Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
je n'actualiserai plus cette page de façon suivie. On trouvera facilement les liens vers les sites auprès desquels je m'informais.
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Travail de nuit
Travail de nuit, le dimanche, horaires atypiques, décalés...


Travailler le dimanche :

1) Pour les consommateurs qui aimeraient trouver des commerces ouverts le dimanche, il faudrait répercuter le surcoût salarial ou de repos compensateur sur les marchandises ou les services dont ils voudraient bénéficier.
2) Si l’intention des consommateurs se résume à se balader entre des rayons, sans rien acheter, il faut leur faire payer un droit d’entrée dans le magasin.
3) Quant aux patrons qui parlent de volontariat, c’est d’accord, après que le lien de subordination du contrat de travail ait été supprimé.




Fort heureusement, la loi Macron, illéttré con, ne fut pas débattue un dimanche !



Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Le travail de nuit / Questionnaire travail de nuit / Législation / Loi Macron : les principales mesures sociales /

LA SANTÉ AU TRAVAIL : ENTRE DÉMOCRATIE ET HYPOCRISIE SOCIALES /
Travail de nuit : le Danemark indemnise 37 femmes atteintes de cancer du sein /
INFIRMIÈRES DE NUIT : ISOLEMENT ET RÔLE DE L’EXPÉRIENCE /
Le CESE recommande de mieux encadrer le travail de nuit /
Contexte de travail et SST : Le travail de nuit /
HORAIRES ATYPIQUES ET CONTRAINTES DANS LE TRAVAIL : une typologie en six catégories /
Horaires atypiques de travail /
Le travail de nuit /
Travail de nuit : Pour un renforcement de la surveillance médicale /
Travail de nuit, travail qui nuit /
Le travail de nuit des salariés en 2009 /
France : travail de nuit en augmentation et associé à de mauvaises conditions de travail /
Travail de nuit : la qualification dépend de l’horaire théorique du salarié /
Cancer du sein : les femmes travaillant de nuit sont plus exposées /
Cancer du sein : le risque du travail de nuit /
Surveillance médicale des travailleurs postés et/ou de nuit /
Horaires atypiques : quel dispositif de prévention prévoit la réglementation ? /
Horaires atypiques de travail : le point /
Horaires atypiques : des risques à prévenir (Dossier) /
Temps et organisation du travail : les fonctionnaires sous contrainte /
Interdiction du travail de nuit et du travail dominical : la prévalence du Code du travail /
Etat des lieux du temps partiel en France /
Travail du dimanche : le vrai-faux « mouvement social », nouvelle forme de lobbying patronal ? /
Organisation du travail en 2 x 12 h /
Les Bricoleurs du dimanche: un mouvement « spontané » entièrement pipeauté par le PS ! /
Les rythmes de travail (Enquête DARES 2010) /
Travail atypique : quelles évolutions dans une (sale) Europe en crise ? /
Le travail de nuit en 2012 /
Le travail le dimanche servira d'abord les intérêts des grandes enseignes /
Inégaux face au rythme du temps /
L’Anses confirme les risques pour la santé liés au travail de nuit /


Sites Internet et articles / Corrélats


Tout travail effectué entre 21 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit.

Le travailleur de nuit est un employé qui accomplit, soit pendant trois heures de son temps d'activité et au moins deux fois par semaine, une tâche entre 21 heures et 6 heures, soit un employé qui accomplit 270 heures de travail de nuit pendant 12 mois consécutifs.


Le travail de nuit normalement n'est pas autorisé, sauf pour quelques cas, pour des raisons économiques ou technologiques (ce qui reste parfois discutable et devrait être discuté) et pour des raisons de continuité de service comme pour les soins hospitaliers, les services de secours et d'incendie, les questions de maintenance, etc. (ce qui est généralement admis sans discussion).

Les personnels de soins (infirmières, médecins de garde, sage femmes), les soldats, les gendarmes, les policiers et les pompiers en astreinte, les agents de maintenance et de surveillance, les personnels dans les centres de tri postal, les journalistes et les imprimeurs, les personnels autoroutiers, les conducteurs de train ou de camions, les pilotes d'avion et le personnel navigant, les agents chargés de la collecte des ordures, mais aussi les agents de fabrication dans l'industrie, les personnels dans la restauration et l'hôtellerie, les boulangers et quelques autres métiers de bouche sont régulièrement amenés à travailler de nuit. Il arrive que pour diverses raisons, ces personnels fassent le choix d'un travail exclusivement de nuit quand c'est possible et que le travail posté n'est pas de rigueur.

Mais le travail de nuit n'est pas sans risques. Il apparaît nettement que les accidents de travail et les accidents de circulation sont plus fréquents la nuit.

D'autre part, les travailleurs de nuit se plaignent plus que leurs collègues qui travaillent le jour de troubles du sommeil. Dormir le jour présente quelques inconvénients ne serait-ce qu'à cause des bruits ambiants qui règnent dans l'environnement du dormeur lequel parfois a tendance a user voire abuser des somnifères lesquels accentuent les risques de somnolence et de perte de vigilance pendant la période de travail. Ces pertes de vigilance peuvent être sans grande conséquence, mais peuvent se révéler catastrophique dans le cas où elles affectent un conducteur de camion ou de train ou un surveillant, sur écran, du bon déroulement d'un procédé industriel délicat (métallurgie, automobile, chimie, nucléaire, etc.).

Le manque de sommeil ou ses perturbations entraînent toujours à plus ou moins long terme de la fatigue chronique. Celle-ci est un facteur déclenchant pour toute une série de troubles comme l'irritabilité, l'anxiété, le stress, voire la dépression qui tous favorisent la prise de médicaments anxiolytiques et de dépresseurs. Ces médicaments sont notoirement déconseillés avec bien des postes de travail. Le plus souvent, cette prise de médicaments se fait discrètement, au moins vis-à-vis du médecin du travail qui aurait sûrement alors matière à intervenir.

Mais si le stress et d'autres troubles psychosomatiques sont traités par des substances entraînant des somnolences, celles-ci sont combattues à leur tour par d'autres substances médicamenteuses (amphétamines), du café, du tabac et surtout maintenant et plus souvent qu'on pourrait le penser par des drogues dont le cannabis et la cocaïne. À force d'interdire les espaces fumeurs, il faudra peut-être penser à ouvrir des espaces sniffette, qui sait ? La prise d'alcool ne semble plus autant combattue non plus.

Mais que l'on se gave autant qu'on puisse de produits antistress n'empêchera jamais au stress, surtout si les causes perdurent, de provoquer des troubles de santé. Les troubles digestifs, les ulcères gastro duodénaux, les troubles cardiovasculaires restent présents. Les troubles intellectuels, les pertes de vigilance et de mémoire sont évidentes. L'intégration à la vie de l'entreprise devient plus difficile. La vie sociale et familiale sont affectées dès lors que la vie professionnelle est de moindre qualité.

D'autres perturbations psychosomatiques ne tardent pas à faire leur apparition comme des modifications notables des taux d'hormones circulant comme pour la testostérone, la prolactine ou la mélatonine. Le taux de cholestérol dérape. La sécrétion hypophysaire d'ACTH, plus importante et surtout plus constante, accentue les taux de corticoïdes circulant avec des effets sur les défenses immunitaires et l'apparition de maladies induites jusqu'aux cancers.

Si le travail de nuit ou plus généralement la vie nocturne ont autant d'effets négatifs sur notre santé, c'est que nous ne sommes absolument pas des animaux nocturnes d'une part, et d'autre part, il n'est pas certain que nous soyons si bien que cela adaptés à travailler…

Que nous ne soyons pas des animaux nocturnes, c'est une évidence, ne serait-ce qu'en remarquant que nous n'y voyons rien la nuit. Que nous ne soyons pas faits pour travailler, c'est aussi et encore une évidence physiologique, si ça n'en est plus une culturellement parlant. Les hommes qui vivent dans certaines îles indonésiennes comme à l'âge de pierre consacrent moins de deux heures par jour à chercher de la nourriture, le reste du temps, ils dorment, se baignent, copulent et se grattent mutuellement. Je me dis que si ces populations savaient de quels comportements compulsifs nous sommes capables pour aller bosser, ils nous prendraient pour ce que nous sommes devenus… des gros c...

Aucun animal n'est jamais tout le temps égal à lui-même. Ses fonctions sont plus ou moins performantes à certains moments de la journée et moins à d'autres. Les raisons de ces différences dans les performances sont déterminées par des variations notables, au cours de la journée, du fonctionnement de certains de ses organes et particulièrement de ses glandes endocrines. L'homme n'échappe pas à ces variations.

Sans entrer dans les détails, nous pouvons dire que la plupart de nos fonctionnements sont soumis à des rythmes dans lesquels on remarque qu'il existe une période où cette activité est importante, forte ou performante et d'autres ou, au contraire, cette activité est réduite, faible ou peu efficace. Un certain nombre de ces fonctions voient cette alternance se reproduire à un rythme proche de 24 heures. Les chronobiologistes parlent de rythme circadien. D'autres rythmes plus longs et plus courts existent aussi comme, par exemple, les règles chez les femmes qui reviennent tous les 28 jours environ (rythme lunaire) ou le rut chez le cerf qui revient chaque année vers le mois d'octobre (rythme annuel). Mais on peut aussi parler de rythme cardiaque (un battement par seconde) ou respiratoire (un cycle par 5 secondes). Beaucoup de nos rythmes sont circadiens comme l'alternance veille - sommeil, les variations du taux insuline dans le sang, les sécrétions de mélatonine, nos prises de repas, et une quantité phénoménale de nos activités sont rythmées sur la journée.

C'est en observant avec quelle régularité nous étions programmés que les chronobiologistes ont parlé d'horloges biologiques.

En dehors de quelques rares individus et de quelques rares circonstances, la plupart des êtres humains sont programmés pour que leurs fonctions physiologiques soient activées pendant le jour de manière à ce qu'ils soient efficaces. Ces mêmes fonctions sont désactivées pendant la nuit puisque normalement on dort. Cela écrit, le fait que certaines sécrétions aient une acrophase nocturne (maximum / le minimum est nommé nadir), comme pour la mélatonine, l'insuline, le cortisol plasmatique, la testostérone ou l'hormone de croissance n'est pas en contradiction puisque les temps d'actions de ces produits sur leurs cibles sont assez longs et que cette anticipation est donc importante.

Il est évident que changer cette donne, implique que notre horloge soit mise à une autre heure, ce qui ne se fait pas sans dommages. On voit bien comment les voyageurs sont perturbés par des voyages sur des longues distances avec le franchissement rapide de nombreux fuseaux horaires. C'est la même chose quand on se retrouve dans le grand nord, en été où le jour dure 24 heures ou en hiver quand la nuit est interminable.

Le travail posté, plus encore que le travail de nuit suppose que l'homme ou la femme fonctionnent de façon stable 24 heures sur 24. C'est tout à fait inconcevable. Pourtant, c'est exactement comme si c'était le cas que le travail de nuit est préconisé, sinon imposé. On ne reviendra pas sur les façons dont les manufacturiers et maintenant le médef ont obtenu que cela soit ainsi puisque ces pertes sociétales l'ont été parce que les rapports de force n'ont pas jamais vraiment été du côté des masses laborieuses. Ça se saurait ! L'appropriation sociale du travail ne s'embarrasse pas de considérations humanitaires. Ça se saurait aussi !

Alors ce qui est fantastique avec le travail de nuit et le fait que non seulement on ne l'abandonne pas, mais que le patronat cherche toujours à l'imposer à davantage de catégories de travailleurs, de plus en plus jeunes, aux femmes, etc. et qu'il y réussit… c'est que tous les indicateurs sont formels sur le fait que le travail de nuit, c'est la pire chose qu'on puisse demander à quelqu'un. On pourra mesurer le degré d'humanité des donneurs d'ordre en se rappelant que :

- La sensibilité d'un organisme à l'exposition à un produit chimique toxique est 4 fois plus importante la nuit que le jour ; que la mortalité survient pour des doses 2 fois moins grandes la nuit que le jour.

- Les sensations de douleur et d'inconfort, les impatiences circulatoires, les crampes de fatigue, les pertes de vigilance sont beaucoup plus vives pendant la nuit que le jour.

Ces modifications ont deux conséquences directes notables : une perte importante des performances et surtout une vulnérabilité accrue au risque d'accidents. Les statistiques accidents sont formelles sur ces points : c'est vers 3 ou 4 heures du matin que le taux de fréquence des accidents est le plus élevé. Remarquablement et en relation à ce qui avait été noté précédemment, le taux de gravité est plus élevé aussi, comme si un accident quand il se produisait la nuit avait des conséquences plus graves que le même dans des conditions analogues avait eu lieu pendant la journée. Il est clair que la réactivité moindre des victimes pendant la nuit joue certainement un rôle important dans cette aggravation des dommages.

Quand on interroge des gens qui ont un travail de nuit, on s'aperçoit que moins de 30 % d'entre eux supportent ou apprécient le travail posté. Autrement dit, 70 % d'entre eux souffrent de cette situation. On remarque que les couche-tard semblent mieux apprécier le travail de nuit que les couche-tôt, au moins dans la première partie de nuit. Mais les couche-tard souffrent plus dans la fin de la nuit que les couche-tôt.

Lorsque le travail posté se fait avec des changements, façon 2x8 ou 3x8, si ces changements se font au bout d'un laps de temps au moins égal à 7 jours, l'adaptation semble être moins difficile que si le changement se fait sur un rythme plus rapide.

Il semble aussi que le travail de nuit ou le travail posté est ressenti de façon moins pénible s'il y a un renforcement notable du personnel dans l'atelier ou le service par rapport au nombre généralement admis pendant le jour. Cela tiendrait probablement au fait que les sollicitations de chacun seraient un peu diminuées et que la fatigue, les somnolences, les pertes de vigilance seraient atténuées du fait de ces présences. Les sollicitations en termes de charge mentales sont plus difficilement perçues. Les opérateurs s'accordent surtout pour dire que ces charges mentales leur paraissent lourdes parce qu'ils ont le sentiment de ne pas être toujours aussi performants qu'ils en sont capables normalement.

Il n'en reste pas moins que charge de travail moindre ou pas, le travail de nuit et le travail posté ont des conséquences importantes sur la santé des travailleurs.

Ce sont bien évidemment la fatigue et les troubles du sommeil dont souffrent les travailleurs de nuit. Même si les travailleurs de nuit ne se disent pas stressés, divers troubles psychosociaux ont très certainement une origine dans des dérèglements qui affectent l'hypothalamus.

Les ulcères et les affections gastriques et duodénales, les maux de reins, les pertes de mémoire, les troubles de l'humeur, les modifications de l'appétit avec des tendances à la boulimie à une appétence marquée pour les produits gras ou sucrés, l'obésité ou au moins une surcharge pondérale, des troubles cardiovasculaires, des problèmes sociaux et familiaux allant jusqu'au divorce ou à l'apparition de troubles comportementaux des enfants, une augmentation de l'appétence à l'alcool ou d'autres addictions, l'agressivité, l'anxiété, l'irritabilité, l'hypersensibilité aux bruits, les maux de tête, des signes dépressifs, etc. sont fréquemment décrits.

Le travail posté n'a pas que des conséquences fâcheuses sur le travailleur. Il en a aussi sur la famille du travailleur. D'un coup, le rythme de vie de la cellule familiale doit se calquer sur celui qui travaille la nuit et dort (mal) le jour. Le diktat n'est pas forcément bien accepté. La vie sociale des membres de la famille se réduit. La vie associative, la capacité à recevoir des invités ou des amis s'amenuisent et disparaissent même quelquefois. Les enfants ne reçoivent pas nécessairement toutes les formes d'éducation qu'il conviendrait de leur apporter. Un moment fort dans une cellule familiale, ce sont les repas qui ne sont plus pris ou rarement en commun.

Parmi les horaires du travail posté, c'est celui du matin qui est le plus apprécié, à la condition de ne pas commencer avant 5 heures. Commencer à 3 ou 4 heures est ressenti avec beaucoup de pénibilité. L'horaire de l'après-midi serait le plus confortable puisqu'il permet d'avoir des nuits pratiquement normales. Mais il est assez mal perçu pour la raison qu'il ne permet aucune vie familiale ou sociale. L'horaire de nuit n'est préféré que par un nombre très restreint de personnes qui apprécient ces moments de travail comme, par exemple, dans les établissements de soins où les rapports avec les malades ne sont pas les mêmes que pendant la journée. D'autres apprécient le travail de nuit pour ses avantages financiers. La très grande majorité des personnes ne travaillent la nuit que contraints et forcés.

Certes, la législation permet, en théorie, de refuser un poste de nuit. Ça marche peut-être avec 0.5 % de chômage, pas avec 3 millions de chômeurs !

Lorsque précédemment j'écrivais que le travail de nuit pour des raisons économiques était discutable, c'est parce que le recours à cette pratique s'inscrit souvent dans une politique industrielle de perdant - perdant.

Évidemment quant on ne s'intéresse qu'à des gains de productivité juste susceptibles d'intéresser, à du court terme, quelque actionnaire en Floride, on peut faire travailler les gens de nuit : ça rapportera bien assez…

Mais qu'on replace cette problématique sur un plan plus large, à la fois sur l'intérêt économique, le développement et la pérennité de l'entreprise et sur le coût sociétal des effets néfastes du travail de nuit sur ceux qui y sont contraints, alors les rendements et les bénéfices ne sont pas tout à fait les mêmes.

Une fois encore, et probablement faute d'ajustement entre les forces en présence, les bénéfices iront à quelques-uns quand les déficits seront supportés par la collectivité.

Au plan de l'entreprise, il peut paraître intéressant de faire tourner la boutique 24 heures sur 24. Les machines ne s'arrêtent plus ou seulement pendant le temps que nécessite leur entretien, la production est sensiblement accrue, la mobilisation des stocks est raccourcie.

Mais les machines s'usent davantage, la qualité des productions baisse, la productivité n'est jamais aussi bonne la nuit que le jour.

De plus les employés sont payés plus cher, il faut leur aménager des lieux et des temps de détente ou de repos qui ne sont pas pareillement nécessaires le jour. Il faut aussi penser que les employés auront besoin de se restaurer pendant la nuit et donc d'un espace pour le faire dans des conditions acceptables.

En outre, le taux d'absentéisme est souvent plus significatif la nuit que le jour. Les accidents sont plus fréquents et plus graves. Ces " inconvénients " ont obligatoirement un coût pour l'entrepreneur qui ne les avait peut-être pas bien évalués lors de son passage au travail de nuit.

Quand je parlais de perdant - perdant, l'employé perd surtout en santé et qualité de vie, sinon en durée potentielle, puisque apparemment personne n'est en mesure de dire si le travail de nuit a ou non une influence sur la durée de vie, au moins pour ceux qui ne la perdent pas à leur poste ou sur la route.

Pour s'en convaincre, il suffit de consulter le questionnaire que proposent les médecins du travail d'Indre et Loire (AIMT 37). On comprend rapidement au travers des questions posées qui portent sur la santé, certes, mais aussi beaucoup sur les conséquences socio-économiques, que celles-ci ont un coût que l'on ne sait pas chiffrer ou plutôt qu'on se garde bien de chiffrer puisque ceux qui payent l'addition sont trop dispersés pour qu'ils en soient conscients. Cette addition n'est pas seulement fiduciaire, c'est-à-dire dépendante des impôts réglés par les contribuables ou des cotisations, CSG incluse, versées à la sécurité sociale ou aux caisses de retraite, elle est aussi payée par les citoyens en termes de dégradations de la vie en société et cela dans tous les domaines depuis la dépolitisation croissante, à la démobilisation syndicale ou associative jusqu'aux violences urbaines, routières, familiales, etc.

Celui et celle qui prétendent éradiquer ces manquements sociétaux en n'ayant rien d'autre à proposer que plus de répression ou plus d'encadrements éducatifs prodigués par de beaux militaires, se fourvoieraient, s'ils n'étaient pas tout simplement des démagogues populistes qui se garderont bien de traiter les causes en amont (amitiés et intérêts bien compris obligent)… et il n'y a pas que le travail de nuit qui pose question !




Quelques éléments du questionnaire travail de nuit. Docteur Gilles Levery (AIMT 37) (37), Docteur Mailleux (AIMT 37) (37), Docteur Hélène Surribas (BTP Touraine) (2003)

Le premier questionnaire porte sur les pathologies connues ou non, traitées ou non de l'employé, sur d'éventuels comportements addictifs et sur quelques indicateurs biologiques courants et sur d'éventuels arrêts maladie, accident du travail et accident du trajet.

Pathologies susceptibles d'être en rapport avec le travail de nuit :
Hypertension ?
Hypotension ?
Coronaropathie ?
Artériopathie oblitérante des membres inférieurs ?
Troubles d'endormissement ?
Troubles du sommeil ?
Dépression ?
Constipation ou diarrhée ?
Dyspepsie ?
Ulcère gastro-duodénal ?
Troubles glycémiques ?
Troubles lipidiques ?
Autres pathologies relevées lors de la visite médicale ou survenues dans l'année :
Consommation de tabac (cig. /j) ?
Autre consommation excessive (alcool, café, cannabis, …) ?
Valeurs des résultats biologiques dont vous avez connaissance dans l'année en cours :
Glycémie à jeun (g/l) ?
Cholesterol total (g/l) ?
HDL (g/l) ?
Triglycérides (g/l) ?
Arrêt(s) maladie ?
Accident(s) au travail ?
Accident(s) sur le trajet ?


Le second questionnaire porte sur les horaires de travail dans le cadre soit de 2x8, de nuit deweek-end ou moins de 5 nuits par mois, de nuit en permanence, de 3x8 ou plus de 5 nuits par mois.

Quels sont vos horaires de travail ?
De quel type d'horaires se rapprochent-ils le plus ?
Finissez-vous votre travail après 3 heures du matin ?
Commencez-vous votre travail entre 0 et 5 heures le matin ?
Quel doit être votre niveau d'attention pendant votre période de travail de nuit ?
Votre travail vous permet-il de somnoler ou de vous assoupir ?
Votre travail comporte-t-il des horaires alternés et quel est le rythme de rotation ?
Les rotations s'effectuent-elles dans le sens horaire (matin, après-midi, nuit) ou dans le sens inverse (matin, nuit, après-midi) ?
Avez-vous des horaires de travail très irréguliers ?
En général, dans quel délai êtes-vous prévenu de vos horaires de travail ?
Préféreriez-vous travailler de jour ?
Avez-vous une activité pendant la journée (salariée ou non salariée, charge familiale) ?


Le troisième questionnaire porte sur les contraintes de sommeil.

Avez-vous du mal à vous tenir éveillé la nuit ? (" coup de pompe ")
Combien d'heures de sommeil avez-vous en moyenne par jour ?
Est-ce votre durée habituelle de sommeil pendant vos vacances ?
Vous sentez vous suffisamment reposé au réveil ?
Votre environnement de vie vous permet-il de dormir le jour ? (bruit, température, etc. )
Votre sommeil est il interrompu du fait d'obligations sociales ou familiales ?
Avez-vous des difficultés pour vous endormir ?
Avez-vous un sommeil perturbé ?
Dormez-vous en plusieurs fois ?
Accumulez-vous un manque de sommeil en fin de semaine ?
Combien de jours vous faut-il pour retrouver votre rythme de sommeil pendant les jours de repos ?


Le quatrième questionnaire porte sur les contraintes socio professionnelles.

Etiez-vous volontaire pour travailler de nuit ? / oui / Non mais cela me convient / Non et c'est une contrainte / Non et j'en souffre /
Pour quelles raisons travaillez-vous de nuit ? / Choix personnel / Choix familial / Raisons financières / Par obligation /
Votre rythme de vie vous gène-t-il dans votre vie sociale ?
Avez-vous moins de possibilités pour vos activités de loisirs (sport, bricolage,…) du fait de vos horaires ?
Votre rythme de travail pose-t-il des problèmes de vie familiale ?
Votre horaire de travail est-il un facteur d'isolement au sein de l'entreprise (formation, information,…) ?
Votre horaire de travail est-il un frein pour votre évolution de carrière ?
Avez-vous un sentiment d'insécurité du fait de vos horaires de travail dans l'entreprise ?
Avez-vous un sentiment d'insécurité (agression, accident de circulation,…) du fait de vos horaires de travail pendant le trajet ?
Votre temps de trajet domicile travail est-il supérieur à une heure aller-retour ?


Le cinquième questionnaire porte sur l'alimentation.

Avez vous un coin repas adapté à disposition ?
Mangez vous à heures irrégulières ?
Combien faites vous de repas (petit déjeuner inclus) par 24 heures ?
Mangez vous pendant la nuit et comment ? / Repas / Casse-croûte ou en-cas / Grignotage / Je ne mange pas la nuit /


Le sixième questionnaire porte sur les conséquences sur la santé.

Prenez-vous des médicaments régulièrement ?
Prenez-vous un traitement pour dormir ?
Avez-vous des brûlures d'estomac, des aigreurs ?
Avez-vous des troubles digestifs (ballonnement, constipation, diarrhée,…) ?
Vous sentez-vous tendu ou énervé ?
Prenez-vous plaisir aux mêmes choses qu'autrefois ?
Avez-vous une sensation de peur comme si quelque chose d'horrible allait arriver ?
Riez-vous facilement et voyez-vous le bon côté des choses ?
Vous faites-vous du souci ?
Êtes-vous de bonne humeur ?
Pouvez-vous rester tranquillement assis à ne rien faire et vous sentir décontracté ?
Avez-vous l'impression de fonctionner au ralenti ?
Éprouvez-vous des sensations de peur et avez-vous l'estomac noué ?
Vous intéressez-vous toujours à votre apparence ?
Avez-vous la bougeotte et n'arrivez-vous plus à tenir en place ?
Vous réjouissez-vous à l'avance de faire certaines choses ?
Éprouvez-vous des sensations soudaines de panique ?
Pouvez-vous prendre plaisir à un bon livre ou à une bonne émission de radio ou de télévision ?


Cette approche, interrogative, sur les informations les mieux aptes à bien mesurer les effets nociceptifs du travail de nuit sur les travailleurs exposés est largement partagée par la grande majorité des médecins du travail aujourd'hui.




La législation :

La durée et l’aménagement du temps de travail en droits comparé (droits anglais, belge, français et allemand) et communautaire.
http://www.u-paris2.fr/ldsocial/theses/thpr7.html

Décret n° 2006-42 du 13 janvier 2006 relatif au travail de nuit des jeunes travailleurs et apprentis de moins de dix-huit ans et modifiant le code du travail (deuxième partie : Décrets en Conseil d'État).

Circulaire DRT n°2002-09 du 5 mai 2002 relative au travail de nuit.

Décret n°2002-792 du 3 mai 2002 pris pour l'application des articles L.213-2, L.213-3, L.213-4 et L.213-5 du code du travail : concerne le travail de nuit, y compris les modalités de la surveillance médicale spéciale.

Loi n°2001-397 du 9 mai 2001 relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Circulaire n°10 du 29 avril 1980 relative à l'application de l'arrêté du 11 juillet 1977 fixant la liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale.

Instruction technique RT n°2 du 8 août 1977 relative à la surveillance médicale des travailleurs postés.

Arrêté du 11 juillet 1977 fixant la liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale (Travaux en équipes alternantes effectués de nuit en tout ou en partie).






LA NUIT DES PATRONS : c'est bien sous la gauche que ça s'est fait !
http://www.humanite.presse.fr/popup_print.php3?id_article=645703

Chronobiologie et rythmes biologiques
http://perso.orange.fr/jmcmed/rythmes/

Législation :
http://lexinter.net/Legislation5/travail_de_nuit.htm

Jurisprudence :
http://lexinter.net/JPTXT/travail_de_nuit.htm

La réalité du travail de nuit
http://www.assemblee-nationale.fr/11/rapports/r2744.asp

Le travail de nuit en Suisse / La Loi fédérale sur le travail
http://w3.jura.ch/ltr/nuit.htm

Infirmiers : LE TRAVAIL DE NUIT / SOMMES -NOUS LE MAILLON FAIBLE ?
http://www.infirmiers.com/doss/travaildenuit.php

Le travail de nuit
http://www.cadredesante.com/spip/article.php3?id_article=132

Sommeil et travail à horaires atypiques
http://eric.mullens.fr/horair-f.htm

Répercussions des rythmes de travail sur la santé
http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/med_travail/cours/rythmes_de_travail.html

Étude nationale sur l'équilibre entre le travail, la famille et le style de vie
http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/work-travail/index_f.html

Départs en retraite et travaux pénibles
http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/retraite_travail_sante_lasfargues.pdf

TRAVAIL DE NUIT À QUINZE ANS ! La droite précarise toute la société
http://www.wmaker.net/editoweb/nicolas_maury/index.php?action=article&id_article=297250&PHPSESSID=ba72a7a933ef56c721e0d105355f7fb6

Les reculs considérables de la loi sur “l’égalité des chances”
http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=14458

Les députés légalisent le travail de nuit avant l’âge de 16 ans
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3248

Code du Travail, Inspection du travail : La vérité sur les « réformes » du gouvernement
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3080

Travail de nuit
http://perso.orange.fr/lacgtpechiney/doc68.htm
http://www.pouvoir-ouvrier.org/femmes/travail.html
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/duree-du-travail/travail-nuit-1017.html
http://www.bossons-fute.com/Smr/nuit.php?type=
http://www.inrs.fr/htm/ed5023.pdf
http://www.pistes.uqam.ca/v7n1/articles/v7n1a5.htm
http://www.sommeil-mg.net/sommeilTravailPoste.php
http://www.ilo.org/public/french/dialogue/actrav/publ/126/grumiau.pdf

Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_FINAL_12_mars_2008.pdf

Combattre les risques psychosociaux :
http://www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html






[ Corrélats : Chronobiologie / Nocturnes / Nycthémères / Horaires décalés / ...]

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