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Zonation altitudinale
Zonation altitudinale


Étage subalpin / prairie colluviale à grands arnicas (Arnica montana)
L'altitude est un facteur écologique qui a des effets sur les communautés vivantes, surtout végétales, comparables à ceux induits par la latitude.


Depuis les plus hautes latitudes scandinaves jusqu'à celles de la France, nous pouvons observer d'abord : une zone parabiosphérique minérale et glacée, puis une toundra, suivie d'une taïga, pour arriver enfin à la forêt caducifoliée.

Celle-ci occupe notre étage collinéen jusqu'à 1 300 mètres d'altitude pour céder la place à la forêt sempervirente de l'étage montagnard, jusqu'à 1 800 mètres environ, auquel fait suite un étage subalpin, puis un étage dit " de combat ", jusqu'à 2 400 mètres où dominent les fruticées ; à partir de 2 400 mètres et jusqu'à 3 000 mètres d'altitude, les toundras de l'étage alpin seules subsistent et après 3 000 mètres, la végétation disparaît presque complètement à l'étage dit nival.

L'étage collinéen, quelquefois séparé en planitaire jusqu'à 800 mètres et collinéen proprement dit jusqu'à 1 300 mètres, est caractérisé par une période végétative longue de 9 mois au moins. La température moyenne annuelle est de l'ordre de 15° C. En France, le climax majeur de cet étage est constitué de chênaies. C'est aussi le principal domaine où sont établis les divers agrosystèmes. Dans la région méditerranéenne, les chênes sessile, pédonculé ou pubescent sont progressivement remplacés par le pin d'Alep et la végétation sclérophylle accompagnant le chêne vert ou le chêne liège.

L'étage montagnard, qui va de 1 300 à 1 800 mètres, connaît une période végétative d'environ 7 mois.
Étage montagnard, subalpin, de combat
et alpin dans les Pyrénées (Col des Bordières)


La température annuelle moyenne est comprise entre 8 et 15° C. Les faciès forestiers sont riches en dryades : hêtre, sapin, épicéa. Par de nombreux points et particulièrement ceux concernant les cortèges floristiques, cet étage rappelle bien la taïga du sud de la Scandinavie.

L'étage subalpin qui va de 1 800 mètres à 2 400 mètres connaît une période de végétation de 5 mois au plus. La température moyenne est inférieure à 8° C. La forêt y est davantage morcelée et les espèces occupent uniquement des espaces qui leur sont très favorables (pessières, mélézins, pins à crochets près des tourbières d'altitude, pins cembros sur les colluvions, etc.). Les cortèges floristiques s'enrichissent caractéristiquement de diverses éricacées. Les taïgas médio scandinaves jusque un peu au-delà du cercle polaire offrent quelques ressemblances avec cet étage, surtout au niveau des tapis fruticéens.

L'étage suivant est appelé " de combat " pour illustrer les difficultés que connaissent les arbres pour se maintenir à ces altitudes comprises entre 1 800 et 2 400 mètres. Il connaît une période de végétation de 3 à 4 mois au maximum. La température moyenne annuelle n'y dépasse pas 4° C, ce qui est la température limite au-delà de laquelle les arbres ne survivent pas. À cet étage, la présence d'arbres suggère très fortement l'existence de microclimats plus " tempérés ". Cet étage est très semblable au domaine qui fait transition entre les taïgas du nord et la toundra. C'est un étage où les fruticées et les landes sont bien développées (rhododendrons).

L'étage alpin est caractérisé par une période végétative courte (2 à 3 mois). Il peut y faire très froid à n'importe quel moment de l'année, même en plein été où il peut geler durement ou neiger abondamment. La température moyenne annuelle est inférieure à 3° C. Les températures moyennes journalières, en été, sont le plus souvent inférieurs à 10° C. Les cortèges floristiques de l'étage alpin forment une toundra alpine, fort semblable à la toundra arctique laquelle possède un climat très comparable (températures estivales fraîches à froides, gelées possibles, voire fortes, même en été, - le record serait de moins 40 en juillet 1953 dans la région de Jokkmock -, etc.).

L'étage nival, au-delà de 3 000 mètres d'altitude, est le domaine des neiges éternelles et du minéral. Seules quelques plantes à fleurs très adaptées subsistent à cette altitude (edelweiss, génépi, gentiane de Koch, œillet des Alpes), mais les mousses et les lichens y sont prospères.Les plantes, qu'elles poussent en altitude ou dans les hautes latitudes, présentent des adaptations remarquables, surtout au froid et à la très courte période végétative à laquelle elles ont droit. Une des premières adaptations est le nanisme. Il se peut que le nanisme soit davantage une conséquence du très fort ensoleillement et / ou de la richesse en UV caractéristiques de la très haute montagne (mais ce n'est pas le cas dans les hautes latitudes où le nanisme est aussi très fréquent). Le nanisme s'accompagne aussi de ports prostrés ou de ports en rosettes qui sont de bonnes adaptations à l'enneigement. Si l'appareil aérien des plantes de montagne est discret, leur appareil racinaire est souvent développé, ce qui augmente considérablement leur résistance à l'arrachement.

Une autre adaptation fréquente est la succulence. Les tissus de ces plantes se gorgent d'eau très concentrée en sels dissous. Ceux-ci abaissent considérablement le point de congélation de l'eau et permettent ainsi à la plante de résister plus facilement au gel.

Beaucoup de plantes ont des feuilles sombres (anthocyanes) ce qui leur permet de mieux capter la chaleur. Pour moins en perdre, beaucoup de plantes sont couvertes de poils blancs isolants. Enfin, les plantes montagnardes sont essentiellement des plantes vivaces, c'est-à-dire des plantes qui ne consacrent qu'une faible partie de leur énergie à produire des graines, a contrario de ce que font les plantes annuelles. Les plantes annuelles ne représentent qu'une très faible proportion des plantes en montagne (moins de 5 %). Cela peut s'expliquer par la faible probabilité qu'une graine remplace une plante dans la station qui lui est favorable, surtout du fait des conditions pédoclimatiques qui règnent en montagne. Tout concourt en effet pour que les graines soient arrachées et entraînées, vers le bas, loin de l'endroit où elles auraient dû germer : le vent, la neige, la pluie, l'érosion, les coulées de solifluxion, etc. Les plantes vivaces disposent d'un pied et d'une durée de vie suffisamment longue pour espérer que quelques-unes de leurs graines auront germé, mais surtout, beaucoup d'entre elles se reproduisent de façon végétative (stolons, propagules), certaines saxifrages se reproduisent quasi exclusivement de cette façon. Mais bien que les plantes de montagne comptent sans doute davantage sur l'efficacité d'une reproduction végétative, elles n'en fleurissent pas moins et plus encore, offrent aux insectes et aux papillons, de très parfumés et très attirants périanthes. Il est vrai que le temps de la belle saison est compté et en montagne, tout doit aller vite et demeurer efficace.




Étagement montagne :
http://www2.ujf-grenoble.fr/vega/consultation_transect.php?transect=1#

Les étages de végétation du Pays de Peiresc :
http://www.peiresc.org/florePdP01.html

L'étagement de la végétation :
http://www.valdabondance.com/vallee/geo/geo5b.html

Dans : Parcours scientifique du Val d'Abondance
http://www.valdabondance.com/vallee/geo/

Les plantes migrent en altitude en réponse au réchauffement climatique
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1715.php






[Corrélats : Montagnes / Orophytes / Hécistothermes / Forêt / Toundra / Landes / Corine " biotopes " / Directive " Habitat " / Natura 2000 / Torrents / Avalanches / Artiodactyles / Marmotte / Tichodrome / Tétraonidés / ...]

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