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Les déchets ultimes
Les déchets ultimes



La notion de déchet ultime s'applique à un déchet qui, à un moment donné, ne peut plus être valorisé de façon rentable ni sur le plan matériel, ni sur le plan énergétique par quiconque l'a produit.

Le déchet doit donc être stocké de manière définitive ou/et au moins jusqu'à ce que l'on découvre des moyens de le valoriser à nouveau dans le futur.

Parmi les déchets ultimes, on distinguera ceux qui ne contiennent plus aucune substance susceptible de brûler (carbone et hydrogène organiques) et dont on dira, dès lors, qu'ils ne sont plus revalorisables sur le plan énergétique.



On distinguera également les déchets contenant encore des substances toxiques susceptibles d'être relarguées et dont il conviendra qu'elles ne se retrouvent pas dans les lixiviats, puis dans les sols et les eaux des lieux de stockage.

Lorsque l'on est en présence de tels déchets, il convient de les stabiliser, c'est-à-dire de les inclure dans une gangue imperméable aux toxiques relargables et d'une durée de vie suffisante pour assurer une protection durable des terrains où sont stockés ces déchets. Naturellement, les sites de stockage feront l'objet de contrôles réguliers pour s'assurer de la bonne tenue des gangues et de leur efficacité dans le temps.

Aujourd'hui, les déchets ultimes sont fixés dans diverses matrices comme les matières plastiques, les bitumes, les liants hydrauliques ou solidifiats, les vitrifiats et les minéraux naturels reconstitués. Depuis peu on a développé des méthodes de stabilisation dite mécano-biologique qui porte essentiellement sur la partie non fermentescible des résidus de compostage.

La stabilisation avec des matières plastiques

Le principe de cette stabilisation consiste à encapsuler des déchets ultimes dans des matières plastiques thermoplastiques recyclées. Il apparaît que cette technique permet une bonne conservation des toxiques qui n'apparaissent pas dans les lixiviats, au moins les premières années de stockage. La question qui se pose surtout est de connaître le temps pendant lequel cette gangue de matière plastique va résister au temps. En effet, ces matières plastiques s'oxydent et se dégradent. En l'état des connaissances actuelles, personne ne sait bien au juste comment ces plastiques se dégradent et pendant combien de temps ils seront susceptibles de résister.

La stabilisation dans des bitumes

Le bitume possède diverses qualités qui se prêtent bien à la stabilisation des déchets ultimes. C'est un matériau très hydrophobe, très peu poreux, fortement inerte sur le plan chimique, relativement peu sensible aux attaques des microorganismes du sol ou des eaux, et possédant une bonne résistance mécanique aussi bien à l'écrasement qu'à l'étirement.

Le principe de la stabilisation des déchets dans le bitume consiste à les incorporer dans du bitume chaud et devenu liquide. Le bitume adhère souvent fortement à pratiquement tous les matériaux. Généralement, on procède à la fabrication de lingots qui sont alors stockés ou bien encore on coule le bitume directement dans des alvéoles. On veille aussi à se prémunir contre le risque incendie.

Les liants hydrauliques

Le principe est de fixer les polluants dans des ciments, des cendres ou des laitiers qui sont coulés dans des alvéoles de stockage où ils se solidifient. On parle aussi de solidifiats. Hormis quelques problèmes liés au pH fortement alcalin des liants, ce mode de stockage, assez peu coûteux, est prévisiblement stable, sous certaines conditions permettant d'éviter des corrosions, sur une longue période.

La vitrification

Certains déchets soumis à de très hautes températures fondent. Après refroidissement, ils se présentent avec une structure homogène, vitreuse et sans porosité notable.Cette technique est issue du traitement des déchets radioactifs.Les procédés les plus couramment utilisés pour atteindre des températures de 1200° C au moins, sinon 1600° C pour certains déchets (amiante, cendres volantes des incinérateurs) sont la torche à plasma, l'arc électrique, l'oxycombustion au gaz, le four à induction, le four à micro-ondes.

Un des très gros avantage de la technique de vitrification est que les verres produits ont, du fait de leur très forte résistance à la corrosion, une durée de vie particulièrement longue, sans relargage notable des toxiques ou métaux lourds emprisonnés.En outre, ces produits verriers pourraient être valorisés dans des structures routières et divers autres aménagements ou produits (dalles, bordures de trottoir, pavés, etc.). Mais il faudrait pour cela que la législation sur la valorisation de certains déchets soit modifiée.

Les matériaux naturels reconstitués

Divers minéraux phosphatés dont l'apatite ont la particularité de fixer très durablement des atomes métalliques des métaux lourds jusqu'à l'uranium dans leur réseau cristallin. Toutefois, cette fixation n'est durable qu'en milieu alcalin (plusieurs centaines de millions d'années).

Il existe des méthodes qui permettent de fabriquer de l'hydroxyapatite à température ambiante. C'est ce minéral qui pourrait être employé pour stabiliser les métaux lourds, particulièrement les plus volatils comme le mercure, le plomb, le zinc ou le cadmium.






Evaluation du comportement des déchets et de leurs impacts sur l’environnement
http://www.ademe.fr/Entreprises/Dechets/themes/evaluation/comp_methodes.asp




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