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Le travail...
Le travail... c'est la santé !

Nous ne le savons pas encore, mais le travail a déjà été remplacé par l'esclavage.
Notre illusion qu'il n'en est rien, c'est qu'on nous laisse croire que nous pouvons encore négocier le poids de nos chaînes.

Les 35 heures, un problème de cours élémentaire !


Quel avenir pour le travail ? Impasse économique et abîme social

☞ [ 1/5] État des lieux
☞ [ 2/5] Fixation sur l’économie et déni de la société
☞ [ 3/5] Pouvoir monopolistique et régression du salariat
☞ [ 4/5] Mutation régressive et dislocation sociale
☞ [ 5/5] Vers des réformes non réformistes


Ceux qui pensent qu'en bossant pour des capitalistes, ils deviendront capitalistes feraient mieux d'arrêter de bosser !


Ceux qui vantent les vertus du travail sont bien souvent des gens qui n'en branlent pas une !

Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Humeur 1 / L'arrêt pour souffler est rare / Mourir au travail / Humeur 2 / Statistiques AT/MP* : un bilan régional mitigé pour 2002 / Toutes les dimensions de la personne sont privatisées / Quand bosser devient insensé / Souffrance au travail (vendredi 2 mars 2007) / Le travail illégal / "Les entreprises ne savent plus ce qu'elles font" / Le travail - Pourquoi travailler ? / La fonction des entreprises n’est pas de créer des emplois, mais de gagner de l’argent / Des vidéos sur Metis /

Sites Internet et articles / Tableau des articles archivés (.docm) / Articles classés / / Corrélats /
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Études, travail, santé et sécurité : 14 documents sur les jeunes /

Médéfinitif ?
(Inspiré de Hubuc (1927 - 1970), auteur de " Et voilà le travail ")
Voir aussi le site "Et voilà le travail" de Elsa Fayner
Pour les espèces animales, la notion de niche peut être comprise comme leur « profession », c’est-à-dire comme leur spécialisation dans un écosystème.



Le plus souvent, c’est la spécialisation alimentaire qui est la plus facile à aborder. Mais dans la réalité, tous les aspects de la vie d’une espèce font l’objet de spécialisations et sont comme autant d’éléments descripteurs de leur niche.

Parmi les enseignements que nous apporte l’étude des niches, l’un d’eux nous renseigne sur le fait qu’il ne peut pas y avoir une même niche occupée par deux espèces, au sein d’un même écosystème et qu’à terme, l’une des deux espèces est éliminée. Ce principe d’exclusion est sans doute le plus efficace pour diminuer, et même faire disparaître, la compétition entre les espèces. La compétition, qu’elle soit interspécifique (entre espèces différentes) ou qu’elle s’exerce au sein d’une même espèce (compétition intraspécifique), se révèle systématiquement et rapidement peu rentable pour les espèces et thermodynamiquement coûteuse pour les individus compétiteurs. En outre, l’absence de compétition diminue considérablement les niveaux d’agressivité des individus.

Faire face à une agression, c’est agir. Cela veut dire que l’animal va mettre en jeu, comme dans l’action prédatrice, pour une pariade sexuelle, pour un coït ou pour résoudre un conflit d’ordre hiérarchique dans le groupe social, d’abord son hypothalamus qui agira sur son hypophyse pour qu’elle libère de l’A.C.T.H. (Hormone adréno-corticoïde) laquelle va agir sur ses glandes surrénales pour qu'elles sécrètent de l’adrénaline et des corticoïdes.

L’adrénaline ou hormone de l’effort, par ses actions sur le cœur, la circulation, la ventilation, le tonus musculaire, etc., va augmenter la performance physique. Les corticoïdes, par leurs actions analgésiques et anti-inflammatoires, vont permettre à l’effort de se poursuivre en dépit des petits « bobos » qui accompagnent, inévitablement, toute action prédatrice, coïtale ou destinée à régler un différent. Ces deux hormones seront consommées au fur et à mesure que l’effort se prolongera. Lorsque l’animal est épuisé, on peut penser que ses hormones le sont aussi.

Lorsque ces hormones ne peuvent pas être consommées dans l’action, ce qui est fort rare pour les animaux sauvages et libres, leur accumulation développe un stress. Celui-ci se traduit par une régulation en tendance qui veut que l’excès d’adrénaline et de corticoïdes qui circulent dans le sang stimule l’hypothalamus qui excite l’hypophyse qui sécrète de l’A.C.T.H., ce qui conduit les surrénales à libérer davantage encore d’hormones et ainsi de suite.

À terme, l’animal en inhibition d’action, va développer diverses pathologies somatiques (ulcérations, infarctus) autant que psychiques (comportements compulsifs, névroses, désocialisation).

En outre, l’excès de corticoïdes qui sont, à long terme, de forts dépresseurs de l’immunité, vont fragiliser l’animal le rendant plus sensible à diverses morbidités (infections microbiennes ou virales, cancers).




Chez l’homme, animal fortement socialisé, une des composantes principales de sa niche est, sans conteste, la profession qu’il exerce et qui le positionne dans un groupe socio-économique. Enfin, c’était encore vrai, il y a une cinquantaine d’année. Mais depuis, j’ai pu observer que, très progressivement, ces différenciations professionnelles tendaient à s’effacer au profit de statuts totipotents. J’ai vu les métiers disparaître au profit des savoir-faire et même au profit des pouvoir-faire, pendant le temps juste où un besoin de marchandise à produire existe et tant que les gains de productivité restent « compétitifs ». J’ai découvert les mots flexibilité, contrat à durée déterminée, contrat à temps partiel et même contrat horaire ! J’ai vu les ravages de la compétitivité, de la productivité, du chômage et même de l’assistanat (TUC, CES, RMI). J’appréhende le RMA. Et que penser du contrat d'embauche deux ans à l'essai avant d'être viré ?

Paradoxalement, alors que deux ou trois cents millions d’années ont conduits les animaux à toujours diminuer la compétition, en moins d’un siècle et demi, celle-ci a été érigée en système. Pire, l’idée qu’elle est nécessaire est désormais accréditée… par ceux-là mêmes qui en souffrent le plus.

Car bien sûr, tout le monde ne souffre pas de ce regain de compétition et certainement pas les classes autoproclamées d’en-haut, celles que la naissance ou la fortune ont fait lire les ouvrages de Darwin de la même façon que d’autres ont des vapeurs quand ils parlent de Coran ou de voile.




Alors, on a pu dire que le travail, c’était la santé. Qu’en est-il maintenant quand depuis une bonne dizaine d’années, tous ceux qui, après s’être approprié les bénéfices du travail collectif et social, ont mis en route le rouleau compresseur de la compétition ? Compétition pour les emplois laquelle, par un effet boule de neige, exacerbe les compétitions pour LA meilleure école maternelle dès deux ans pour LE cher bambin, LA meilleure et LA plus méritante maîtresse, LA meilleure assistante d’éducation maternelle pour LUI essuyer SON petit trou du cul… qu’il risque bien de n’être, seulement, pendant toute son existence durant laquelle il aura cotisé pour LE meilleur fond de pension qu’il ne touchera jamais si SON meilleur banquier part aux Bahamas.

L’instauration de la compétition tous azimuts est très certainement un facteur important pour expliquer la montée des individualismes, qui, s’ils se regroupent font les communautarismes, d’ailleurs !

Dilution, voire disparition des consciences collectives d’appartenance à une niche, sentiment d’insécurité exacerbé vis-à-vis des autres groupes socio-ethniques, politiques, économiques, culturels, religieux que le sien ; replis familiaux quand ils ne sont pas carrément tribaux ; peurs, peurs de la mal bouffe, du chômage, au travail, des harcèlements, du licenciement, des restructurations, pour la retraite, pour sa santé, l’éducation de ses enfants ; peur du terrorisme, des pauvres, du SIDA, de manquer ; peur d’avoir peur !

Heureusement, y'a la télé : 346 chaînes pour ne plus jamais sortir de chez soi, depuis faire ses courses sur télé achat jusqu'aux chaînes porno... pour l'hygiène ?

Tout cela semble conduire de plus en plus de mes concitoyens, à l’inhibition de l’action aussi bien individuelle que collective, politique ou associative, à des succédanés médicamenteux, à des ersatz hallucinogènes, à des substituts irrationnels, aux intégrismes palliatifs, à des antidotes régressifs, à des panacées sectaires…

Il n’y a vraiment plus que quand ils sont bourrés, bourrant au volant de leurs bagnoles qu’ils consomment leurs hormones de l’action surabondantes, à moins qu’ils ne soient producteurs en colère de porcs en crise bretons englués et cassent la préfecture de Quimper… se trompant manifestement de cible.

Avant d’aller avec les autres trouer la sécu !




Deux articles récents, comme pour enfoncer le clou...

«L'arrêt pour souffler est rare»

Annie Thébaud-Mony, sociologue, dénonce le mythe du congé maladie de convenance.


Par Cécile Daumas / Libération / 15/12/2003

Sociologue, Annie Thébaud-Mony est spécialiste de la santé au travail. Elle est directrice de recherche à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Comment peut-on expliquer l'augmentation des arrêts maladie ?

Par l'émergence des cancers précoces. Dans le cadre d'une enquête que nous menons actuellement dans trois hôpitaux de Seine-Saint-Denis, près de 50 % des nouveaux cas de cancer recensés touchent des gens de moins de 60 ans. Beaucoup d'entre eux travaillent encore. Ces cancers précoces se traduisent par de nombreux arrêts maladie. De plus, nous sommes actuellement dans une période de croissance de l'incidence des cancers de l'amiante.

Il ne s'agit donc pas de «bobologie» ?

Si on avait une inflation des petits arrêts, on pourrait imaginer que les généralistes se laissent apitoyer. Or, l'arrêt pour «souffler» est rare. Même dans la fonction publique, les salariés ont peur de se faire arrêter. Dans les emplois précaires, intermittents, les gens savent qu'un arrêt de longue durée se solde par un licenciement. Cancers, accidents du travail graves, lombalgies chroniques, lésions périarticulaires, dépressions : voilà ce qui entraîne des arrêts maladie. Je ne vois donc pas dans cette augmentation un laxisme de la part de médecins qui signeraient des arrêts de convenance, mais bien un indicateur d'alarme sanitaire.

C'est-à-dire ?

Depuis les années 90, des enquêtes officielles, nationales et européennes, montrent indiscutablement une dégradation des conditions de travail et de la santé au travail. Les contraintes temporelles, l'accélération des rythmes de travail, la précarisation, représentent des risques pour la santé. Les accidents du travail qui n'ont cessé de décroître entre l'après-guerre et la fin des années 80, ne baissent plus vraiment. Il y a une forte persistance des risques physiques et chimiques. Du côté des salariés, on a assisté à une montée des troubles perçus : explosion des maladies articulaires, troubles psychologiques, troubles du sommeil. Or, nous manquons cruellement d'études pour connaître l'impact réel des nouvelles organisations du travail sur la santé. Par exemple, nous ne faisons aucune prévention pour les cancers professionnels.

Ces cancers sont-ils sous-estimés ?

Nous avons des propos incantatoires sur le tabac et l'alcool, jamais sur le travail. Sa part, pour expliquer un cancer, est aujourd'hui totalement sous-estimée, voire masquée. Nous vivons sur le mythe que le travail s'est assaini. Or ce n'est pas vrai : au moins un million de salariés sont encore exposés professionnellement à des substances cancérogènes. L'entreprise utilise de multiples nouveaux produits dont on ne connaît pas la toxicité. Seulement une vingtaine de cancérogènes sont inscrits dans la liste des maladies professionnelles, et seule l'amiante est interdite. Selon l'étude que nous menons en Seine-Saint-Denis, sept hommes sur dix et une femme sur deux ont été exposés à des produits cancérogènes dans leur vie professionnelle. Il s'agit essentiellement d'ouvriers, catégorie professionnelle la plus concernée par ces expositions. Là aussi, les inégalités sociales sont très fortes






« Mourir au travail »


Par Ignacio Ramonet / Le Monde Diplomatique / Juin 2003

Occulté par les grands médias, un document décisif est passé inaperçu : le rapport (1) publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) dénonçant le fait que, chaque année dans le monde, 270 millions de salariés sont victimes d’accidents du travail et que 160 millions contractent des maladies professionnelles. L’étude révèle que le nombre de travailleurs morts dans l’exercice de leur métier dépasse, par an, les deux millions *... Chaque jour, donc, le travail tue 5 000 personnes ! « Et ces chiffres, signale le rapport, sont au-dessous de la réalité (2). »

Lundi 19 septembre 2005 (AFP) : Le BIT dénombre les morts au travail...

Chaque année dans le monde, 2.2 millions de personnes au moins meurent d'accidents du travail ou de maladies liées au travail, selon un rapport du Bureau International du Travail (BIT) paru aujourd'hui.

Le BIT attribue cette hausse évaluée à 10 % " au développement rapide et à la forte pression engendrée par la mondialisation en matière de concurrence ".

Le bureau estime à 122 000 par an le nombre de décès liés au travail dans la communauté réduite des 15. Son estimation pour la Chine* est de 477 000 morts par an !

Le communiqué de presse en entier est en ligne sur :
http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/pr/2005/36.htm

Voir aussi :http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/features/05/orlando.htm

[* Du moment que les prix restent bas !]



En France, chaque année, selon la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), 780 salariés sont également tués par leur travail (plus de 2 par jour !). Là aussi, « les chiffres sont sous-estimés ». Et il y a 1 350 000 accidents du travail environ (3), ce qui correspond à 3 700 victimes par jour, soit, pour une journée de huit heures, à 8 blessés par minute...

Cette souffrance silencieuse, cette redevance versée à la croissance et à la compétitivité, les défenseurs du peuple l’appelaient jadis : l’« impôt du sang (4) ». À l’heure de se pencher sur la question des retraites, il convient de garder ce tribut en mémoire. Et de songer aux centaines de milliers de salariés qui n’atteignent la fin de leur vie active qu’usés, échinés, délabrés. Sans pouvoir profiter de leur troisième âge. Car, si l’espérance de vie a augmenté, cela se traduit aussi, en raison des séquelles de l’activité professionnelle, par une explosion des maladies du retraité : cancers, affections cardio-vasculaires, dépressions, attaques cérébrales, handicaps sensoriels, arthrose, démences séniles, Alzheimer, etc.

Cela rend particulièrement répugnante l’attaque contre le régime des retraites. Une attaque coordonnée, entraînée par les moteurs de la mondialisation libérale (5) - G8, Banque mondiale (6), OCDE (7) - qui, depuis les années 1970, conduisent une offensive contre la Sécurité sociale (8) et l’État-providence. Relayée par l’Union européenne, dont les chefs d’État et de gouvernement, de droite et de gauche (M. Chirac et M. Jospin pour la France), ont décidé, lors du sommet de Barcelone, en mars 2002, de repousser de cinq ans l’âge de départ à la retraite (9). Ce qui suppose une sérieuse régression sociale, et l’abandon du projet de bâtir des sociétés plus équilibrées et plus égalitaires.

Alors que les classes moyennes sont laminées, appauvries, la richesse continue de se concentrer au sommet : il y a trente ans, un patron touchait environ quarante fois le salaire moyen d’un travailleur ; aujourd’hui, il gagne mille fois plus (10)... Et peut voir venir, sans inquiétude, l’heure de la cessation d’activité. Ce qui est loin d’être le cas des salariés ordinaires, en particulier des enseignants.

Par centaines de milliers, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Grèce, en Autriche, en France, ceux-ci ont donc multiplié les arrêts de travail pour protester contre le démantèlement du système des retraites, qu’il faut par ailleurs réformer. Parce que le nombre d’actifs diminue, alors qu’augmente celui des retraités. Et parce que le poids des pensions, égal à 11,5 % du PIB, représentera 13,5 % en 2020, 15,5 % en 2040, et deviendra une charge importante pour la société.

Malgré la crise boursière, qui a fait perdre plus de 20 % de leur valeur aux fonds de pension (11), l’option d’une retraite par capitalisation n’est pas écartée. Elle l’est d’autant moins que la réforme du système par répartition n’est envisagée qu’aux dépens des salariés. Comme s’il ne s’agissait que d’un problème technique, sans conséquences pour l’ensemble de la société. Toutes les variables - montant et allongement des cotisations, âge de départ à la retraite, montant des pensions - sont modifiées systématiquement au détriment du salarié et des revenus du travail. Aucune solution alternative, mettant à contribution les entreprises ou taxant les profits financiers, n’a été retenue.

On estime normal que deux salariés français perdent leur vie au travail chaque jour, et que huit autres soient sacrifiés par minute au bien-être des entreprises. Mais pas que celles-ci, ni le capital, participent davantage aux retraites des personnels. Comment ne pas comprendre la colère des citoyens ?

Ignacio Ramonet


1) Voir sur le site de l’OIT.

(2) Lire le texte intégral du rapport : La Sécurité en chiffres. Indications pour une culture mondiale de la sécurité au travail, Organisation internationale du travail, Genève, 28 avril 2003.(Document au format .pdf - 580 ko)

(3) Les Échos, 7 novembre 2002.

(4) Lire : « Les accidents du travail. L’impôt du sang. 19 décembre 1906 », in La Guerre sociale. Un journal « contre », Les Nuits rouges, Paris, 1999.

(5) La relation entre la question des retraites et la mondialisation libérale est très étroite : les retraites par capitalisation alimentent - aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Japon, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas - des fonds de pension géants, qui sont devenus les acteurs centraux du nouveau capitalisme financier.

(6) Cf. le rapport de la Banque mondiale Réforme des retraites en Europe : progrès et processus, dépêche AFP, 8 mai 2003. Sur l’offensive de la Banque mondiale contre la Sécurité sociale, consulter : http://forums.transnationale.org/vi...

(7) El País, Madrid, 20 mai 2003.

(8) Le rapport Chadelat, rendu public en avril 2003, promet une remise en cause frontale de l’assurance-maladie ; il vise à démanteler et à privatiser la Sécurité sociale. Lire le texte intégral du rapport.

(9) Lire Bernard Cassen, « Est-il encore utile de voter après le sommet de Barcelone ? », Le Monde diplomatique, avril 2002.

(10) Libération, 21 mai 2003.

(11) Lire Martine Bulard, « Les retraités trahis par les fonds de pension », Le Monde diplomatique, mai 2003.




(Humeur : Ou comment n'être jamais coupable, à peine responsable, toujours du côté du manche, bien assis sur le principe de précaution et se foutre comme d'une guigne de la faute inexcusable.

Question : y a-t-il un rapport entre l'amiante, le sang contaminé, les hormones de croissance, le Gaucho ou les TMS (troubles musculo squelettiques) ?

Réponse : oui, de force.)




Extrait de la revue Prévenir Décembre 2003 (CRAM Languedoc Roussillon)

Statistiques AT/MP* : un bilan régional mitigé pour 2002

Les accidents mortels sont en baisse (- 11,1 %), les maladies professionnelles en forte progression (+ 30 %), les accidents de trajet continuent d'augmenter (+ 8,7 %), et la fréquence des accidents du travail reste stable (51,5 accidents pour 1000 salariés en 2002 contre 50,8 en 2001 et 51,3 en 2000).

Le niveau de risque dans la région reste préoccupant. L'indice de fréquence se stabilise à un niveau largement supérieur à la moyenne nationale (51/45 accidents pour 1000 salariés). les résultats de la région sont impactés par certaines activités dont les indicateurs sont fortement dégradés. Si les secteurs du B.T.P. et du Bois, qui restent les plus touchés, n'ont pas vu leurs résultats se détériorer, il n'en est pas de même dans le travail intérimaire dont l'indice de fréquence a augmenté de 50 % en deux ans (176 en 2002, 133 en 2001, 110 en 2000) et dans le secteur santé et action sociale qui progresse de 20 % en 2 ans (46 en 2002, 42 en 2001, 38 en 2000). Ces deux secteurs emploient près de 45 000 salariés dans la région. À une moindre échelle, le transport routier de marchandises voit également ses indicateurs sensiblement dégradés (62 accidents pour 1000 salariés en 2002 contre 57 en 2001).

Le nombre de maladies professionnelles indemnisées progresse de 30 %. Les ¾ d'entre elles correspondent à des lésions ostéo-articulaires (lombalgies, troubles musculo squelettiques).

Les entreprises de la région ne semblent pas avoir pris conscience de l'ampleur du problème, les actions de prévention proposées conjointement par la CRAM L-R et les médecins du travail n'ont rencontré qu'un faible écho**. Cette insouciance risque de coûter cher aux entreprises concernées car le coût moyen d'une maladie professionnelle (55.000 euros) est 2 fois supérieur à celui d'un accident grave, il grève de plus en plus lourdement les taux des cotisations sociales.

Le nombre de jours d'arrêts de travail consécutifs aux accidents a progressé de 11 %, cette augmentation est identique à celle annoncée au plan national pour les arrêts maladie. La CNAM annonce un renforcement des contrôles dans ce domaine. Avec 1,6 millions de journées perdues, la région Languedoc-Roussillon dispose de l'équivalent d'une entreprise de 7200 salariés arrêtée pendant une année pour accident du travail : un coût exorbitant pour l'économie locale !

L'entrée en application d'un document unique d'évaluation des risques professionnels a provoqué une prise de conscience dans de nombreuses entreprises. Les organisations professionnelles d'employeurs, les chambres de commerce et les chambres des métiers se sont mobilisées pour apporter des conseils avisés à leurs adhérents. Si les entreprises sont capables de dépasser le stade de l'obligation administrative pour engager une véritable réflexion sur les risques encourus par leurs salariés, on peut espérer une amélioration de la situation dans les années à venir. À ce titre, le montant des aides financières sollicitées auprès de la CRAM par les entreprises régionales est un indicateur encourageant. Il est passé de 380.000 € en 2001 à 640.000 € en 2002. On peut voir dans ces chiffres une reprise significative de l'investissement et de la formation dans le domaine de la sécurité au travail.

Le durcissement de la notion de faute inexcusable introduit en février 2002 par la Cour de Cassation, et l'engagement du Ministre du Travail de renforcer l'effectivité du droit du travail, devraient également contribuer à une prise de conscience nécessaire dans les entreprises de la région. Vous pouvez consulter les résultats statistiques 2002 sur le site de la CRAM L-R.

[*Accidents du travail / Maladies professionnelles]

[** Pour information : Population totale de la région Languedoc Roussillon : 2 296 000 hab. / Nombre d'allocataires au RMI : 71117 / Taux de chômage : 13.8 % / sources INSEE / dernier trimestre 2003.]




Toutes les dimensions de la personne sont privatisées. / PROPOS RECUEILLIS PAR THIERRY BRUN . Auteur de la Modernisation des entreprises, Repères ", La Découverte; et Perte d'emploi, perte de soi, avec Barbara Rist et Estelle Durand, éditions Érès, 2002.

JEUDI 16 DÉCEMBRE 2004, Politis, 5

Sociologue du travail, Danièle Linhart* estime qu'il n'y a plus de logique sociale dans le rapport au travail dans l'entreprise.

La loi de cohésion sociale poursuit le démantèlement du code du travail. Jusqu'où cela va-t-il aller ?

Danièle Linhart : C'est le résultat d'une stratégie patronale d'individualisation systématique de la gestion des salariés qui a déjà trente ans. Le problème fondamental est que les représentants syndicaux et politiques montrent une absence de sentiment de légitimité à réclamer la prise en compte des besoins sociaux. Dans un colloque, le président du Medef Rhône-Alpes a exigé de ses salariés qu'ils soient " les militants inconditionnels de l'entreprise ". L'idée que les salariés puissent avoir des intérêts, des besoins, des attentes qui ne soient pas liées au sort de l'entreprise n'est plus légitime. C'est ahurissant de privatiser à ce point, au sein du contrat de travail, toutes les dimensions de la personne. C'est la négation de l'existence de la dimension sociale de la personne et c'est une victoire de la vision " économiste " de la vie. On sait pourtant que le rapport au travail est déterminant. Pour les jeunes, c'est là que s'expérimente la socialisation, la citoyenneté, que se constituent les identités sociales, l'image de soi, le rapport à autrui. C'est l'activité fondatrice de la société. Que dans cette expérience fondatrice on n'accepte pas que soit en jeu autre chose que les intérêts immédiats de l'entreprise, c'est une aberration. On est dans une logique de mercenariat, et l'on peut se demander si une société qui ne prend en compte que la rationalité économique des entreprises n'est pas une société dont l'avenir est inquiétant.

Jean-Pierre Raffarin a annoncé un " accord sur le temps choisi " pour assouplir les 35 heures. Cela est-il réaliste ?

Jean-Pierre Raffarin témoigne d'une profonde méconnaissance de la réalité du monde du travail et de ce qui se joue pour chacun dans sa situation de travail. Il dit qu'il faut remettre les Français au travail, mais le propos est totalement décalé par rapport à l'intensification du travail - qui a puisé son origine dans les 35 heures - et au fonctionnement d'organisations qui n'arrivent pas à concilier les exigences de qualité et de quantité dans une logique productiviste. Toutes les enquêtes le montrent, les salariés sont actuellement dans un état de surchauffe permanente, ce qui se manifeste, entre autres, par l'usage de médicaments, par le suicide au travail et des accidents en augmentation. Il y a un épuisement mental et physique au travail extrêmement important. Il gagne les cadres et d'autres activités, par exemple les cabinets d'avocats, les hôpitaux, les maisons de retraite, etc.

D'où viennent ces bouleversements du rapport au travail ?

En France, il y a eu un point de rupture après 1968 : la jeune génération ouvrière a réalisé le mode de régulation qui consistait à échanger des conditions de travail difficiles contre des salaires en augmentation et un certain bien-être matériel. " Il ne faut pas perdre sa vie à la gagner ", disait-on. Un grand et puissant mouvement d'individualisation et d'atomisation de la gestion des salariés s'est mis en place dans les années 1970. Il n'est pas lié à une conjoncture économique ou technologique particulière, mais il a démarré en raison de la volonté d'inverser un rapport de force défavorable. Le patronat a mis en place une stratégie que l'on retrouve dans les assises de Marseille en 1972, qui consistait à individualiser et donc à casser les grandes logiques collectives. À cela, il faut ajouter l'installation de la crise économique à la fin des années 1970. Avec l'arrivée des socialistes au pouvoir, les lois Auroux ont induit une réhabilitation de l'entreprise avec l'idée de la citoyenneté et de la démocratie dans l'entreprise. Ces phénomènes de crise économique, de montée du chômage et de mise en place des lois Auroux ont eu pour effet de légitimer cette grande tendance à l'individualisation qui est devenue une personnalisation de la relation du salarié à son entreprise avec l'idée de sa valorisation. Cette tendance est d'ailleurs ambivalente : s'il s'agissait de casser le rapport de force, on prétendait également répondre à certaines aspirations de la société civile. Les horaires individualisés mis en place en 1973 montrent bien cela. Ils ont posé beaucoup de problèmes aux syndicats, qui ne pouvaient, par exemple, plus distribuer leurs tracts à l'entrée des usines, et difficilement s'opposer à cette souplesse bien vécue par les salariés.

Le gouvernement Raffarin parachève-t-il ce mouvement d'individualisation ?

Ce grand mouvement d'individualisation et de personnalisation du rapport au travail s'est renforcé avec l'évolution de la nature du travail, qui devient plus du diagnostic, de l'échange d'informations, de la surveillance, du contrôle dans l'industrie, mais aussi de l'interaction avec le public dans les services. Le gouvernement joue là-dessus. On reconnaît la personne, mais on s'efforce de formater sa subjectivité et son affectivité, à travers ce que l'on appelle le management des émotions. Les managers se sont donné pour tâche de rationaliser cette subjectivité et de l'adapter aux besoins du marché du travail. S'y ajoute une intrusion plus forte dans la vie privée, liée à la mobilité imposée et au fait que les salariés sont joignables à tout moment et avec beaucoup d'astreintes. Le salarié doit être mobilisable à n'importe quel moment, comme cela se pratique au Japon. Il pourra de plus être " invité " à faire des heures supplémentaires en fonction des variations du carnet de commandes, et à voir ses projets privés bousculés en permanence.




Souffrance au travail (vendredi 2 mars 2007)

À Guyancourt chez Renault.

Cinq suicides, quatre morts, dont trois en quatre mois, par le stress, la fatigue, l'épuisement au travail, la communication de Renault indiquait de manière scandaleuse que c'était un taux de suicide " normal " sur le site : le Technocentre de Guyancourt, qui comprend 12.000 salarié-e-s, équivalant, selon la direction Renault, à une petite ville de 12.000 habitants ! Sauf que nos camarades de SUD Renault indiquaient, eux, que dans une petite ville de province on ne se suicidait pas sur son lieu de travail !

Le dernier drame en date : un technicien qui allait passer cadre s'est pendu en laissant une lettre responsabilisant l'entreprise et son PDG Carlos Ghosn. Une enquête judiciaire a été diligentée à la suite de ce dernier suicide. Les conditions de vie et de travail avaient été dénoncées depuis longtemps par nos camarades. Encore récemment, un tract de novembre 2006 de SUD Renault indiquait que le stress au travail mettait les salarié-e-s en danger : heures supplémentaires à rallonge non légales (des techniciens, des cadres, commencent leur journée à 7h30 pour la finir à 21h !), charges de travail trop lourdes, impossibilité de prendre ses congés quand on veut, peur de l'avenir, des délocalisations, pression individuelle très lourde à la performance, mise en concurrence des salarié-e-s par l'individualisation de l'évaluation et des augmentations (encore récemment un chef d'UET indiquait que les consignes de la direction étaient de réduire l'éventail des augmentations pour privilégier un petit nombre des techniciens parmi les plus " méritants "), urgence permanente dans le travail, harcèlement parfois par des collègues ou la hiérarchie....L'entreprise est responsable ! Son PDG C. Ghosn avait été présenté à sa nomination comme un " cost killer " (un réducteur, un " tueur " de coûts de production). Il avait déjà un passé chargé quant à la suppression des emplois à Vilvoorde en Belgique et la fermeture de deux usines chez Nissan au Japon. Il faut que la situation à Guyancourt amène le patron adulé par le Medef et par la presse à stopper les causes des " suicides en série " qui peuvent à nouveau se reproduire chez Renault.

Il est clair, face à de tels drames, que les causes d'un suicide sont multiples et ne sont pas le seul fait de l'entreprise ou/et de son patron. Elles touchent les plus fragiles et ceux dont la situation psychologique, familiale, affective est déjà difficile. Pour autant la souffrance au travail est une réalité que Renault doit prendre en compte. SUD et la CGT ont demandé au CHSCT une expertise des risques psychosociaux indépendante. Les syndicats d'accompagnement de la direction CGC et CFDT l'ont refusé ! Il faut : rétablir les postes de délégués CHSCT supprimés ! Il faut arrêter les réunions les plus tardives (les salarié-e-s de Guyancourt demandent la fin de ces réunions avant 20h !). Il faut rétablir les coupures pour prendre ses repas (des plateaux-repas sont apportés actuellement en réunion pour ne pas perdre de temps ). Il faut arrêter les déplacements tardifs le soir ou en week-end ! Il faut cesser le blocage injuste des congés principaux ! C'est le sens de l'intervention de nos camarades le 23 février devant un rassemblement de colère qui a compté 2.000 salarié-e-s à Guyancourt.

Et ailleurs...

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Dans d'autres lieux de production, à Charleville Mézières, en fonderie, chez Peugeot-Citroën, le 3 février, un ouvrier a mis fin à ses jours en invoquant dans une lettre d'adieu la difficulté de ses conditions de travail. Pour ce qui nous concerne dans l'industrie à Solidaires, et de manière moins dramatique, heureusement, nos camarades passent une grande partie de leur temps à lutter contre le harcèlement, les brimades, l'intensification toujours plus grande des rythmes de travail. Chez Peugeot, chez Renault, sur les lignes, les opérateurs, les ouvriers ont vu leurs pauses (y compris pour les repas) supprimées et rachetées ou reportées en fin de poste. C'était le cas à Charleville, c'est aussi le cas à Citroën Aulnay. Dans cette même usine, une de nos camarades, sur les chaînes, après une rechute d'accident de travail, s' est retrouvée en ligne sur un poste dur au montage des bacs batteries malgré les protestations syndicales. Nos camarades de Sud Métaux 33, chez SPS/Safran, dénonçaient encore en janvier, au CHSCT : l'anxiété pathologique, les dépressions, la non reconnaissance des salarié-e-s dans cette usine de construction de moteurs de fusées. Les exemples fournis par nos camarades pourraient être allongés sans fin. La suppression de toute pause entraîne l'intensification du travail déshumanisante. On ne vient plus que pour bosser, il n'existe plus de communication humaine et sociale (ce qui diminue aussi la parole syndicale !)....

Plus globalement la souffrance au travail due à l'intensification touche plus largement l'ensemble de la classe ouvrière, du monde salarié. Les centres d'appels téléphoniques sont dans les nouveaux modes de travail un des endroits où la pression imbécile hiérarchique est la plus forte.

Cette souffrance s'exprime, en France, et ailleurs, par de nouveaux mots dans la langue : au Japon a été formé le terme " Karôshi " qui signifie la mort par épuisement au travail ! Plus près de nous, dans la fonction hospitalière, les infirmières subissent le " burn-out " qui a le sens de l'épuisement par les conditions faites aux personnels. La durée dans le métier d'infirmière ne dépasse pas aujourd'hui 10 ans, tellement les conditions de ces personnels sont difficiles : faute de moyens humains, de reconnaissance sociale, les infirmières, les aides soignantes doivent quitter la profession avant terme.

Travailler n'est pas seulement vendre sa force de travail au meilleur (ou moins mauvais) salaire, c'est aussi une relation sociale qui engage tout l'être humain. Les ouvriers, techniciens, infirmières, postiers, téléphonistes, hôtesses de caisses en supermarchés, ont besoin de reconnaissance dans leur travail. La " modernité " capitaliste, en période de crise et d'intensification des conditions de travail, ne permet plus cette reconnaissance, cette fierté (parfois) de ce qu'on réalise. La concurrence est la loi implacable des patrons et des actionnaires qui tendent à l'imposer aux salarié-e-s entre eux, à travers l'évaluation des performances, la compétition, le " mérite " cher au gouvernement et à une partie des candidats à la Présidence de la République.

Il n'existe aucune fatalité humaine ou sociale. Face au désespoir, à la dureté de la vie au travail, souvent face à sa souffrance, nous maintenons que la réponse est dans l'action collective et syndicale pour faire céder les patrons, obtenir des emplois supplémentaires, des salaires plus élevés, des conditions de sécurité, d'hygiène grandissante, au lieu de la régression actuelle sur ces questions entraînant les drames récents. Nos camarades des SUD de chez Renault, Peugeot, Thomson, SPS/Safran .... sont au cœur de ces batailles dans des conditions difficiles.

La lutte continue....

SOLIDAIRES INDUSTRIE

Source/auteur : http://www.solidaires-industrie.org/

Mis en ligne le vendredi 2 mars 2007, par Ludo

http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=10596




L'intensification du travail en a fortement dégradé les conditions et a profondément déstabilisé les individus.

Quand bosser devient insensé

Par Thomas Coutrot membre du conseil scientifique d'Attac, François Desriaux rédacteur en chef de "Santé et Travail" et Nicolas Sandret médecin du travail, consultation de pathologie professionnelle à Créteil / Libération / Rebonds / jeudi 5 avril 2007

Comment ne pas voir à travers les récents suicides de salariés, sur les lieux mêmes de leur travail, chez Renault, Peugeot, ou encore EDF, la marque de la dégradation des conditions de travail ces dernières années ? Au-delà de ces cas dramatiques, on observe également d'autres phénomènes qui ne laissent guère de place au doute. Ainsi, l'explosion de cas de harcèlement moral ne tient vraisemblablement pas à la recrudescence de personnalités perverses au sein de l'encadrement. De même, l'épidémie de troubles musculo-squelettiques comme des syndromes dépressifs ne provient sans doute pas d'une plus grande fragilité des jeunes générations. Les enquêtes statistiques sur les conditions de travail menées périodiquement par le ministère de l'Emploi indiquent clairement une forte dégradation entre 1984 et 1998. Certes, la dernière édition publiée au début de l'année tend à montrer une pause dans l'intensification du travail. Pour autant, cela reste très préoccupant. Ce ne sont donc pas les salariés qui perdent la tête, mais le travail lui-même qui devient insensé.

Malgré les progrès techniques, malgré l'augmentation des qualifications, malgré l'essor des emplois de service, la pénibilité physique n'a pas reculé, et la charge mentale s'est considérablement accrue. A travers de multiples enquêtes, les salariés expriment un sentiment général de dégradation de la qualité de vie au travail, que de nombreux chercheurs de différentes disciplines au plan international attribuent à l'intensification du travail. Ainsi, dans cette entreprise de fabrication de biscuits, une chaîne d'emballage génère de nombreux troubles musculo-squelettiques (TMS). L'enquête menée par la CFDT ( le Travail intenable, Laurence Théry, la Découverte) démontre que les opérateurs affectés à ces postes doivent saisir pas moins de 100 biscuits à la minute ! Au lieu de faire les investissements productifs nécessaires, la direction a préféré saturer les capacités de travail afin d'accroître la rentabilité. Dans la grande distribution, le Journal d'un médecin du travail de Dorothée Ramaut (Editions du Cherche-Midi) montre de façon documentée et accablante les dégâts considérables que l'exigence de compétitivité ne manque pas d'entraîner sur la santé psychique des salariés d'une grande enseigne, qu'ils soient employés ou "petits chefs" . Mais qu'on ne se trompe pas. Au-delà de l'horreur managériale, où le harcèlement moral tient lieu d'instrument de gestion des ressources humaines, c'est bien l'intensification du travail qui est en cause, comme le corrobore une enquête récente menée par 350 collègues de Dorothée Ramaut auprès de 4 850 salariés de la grande distribution. 80 % d'entre eux jugent la pression temporelle forte et 40 % s'estiment "tendus, crispés, stressés".

L'intensification du travail résulte des multiples réorganisations destinées à accroître sans cesse le volume de production par personne et par heure (la fameuse productivité), soit par augmentation des rythmes de travail, soit par réduction constante des effectifs, soit, le plus souvent, par une combinaison des deux. La "production allégée" ( lean production ) confie aux agents de production les tâches de maintenance afin de supprimer les temps morts et leur demande d'assurer en plus le contrôle qualité et la rectification des défauts constatés. De plus en plus de salariés, même dans l'industrie, travaillent directement sous la pression du client, et doivent faire preuve d'une réactivité instantanée.

L'intensification implique à la fois accélération et standardisation. Tout ce qui faisait la richesse du métier, le tour de main, l'attention particulière donnée à un dossier ou à un client, est proscrit au profit de ce qui est quantifiable et immédiatement rentable. Le métier s'apprenait, se vivait, s'enrichissait par les échanges entre collègues sur les façons de régler au mieux les imprévus du travail. Malgré des conditions de travail parfois rudes, il y avait une promesse de réalisation de soi, grâce à l'appui que représentait le collectif, l'appartenance à un métier, une classe, etc.

L'évaluation individualisée des performances au contraire, en faisant miroiter la promesse que chacun sera reconnu pour ce qu'il est, met en réalité chaque salarié en concurrence avec les autres. Chacun se retrouve seul face à des objectifs imposés mais souvent irréalisables, isolé face aux difficultés, sans possibilité d'échanger, ni sur les échecs ni sur les façons dont telle ou telle épreuve a été dépassée.

Il est urgent d'interrompre l'éclatement des collectifs et de recréer des espaces permettant aux salariés d'échanger sur leur travail, de confronter leurs pratiques, leurs doutes, leurs savoir-faire, mais aussi de partager leurs réussites ou leurs échecs. Difficile également d'éviter de remettre aussi en cause les modes d'organisation du travail et de gestion des entreprises, trop soumis aujourd'hui à la seule logique de la rentabilité financière à tout prix. Les salariés mais aussi les usagers, les consommateurs, les citoyens, doivent avoir leur mot à dire sur le but et les modalités de la production. C'est à ces conditions que le travail peut redevenir favorable à la réalisation de soi et au lien social.




Travail illégal

La servitude des bonnes des beaux quartiers.

Elles sont domestiques corvéables à merci, sans papiers, sous-payées, pour la plupart originaires des Philippines, et vivent dans des conditions souvent indécentes au service de familles aisées. Rares sont celles qui se rebellent.

La plupart, convaincues de ne " pas avoir le choix ", se taisent et acceptent leur sort. Elles décrivent des " patrons gentils ", qui offrent " une chance " au regard de la situation dans leur pays d'origine et dont les enfants deviennent " comme les nôtres ". Quelques-unes, après des années d'exploitation et d'espoirs déçus, ou parce que la servitude s'est mue en esclavage, entament une démarche judiciaire pour faire valoir leurs droits. " Ils m'avaient promis plein de merveilles. Quand j'ai demandé s'ils pouvaient m'aider pour les papiers, c'est devenu un cauchemar ", raconte Fanny, une capverdienne de 39 ans qui a passé dix ans au service d'un riche couple des Hauts-de-Seine et dix autres à batailler devant les tribunaux. Domestique, garde d'enfants, cuisinière, couturière, femme de ménage... Étrangères, sans papiers, sous-payées, elles sont - parfois des hommes aussi - les " petites bonnes " de familles aisées de Paris ou de la Côte d'Azur.

" N'est pas notre employée ", s'est d'abord entendu répondre Angéla, qui a porté son dossier devant le conseil de prud'hommes de Paris après neuf ans de service. " Un léger travail d'entretien " en échange d'une chambre de bonne, assure désormais la défense du couple qui l'utilisait, dirigeants d'une célèbre marque de vêtements branchés. " Ces gens établissent une relation quasi coloniale, où règne une totale hypocrisie ", tempête Me Slim Ben Achour, avocat de Fanny et aujourd'hui d'Angéla, qui se dit convaincu du " caractère discriminatoire " de ces situations. " C'est parce qu'elles sont femmes, venant d'Afrique ou d'Asie, et de couleur que ces conditions de travail leur sont faites ", affirme-t-il.

Fuir au Canada

Le cas des domestiques philippin(e)s, très apprécié(e)s de l'élite de l'Ouest parisien, n'est un secret pour personne, ministère de l'Immigration y compris. Depuis l'automne, ce dernier négocie un " accord de gestion concertée des flux migratoires " entre la France et les Philippines qui " vise uniquement les emplois qualifiés et les étudiants ". Quid des employées de maison déjà présentes en France ? " Elles ne sont pas du tout concernées par l'accord. Cela en fausserait l'esprit ", insiste un porte-parole de la Rue de Grenelle. Dans la communauté, pourtant rodée à une solidarité mêlant action des associations et des Eglises, la crainte de l'expulsion est devenue telle que beaucoup s'organisent pour tenter l'émigration au Canada. " Trente sont partis en décembre ", assure Rafaelito Gomez, qui bataille par ailleurs pour " l'intégration " de ses compatriotes via une petite association qui donne des cours de français.

Á 8 € de l'heure, 12 maxi, " pas de paye " quand les patrons sont en vacances, il faudrait au minimum deux ans à Maria et Ruben, logés dans un 5 m2 du XVIe, pour réunir la somme nécessaire à un nouveau départ. Eux ne porteront jamais plainte. " Par peur et par ignorance de leurs droits ", analyse Denis Mana-ay, qui travaille à l'église américaine du VIIIe arrondissement. " La révélation de ces affaires se heurte au principe de l'inviolabilité du domicile privé, où elles sont en général confinées ", souligne en outre le commandant de gendarmerie François Chambre, chef adjoint de l'Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Quant aux très rares personnes qui osent briser le huis clos de ce phénomène caché - dont le Comité contre l'esclavage moderne (CCEM) rappelle qu'il ne se réduit pas aux beaux quartiers -, un autre combat fait de " très longues procédures " les attend. Avec, à la clef, déplore Sophia Lakhdar, présidente du CCEM, " des peines très peu dissuasives*".

Pascale Égré / Le Parisien , lundi 24 mars 2008

[Ajout personnel : Les sanctions liées au travail illégal]

Voir aussi :

Travail illégal : http://www.travail-solidarite.gouv.fr/sous-dossiers.php3?id_rubrique=156&id_mot=333

Il ne faut pas confondre travail illégal dans les beaux quartiers et économie souterraine dans les banlieues :
http://www.finances.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb229/229_lce.htm






La fonction des entreprises n’est pas de créer des emplois, mais de gagner de l’argent



Par S.H./ dimanche 14 octobre 2012



La « valeur travail », le « patriotisme économique », l’« éthique en entreprise » et la « création de richesses » qui profiterait à tous… inutile de vous dire que tout ça, c’est de la foutaise : la guerre est déclarée. Le professeur d’économie Patrick Mignard a publié sur Altermonde un rappel fort réaliste de quelques fondamentaux que les salariés qui aiment leur travail (ou croient l’aimer dès lors que leur emploi est menacé) oublient un peu trop vite.

« 1 - Une entreprise est faite avant tout pour valoriser le capital que l’on y investit… pas pour créer des emplois. La production n’est qu’accessoire. La preuve : on l’arrête quand produire n’est plus assez rentable.

2 - Le salarié n’est qu’un facteur de production. Il crée la valeur par son travail, mais est rémunéré à la valeur de sa force de travail (ce dont il a besoin pour vivre… ou presque). Son salaire est un coût de production.

3 - Le capital technique — les machines — permet au salarié d’être efficace dans son acte de production. Le progrès technique, en augmentant la productivité du travail humain, relativise quantitativement sa présence dans la production. Plus la machine est performante, moins on a besoin du salarié.

4 - Le profit — la part de la valeur produite par le salarié, mais qui ne lui est pas restituée — appartient exclusivement aux propriétaires du capital (les actionnaires). Notons que les salariés n’ont aucun droit sur lui puisqu’ils ont été rémunérés à la valeur de leur force de travail (marché dit "du travail", en fait "de la force de travail").

5 - La gouvernance de l’entreprise est constituée par l’assemblée générale des actionnaires, propriétaires du capital. Notons que les salariés n’ont aucun droit dans ce domaine.

6 - Le droit – social - des salariés n’est que le produit de leurs luttes. Rien n’a été accordé par le capital, tout a été conquis soit par la force, soit par la peur. »


De fait, les entrepreneurs qui réclament davantage de reconnaissance (et d’amour !) parce qu’ils sont créateurs de richesses et d’emplois nous pipotent. Et Patrick Mignard de poursuivre :

« Ces acquis sociaux — certainement pas définitifs, contrairement à ce que beaucoup de salariés croyaient et croient — ne tenaient que parce que le rapport de force salariés/capital était en faveur des premiers, le capital ayant alors, encore, peu de marges de manœuvre. Mais le capital ne connaît plus les frontières. […] Dès lors, on assiste à une remise en question totale des acquis :

• Les salariés en concurrence sur le marché international de la force de travail ne peuvent plus exiger le maintien et, a fortiori, l’augmentation de leurs salaires ;

• l’entreprise, lieu essentiel pour les salariés (mais pas pour les actionnaires), peut quitter le territoire national, voire disparaître ;

• tous les acquis sociaux sont remis en question et les syndicats n’y peuvent rien. L’exclusion remplace l’exploitation dans la conscience des salariés et, le "couteau sous la gorge", ceux-ci sont prêts à tous les sacrifices pour défendre leur emploi.

Sont totalement incongrues au regard des principes de fonctionnement de la gestion du capital, ces idées et déclarations que l’on entend couramment dans les médias :

• L’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise (les actionnaires) impose une rentabilité fondée sur la maîtrise du coût de la main d’œuvre (les salaires) ;

• l’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise (les actionnaires) licencie pour accroître sa rentabilité (la force de travail en tant que variable d’ajustement) ;

• l’idée qu’il serait scandaleux et inhumain de liquider une entreprise et de licencier son personnel pour des questions de rentabilité financière (liquidation pour spéculer sur les marchés financiers) ;

• l’idée qu’il serait scandaleux que l’entreprise privilégie les actionnaires au détriment des salariés.

Ces idées, émises, véhiculées, proclamées par les salariés licenciés ou en voie de licenciement, montrent à quel degré d’incompréhension ceux-ci en sont parvenus en matière de connaissance de ce qu’est véritablement ce système. »


Pourtant, déplore-t-il, « ces salariés, la classe ouvrière (comme on disait), les syndicats et l’ensemble des citoyens ont eu 150 ans pour se rendre compte de ce qu’était le capitalisme. (…) Mais l’immense majorité a cru en la parole des bonimenteurs politiciens qui promettaient — et promettent toujours — d’humaniser le capitalisme, de faire des réformes, de défendre l’intérêt du peuple… et continue de voter pour eux. Aujourd’hui il est trop tard, l’édifice s’écroule sur nous. Il va falloir faire preuve d’une grande imagination, d’une grande vigueur et d’une pratique efficace pour ne pas y laisser notre peau ».

En effet, plus le monde du travail devient inhumain, plus ceux qui s’enrichissent sur la sueur de ceux qui le fournissent usent de manipulation sémantique afin de lui donner un vernis d’humanité et de morale (« valeur travail », « éthique », « patriotisme économique »...). Or, plus on injecte de la morale et de l’affect dans le travail, plus l’intention de tromper le salarié est grande.

À la fin de la Deuxième guerre mondiale, puis des Trente glorieuses puis de la Guerre froide, les capitalistes ont décrété la « guerre économique ». D’abord larvée et silencieuse, elle est devenue de plus en plus prégnante. Aujourd’hui, elle est là, devant nous : c’est une guerre sociale (et civile ?), la « guerre des classes » évoquée par le milliardaire américain Warren Buffet. Dès lors, il n’est plus question de croire aux sentiments.

S.H.

actuchomage.org










Encyclopédie de sécurité et de santé au travail du BIT :
http://www.ilo.org/public/french/protection/safework/cis/products/encyclo/pdf/index.htm

Conditions de travail sur Novethic
http://www.novethic.fr/novethic/site/recherche/rech_resultat.jsp?thesaurus=17

L'égalité au travail :
http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---dgreports/---dcomm/documents/publication/wcms_082769.pdf

La santé, ça vous travaille ?
http://www.energie-alerte-sante.org/gen/index.html

Statistiques accidents du travail :
http://www.risquesprofessionnels.ameli.fr/fr/accidents_du_travail_2/accidents_du_travail_2_stats_gen_1.php

Base de données de l'INRS (décembre 2006)
http://www.inrs.fr/

Santé et sécurité au travail
http://www.travail.gouv.fr/dossiers/156.html?id_mot=340&x=12&y=4/

Fiches de sécurité (publications INRS):
http://www.travail-et-securite.fr/tes/condition_de_travail_en_entreprise.html

Fiches médicoprofessionnelles@@@@ (très nombreux liens) :
http://fmpcisme.org

Plan du site de l'OIT
http://www.ilo.org/public/french/sitemap.htm

Le nombre des accidents du travail et des maladies professionnelles continue d'augmenter :
http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/pr/2005/21.htm

____________________

L'homme étant l'aléa naturel le plus capable d'infliger des dommages considérables à ses alter ego, surtout s'ils sont momentanément plus faibles, on ne manquera pas d'inscrire le site de Gérard Verna parmi ses favoris :

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/

L'environnement hostile :
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/deff/plan_général_du_site.htm

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/PUB/GT1.html : LA GRANDE TRICHE / Corruption, éthique et affaires Internationales / avec Jean-Claude Usunier / voir aussi GT2.html et GT3.html

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Maladies professionnelles et toxicologie industrielle : http://www.uqtr.uquebec.ca/~austin/SPU-6003/index.html

Université virtuelle de médecine de travail / http://www.uvmt.org/sections.php

http://www.uqtr.uquebec.ca/~austin/SPU-6003/index.html

Enseignement de médecine du travail pour le Deuxième cycle des études médicales
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/med_travail/medecine_du_travail.htm

Hygiène et physiologie du travail (Pr; Malchaire Louvain)@@@@ :
http://www.md.ucl.ac.be/hytr/new/fr/

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Stress : Les glucocorticoïdes et l'ACTH / Pr. Hervé Allain /
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pharmaco/glucocorticoides_et_ACTH.htm

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La fatigue : de la biologie à la pharmacologie / http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/index4.htm

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Prévention des risques psychosociologiques en entreprise :
http://agency.osha.eu.int/publications/reports/104/fr/stress_FR.PDF

http://agency.osha.eu.int/publications/magazine/5/fr/MAGAZINE5_FR.PDF (travailler sans stress)

Pour un modèle renouvelé d'intervention en santé au travail dans les petites entreprises.
http://www.erudit.org/revue/ri/2001/v56/n1/000145ar.html

Le droit de refus
http://www.erudit.org/revue/socsoc/1986/v18/n2/001627ar.pdf

ENTRER OU SORTIR DU TRAVAIL : DES THÉORIES DE LA MOTIVATION
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/psy30.htm

TRAVAILLER TOUJOURS PLUS LONGTEMPS ?
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/sopo22.htm

LES RISQUES LIÉS À LA TRANSFORMATION DE L'EMPLOI :
http://www.cerc.gouv.fr/doctrav/2002-03.doc

Origines et évolution de la formation à la prévention des risques " gestes et postures " en France
http://www.erudit.org/revue/ri/2002/v57/n3/006885ar.html

Stratégie générale de gestion des risques professionnels. (Belgique)
http://www.md.ucl.ac.be/hytr/new/Sobane/Strat%E9gie%20g%E9n%E9rale%20SOBA.pdf

Prévention des risques professionnels (Enseignement et recherche) :
http://pedagogie.ac-toulouse.fr/hygiene-securite/index.htm

____________________

Le contrat contre la loi / Socialisation du risque /
http://multitudes.samizdat.net/article.php3?id_article=162

Délits non intentionnels,
http://www.assemblee-nat.fr/rapports/r2528.asp

La non-assistance à personne en péril
http://juripole.u-nancy.fr/Juripole_etudiant/html_bertin/Penal13.html

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Réglementation du travail et de l'emploi / Guide / Belgique :
http://meta.fgov.be/pc/pce/frce00.htm

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Le travail décent est au cœur du progrès social
http://www.ilo.org/public/french/decent.htm

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Réglementation du travail et de l'emploi (Belgique)
http://www.meta.fgov.be/pc/pce/frce00.htm

PATHOLOGIES LIÉES À L’ENVIRONNEMENT
http://www.anapath.necker.fr/ENSEIGN.data/Composants/polych/ch7.html

GÉNÉRALITÉS SUR LES TUMEURS
http://www.anapath.necker.fr/ENSEIGN.data/Composants/polych/ch8.html

____________________

ÉTHIQUE HÉDONISTE ET AVATARS DU CAPITALISME :
http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/socio14.htm

Enquête 'SUMER 2001-2002' (surveillance médicale des risques professionnels). Une enquête d'ampleur nationale, réalisée par les médecins du travail
http://www.inrs.fr/htm/enquete_sumer_2001-2002_surveillance_medicale.html

La progression de la précarité en France et ses effets sur la santé
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/praps/222pr.htm

Travailler plus pour gagner plus »... Quand la démagogie du slogan ne résiste pas à l’analyse juridique et économique :
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=11608

ACCIDENTS ET CONDITIONS DE TRAVAIL (Premières synthèses) / DARES :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/2007.08-31.2.pdf

Ressources en ligne / Organisation du travail :
http://www.cestp.aract.fr/organisation2.htm

Rapport sur le bilan de réforme de la médecine du travail
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000708/0000.pdf

Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_FINAL_12_mars_2008.pdf

Combattre les risques psychosociaux :
http://www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html

L’INSPECTION DU TRAVAIL EN FRANCE EN 2006 (juin 2008)
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/web.pdf

Santé et Sécurité au Travail / Bilan annuel 2007. Résumé du rapport annuel (OSHA)
http://osha.europa.eu/fr/publications/annual_report/issue_annual_report_2007

CONDITIONS DE TRAVAIL / Bilan 2007
http://www.35h.travail.gouv.fr/IMG/pdf/A-Sommaire.pdf

Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels. Bilan des conditions de travail en 2007 / Les 21 chapitres en ligne ou en pdf
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/documentation-publications-videotheque/rapports/rapports-concernant-champ-du-travail/conseil-superieur-prevention-risques-professionnels.-bilan-conditions-travail-2007-.html

Les maladies et accidents professionnels en hausse en 2007
http://www.inforisque.info/blog-inforisque/index.php?2008/10/02/1152-les-maladies-et-accidents-professionnels-en-hausse-en-2007=

Souffrance au travail : quel remède ?
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=45156

Premières conclusions de la quatrième enquête européenne sur les conditions de travail
http://www.eurofound.europa.eu/press/releases/2006/061107_fr.htm

BELLIER S., ROUVILLOIS S., VUILLET P. : Le travail à visage humain
http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bellier.html

BOUTET J., JACOT H., KERGOAT J., LINHART D. : Le monde du travail
http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/boutet_jacot_etc.html






Articles classés :


La médecine du travail : une expertise au croisement du médical et du social par Valentine Hélardot /
Veille juridique /
LA SANTÉ AU TRAVAIL : ENTRE DÉMOCRATIE ET HYPOCRISIE SOCIALES /
Maintenance : la sous-traitance paye le prix du danger /
Programme sur la sécurité et la santé au travailet sur l'environnement /
Le suicide peut-il être un accident de travail ? /
Tout ce que vous voulez savoir sur le CNE sans jamais avoir osé le demander… /
Stratégie SOBANE appliquée à la SÉCURITÉ (Accidents, chutes, glissades…) /
Travail clandestin : jeux d’acteurs /
Voracité : les private equities /
La casse du Code du Travail /
Le travail temporaire /
Santé au travail, une réussite de l'Europe sociale ? /
La loi de modernisation du marché du travail est adoptée /
Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ? /
ACQUÉRIR ET TRANSMETTRE DES COMPÉTENCES : ET SI ON SE FORMAIT AU TRAVAIL ? /
La santé à l’épreuve du travail /
L'impact des représentants pour la sécurité sur la santé au travail /
La santé à l’épreuve du travail /
Les partenaires sociaux sont parvenus à un accord sur la médecine du travail /
Le travail, cette expropriation systémique du temps humain… /
Refondation du droit social : concilier protection des travailleurs et efficacité économique /
Analyse d'un conflit à la SNCF /
Cherche organisation du travail désespérément ! /
Le mal-être au travail : passer du diagnostic à l'action (rapport) /
Ce qui pèse sur les organisations (S'épanouir dans l'entreprise ?) /
Santé et restructurations : les clés du débat européen /
La santé dans les restructurations : approches innovantes et recommandations de principe /
Cherche organisation du travail désespérément ! /
Yves Clot : le travail souffre, c'est lui qu'il faut soigner ! /
L’exposition des salariés aux maladies professionnelles en 2007 /
Conflits et dialogue social : des liens /
Michel PEYRET : La sacralisation du travail, une mythologie laïque (d'après Jean Marie Vincent, philosophe) /
Le plaisir au travail : nouvelle approche du management ? /
Le travail, c’est pas la santé /
Travail : changer de régime /
Du travail des caissières à une critique politique du travail /
À quoi ressemblera le travail dans 20 ans ? /
Finies les vacances... « Le salarié est un ennemi à fragiliser et à isoler » /
Enfin ! Promotion de la santé : un nouveau regard sur le travail /
Qu'est ce qui est important pour les Français au travail ? /
Dossier : écrire le travail /
☞ Le Contrat social en 10 questions :

- Le coût du travail en France est-il trop élevé ?
- Faut-il baisser les salaires pour préserver l’emploi ?
- Les Français ne travaillent-ils pas assez ?
- Le droit du travail est-il trop rigide en France ?
- L’égalité salariale est-elle une priorité du gouvernement ?
- Les immigrés sont-ils un coût pour le contribuable ?
- Les chômeurs sont-ils des assistés ?
- Notre modèle de protection sociale est-il trop cher ?
- Le recul de l’âge légal du départ à la retraite est-il inéluctable ?
- La France vit-elle au-dessus de ses moyens ?

Compétitivité-emploi, sauvetages et duperies /
Pour en finir avec une arnaque intellectuelle ? Le coût du travail (par J.-M. Muglioni) /
Les transformations des parcours d'emploi et de travail au fil des générations /
Une comparaison inédite des durées effectives du travail en Europe /
Le travail, pourquoi ? /
Sens du travail : l'exception française /
Nouvelle loi du travail au Venezuela : un pas de plus vers la vraie vie. /
L’utopie d’hier est la réalité d’aujourd’hui : Du revenu garanti aux coopératives municipales /
La dictature insupportable : Nouvelle loi du travail controversée au Venezuela « bolivarien » /
Le "vrai" travail /






[Corrélats : Ajustement / Facteurs d'ambiance / Évaluation de la charge de travail / REACH / Travail des femmes / Travail de nuit / ...]

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