Unis importent 60 % de leur pétrole.

Visionnaire. Même constat pour le pétrole de la mer du Nord. Le département du Commerce et de l'Industrie britannique le reconnaît : les ressources de brut pourraient être virtuellement épuisées en 2020. Hubbert serait un visionnaire. Ses héritiers militent aujourd'hui au sein de l'Aspo, association pour l'étude du pic pétrolier. Qui l'anime ? D'anciens géologues de grandes firmes (des idéalistes retraités, selon leurs détracteurs), mais aussi des universitaires européens. À l'image de Colin Campbell, son fondateur. Après une thèse à Oxford en 1957, il a passé toute sa vie dans l'exploration et l'évaluation des champs pétroliers. Aujourd'hui, en Irlande, il passe son temps à naviguer entre rapports confidentiels et courbes d'offre/production. Verdict : "Le peak oil est pour l'an prochain, confie-t-il. Il n'y a plus suffisamment de capacité de production face à l'offre. 46 % des ressources des réserves de pétrole sont douteuses. Le choc va être terrible, non seulement pour les transports des pays de l'OCDE qui dépendent à 95 % du pétrole, mais aussi pour l'industrie, l'agriculture, qui fonctionne à base d'engrais synthétiques à base d'hydrocarbures." Bref, l'économie tout entière.

Crêtes. Prédictions contestées au sein même de l'Aspo, notamment par Jean Laherrère (37 ans de service à Total) : "Impossible de dater le pic, souffle-t-il. Mais on rentre peut-être dans un plateau en forme de tôle ondulée." Une vague de crêtes qui pourrait durer... Yves Cochet, ex-ministre de l'Environnement, résume : "On sera dans le pic de Hubbert en 2007, mais on est déjà dans une situation où la consommation quotidienne d'or noir dépasse l'offre mondiale."

2) Les réserves mondiales au tableau noir

La fin, c'est pour demain ? "L'apocalypse now" de l'Aspo est diversement apprécié (parfois) par les milieux énergétiques. "On a retrouvé un article de 1919 qui livrait un peu le même catastrophisme, conteste d'une voix ferme Nathalie Alazard-Toux, directrice des études économiques de l'IFP, l'Institut français du pétrole. Que disait le papier ? Que les États-Unis avaient déjà pompé 4 milliards de barils, et qu'ils n'en restaient plus que 7 milliards à extraire. Or, à ce jour, plus de 190 milliards de barils ont été puisés aux États-Unis !" Il y a au moins un chiffre sur lequel tout le monde est d'accord : ce qui a été extrait de la Terre depuis 1860. Autour de 1 000 milliards de barils de pétrole. Pour le futur, c'est évidemment une autre histoire. Les "réserves identifiées", "prouvées", s'élèveraient aujourd'hui autour des 1 000 milliards. Mais de quel pétrole parle-t-on ? "Du P90, répond Alazard-Toux, un pétrole brut conventionnel, facile à raffiner et peu visqueux : on a 90 % de chances que les réserves extraites soient au moins supérieures au chiffre des 1 000 milliards de barils annoncé." Du "prouvé" ? Ce qui paie évidemment le plus. Pour avoir "surévalué", en janvier, de 20 % de telles réserves, Shell a dû faire tomber ses plus grosses têtes...

Dopage. Là où ça commence à se gâter, c'est lorsqu'on parle des autres ressources, encore plus subjectives. Il y a les "probables", liées aux caractéristiques géologiques, des réservoirs trouvés à proximité, et "les possibles", dont l'existence sous terre ressort... de la probabilité. Beaucoup d'experts additionnent donc aux 100 % de réserves "prouvées", 50 % de "probables" et 25 % de "possibles". Ce que ne font évidemment pas les "pessimistes". Qui assurent notamment que les réservoirs immenses, les "champs géants", ceux qui font la différence, n'ont plus été découverts depuis les années 1980. "Le problème, c'est qu'il n'y a aucune norme internationale, seulement les annonces officielles des entreprises et des États, résume Nicolas Sarkis, directeur de la revue Pétrole et gaz arabe. Les firmes peuvent être tentées de gonfler leurs prévisions pour doper leurs valeurs. Les États producteurs en font autant pour attirer les investisseurs, d'autant que la répartition des quotas au sein de l'Opep se fait... en fonction des réserves."

L'opacité est totale, par exemple, en Russie ou en Arabie Saoudite, les deux plus gros producteurs d'or noir. Et détenteurs de plus de 50 % des réserves annoncées... Pour autant, l'Agence internationale de l'énergie voit l'avenir avec des lunettes roses et pas de pic à l'horizon. Planchant, ainsi, sur une production annuelle toujours plus haute : 110 millions de barils par jour, contre à peine plus de 80 aujourd'hui.

3) "L'école des optimistes"

La technologie empêcherait de broyer du noir. "Grâce à l'informatique, on rentre dans l'ère de la "digital oil field management", estime Jean-Marie Chevalier, professeur d'économie (Paris-Dauphine). On pourra aller à des profondeurs plus importantes, jusqu'à 3 000 mètres !" Dix fois plus qu'il y a trente ans.

Autre gain potentiel : booster le taux de récupération moyen contenu dans les "champs" bien au-delà des 35 % actuels. Autrement dit, ne plus perdre 65 % de l'or noir ! "Toute augmentation de 1 % augmenterait les réserves d'une à deux années de consommation", dit un expert. Et puis, il y a le pétrole non conventionnel (sables asphaltiques, huiles extralourdes) qui a permis aux réserves d'augmenter de 18 % l'an passé...

Gras. Une dernière thèse vole au secours des "optimistes" : la concentration de l'industrie pétrolière. "Les firmes ont racheté à tour de bras des licences d'exploitation qu'elles n'exploitent pas tout de suite pour se garder du gras", explique un chef économiste d'une grande firme. Une chose est sûre : la production mondiale comme la consommation de pétrole se déplacent vers des pays hors OCDE. À vitesse grand V et avec des risques accrus d'instabilité géopolitique...

A l'arrivée, entre les pessimistes, qui annoncent le début de la fin pour très bientôt, et les optimistes, qui repoussent l'échéance, il n'y a, au mieux, qu'une génération d'écart. Nicole Fontaine l'avouait il y a un an : "Si nous n'anticipons pas les choses, nous irons au-devant de graves désordres économiques et certainement d'insupportables tensions internationales."





Pétrole / Les marchés chauffés à blanc par l'or noir / Instabilité au Moyen-Orient, baisse des stocks et des réserves.. L'emballement actuel des cours reflète une réalité inquiétante. / Par Alexandra SCHWARTZBROD / samedi 15 mai 2004 (Liberation - 06:00)

Un baril de pétrole à 45 voire 50 dollars ? Il y a quelques semaines encore, c'était pure fiction. Aujourd'hui, on s'en rapproche. À toute allure. Comme si la folie du marché s'autoalimentait. Les cours du brut, qui ont déjà pris près de 6 dollars en trois semaines, ont ainsi atteint un record absolu, vendredi à New York, avec un baril à 41,56 dollars, en hausse de 48 cents. Le précédent record historique en séance datait du 10 octobre 1990, peu avant le déclenchement de la guerre du Golfe, lorsque le brut avait atteint 41,15 dollars.

Surconsommation. Aujourd'hui encore, les soubresauts de la géopolitique jouent un rôle prépondérant dans cette flambée de l'or noir. Les menaces d'attentat au Moyen-Orient, qui n'épargnent même plus l'Arabie Saoudite deuxième producteur mondial derrière la Russie, paniquent un marché déjà chauffé à blanc par la hausse des prix de l'essence aux États-Unis où les stocks s'amenuisent à quelques semaines de l'été (saison traditionnellement haute de la consommation) en raison notamment d'un manque de capacité de raffinage (Libération de vendredi).

Faiblesses. Le plus inquiétant, c'est que personne ne voit ce qui pourrait renverser la tendance. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a beau se dire "inquiète" et promettre d'annoncer une hausse de la production lors d'une réunion informelle prévue le 21 mai à Amsterdam (Pays-Bas), les investisseurs n'y croient plus. Et ne réagissent même plus à ses déclarations soi-disant "apaisantes". L'organisation n'avait-elle pas annoncé fin mars, il y a moins de deux mois, qu'elle allait réduire sa production ? Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le cartel, de toute façon, ne peut fournir que 2,5 millions de barils de plus par jour qu'actuellement. À l'exception du Koweït et des Émirats arabes unis, les pays membres sont, en effet, pour la plupart, en situation de faiblesse. Impuissants. Le Venezuela, dont l'industrie pétrolière a souffert de sous-investissement, aura du mal à augmenter sa production tandis que le Nigeria n'est pas encore au bout des conflits ethniques qui le déchirent. Par ailleurs, les tensions risquent de croître encore en Irak, et les menaces terroristes de s'accentuer dans le monde à l'approche des élections américaines. Dans le même temps, de grands pays en développement comme l'Inde ou la Chine, en plein boom économique, vont avoir une demande de plus en plus forte.

Pour tous les experts, le marché a donc raison de s'inquiéter. L'emballement actuel ne fait que refléter la réalité. Et il suffirait d'un nouvel événement majeur, comme une ou plusieurs attaques contre des installations pétrolières parfaitement possibles en cette période de fortes tensions pour que les cours grimpent encore. Face à ce risque de déséquilibre de l'économie mondiale, le gouvernement américain fait tout pour rassurer. Le président du conseil économique de la Maison Blanche, Gregory Mankiw, a ainsi déclaré jeudi à Paris que les cours élevés de l'or noir étaient peut-être un frein à la reprise économique américaine mais qu'ils ne sauraient la faire "dérailler".

Tabou. Mais le pire est loin d'être atteint. Bon nombre d'experts évoquent publiquement le tarissement à venir des réserves de pétrole (lire ci-dessous). En d'autres termes, l'or noir ne serait plus une manne inépuisable mais un bien appelé à se raréfier à un horizon pas si lointain 2007 pour les plus pessimistes, 2050 pour les autres. Le très sérieux magazine britannique The Economist consacrait ainsi, il y a quelques mois, un large dossier à "La fin de l'ère du pétrole". L'économie postpétrole ? Un scénario-catastrophe qu'aucun dirigeant politique ou industriel ne semble encore sérieusement vouloir prendre en compte. Comme si le sujet était si explosif qu'il devait rester tabou. La réalité risque bien de forcer certains à réagir. Notamment en France où, malgré l'importance de l'énergie nucléaire, la consommation pétrolière reste particulièrement forte (lire page 4).





Pétrole /Avec le nucléaire, la France oublie l'essentiel / La loi débattue mardi n'apporte pas de solutions à la dépendance au pétrole dans l'habitat et les transports. /Par Denis DELBECQ / samedi 15 mai 2004 (Liberation - 06:00) /

Trente ans après le premier choc pétrolier, peu de choses ont véritablement changé. La France avait choisi dans les années 1970 de faire quelques maigres efforts contre les gaspillages, et vanté l'indépendance qu'apporterait son ambitieux parc de centrales électronucléaires. Mais l'indépendance n'est pas venue et reste un mythe, en dépit d'une électricité à 80 % nucléaire. L'uranium est importé et le pays a laissé filer sa consommation de pétrole dans les autres secteurs particulièrement voraces en énergie : les transports et l'habitat. Le résultat ? "On consomme à peine moins de pétrole par habitant que nos voisins européens", constate Benjamin Dessus, économiste au CNRS et fondateur de l'association Global Chance. Depuis les chocs pétroliers, nos voisins ont choisi le nucléaire, le charbon et le gaz et, plus récemment, l'éolien, pour produire leur électricité.

Âge d'or. En France, la hausse du pétrole intervient dans un contexte singulier. Après plusieurs mois d'un discutable Débat national sur l'énergie, le gouvernement présente mardi son projet de loi d'orientation sur l'énergie à l'Assemblée, qui doit fixer le cadre de la politique énergétique hexagonale pour plusieurs décennies. Mercredi, le changement de statut d'EDF débarque sur la table du Conseil des ministres, pour lequel la décision de construire le réacteur nucléaire EPR sert de monnaie d'échange avec la CGT. De fait, la seule proposition vraiment concrète du gouvernement réside dans un nouvel âge d'or du nucléaire. "Ceux qui se présentent comme des opposants au nucléaire doivent dire qu'ils sont les alliés des émissions de gaz à effet de serre", avait expliqué Nicolas Sarkozy au Sénat fin avril, en présentant les grandes lignes de la loi.

"Ce recours accru au nucléaire est aberrant, analyse Bernard Laponche, ancien conseiller de Dominique Voynet et membre de Global Chance. Cela ne réglera pas les vrais problèmes." Pour lui, comme pour bon nombre d'experts, les mêmes milliards investis dans les énergies propres et surtout dans les économies d'énergie seraient autrement plus efficaces. "Plus créateurs d'emploi, sans aucun doute, confirme Benjamin Dessus. Mais aussi plus rentable en terme d'énergie. Le choix de l'EPR n'est pas dicté par des considérations énergétiques."

Le projet de loi laisse curieusement de côté les secteurs qui consomment du pétrole, polluent et contribuent au réchauffement climatique. Aucun programme ambitieux de rénovation thermique de l'habitat ancien, gros utilisateur de fioul. Rien de conséquent sur les transports propres, l'aide aux collectivités pour les transports publics, la mise en place de lignes de ferroutage nord-sud pour les camions en transit. Aucun frein au transport aérien intérieur à bas prix, dont l'impact en terme de pollution est grandissant.

Bonne volonté. Restent les "certificats blancs". Un dispositif visant à résoudre une drôle d'équation : comment pousser les producteurs d'énergie à faire baisser la consommation de leurs clients ? Le gouvernement propose imitant en cela la Grande-Bretagne un dispositif dans lequel chaque industriel concerné qui réussit à faire baisser la consommation de ses clients se verra décerner des certificats qu'il pourra revendre à ceux qui n'y parviennent pas. "C'est intéressant sur le papier. Mais comme il n'est accompagné d'aucun objectif, d'aucune contrainte, d'aucun chiffre, cela n'est que de la littérature", s'insurge Bernard Laponche. Au Parti socialiste, Géraud Guibert, cofondateur de l'association Respire, estime que "la politique énergétique de la France restera totalement déphasée par rapport aux enjeux". Le secrétaire national du PS à l'Environnement estime que le choix "libéral" d'en appeler uniquement à la bonne volonté du marché ne permettra pas "de réduire la dépendance au pétrole, de lutter contre le réchauffement climatique et de remplir nos engagements internationaux".

Pour de nombreux experts, l'urgence est d'imposer une diminution de la consommation d'énergie en l'appuyant par des dispositifs d'incitation. C'est une condition indispensable pour parvenir à intensifier la part des sources renouvelables (bois, soleil, éolien, etc.) et réduire la dépendance aux sources fossiles et polluantes. Car la France est loin du chemin qui lui permettra d'honorer ses engagements "verts" vis-à-vis de l'Union européenne, puisque la part d'énergies renouvelables est en baisse. Plus grave, elle démontre sa contradiction avec les engagements de Jacques Chirac devant les pays du Sud.





Pétrole /
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timide à la chasse au gaspi / Le bilan français en économies d'énergie est faible, notamment pour le chauffage. /Par Emmanuelle GENOUD / samedi 15 mai 2004 (Liberation - 06:00)

L'Ademe va porter son message sur les ondes. "Faisons vite, ça chauffe." L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie lance une grande campagne à la télévision et à la radio pour tenter de convaincre de faire la chasse au gaspillage. Présentée vendredi en grande pompe par le ministre délégué à l'Énergie, Patrick Devedjian, la campagne incitera les Français à prendre des douches plutôt que des bains, utiliser les transports en commun ou changer leur électroménager. Voire à changer pour un chauffage plus respectueux de l'environnement.

Il était temps, car le bilan d'écoefficacité français est bien maigre. Un exemple : seulement 6 000 chauffe-eau solaires ont été installés en 2003, alors que le parc français est huit fois plus faible que celui de l'Allemagne (1). Pourtant, l'Ademe a mis en place, fin 2001, des Espaces info énergie (EIE) pour répondre aux questions des consommateurs. "Ce que l'on explique en premier, précise le directeur de l'EIE de Tours, ce sont les économies d'énergie qu'ils peuvent réaliser au quotidien : ne pas laisser sa télé en veille ou son halogène allumé de jour avec les volets fermés." Dans cet espace flambant neuf, trois ampoules (basse consommation, tungstène et halogène) sont reliées à un compteur, pour montrer à quel point la basse consommation est efficace, 32 fois plus que l'halogène à éclairement égal...



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Quelques liens :

Les transports au service de la mondialisation capitaliste :
http://www.france.attac.org/a3599

Réduire la pollution par les Transports :
http://www.amisdelaterre.org/publications/publications_19.html

Transport des matières dangereuses :
http://www.prim.net/actu/archives/transp_mat_dang.html

Indicateurs de pressions sur l'environnement : les transports
http://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/21.pdf

Les transports sur Novethic
http://www.novethic.fr/novethic/site/recherche/rech_resultat.jsp?thesaurus=86

Hygiène et salubrité à bord des navires
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs269/fr/






[ Corrélats : Développement durable / Énergie / Énergie renouvelable / Électricité / ...]

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